Ce film est un "one-shot", soit un court métrage sans personnage récurrent. Friz Freleng en avait réalisé beaucoup dans les années 30 mais il en est revenu pour se consacrer à Bugs Bunny, Daffy Duck Speedy Gonzales, et Tweety et Sylvester; Chuck Jones en a toujours réalisé un bon nombre en plus de ses séries (Pepe le Pew, Wile E. Coyote, Pussyfoot et Marc Anthony) et aux personnages emblématiques. Mais McKimson a très peu sacrifié à cette méthode, préférant les personnages établis...
On fait la connaissance d'un insecte très américain: le "Gambling bug", qui est une métaphore, une bestiole qui mord les protagonistes pour leur donner l'envie de jouer de l'argent. Il s'acharne sur un chat, qui perd de façon répétée contre un chien...
La bestiole n'est pas la seule à s'acharner, puisque McKimson utilise à plusieurs reprises les mêmes cellos, et le film devient particulièrement répétitif... C'est une idée originale, mais qui débouche surtout sur un résultat inégal.... Et un brin sadique!
A la fin des années 60, les Looney Tunes sont devenus une série sinistre de dessins animés, grévés par des budgets dérisoires, la concurrence de la télévision, et un goût du public devenu douteux à firce d'avaler des sous-produits télévisuels... Freleng est parti, Jones, est parti. Non qu'ils aient fait un travail très intéressant, mais le seul rescapé de l'époque classique, Bob McKimson, faisait déjà des mauvais cartoons dans les années 50.
Lovy? C'est pire: un ancien animateur chez Walter Lantz, un ancien de chez hanna Barbera à la télévision, il montre bien le peu d'ambition de ce qui fut l'unité majeure de la Warner: faire des dessin animés à moindre coût, en espérant plus les refourguer à la télévision que dans les salles. Ce film idiot, moche, mal fichu et sans rythme, à l'intrigue indigente (je ne vais pas me fatiguer à vous la détailler)
Parmi les expériences désastreuses et même parfois gênantes des années 60, les équipes des Looney Tunes ont parfois tenté des appariments inédits. Ce film tente de concilier l'univers de Speedy Gonzales, celui de Tweety (à travers le personnage de Granny) et le personnage de Daffy Duck...
Dans la maison de Granny, Sylvester s'épuise à courir après Speedy Gonzales... Il est au bord du burn-out, alors il faut faire appel à des spécialistes, qui envoient Daffy Duck...
C'était une assez bonne idée, mais qui vient quinze années trop tard: autant les personnages de Sppedy et surtout Sylvester (le plan qui le montre en dépression nerveuse est d'une grande efficacité, sans parler de la cruauté) restent assez fidèles à leur image, autant Daffy n'est plus que l'ombre de l'ombre de lui-même! un personnage gâché par des années de médiocrité...
Les années 60 ont vu les Looney Tunes décliner de façon spectaculaire: baisse de budgets, scénario indigents, animation bâclée... Je ne vais pas blâmer ce pauvre Bob McKimson: les films de Chuck Jones étaient quasiment aussi pauvres...
McKimson a plusieurs fois tenté une parodie d'une série radiophonique très populaire, The Honeymooners, dont il a détourné les personnages en les remplaçant par des souris: The Honeymousers... Celui-ci est une série de conversations entre souris autour d'un chat. C'est nul, laid, mal fichu, sans rythme et totalement oubliable...
Dans les montagnes "Sloboviennes", Sylvester est un chat dédié à sa mission de chasser les souris... Il s'attaque donc à un petit rongeur qui va lui poser des problèmes nombreux...
Ca sonne, a priori, comme une situation très classique, mais d'une part le film ne débouchera pas sur une franchise spécifique, contrairement aux aventures de Sylvester contre Tweety, ou contre Speedy Gonzales. Et l'idée d'enrober ce court métrage d'une fausse identité de conte (avec des gags liés au folklore slave) est un excellent début.
D'autre part les gags sont excellents, et dotés du timing légendaire dont Freleng savait faire preuve, aussi bien en matière d'utilisation de la musique, qu'en matière d'explration des personnages dans toutes leurs possibilités. Moins réactifs que les créatures de Chuck Jones, les animaux de Freleng n'en sont pas moins expressifs...
Sylvester décide d'aider son fils à chasser des souris: il choisit de l'emmener avec lui au musée où il se livre à cette activité, précisément le jour où le petit kangourou Hippety Hopper s'y est caché... Le petit le prend pour une souris.
Bavard, animé à la truelle, avec des gags téléphonés et sans aucun relief: c'est un film de McKimson bien dans la moyenne... Bref, ça n'a pas le moindre intérêt...
Ce film reprend les principes de Little Blabbermouse, en allant jusqu'au bout des possibilités: dans un magasin (humain), une souris-camelot avec une voix et une diction proche de celles de W.C. Fields présente les rayons à des souris curieuses. Les bestioles se retrouvent devant des articles (et parfois même des tableaux, qui à chaque fois mènent à des jeux de mots et autres gags... De temps en temps une insupportable petite souris l'interrompt...
C'est un excellent film, cette fois, Freleng se laisse totalement aller à une forme de style inspirés des films fourre-tout de Clampett et Avery. Chaque vignette est menée au bout, avec des loufoqueries totalement assumées: lorsqu'on présente, au rayon des chaussures, les mules (en vert et rouge), ce seront fatalement des animaux... Les tableaux donnent lieux à des variations comiques qu'Avery avait soit déjà utilisées, soit il le ferait plus tard... Si on excepte la présence de la souris qui parle trop, c'est un petit chef d'oeuvre...
"When the cat's away, the mice will play..." donc, quand le chat n'est pas là, les souris dansent. A l'intérieur du cabinet du dr I. M. Nutts, une famille de souris constatent qu'ils sont tranquilles, et décident de faire la fiesta: certaines sris regardent des bactéries au microscope, expérimentent avec des médicaments, et autres bêtises... Pendant ce temps, un chat attiré par la perspective d'un bon repas, s'introduit sur les lieux...
C'est à la fois un conte, avec un début, une intrigu et une conclusion, et un catalogue joyeux d'excentricités, et de gags idiots: la marque de fabrique de Tex Avery, maître du timing, et transgresseur en chef à la Warner!
C'est un curieux mélange entre parodie, catalogue de gags, et comédie musicale... Le principal personnage est une imitation assez plate de W. C. Fields...
Une souris-camelot présente les articles en vente dans un drugstore. Chaque article donne lieu à une vignette, souvent commentée par un petit souriceau qui est un insupportable moulin à parole... Mais il y a aussi un chat...
Derrière ce qui tient lieu d'untrigue, la situation qui consiste à passer d'un sujet à l'autre fait immanquablement penser aux courts métrages de deux collègues de Freleng, qui étaient très doués pour ce genre de film: Clampett et Avery...
Une souris grise, prise au piège, demande l'aide d'un chat... Qui s'interroge sur la situation: la souris lui raconte donc une histoire édifiante, dans laquelle un lion qui a laissé la vie sauve à une souris s'en trouve fort aise quand la bête lui sauce finalement la mise...
C'est un film plaisant, dont le graphisme est sérieusement daté, notamment la souris et le chat! Mais c'est surtout intéressant, derrière le côté gentiment édifiant de ce conte, de voir Freleng déjà intéressé par la confrontation entre deux animaux, l'un impresionnant et l'autre minuscule, avec une inversion des valeurs: le titre, après tout, est clair: la souris ment comme un arracheur de dents!