Un chien qui lit un livre décide de s'en inspirer: comme le livre en question délivre des leçons de chasse au gopher (petit mammifère fouisseur proche de la marmotte), il va donc tenter sa chance auprès des deux spécimens qui se trouvent parfois embarqués à délivrer leurs conversations pleines de politesse un brin forcée dans les Looney tunes.
Le chien, qui est paraît-il inspiré de John Barrymore, et donc il en fait des tonnes, s'exprime dans un anglais vieillot (il truffe sa conversation de "Egad" et de rires diaboliques forcés)... Mais la bestiole s'est attaquée à dexu êtres volontiers diaboliques eux aussi, et la lutte sera inégale. Il y a un peu du systématisme maladif des aventures du Coyote, dans ce petit film, dont l'animation repose sur des dessins pas toujours adéquats de Davis.
Voici une rareté: un court métrage solo de... Tom le chat. On a souvent vu des aventures en solitaire pour Jerry, qui est plus ou moins considéré comme le héros de ces aentures par définition, étant à la fois la victime potentielle et le plus rusé des deux... Mais non, ici, c'est au tour de Tom, qui lors d'une poursuite qui comme d'habitude dégénère, est tué! Il se voit offrir un parcours vers le paradis, et on lui laisse une heure pour ramener une signature de Jerry qui puisse lui accorder un pardon, faute de quoi il ira en enfer...
C'est inattendu, et qu'on se rassure, les auteurs auront trouvé une idée avant la fin du film pour éviter que Tom ne disparaisse... Mais l'intérêt du film réside principalement dans l'onirisme de la situation, et la reprise d'éléments visuls qui renvoient clairement à A matter of life and death, de Powell et Pressburger, sorti quelques années auparavant...
Le film, souvent négligé (il est censuré dans plusieurs pays catholiques d'Amérique du sud pour sa représentation délirante de l'enfer et du paradis), semble ne plus exister que dans des copies fatiguées...
Jerry se réveille... à côté d'un oeuf. La dame pivert qui loge à côté a eu une seconde d'inattention, et le destin l'a amené près de la souris... Quand l'oeuf se brise, l'oisillon décide que la bestiole est sa mère... et commence à s'attaquer à tout objet en bois qui passe à sa portée. Jerry tente de s'en débarrasser, puis Tom s'en mêle...
C'est un peu routinier, et c'est le genre d'histoire qui va devenir générique, avec systématiquement l'instinct parental de Jerry mis en lumière par l'intervention d'un petit animal... Beaucoup de ces dessins animés auront aussi tendance à vouloir jouer sur le côté mignon, ce qui n'est heureusement pas le cas de celui-ci.
Le principal gimmick (mais c'est vite lassant) est la rapidité avec laquelle l'oiseau fait disparaître barreaux de chaise, tabourets, et tout ce qui de près ou de loin est du bois. Il y a un moment de grand sadisme aussi, avec une scène qui voit le pivert avalé par Tom, se libérer avec son propre marteau-piqueur.
Le meilleur gag reste quand même celui qui montre d'un côté Tom jouant, comme seul un chat le ferait, avec Jerry prisonnier; de l'autre, le pivert étudie la situation pour calculer l'angle de chute d'un poteau électrique dont il aurait scié la base...
Tom est mis en demeure par la domestique, Mammy Two-Shoes, d'aller dehors... Mais c'est le début de l'hiver, et il a une idée: il prétend avoir un gros rhume, et dans le doute, elle le laisse rester... Jerry s'en mêle, et il a une autre idée. Prenant exemple sur l'épidémie de rougeole, il utilise de la peinture rouge pour lui dessiner des boutons...
Le film va passer des maladies imaginaires à un authentique cas de rougeole, à la fin du film... La preuve que ces deux-là, à défaut d'être complices, étaient quand même capables de partager quelque chose! C'est, avec le personnage de Mammy Two-Shoes qui est proéminent dans le début de l'intrigue, un film qui a longtemps été poussé au fond des archives, on peut donc au moins se réjouir que quelqu'un, chez warner, ait eu le réflexe de penser que le public n'était pas trop stupide...
N'empêche: si le cartoon a été longtemps mis à l'écart pour l'embarras généré par la connotation "ethnique" de ses gags, le film reste un cas d'école en matière de sadisme, avec Jerry qui se joue de Tom, effrayé par la rougeole qu'il n'a pas, et le passant du réfrigérateur (où il se transforme en glaçon) au four (où on le transforme en roti)...
Ca commence de façon très classique: Mammy Two-Shoes a lavé la maison où vivent... du moins se battent en permanence Tom et Jerry, et elle fait comprendre au chat qu'il est hors de question qu'il sabote cet état des lieux sous peine de se voir viré. Tom le comprend, certes... mais Jerry aussi, qui décide qu'il est de son devoir de mettre le bon ordre de la maison en danger...
Et ça va vite, très vite. En une minute, les festivités comme,cent, et c'est une incroyable succession de salissures, attentats à la bonne tenue, et tout y passe: nourriture, ordures, encre... Ca va très vite et c'est l'essence même de Tom et Jerry. Et à la fin, une divine surprise: le gag final prouve s'il en était besoin que les auteurs de ces meveilleux films étaient des fans éclairés du cinéma muet burlesque, puisque cette fin est inspirée directement de Pass the gravy, de Fred Guiol, avec Max Davidson.
Incidemment, ce film est l'un de ceux qui ont décidé la Warner, dans un premier temps, à éviter de sortir une intégrale des dessins animés de Hanna et Barbera pour la série qu'ils ont créée: la présence de Mammy-Two-Shies et un gag ethnique les avaient convaincu qu'il était préférable de mettre ce film sous le tapis.
A Londres, le Dr Watkins (Porky Pig) nous narre les aventures de Dorlock Homes (Daffy Duck), sur la piste du dangereux Shropshire Slasher (l'égorgeur du Shropshire)...
C'et vrai que Chuck Jones, auteur de la série de dessins animés la plus systématique de toute l'histoire des images qui bougent (Wile E. Coyote, bien sûr), n'était pas un ennemi de la redondance... Lassé des personnages de Daffy Duck et de Porky Pig, il les a lancés dans une série de parodies, où systématiquement, le calme et l'efficacité de Porky, pourtant considéré comme le faire-valoir, étaient évidentes face à la médiocrité du héros Daffy... En Sherlock Holmes, ce dernier est une caricature de bon aloi, mais le plaisir àprendre dans ce film est plutôt dans les trognes des figurants, et dans le dialogue qui est truffé de lexique surranné Anglais, que dans les gags répétitifs d'un canard qui ne ressemble plus qu'à l'ombre (bavarde et râleuse) de lui-même.
Venu peindre de beaux paysages, Porky Pig est dérangé par Daffy Duck, qui s'est fixé comme seule mission de l'importuner à l'extrème... Ce qu'il fait dans le désordre absolu, avec un sens de l'improvisation qui laisse pantois...
C'est curieux comme McKimson, qui allait devenir le plus ennuyeux des metteurs en scène de dessins animés de la Warner, avait à coeur à ses débuts dans la "supervision", comme on disait chez Leon Schlesinger, de respecter le personnage de Daffy Duck tel qu'il avait été créé par Tex Avery et Bob Clampett. Bien qu'ici il ait trouvé son maitre: à chaque tentative du canard d'embrouiller son antagoniste, celui-ci répond du tac au tac, notamment en sortant de permis tous plus absurdes les uns que les autres...C'est loufoque et fortement plaisant.
Qu'il me soit une fois de plus permis de rappeller à tous les esprits échauffés par le titre de ce film, qu'à cette époque lointaine, le terme Boob n'était pas encore largement utilisé pour désigner les glandes mammaires. Ce film de la série des Looney Tunes n'est donc pas une invitation à une partie fine dans les bois en compagnie de jeunes nymphes dans le plus simple appareil.
Max Fleischer dessine une affiche pour un cirque dont les personnages vont s'animer. Dans un premier temps, Koko le clown et Fitz le chien ont bien du mal à se montrer en raison de la présence d'un géant...
Le film est comme d'habitude une impressionnante et éberluante expérience de mélange d'animation et de prises de vue réelles, d'une part, et d'autre part une variation sur le gigantisme, dans lequel Koko le clown, la première vedette des Frères Fleischer, finit par devenir tellement grand qu'il en avale un bateau dans un port... Le film est construit comme un rêve de fièvre, et c'est aussi impressionnant que perturbant...
Sylvester est un chat qui meurt de faim... Il n'est pas le seul: il doit partager la nourriture glanée dans les poubelles avec unchatin très entreprenant. Quand Elmer recueille Sylvester, il va bientôt aussi trouver le chaton... La lutte entre les deux animaux est cruelle, puisque Elmer leur fait comprendre qu'il ne pourra en conserver qu'un seul...
Le film commence comme une compétition ultra-conflictuelle entre les deux chats, sur un mode que Freleng affectionnait: donner le principal point de vue comme étant celui de Sylvester, et le montrer aux prises avec un ennemi de petite taille, mais particulièrement retors! On comprend d'où viendra bientôt sa réappropriation du personnage de Tweety qui avait été créé par Bob Clampett...
Mais dans la dernière partie, on retrouve une situation proche de celle de Rock-a-bye bear, de tex Avery, ainsi que du film Quiet please (de Hanna et Barbera, avec Tom & Jerry): Elmer va se coucher et souhaite ne pas être dérangé, les deux animaux vont donc tout faire pour que l'autre se fasse prendre à faire du bruit!
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas le premier film ui mette en scène la "souris la plus rapide de tout le Mexique". Mais c'est un film qui le définit plutôt pas mal, à travers une situation très classique:
Des souris qui meurent de faim tentent de s'introduire dans une fromagerie industrielle, pour y trouver de quoi manger, mais le chat Sylvester garde l'entrée, et c'est un tueur: en témoignent des sombreros qui sont accumulés à deux pas de l'établissement, dans une séquence un rien noire! Une seule solution pour les rongeurs, faire appel à leur seul héros...
Comme d'habitude, le véritable personnage principal de ce film n'est pas la souris, mais bien le chat, qui va pour la première fois être mis en défaut, et faire l'erreur fatale: s'acharner...