Il n' y a pas de léopard dans le Connecticut? Tant pis. Quoi qu'il en soit, ce film célèbre l'hypothèse qu'il y en ait un, même si la présence de "Baby", le gentil félin moucheté, qui semble-t-il adore les chiens et la chanson I can't give you anything but love, baby, ne soit pas finalement l'argument principal de cette comédie qu'il me semble sans aucune exagération possible de qualifier de parfaite. Et pourtant elle avait commencé son existence dans de bien médiocres conditions, puisque Hawks, à la fin des années 30, n'est pas encore le réalisateur-monstre sacré qu"il deviendra, et que la présence de Cary Grant et Katharine Hepburn est surtout motivée par le flop monumental auquel ils ont tous deux participé pour la RKO, Sylvia Scarlett. A cette époque, Hepburn est considérée comme, en Anglais dans le texte, Box office Poison, et les deux acteurs se sont engagés à apparaître gratuitement dans une comédie pour la firme, afin de la dédommager de l'échec du film de Cukor, trop en avance sur son temps. Voilà les bases de cette nouvelle comédie, qui contrairement à Sylvia Scarlett est une "Screwball comedy", plus dans la ligne du genre... C'est même, à mon humble avis, la meilleure de ces comédies sentimentales menées tambour battant.
David Huxley est un paléontologue entièrement dédié à son métier. A la veille de se marier avec Alice Swallow, sa collaboratrice (Pour des raisons purement professionnelles, semble-t-il), il doit rencontrer l'avocat d'une riche mécène, Mrs Carleton-Random, afin de le persuader d'interférer auprès de sa cliente dans le but que celle-ci fasse au musée un don d'un million de Dollars. Durant la partie de golf qui tient lieu de rendez-vous, David fait la rencontre d'une jeune femme fofolle, Susan Vance, qui fait une entrée tonitruante dans sa vie. Une clavicule intercostale, un chien, deux léopards, un chasseur de gros gibier, un psychanalyste interlope, un shérif plus tard, la vie de David est définitivement chamboulée...
La mise en scène de Hawks est réputée pour sa simplicité, son absence de frime, et son coté définitif, c'est particulièrement vrai ici. Mais avec ses comédiens, il s'est manifestement livré à de l'improvisation, lâchant le plus souvent Hepburn contre Grant: la première incarne la folie destructrice et incontrôlable, le deuxième sensé être la raison ferme, victime des attaques de la première... et ça fonctionne bien sûr à merveille. Pour le personnage de David Huxley, "egghead", c'est à dire savant intellectuel et pompeux, décalé des réalités matérielles, et de la vraie vie, Hawks et Grant se sont inspirés de deux sources évidentes: Charley Chase, d'une part, le comédien de l'embarras, parfaitement en phase avec son monde jusqu'à ce qu'un grain de sable ne se mette en travers de son chemin, et Harold Lloyd, dont l'influence est d'autant plus perspectible que Grant porte des lunettes. Comme eux, Grant est un "straight man", lâché dans une comédie qui les plonge dans l'embarras. Mais l'influence du muet ne s'arrête pas là, avec de nombreux gags qui renvoient directement à d'autres vedettes de Hal Roach: Hawks reprend le gag du trou d'eau de profondeur inattendue, cher à Laurel et surtout Hardy qui en est systématiquement la victime, et un gag de robe déchirée reprend un
motif visuel, deux personnes qui marchent collés l'un à l'autre pour cacher une ouverture embarrassante, qui est là encore tiré de Laurel et Hardy, mais qui se trouve aussi chez Arbuckle et Keaton: on peut donc suivre Patrick Brion (Qui sait quand même de quoi il parle) lorsqu'il avance que Bringing up baby est la passerelle entre la burlesque muet et la comédie des années 40, beaucoup plus bavarde. Et au-delà du registre de la comédie burlesque, puisque les gags autour du dinosaure sont un emprunt (quand même bien voyant!) à Adam's rib de Cecil B. DeMille...
Dans ce film, qui nous conte les mésaventures d'un intellectuel avec une boule d'énergie, qui a un moment décide qu'elle est tombée amoureuse de celui qu'elle persécute, Hawks se débrouille pour alourdir considérablement le cahier des charges: il affûte ses piques aux intellectuels, montrés du doigt pour ne pas assez profiter de la vie, et s'intéresser à des choses dont tout le monde se fout éperdument (Un brontosaure en l'occurrence). Alice précise bien à Huxley: "Notre mariage sera strictement dédié à votre travail, David"... A l'opposé, Susan Vance est certes incontrôlable, mais elle est capable d'aimer. Il se moque des psychanalyste, faisant de son docteur à accent Allemand un homme sans doute très savant, mais au tic discret qui suffit à le rendre suspect de folie furieuse... Et puis il y a le douloureux motif de la masculinité, répété à l'envi dans le film, depuis le risque de se trouver dans les griffes d'Alice Swallow (Swallow, Hirondelle, mais aussi To swallow, avaler) et de s'y perdre, jusqu'à la recherche douteuse d'un os (Objet phallique, donc. D'ailleurs, ce pénis de substitution est directement assimilé à David Huxley, affublé du surnom de Bone dans plusieurs scènes par Susan) en passant par les vêtements de rechange donnés par Susan à David lorsqu'elle souhaite retenir celui-ci à son domicile: un peignoir à frou-
frous, qu'on imagine rose. et bien sur, lorsque Mrs Carleton-Random lui demande d'expliquer son accoutrement, il se contente d'un "I just went gay all of a sudden", une réplique qui donne encore lieu à des débats sur ses implications; certains avançant qu'il s'agit d'une trop belle allusion à l'homosexualité pour être ignorée, d'autres qu'il ne pourrait que s'agir d'une coïncidence, le terme étant probablement peu usité sous ce sens à l'époque. Mais sur la confusion des genres, Hawks la réutilisera de façon moins exubérante dans I was a male war bride, avec un Grant encore plus impassible.
Il faut voir ce film, ne serait-ce qu'une fois par an; il est drôle, irrésistible, même, et si parfait qu'il fait partie de ces films de Hawks qui se laissent voir deux jours de suite sans aucun souci... Il faut se méfier des réputations dans l'histoire du cinéma: on dit souvent qu'il fut un échec, c'est faux. Seulement dans une Amérique ou seuls les triomphes ont droit de cité, il détonne: le film a été un modeste succès, remportant la mise, sans beaucoup plus. En tout cas, il est devenu un passage incontournable, l'un des meilleurs films des années 30, et l'un des chefs d'oeuvre de son auteur, qui tentera d'ailleurs de s'auto-plagier avec le peu glorieux Man's favorite sport en 1962.
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Et puis il y a bien sûr le rêve effectué par David Gray lors de la dernière bobine du film, qui se voit lui-même dans un cercueil, le point de vue passant ensuite du David de l'extérieur du cercueil vers celui de l'intérieur: cette scène justement célèbre n'est pas gratuite, elle vient s'ajouter à l'intrigue pour donner une véritable utilité à un héros qui reste sinon un témoin de l'histoire, de la mort du châtelain, des tribulations nocturnes d'une bande de vampires bien européens (Un vieux docteur, une vieillarde acariâtre, un garde-chasse unijambiste), de la possession de Léone, etc. son sacrifice amène ensuite la résolution, aussi classique que possible, au cours de laquelle on va se débarrasser de la vampire, puis de ses "assistants". Dreyer qui a joué avec les nuances de gris (Gray, donc, ça ne s'invente pas) tout au long du film, enveloppe ses personnages d'un blanc lumineux et salvateur pour sa dernière bobine: le docteur meurt étouffé sous la farine du moulin, et David Gray et la jeune Gisèle, la soeur de Léone, rentrent au château par un bois envahi à la fois de brume cotonneuse et de lumière matinale. C'est la fin du cauchemar...
Superbe poème à la rigueur époustouflante, Vampyr est privé de facilités, de passages obligés. L'absence de flamboyance des dialogues, rendus compliqués pour cause d'internationalité du médium cinématographique, joue pourtant en sa faveur, comme l'assemblage minutieux d'objets, de symboles et de signes dans les décors. Les images définitives du film, noyées dans un halo de lumière bizarre, sont autant de tableaux définitifs sur le crépuscule inquiétant d'une journée qui dégénère en cauchemar, et on n'a pas fini de se noyer dans ce beau film, aussi essentiel que son ancêtre Nosferatu, qui lui cède parfois à quelques conventions. Dans Vampyr, pour le meilleur ou pour le pire, Dreyer a tout inventé. Disons qu'il a obtenu, pour le pire, un échec retentissant suivi par onze années à l'écart des studios (13 si on considère que le film a été tourné en 1930), pour le meilleur parce que ce film, que beaucoup préfèrent à ses oeuvres plus religieuses, est un joyau qui n'a pas fini de fasciner./image%2F0994617%2F20230718%2Fob_07544b_criterion-collection-vampyr-dvd-206987.jpg)
Kurosawa a laissé passer 5 années après son dernier film, Barberousse, celui-ci étant un sommet, pour le metteur en scène lui-même son film le plus achevé. Mais il n'est pourtant pas resté inactif, enchainant deux projets sans lendemain qui vont lui laisser un goût plus qu'amer dans la bouche, et avoir des répercussions sur le reste de sa carrière et de sa vie: d'une part, le film d'action Runaway train qui devait être réalisé aux Etats-Unis (Il le sera finalement en 1985, par Andreï Konchalovsky), et ensuite la portion Japonaise du film Tora Tora Tora, consacré par la Fox à Pearl Harbor, dont la partie Américaine serait assurée par Richard Fleischer. Pour l'un comme pour l'autre, Kurosawa se heurtera à un mur: la production n'était dans aucun des deux cas décidée à lui laisser le contrôle, et dans le cas du deuxième film, les rumeurs d'incompétence, de folie même du metteur en scène ont circulé. Pour en dresser le bilan, il suffit de dire qu'après la plénitude, Kurosawa est un homme brisé, dont il y a des chances qu'il ne retournera jamais un film... La seule solution, pour lui, c'est de trouver un sujet, le réaliser vite et bien, et tant qu'à faire, de faire ses gammes avec la couleur, l'une des motivations principales pour ses deux projets Américains...
Le jeune "trolley freak", pour reprendre le terme utilisé par les jeunes enfants qui lui jettent des cailloux au début du film, est le "passeur" du film. C'est lui qui donne le signal de départ de la narration, grâce à son trolley imaginaire... Il n'est pas difficile d'imaginer Kurosawa se représentant lui-même dans ce personnage de rêveur sérieux, incompris par l'extérieur, mais respecté dans le "village". Pour le reste, on suit les principes du film choral, avec un décor à la Kurosawa: pas très étendu, filmé à hauteur d'hommes, mais cette fois ci, il y a la couleur: on sait que le metteur en scène, en peintre, était très tenté; après tout, il y avait fait un clin d'oeil dans Entre le ciel et l'enfer, avec l'anecdote de la fumée rose... Mais ici, enfin, il s'y est adonné, en personnalisant notamment les cabanes , harmonisant les couleurs des vêtements des habitants et les nuances des murs, sols, planches et autres composantes des cabanes branlantes. Il a aussi utilisé un décor suffisamment neutre (Le ciel est bleu, sans aucune construction extérieure visible), et s'est occasionnelelemnt permis d'utiliser des toiles peintes comme Kobayashi dans Kwaidan (Très certainement une influence au niveau de la couleur, du reste Kobayashi est l'un des producteurs exécutifs de Dodes'Kaden). La palette étonnante qu'il a mobilisé est une source d'émerveillement, y compris pour des scènes d'horreur sociale, et Dieu sait s'il y en a dans ce film! Mais il y a aussi de l'humour, parfois finement mélangé dans le drame, comme dans cette scène tragicomique au cours de laquelle un homme vient chez le "médecin", afin de plaider pour un suicide. le docteur lui donne un poison, et ensuite commence à lui faire comprendre qu'il n'a pas envie de mourir; l'homme alors se débat et revient enfin sur sa décision, sans savoir qu'il a ingurgité un médicament inoffensif: l'humanisme triomphant de Kurosawa, déja à l'oeuvre dans son sublime Barberousse, est toujours là.../image%2F0994617%2F20230825%2Fob_a7147c_pfvysgxckasto7o69vmvh6goar0cc9-large.jpg)
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Royal Tenenbaum est un dandy vieillissant, revenu de tout, et qui n'a rien réussi, traversant la vie en affichant un mépris souverain pour les règles et les convenances, détaché de sa famille qu'il voulait nombreuse, mais dont il n'a pas su éviter les crises: marié, il a eu deux enfants, et en a adopté une autre. Mais Chas, Richie et Margo ne se sont jamais remis de leur impressionnante précocité, pas plus sans doute de la fuite du domicile familial de leur père mis dehors par une épouse qui en avait marre de ses infidélités. Après avoir été respectivement un financier génial (Chas), un champion de tennis (Richie) et une dramaturge reconnue (Margo), tous ont commencé à s'essouffler, et le temps a fait le reste. Les cassures de leurs vies se sont symboliquement traduites par d'authentiques fêlures: Margo, qui s'est mariée à un médiocre psychologue dépassé par les événements et qui poursuit des ambitions étranges (Notamment écrire un livre sur un pré-ado imbécile), a perdu un
doigt dans des circonstances étranges; Richie se coupe les cheveux (Qu'il porte longs depuis toujours, c'est un tennisman) avant de tenter de se suicider, et Chas ne met plus de costumes, il porte en permanence un jogging rouge qu'il impose aussi à ses deux garçons. Son épouse est décédée, et il a pris la décision de revenir au domicile familial.... C'est la période durant laquelle Royal revient lui aussi, en prétextant qu'il va mourir. Il a surtout envie d'empêcher Etheline, son épouse, de se remarier avec un homme qui lui, a réussi: Henry Sherman, en effet, est un homme du monde à succès. C'est le début d'une folle et chaotique période pour la famille Tenenbaum...
décalages en série (Les trois clones en jogging, les errances de Margo, en fourrure, qui promène son rictus Keatonien de cigarette en cigarette, les "souris dalmatiennes" qui envahissent la maison sans que personne ou presque n'y prête attention), et une légère exagération Lubitschienne. Surtout, la tendresse naturelle du metteur en scène revient mettre suffisamment de bon ordre la-dedans pour qu'on finisse par croire avoir assisté à une histoire édifiante. Ce film, l'un des meilleurs de son auteur, est une étape indispensable, un objet fascinant, dominé par le jeu sur les ambitions littéraires (Chaque personnage est présenté par un livre qu'il ou elle a écrit), et c'est un sacré roman.../image%2F0994617%2F20230718%2Fob_9e5af2_mg9llvhal0ftigsyxeyftxdguv4yny-small.jpg)
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mobilise les vieilles pierres et la nature, aussi bien accueillante que rageuse (Le tumulte dun ruisseau en crue qui empêche le silence de respecter les conversations téléphonique dans la cabine téléphonique la plus mal placée du Royaume-uni, ou le bruit incessant du tourbillon, symbolique des passions, n'en doutons pas, qui menacent d'engloutir l'écervelée Anglaise et l'homme auquel elle essaie de résister) est une fois de plus superbe. Largement tourné sur place, dans des conditions qu'on devine difficile même si elles furent certes moins spartiates que The edge of the world, le film bénéficie aussi d'un montage serré et qui sait laisser leur place aussi bien au lyrisme, à l'exubérance (le cinéma de Powell est l'un des plus énergiques du monde!), qu'à une certaine mélancolie contemplative.../image%2F0994617%2F20230717%2Fob_8e0dfd_3ippeqz2eqhafmwq7lofkbcurvyolt-origina.jpg)
XIXe siècle, à Edo (Future Tokyo) le jeune médecin stagiaireNoburo Yasumoto (Yuzo kayama) est amené à entrer au service du docteur Niide, dit Barbe rousse(Toshiro Mifune), dans une clinique qui s'occupe principalement de clients pauvres. Il est très remonté contre la terre entière, rêvant d'un poste plus prestigieux, mais va vite se rendre compte que le médecin qui l'aide à se former est un être exceptionnel, et cela va radicalement changer sa vie, sa vision du monde, et pour couronner le tout ses ambitions... Impossible de résumer le film plus avant sans être frustré devant la difficulté de la tâche. C'est avec ce genre de films qu'on se rend compte, si on en doutait au préalable, que Kurosawa était l'un des plus grands conteurs de son art. dans un Scope luxueux, et toujours magnifiquement composé, Kurosawa nous entraine à la suite du médecin récalcitrant, qui assiste au quotidien au spectacle de la bonté. On tremble, tant ce genre de films peut être torpillé dès le départ par les bons sentiments, mais ce serait oublier, d'une part, que Kurosawa ne se contente pas d'aimer les personnages, il aime aussi leur pudeur, et Toshiro Mifune compose un vrai personnage de sage à la John Ford... Ce serait d'autre part ne pas se rendre compte que si les sentiments ici sont certes très positifs, le réalisateur n'a pas pour autant pris de gants avec la représentation de la diffilcuté, dans le parcours initiatique du jeune médecin: la mort d'un vieillard, une tentative de meurtre perpétré par une jolie
nymphomane doublée d'unemante religieuse, une opération sanglante et aux antipodes du glamour, sur une jeune matiente nue qui se démène en perdant ses boyaux, la mort d'un autre patient, veillé par tous ses amis patients de l'hôpital... Chaque étape du parcours enfonce le clou d'une humanité malade mais riche, pauvre mais enrichissante, qui renvoie le jeune homme à sa vacuité personnelle. Il faut voir la belle histoire d'Otoyo, la jeune adolescente sauvée du bordel, qui va être un défi d'envergure pour Noburo, mais qui va aussi profondément le changer; il faut voir cette séance de bourre-pifs réjouissante, au cours de laquelle Toshiro Mifune montre que quand "Barbe rousse" n'est pas content, il y a du Sanjuro en lui.../image%2F0994617%2F20230717%2Fob_df9e5a_wu2ttrhw3pd1lkq9tk4zh4b20jsv40-origina.jpg)
mélodramatique, impeccablement mises en scène), n'est plus prophète en son Danemark natal, et doit aller chercher dans d'autres pays les possibilités de faire des films. Son but, s'il était officiellement de montrer l'avancée humaine à travers l'histoire des superstitions, était sans doute plus surement de casser du sucre sur la religion (Catholique, d'abord et avant tout) en affirmant la croyance dans le progrès.
un érotisme frontal; il est souvent question de sexe, de rapports sexuels, de liaisons contre nature, d'enfanter des rejetons du diable. On voit un accouchement burlesque, des sorcières embrassant le fondement d'un diable en rut, des démons occupés à agiter une baratte dans un geste qui ressemble à une recréation de masturbation... la nudité y abonde, liée aussi bien au sexe qu'à la torture. On comprend d'une part que le film n'ait pas été aidé pour être vu par tous les publics (On imagine le passage devant un bureau de censure dans le sud profond des Etats-Unis... mais cela n'a sans doute pas pu se faire!!), et qu'il ait été glorifié par les surréalistes.

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Moira Shearer, sa vedette de l'admirable The red shoes (A contre-emploi), dont il fait l'une des victimes, au terme d'une scène épuisante par sa lenteur, et l'implication du spectateur: nous savons parfaitement ce qui va arriver à cette ballerine-figurante qui croit saisir la chance de sa vie en restant avec ce photographe de plateau pour faire quelques essais de caméra... l'ironie est qu'une fois que son corps est découvert, celle qui n'était utilisée que comme doublure est désormais mentionnée par les journaux comme ayant été promise à un bel avenir! mais la présence de Moira Shearer, et sa ressemblance vague avec la frêle Anna Massey (Helen), joue un rôle d'intertextualité important, dressant ainsi un parallèle troublant avec The red shoes, dans lequel l'art menait immanquablement à la mort.../image%2F0994617%2F20230719%2Fob_0819a9_nqexvzvozqrumqgey1nc2mw0tgp1iu-large.jpg)