C'est un remake d'Injun trouble, un film de la série Looney Tunes de 1938, réalisé par Clampett et dont la majeure partie de l'animation, incidemment, était créditée à un certain Charles M. Jones...
Porky participe à une caravane vers l'ouest, qui s'apprête à passer à travers le territoire du dangereux Injun Joe (Le super-chef)! Mais sloppy Moe, un trappeur local à demi fou...
Non, je ne peux pas dire ça.
Donc Sloppy Moe, untrappeur local complètement cinglé, dit à qui veut l'entendre qu'il connait un secret, mais il ne le révèlera pas.
C'est de la folie furieuse, hors concours. Le film initial était déjà frappé, mais ce remake va tellement plus loin. Quelques cellos ont été réutilisés, mais le film est essentiellement composé de séquences flambant neuves, qui bénéficient en prime de l'ajout de la couleur. Et la bande-son, retravaillée, ajoute la présence de Mel Blanc (ainsi qu'un gag récurrent supplémentaire, à chaque fois qu'un personnage parle de Injun Joe, the super-chief, on ajoute un "Whoo woo"...
Quant à Injun Joe (The super-chief, whoo whoo), le personnage a été amélioré au-delà de toute espérance. Bref: un chef d'oeuvre, fiévreux, idiot, malade mais vital.
Daffy Duck rencontre Elmer, qui est en corstume ( et d'humeur) pour la chasse au canard. Afin de se sortir de ce mauvais pas, il prend une décision radicale: proposer ses services comme esclave.
Le reste est inévitable, bien sûr: beaucoup de gags liés à la servitude, notamment un rasage hilarant, un repas qui tourne au fiasco, parce que l'esclave-canard goûte littéralement chaque bouchée et forcément ça ne va pas nourrir le maître. C'est enlevé, et c'est énergique d'autant que Freleng utilise le Daffy d'avant, celui qui méritait son patronyme. Et le dernier mot appartient à Abraham Lincoln...
Mais bon, ça fait un peu froid dans le dos quand après avoir utilisé le mot "slave", Daffy Duck se réfugie immédiatement dans l'humour verbal ethnique... le rappel est clair: la cicatrice de l'esclavage n'a jamais disparu.
L'avant-dernier film de Jones mettant en scène les aventures désastreuses du coyote le plus malchanceux de l'histoire du cinéma, est également une exception dans les années 60: il ne se contente absolument pas d'enquiller de façon plus ou moins convaincante les gags qui sont de toute façon tous des variations plus ou moins changeantes des mêmes routines: il le fait, mais à la perfection...
Si l'animation reste hélas fonctionnelle, pas plus (une malédiction des années 60, décidément), il faut voir ce film pour la maitrise incroyable du rythme, d'une part... Et pour une inventivité devenue rare: parmi les nombreux gags (tous ramifiés avec plus ou moins de toppers, soit des gags dans les gags sur les gags), il y en a un qui utilise la fameuse chute vertigineuse, avec de surprenantes variations incluant des cactus...
Et donc, un jour, le coyote découvrit qu'il avait faim, etc etc.
C'est un film situé en plein coeur des années 50, alors que déjà les décors de Maurice Noble partaient dans tous les sens, mais l'animation restait de bonne tenue...
Et sans rien trop révéler, le film est notable pour UN gag particulièrement novateur. Mais oui... J'ai l'air de me plaindre, mais rappelons que dans cette série de films de courts métrages à caractère philosophique, c'est justement parce que c'est toujours la même chose que c'est sublime.
Porky Pig réalise que sa maison est attaquée par des termites... Ou plutôt par UNE termite, Pierre, la plus grosse termite du monde! La chose est absolument impossible à arrêter, et il faut donc faire appel à un spécialiste... Ou en tout cas à un escroc qui prétend l'être!
Comme souvent dans les films d'Arthur Davis, la situation est centrée sur une lutte absurde, loufoque et... inégale! Porky va finir par trouver une solution, ça oui, mais elle sera bien inattendue.
Les films de Davis sont aussi notables pour le côté parfois foutraque du dessin, peut-être ce qui a fait qu'après une vingtaine de courts métrages, il se soit arrêté de tourner des Looney Tunes, soit rentré dans le rang, et soit engagé en tant qu'animateur auprès de Friz Freleng. Mais franchement, c'est dommage...
Pour la troisième fois, Jones anime le chien Charlie, qui est désespérément à la recherche d'un maître... Pour lui mener une vie dure en le harcelant: Comme dans les précédents, il est donc abandonné, de façon traître, et jette son dévolu sur Porky Pig qui n'a rien demandé, le pauvre...
Et comme les autres, c'est difficile: le personnage est vraiment irritant... Mais celui-ci me semble être un peu une synthèse de ce que le réalisateur a voulu faire, sans doute. Mais contrairement aux aventures du coyote, on ne peut pas se répéter tout le temps...
Ce film de 1946 est l'un des premiers du réalisateur Arthur davis, qui tourna jusqu'à 1949 un certain nombre de films souvent singuliers pour Arthur Schlesinger et ses Merrie Melodies... Et c'est le premier de ces films à avoir été un projet personnel, après qu'il ait fini des courts (Bacall to arms, The big snooze, The Goofy Gophers) commencés par Bob Clampett...
La trace de ce dernier est quand même bien visible, dans le timing et l'animation, ainsi que la loufoquerie et l'extravagance extrème du film... Ici, Porky a un problème avec une souris particulièrement cinglée et définitivement plus forte que lui. Il construit un chat-robot, afn de régler le problème...
A noter en particulier, un jeu sur la perspective, qui était fréquent chez Clampett, mais beaucoup moins dans la plupart des dessins animés Warner: on en trouve un exemple dans le fameux Porky in Wackyland. La façon dont Davis utilise l'approche du robot vers la souris (selon le point de vue de cette dernière) est très efficace... Tout en quittant résolument le terrain léger de la comédie!
C'est le soir: la grand-mère "borde" son canari (Tweety) et... Sylvester s'introduit dans la maison, lutte avec ma bestiole, et se retrouve inanimé avec une plume dans la bouche. Ce qu'il n'a pas vu (mais nous, nous le savons) c'est que Tweety est bien vivant, et a juste pris la poudre d'escampette pour échapper à un horrible destin. Une fois arrivé chez lui, Sylvester commence à être rongé par le remords...
Il est vrai que le film, qui a été introduit par un faux Alfred Hitchcock à la façon des épisodes de la série Alfred hitchcock presents, bénéficie également d'une voix off qui dialogue justement avec le chat pour le piquer dans sa culpabilité... Une bonne idée qui donne une certaine singularité à un court métrage assez unique en son genre.
Pour en finir, une fois de plus, c'est le canari qui a fait le coup.
Porky et son chat Sylvester font du camping en pleine nature... Comme de juste, Porky est d'un optimisme total, et aveugle, pendant que le chat est totalement prostré de trouille au moindre bruit. C'est le moment qu'a choisi un équipage vénusien pour patrouiller dans le désert, et chercher justement des spécimens terriens...
C'est le dernier film d'une trilogie de Chuck Jones, après Scaredy cat (1948) et Claws for alarm (1954), qui en était quasiment un remake. C'est sans aucun doute le moins bon des trois films, tous basés sur l'idée de présenter Sylvester en chat sans parole, parfaitement trouillard par opposition à son maître...
Ici, le décalage entre les deux personnages fait bien sûr fonction de moteur pour le film, mais c'est gâché par l'intrusion d'un vaisseau spatial bien dans le style des incursions généralement décevantes de Chuck Jones dans la science-fiction au rabais... Avec un "vénusien" dont on a parfois vu des déclinaisons dans les films mettant en scène le célèbre Marvin, le martien...
C'est l'histoire d'un kangourou, Claude Hopper, qui rencontre deux lapins écossais, qui le mettent au défi de sauter toujours plus haut...
Dire que c'est un film étrange et même franchement excentrique, est une évidence. Norman McCabe, ancien animateur de l'unité Looney Tunes de Bob Clampett, a hérité de l'équipe lorsque ce dernier a commencé à tourner des films en couleurs pour la série Merrie melodies... Et c'est vrai que la plupart de ses courts métrages (tous en noir et blanc, et il y en a peu: 13 seulement) sont complètement fous...
Ce qui ne nous étonnera qu'à moitié: d'une part, le monsieur a quand même repris non seulement l'unité, mais aussi la méthode foldingue, de Clampett. Et d'autre part, quand ce dernier tournait les Looney Tunes, il avait remarqué que personne ne faisait vraiment attention à ce qu'il se passait, et le fait est que les cartoons de Clampett, et par définition, tous les Looney tunes en noir et blanc des années 40, ont été faits dans une totale liberté... Et ça se voit ici aussi!
Un petit détail attendrissant, maintenant: la voix de Claude, le kangourou (qui disparaîtra après sans laisser de trace, mais je soupçonne que les deux lapins soien les ancêtres des Goofy Gophers) est l'acteur Pinto Colvig, qui était le plus souvent l'admirable voice artist derrière le personnage de Goofy chez Disney.
Et en dépit de tout ça, ce flm reste assez peu intéressant, bien moins en tout cas que les irruptions de folie furieuse de Daffy Duck dans d'autres films de McCabe...