Le chien , Barnyard Dawg, place un oeuf d'autruche à côté de Foghorn Leghorn endormi. Au rével, celui-ci est persuadé d'avoir pondu un oeuf...
Autant j'admets qu'il y a toujours eu un certain relâchement chez McKimson, et dans l'univers du principal personnage qu'il a créé, le coq Foghorn Leghorn, autant il est quand même nécessaire de reconnaître qu'il est le seul des trois metteurs en scène principaux (les deux autres étant Chuck Jones et Friz Freleng) de la période des années 50 à avoir maintenu contre toutes les mutations du studio et les expériences étranges avec l'animation appauvrie, un certain style rond et plus séduisant...
Donc ça reste les querelles rébarbatives entre animaux de la ferme, le "héros" étant l'un des plus insupportables personnages, mais au moins on a des restes de ce qui fut l'âge d'or du studio...
La photo ci-dessus illustre le gag récurrent le plus notable de ce film, lorsque le poussin autruche fourre sa tête dans le sol, mais c'est finalement assez contagieux...
Un coq, dans sa basse-cour, ne ménage pas ses efforts pour attraper un ver, mais un serpent à sonnette complètement cinglé se met dans la course et tente... de le séduire.
C'est bien sûr, le résumé en atteste, totalement idiot, de cette idiotie qu'on trouvait justement chez Bob Clampett. Celui-ci avait pris le large en 1947, et ses derniers films étaient sortis après que Davis les ait finis. Cette filiation se retrouve un peu dans le rendu de l'animation, qui privilégie toujours le dynamisme sur l'harmonie formelle: sans que ce soit aussi évident que dans les animations de Rod Scribner pour Clampett, le film accumule les dérapages d'animation, et joue beaucoup sur l'élasticité des personnages...
Mac et Tosh, les deux géomyidés (en anglais il sont des "gophers") décident de s'installer pour l'hiver. Il vont se retrouver dans un petit buffet acheté par Elmer Fudd, qui va devoir partir en guerre contre leur tendance un peu trop efficace et un peu trop bruyante pour faire une réserve de glands...
Comme d'habitude, les deux personnages déçoivent par leur manque d'intérêt. Tout est affaire de partenaire, je suppose... Elmer Fudd est assez adéquat ici en propriétaire frustré par une situation qu'il ne contrôle pas, et les deux bestioles sont touours aussi insupportables tant leur politesse plaquée ne fait plus vraiment rire ni sourire.
Inspiré par l'histoire de Tom Pouce, ce film de Chuck Jones (qui a choisi de mettre en valeur la contribution de Maurice Noble, le décorateur qui a rendu les Looney tunes, surtout ceux avec le Coyote, de plus en plus abstraits par ses décors) fait partie de ses expérimentations narratives. D'un côté, un graphisme étonnant, ultra-stylisé, auquel Jones cédait de plus en plus en ces années 60, et de l'autre une narration souvent absurde, marquée par un humour à froid, renforcé par l'accent Britannique forcé de tous les protagonistes...
Et de fait, si j'admets l'attrait de l'expérience, ce n'est en aucun cas plaisant. C'est assez typique des Looney tunes des années 60 qui tendent à cacher l'indigence de leur animation derrière les aspects expérimentaux, et on baille parfois un peu trop...
Les préparatifs de départ de l'arche de Noé et sa famille battent leur plein, puis on rassemble les animaux, et le déluge s'accomplit...
Le film est raconté dans cet ordre, non sans une introduction (musicale) des personnages, donc la famille de Noé, qui ont déjà apprivoisé des centaines d'animaux différents, qui jouent ici le rôle traditionnel de mère Nature chez Disney: au service de l'homme. C'est irritant, c'est surtout d'une grande cruauté, puisque tous les éléphants qui travaillent pour eux vont devoir ensuite se soumettre à une drastique sélection, le plan étant de ne sauvegarder que deux exemplaires de chaque espèce, un mâle, et une femelle!
N'empêche, même bardé de références à l'idéologie dominante chez Disny (soit très à droite!), même avec son conte biblique, le film ne manque pas de drôlerie, tant il a été décidé ici de privilégier les gags. Une approche qui manquera cruellement à l'épisode "Biblicomythologique" de Fantasia 2000...
Ce film, l'un des tous premiers "silly Symphonies" de Disney, est la preuve d'une part qu'un film peut être franchement poilant, si vous me passez l'expression, et totalement, mais alors vraiment, politiquement incorrect, comme on dit. Dès le titre, nous voilà prévenus: il sera question ici, suivez mon regard, de "tribus Africaines sauvages", trois mots considérés comme synonymes, d'ailleurs, par tout le monde, aux Etats-Unis, en 1930... Des êtres humains saisis uniquement dans leur nature profonde telle qu'on l'appréhendaiit (et bien sûr on avait tort), sans aucune considération pour leur humanité, donc.
L'abstraction du design a beau être virtuose (même si lors de la danse initiale des personnages, on renvoie plus d'une fois à la fameuse Skeleton dance du film du même nom, sorti en 1929, et qui était le coup d'envoi de la série "Silly Symphonies"), le bât blesse quand même beaucoup ici, et au passage, il me semble qu'on n'a pas beaucoup de preuves du fait que les créatures présentées s'adonnent réellement au cannibalisme dans le film, car seul l'un d'entre eux tombe dans la grande marmite, où il trouvera d'ailleurs plusieurs fois refuge lors de l'arrivée d'un lion qui lui, sans aucune contestation, mange bien de l'homme...
8 ans plus tard, une suite à Inside out (Vice-versa), de Pete Docter...? On fronce les sourcils, tant ça semble inutile. Et risqué! ...Si ça se trouve, c'est le début d'une franchise qui presserait le citron jusqu'au bout! D'ailleurs, le sujet étant justement la croissance d'une pré-adolescente, le risque en est multiplié. Espérons qu'on saura s'arrêter à temps chez Pixar. L'autre sujet propre à faire se froncer les sourcils, c'est bien sûr le fait que cette fois, Pete Docter n'est pas l'auteur du film. Il en est l'un des producteurs exécutifs, ce qui veut dire qu'a priori il n'a rien fait à part donner son accord pour la reprise et l'expansion du concept. Quelqu'un avait eu l'idée, dans le premier film, qu'il y aurait sur le tableau de bord du quartier général des "émotions", un gros bouton sur lequel était inscrit "Puberté". Donc...
Rappelons l'inrigue du premier film: à l'intérieur de Riley, une jeune fille du Minnesota, vivent ses "émotions", la pétulante Joie, Dégoût, Peur, Colère et Tristesse. Dans leur quartier général, elles gèrent chaque minute de la vie de la jeune fille, entre expérience et coups de théâtre... Quand la famille vient s'installer à San Francisco, tout va se jouer entre Joie et Tristesse, sous l'arbitrage nerveux des trois autres...
Riley a treize ans désormais. Elle va rentrer en Junior High School, où elle envisage de continuer le Hockey. mais elle apprend, alors qu'elle se rend justement à un stage d'été pour sa future école, que ses meilleures copines vont dans un autre lycée, et c'est donc leur drnière chance de jouer ensemble; la puberté de Riley, qui vient de se déclarer, fait des ravages, et dans le "quartier général", les cinq émotions font face à l'arrivée de nouveaux venus: Ennui, Envie, Embarras et surtout Anxiété sont en effet bien différents des émotions habituelles, et la cohabitation sera bien délicate...
l'essentiel se joue entre Joie et Anxiété, qui prend peu à peu le contrôle, déclenchant catastrophe sur catastrophe. Comme pour le premier film, le tout reste lisible, de façon très étonnante, et les gags abondent, sans trop qu'il s'agisse de redites. Si le film ne s'imposait pas, il s'inscrit au moins dans 'ensemble enthousiasmant des films de Pixar qui réussissent, tant bien que mal, à faire passer des messages tangibles sur des faits rarement, voire jamais explorés dans les dessins animés, surtout de Disney: quand la puberté frappe, le film utilise des métaphores pour fire passer l'idée des premières règles (Alerte rouge a sans doute été un peu plus loin en en faisant carrément le sujet du film, mais passons); et un souvenir, qui nous rappelle que le T-shirt préféré de Riley est de couleur arc-en-ciel, serait peut-être à rapprocher de sa fascination pour la belle Valentina Ortiz. Pixar, comme d'habitude, ferait-il de la résistance?
C'est en 1947 que Friz Freleng a repris des mains de Bob Clampett (qui quittait la Warner) le personnage de Tweety Pie (dans le film du même nom justement), qui était acoquiné avec un chat du nom de Thomas; lui aussi avait des origines Clampettiennes, mais il passerait à la postérité sous le patronyme de Sylvester... Ce film, le deuxième de Freleng pour l'utilisation du duo, en est la preuve... Et c'est une merveille de timing, d'humour noir aussi, et il a l'avantage d'évoir été accompli à la grande époque, donc l'animation en est particulièrement belle, et en prime c'est avant la cristallisation des personnages et de leur univers, donc on n'est pas devant du systématique!
L'argument est simple: Sylvester est le chat de la maison, mais les humains s'obstinent à acheter des canaris, qui disparaissent les uns à la suite des autres... Ce qui le réjouit. Mais avec l'arrivée de Tweety, c'est une autre affaire qui commence...
A noter, bien sûr, le titre qui va installer de façon durable une phrase particulièrement bien connue et reconnue... La violence aussi, car ici, on parle, certes de façon loufoque, de survie. C'est d'ailleurs souvent une question de survie et de mort! Ce film fait partie des cartoons "sans filtre" de la Warner, on ne s'étonnera donc pas de sa rareté.
J'ai émis l'hypothèse, un jour, que les "Goofy Gophers" (les Gophers, ou géomydiés, ou "gaufres", sont des petites marmottes forestières américaines) étaient une assez mauvaise idée pour les Looney Tunes, dans la mesure où il n'y avait rien ou presque à en faire... Et ce film de Freleng le prouve.
Et deux petits animaux, se ressemblant comme deux gouttes d'eau... J'imagine que ce n'est pas un hasard s'il ressemble effectivement à Chip 'n Dale, soit "Tic et Tac" en Français... Mais avec un détail horripilant, le fait que les deux animaux se parlent dans un anglais châtié et qui èche par excès de politesse.
Donc cette histoire de razzia dans une usine de conditionnement de tomates est quasiment sans le moindre intérêt, et particulièrement bavarde ce qui ajoute à l'irritation.
C'est fou comme on a pu sur-vendre, en France, le canari Tweety (je sais, ce n'est pas comme ça que ça s'écrit en Français. Et alors?) comme un gentil ami des enfants, alors que pas du tout. Et sinon, le véritable héros de ces courts métrages, tous généralement assumés par Friz Freleng (pas le plus gentil des metteurs en scène, loin de là: Chuck Jones l'a souvent dépassé en tendresse voire mièvrerie) n'a jamais été le canari, mais bien le chat Sylvester, éternelle victime...
Ce film, qui nous présente presque exclusivement un enchaînement logique dans lequel le canari, le chat, un choen et la grand-mère sont pris comme dans un engrenage, est un festival de violence particulièrement carabinée: la grand-mère part de la maison et confie la garde au chien, qui apprend que s'il arrive quoi que ce soit au canari, il sera fusillé... De quoi mettre la pression.
Donc la grand-mère menace de l'utilisation de fusil mitrailleur, le chat est copieusement brutalisé par un coq, le tout sous la surveillance manipulatrice du canari... Sale bête.