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Max Fischer est entré à l'école de Rushmore Academy à l'age de sept ans; il avait écrit une pièce de théâtre et sa mère avait décidé qu'il lui fallait le meilleur. Huit ans plus tard, il est parfaitement intégré dans l'école, où il pratique un nombre impressionnant d'activités extra-curriculaires. Par contre, ses résultats sont catastrophiques, et il est menacé d'être renvoyé s'il ne s'améliore pas. Cela ne le dérange pas, il continue donc ses activités, mais va faire deux rencontres déterminantes: d'une part, M. Blume, un industriel richissime qui s'ennuie terriblement va se prendre d'affection pour le jeune Max qu'il trouve brillant en dépit de son originalité. D'autre part Max va rencontrer une femme, Miss Cross, une jeune veuve qui enseigne dans la section primaire de l'établissement... C'est le début des ennuis pour tout le monde.
Notre première rencontre avec Max Fischer se fait à travers un rêve, dans lequel il s'imagine résoudre un problème de maths, apparemment impossible. Il triomphe, bien sur, mais si le rêve est évidemment piloté par le talent inné de Max pour la mise en scène (Il n'y a qu'à voir les pièces que son groupe de théâtre, les Max Fischer Players, interprètent pour s'en convaincre), il est aussi curieusement en phase avec la personnalité de Max lui-même. Si on excepte le fait que dans le rêve le jeune homme est un génie des maths, ce qu'il est loin d'être, pour le reste, c'est toute sa personnalité qui s'y exprime: hautain, menteur (Il a inventé pour son père veuf un métier à la hauteur du standing de l'Académie, mais le brave homme est en réalité coiffeur), calculateur (Ô combien!), sur de ses effets, et détaché du monde tout en le contrôlant dans ses moindres détails... Wes Anderson, avec Fischer, a créé le premier de ses petits génies inadaptés. Et c'est un somptueux révélateur de tout un univers, fait cette fois d'enfance mal achevée, d'adolescence décalée, et de rêves enfouis. Il y a beaucoup de similitudes entre Max Fischer et Herman Blume, même si sur bien des points ils sont plus complémentaires que semblables. Pour autant, ils ont un certain nombre de points communs: par exemple, tous deux ne s'acceptent pas, même si leur façon d'y remédier est différente; Max invente un univers, et Herman boit, est odieux en public, etc... Ils partagent le même enthousiasme pour la marge, pour le talent qui ose au détriment du système. Et les personnages sont amoureux de la même femme... Le triangle, incarné par Jason Schwatrtzmann (Max), Bill Murray (Herman) et Olivia Williams (Rosemary Cross) est un ressort dramatique qui permet l'expression de bien des sentiments. La meilleure scène sans doute est celle qui voit Max tenter sa chance une dernière fois auprès de la jeune femme, s'introduisant chez elle sous un odieux prétexte. On y passe du burlesque aux larmes sans aucune impression de mélange, et toute la vérité d'un personnage y passe: Miss Cross le dit elle-même, son mari décédé était très proche de Max, mais il n'est pas interdit d'imaginer que devenu plus agé il aurait fini par ressembler à Herman...

Après Bottle Rocket, fait avec les moyens du bord, Anderson a bénéficié avec Touchstone de moyens conséquents, ce qui lui permet de donner enfin vie à son univers, ici centré sur l'excentrique Max Fischer. Contrairement à ce qui se pasera dans les films suivants, Anderson n'a pas encore étendu à tout et tout le monde la distortion ethétique si particulière de son monde graphique, seul Max Fischer apparait comme franchement décalé de notre monde. C'est en fait un univers proche du notre, mais dans lequel une personne ne tourne vraiment pas rond. Max a décidé une bonne fois pour toutes ce qu'il voulait faire toute sa vie: rester à Rushmore Academy. C'est donc l'histoire d'un être humain souhaitant plus que tout être accepté par le monde qui l'entoure, et se refusant à laisser le monde qui l'entoure fonctionner tout seul sans qu'il interfère en quoi que ce soit. Bref, c'est une histoire d'adolescence, parfois embarrassante, parfois drôle, souvent touchante, et profondément émouvante. Et Wes Anderson a même la gentillesse de nous laisser apprécier une évolution très positive: à la fin, Max, semble-t-il, accepte au moins partiellement de vivre pour les autres, et semble s'accepter lui-même.
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On va surtout assister à un ballet entre deux, voire plus, vérités: dans un film qui s'appelle justement La vérité, Clouzot a tenu à inclure plusieurs sons de cloche, sans jamais s'octroyer le droit de totalement juger ses personnages. Tout au plus égratigne-t-il au préalable ses deux avocats, qui sont présentés dans toute la crudité de leur véritable jour AVANT le procès, comme pour prévenir les spectateurs de se méfier de leur éventuel ralliement à l'un ou à l'autre: Vanel se plaint d'un métier gâché par les clients, puis lui qui se fera tant remarquer durant le procès par la compassion et l'humanisme qu'il affichera vis-à-vis de sa cliente, raille son concurrent qui vient de traiter avec une déférence très voyante la mère de la victime. Eparvier (Dont le nom est déjà tout un programme) prépare ses arguments, déterminé à faire un massacre. Le ton est donné, et aucun des deux ne s'approchera de "La Vérité", celle des sentiments de Dominique Marceau. Elle seule saura essayer de les défendre, de les exposer, dans une scène magnifique. Quoique... Elles le sont toutes.
génie de faire dans un premier temps une extension de la vraie Bardot. En utilisant sa manière n'en doutons pas forte, il a sans doute été un peu loin avec son actrice, qui a du en voir des vertes et des pas mûres comme on dit, mais le résultat est là: et le metteur en scène a eu l'intelligence de baser sa progression dramatique sur la montée du malaise de Dominique Marceau... On sait le prix qu'a coûté ce film à l'actrice qui a même fait une tentative de suicide à la fin du film. Ce qui en dit long sur son implication, ainsi que sur les méthodes parfois très discutables de Clouzot... On ne peut l'ignorer. Mais le résultat est là.
La photographie du film est signée d'Armand Thirard; ce n'est bien sûr pas la première fois: il s'est chargé des images de L'assassin habite au 21, Quai des orfèvres, Manon, et Les Diaboliques... On obtient un noir et blanc gorgé de vie, de naturel, pour un grand nombre de scène nocturnes, ou aussi bordées de noir que peut l'être la façade de la maison des Marceau lorsque Dominique rentre chez ses parents pour les funérailles de son père. Une scène durant laquelle elle apprendra une nouvelle qui mettra le feu aux poudres. Le film commence et se finit presque sur une scène qui voit une silhouette de religieuse monter un escalier en silence. Un voile sombre nous en rappelle un autre, celui d'un ange noir: la maman du suicidé dans Le corbeau. Une façon comme une autre de nous dire que dans cette prison où Dominique Marceau attend son procès, la mort rode déjà.../image%2F0994617%2F20230717%2Fob_d1edfd_81ig8wvt2nl-ac-ul600-sr600-600.jpg)
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Le long métrage produit par Columbia, et réalisé en couleurs, sorti en 1996, prolonge le court, tout en en reprenant l'essentiel: Dignan (Owen Wilson) monte des plans délirants de hold-ups sophistiqués, conçus pour être exécutés par des gens qui n'apporteront aucun changement au déroulement ultra-prévu déjà inscrit dans sa tête: c'est forcément un être dont la confrontation avec la réalité est douloureuse. /image%2F0994617%2F20241223%2Fob_183b53_k8nt6lwpv3thdouwkbzsh4uddjhiem-large.jpg)
a le coeur bien accroché, faite de décalage (Les meurtres froids et ultra-précis de Chiguhr, mis en parallèle avec la lenteur et la gaucherie vieillote de Jones et de son adjoint joué par Garett Dillahunt; les accents poussés juste un tout petit peu vers l'exagération, les petits plaisirs pris par le monstre à parier sur la mort des gens qu'il rencontre), tout en nous donnant à voir, une nouvelle fois, un personnage engagé dans une fuite en avant à cause de circonstances qui le dépassent. 
La première version du film, réalisée par Lewis Milestone en 1931, était titrée The front page, du nom de la pièce adaptée. Howard Hughes et Lewis Milestone sont entrés dans l'histoire en créant le prototype du film de journalistes, grâce au texte de Ben Hecht et Charles McArthur, qui jetait les bases d'un univers de journalistes fait de verbe haut, rapide, et propice aux échanges savoureux... On notera qu'un carton d'introduction dans le film de Hawks rend indirectement hommage à la pièce et au film initial en parlant d'une éautre époque, avant de situer le film fermement dans la fin des années 30. Mais ce qui vient différencier la version de Hawks de la version de Milestone, ainsi que de celle de Wilder (1974), c'est bien sur l'idée de génie (Le script est du à Charles Lederer), qui consiste à faire de Burns et Johnson un couple: dans la pièce et les deux autres films, Hildy est un homme, et la relation fusionnelle entre rédacteur et journaliste est strictement professionnelle... Le match fabuleux entre Russell et Grant, joué au détriment de Bellamy essentiellement (Il fallait un certain sens du sacrifice pour jouer Bruce Baldwin!) électrise le film un peu plus, allant au-delà même des hauteurs atteintes par l'intrigue liée à l'interview, puis l'évasion d'un condamné à mort. La réflexion perpétuelle sur le travail pris sous son aspect quotidien, inhérente à la thématique personnelle de Hawks, s'effectue ici dans un univers qui marche quatre fois plus vite que d'habitude, ce dont le montage ultra-serré rend compte de façon impressionnante, et seule une scène échappe à la comédie franche, mettant en scène une jeune femme un peu folle elle aussi, qui a décidé de tout faire pour sauver Earl Williams, et se jette d'une fenêtre de la salle de presse afin de détourner l'attention d'un meuble dans lequel le condamné à mort s'est caché. L'espace d'un instant, le film s'arrête, la comédie se calme... avant de reprendre ses droits. Mais c'est ça la grande force de ce film justement: le monde parfois hilarant, parfois odieux, constamment électrique qu'il dépeint, c'est la vie d'un métier, l'essence de la presse Américaine. Un métier qui colle aux semelles de ceux qui le pratiquent, et ils ne le quitteront jamais, pas plus Hildy que n'importe lequel de ses collègues, quelles que soient les manoeuvres les plus lamentables d'un Burns. Et le film se dépare de la comédie Américaine, notamment du style de Bringing up baby (Dont la situation du personnage interprété par Grant est d'ailleurs inversée dans ce film, puisqu'il assume le pouvoir de nuisance en pilotage automatique qui était l'apanage de Katharine Hepburn): si la folie est parfois de la partie (Notamment à travers ce pauvre earl Williams et sa petite amie Molly), le monde des journalistes qui nous est montré est faut de gens qui ont, quoi qu'il arrive, les pieds sur terre...
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1940: Six officiers Allemands sont en mission sur le sol Canadien. Ils doivent rejoindre la frontière Américaine (Située sur le 49e parallèle Nord), et doivent faire face à plusieurs dangers: d'une part, le Canada et l'Allemagne nazie sont en guerre. D'autre part, ils ont participé à la destruction de plusieurs navires, et sont activement recherchés. Sur leur chemin, les six vont faire de nombreuses rencontre, certains vont être ébranlés dans leurs convictions, d'autres vont commettre des véritables actes de barbarie. Ils vont aussi faire la connaissance de beaucoup de citoyens Canadiens de nombreuses origines: des Indiens, desFrançais, des Anglo-saxons... Tous sont différents, mais tous tiendront, chacun à leur façon, tête face à ces "envahisseurs".
Dernier film de Michael Powell scénarisé par Emeric Pressburger avant que les deux compères ne décident de brouiller les cartes en signant désormais "Ecrit, produit et réalisé par" suivi de leurs deux noms, cet étrange et envoûtant film de propagande est l'un des plus inclassables et les plus fascinants de leurs oeuvres communes. Un film dans laquelle la virtuosité des deux compères, que ce soit l'étonnante mine d'idées géniales de Pressburger, ou le génie de l'image de Powell, éclate au grand jour. Conçu autour d'un périple du nord vers le sud, 49th parallel semble presque laisser la parole à nos six Allemands, abandonnés par le sort (Leur sous-marin a été coulé) à un environnement hostile, dans lequel la remarquable organisation, la discipline de fer du lieutenant Ernst Hirth (Eric Portman) triompheront jusqu'à un certain point de tous les obstacles... C'est parfois de leur point de vue que l'essentiel de l'intrigue est montré, mais à aucun moment le spectateur n'est invité à les suivre dans ce qui est bien un égarement. Le réalisme de la mise en scène, conjugué à un montage exceptionnel signé de David Lean, qui a rendu tous les morceaux de bravoure encore plus forts par le dynamisme qu'il a su mettre en valeur, n'empêche pas le film de glisser en permanence vers l'allégorie: les six nazis, du début à la fin, rencontrent des citoyens Canadiens attachés à leur liberté, leur démocratie; des gens qui sauront trouver les mots justes, non pour convaincre les nazis, c'est peine perdue, mais pour rappeler au spectateur l'importance de ces valeurs. C'est que la cible principale de l'aspect propagandesque du film était bien sur le spectateur Américain, dont le gouvernement était encore à cette époque d'avant Pearl Harbor hésitant quant à la participation à cette guerre lointaine.
Mêlant les regards juste et intelligent de deux artistes exceptionnels, et la mise en valeur de l'urgence de la situation par le montage, avec l'imposante présence dans le décor des montagnes rocheuses, des chutes du Niagara, bref de la nature canadienne, ce film oppose donc la tranquillité et la bonhomie du peuple Canadien aux sanguinaires militaires nazis, et dont la portée dépasse bien vite l'anecdote puisque la propagande Allemande va vite tenter de faire de cette épopée une preuve de l'héroïsme de ses soldats, seuls contre tous dans un pays hostile. pour autant il ne bascule jamais dans le manichéisme, ni l'alarmisme facile. On l'a vu, les nazis y sont dangereux, bien sur, racistes, militaires... Que des défauts qui les rendent effrayants, quoi... Mais ils sont surtout d'une bêtise affligeante, et assez faciles à contrer: seulement les héros qui se dressent sur leur chemin le font avec bon sens, en découvrant parfois leur courage de façon inattendue (Une très belle scène avec Leslie Howard); au final, les super-héros Germaniques ne sont que des cloportes sur lesquels il suffit d'appliquer un bon coup de botte bien placé. Il est toujours temps de le rappeler... Il sera toujours temps./image%2F0994617%2F20230719%2Fob_5ef159_yunzklos81pnuwixo24pc6zh8nc4vm-large.jpg)