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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 07:47

Premier long métrage avec Buster Keaton en vedette, ce film est aussi le premier que Buster ait tourné après la fin de sa collaboration (1917-1919) avec son ami et mentor, Roscoe Arbuckle. Et franchement, il faut le voir pour le croire, tant ce petit film est éloigné du style sauvage et délirant des deux bobines précédents.

Pour une large part, The saphead (L'andouille) annonce les rôles de jeune riche décalé que Buster jouera dans ses longs métrages, en particulier The Navigator; le film est basé sur une pièce, The New Harrietta. L'intrigue tourne autour de trois Harrietta: une mine d'or au Texas, appelée ainsi, dont le milliardaire New Yorkais Nicolas Van Alstyne possède la moitié des parts, une femme qui a eu un enfant illégitime avec le gendre de Van Alstyne, et le portrait d'une danseuse de ce nom, aperçu dans la chambre de Bertie, le très inefficace fils de Van Alstyne. A partir de ces trois "Harrietta", les confusions possibles sont exploitées par une intrigue maline qui se voit sans déplaisir, même si le rythme du film est plutôt lent. Mais ce n'est pas grave: The saphead devient vite un écrin pour l'acteur Buster Keaton, qui se révèle ici d'une compétence qu'on ne pouvait pas soupçonner à la vision des films d'Arbuckle.

Le moment du film le plus célèbre voit "Bertie" se jeter sur tous les hommes présents lors d'une séance de la bourse pour leur racheter leurs parts de la mine, et les prouesses accomplies par l'acteur sont très impressionnantes. La façon dont il joue de son corps, ici, avec minutie, tout annonce la rigueur du plus grand comédien de tous les temps. Voilà, je l'ai dit. Quant à Blaché, il donne ici un travail très compétent, même si je doute qu'on aurait tant d'intérêt pour ce film si Keaton ne jouait pas dedans...

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Published by François Massarellil - dans Buster Keaton Muet Comédie 1920 **
14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 18:16

Si Buster préférait, de tous ses courts métrages, Hard Luck (Sur lequel je suis fortement mitigé), celui-ci était le deuxième film favori: les deux ne possèdent finalement qu'un point commun, celui de montrer de façon asssez sardonique la philosophie de la vie, forcément noire, de Keaton. Sinon, The boat possède, à l'instar de The navigator, The general et The cameraman, l'avantage d'être centré autour d'un objet dont toutes les situations (C'est-à-dire les gags) découlent. En 27 minutes, c'est une merveille, drôle et souvent presque cartoonesque.

 

Keaton est doté d'une famille, dans laquelle le chapeau reste l'uniforme. l'épouse, jouée par Sybil Seely, suit son mari et l'assiste en parfaite petite moitié, et leurs deux enfants auront beaucoup à subir, puisque la famille a décidé de partir en bateau. L'esquif, un imposant bateau appelé Damfino, va beaucoup souffrir, puisque Keaton et Cline se sont ingéniés à trouver tous les gags possibles et imaginables avec le bateau. Keaton, Seely, et les enfants vont aussi beaucoup souffrir:

 

-Trop gros pour passer la porte du garage, le bateau fait s'écrouler la maison.

 

-Le lancement se termine par un plan de Keaton, debout sur son bateau qui s'enfonce inexorablement. Léger coup d'oeil vers l'arrière, comme pour savoir quoi faire à présent, puis Keaton disparait dans l'eau.

-Pour passer sous un pont, les mats sont amovibles.

 

-Pris dans la tempête, le bateau fait des tours complets sur lui-même. le "capitaine" décide de se clouer les chaussures au sol pour rester en place.

 

-Pour égayer la cabine, on a l"idée d'accrocher un tableau. Les clous, c'est fatal, entrainent une voie d'eau.

 

-Pour enrayer la voie d'eau, Keaton perce un trou dans la coque afin d'évacuer. ce n'est pas très efficace.

 

Bref... Pris dans la tempête, le bateau coule, avec Buster bien sur. la famille a pris place dans la baignoire de sauvetage, et voit seul le petit chapeau surnager. Ils se recueillent un moment, puis Buster réapparait. Toute la famille se retrouve donc dans le petite baignoire, dont l'un des enfants retire la bonde. La baignoire coule, heureusement près du bord... Sur la plage, Sybil demande à Buster: "Where are we?" Sans intertitre, Keaton répond en prononçant distinctement le nom du bateau: Damfino ("I'll be damned if I know", équivalent de "pas la moindre idée".) Une façon étrange de conclure un film, qui ressemble à la fois à une fin triste, ou en tout cas sinistre (Après tout, la famille s'enfonce dans le noir), tout en étant une fin heureuse: ils ne sont pas morts, après tout... Mais l'essentiel de ce film tient dans le rapport étrange avec l'eau, élément incertain, symbole du destin et véritable Némésis de Keaton, qui se frotte à l'élément liquide dans TOUS SES FILMS, que ce soit par le biais d'un seau, ou de l'océan tout entier. A ce niveau, The boat et sa dérive (Vers où, à propos?) est l'un des grands films en ce qui concerne la thématique. Indispensable chef d'oeuvre, donc.

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Published by François Massarelli - dans Buster Keaton Muet Comédie
14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 10:31

Le troisième film de Mae West, dirigé par Wesley Ruggles, annonce fièrement: screenplay and dialogues by Mae West. Bon, tout est dit: à ce niveau de confiance entre une star et son studio, on devine que la Paramount qui était en perte de vitesse était reconnaissante à sa vedette de pulvériser les records du box-office. Donc le film est un véhicule à la gloire de la plantureuse diva, sa diction morne, sa lenteur calculée et ses répliques pas si à double sens que ça: quand elle parle de "se coucher", "tâter du muscle", "connaitre des hommes", il n'y a pas d'équivoque. Elle ne parle pas d'autre chose que de sexe de toute façon. Au-delà de ces réparties bien amenées, des scènes de procès qui sont amusantes, les déboires de cette artiste de cirque, chanteuse et dompteuse de lions en plus de dompter les hommes, ne sont pas à proprement parler très passionnantes, et la présence de Cary Grant en beau jeune homme tient plus de la curiosité historique qu'autre chose, la réalisation est sans aucun relief. Et puis... Quelle actrice médiocre: une deux expressions, tout au plus, et une forte envie, pour ma part, de lui filer des claques pour qu'elle se bouge un peu. Bref.

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Cary Grant
13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 18:26

Classique parmi les classiques de Charley Chase, Limousine love est une merveille, un exemple de ce savoir-faire inimitable dont savait faire preuve le studio d'Hal Roach, à une époque ou, hélas, l'étoile de Charley Chase palissait à coté de celle de Laurel & Hardy, désormais les stars incontestables du studio. Et pourtant, le film bénéficie de la mise en scène de Guiol, qui a été un complice des premiers temps du duo vedette, mais on y retrouve aussi Edgar Kennedy et Viola Richard, cette dernière assumant un rôle qui est à la fois central, inoubliable, et un brin ingrat: elle joue une femme nue. Qu'on soit clair: on n'en verra rien, jamais, et c'est justement ce qui fait tout le sel de cette comédie: jouer en permanence sur la nudité, sans jamais la montrer, et construire 20 minutes de burlesque sur un sujet aussi risqué... il fallait le faire.

C'est le jour du mariage pour le dandy Charley Chase, mais son chauffeur le quitte en rase campagne (c'est un homme sensible, et son patron a été grossier). Il résout donc de conduire seul, mais réalise bien vite qu'il est en panne sèche. Il part à la recherche d'essence. Entretemps, Mr Kennedy (Edgar) et son épouse (Viola Richard) conduisent sur cette même route; l'époux cherche à apprendre à sa moitié la conduite, mais elle n'en fait qu'à sa tête. Excédé, il quitte le véhicule, et la jeune femme a un accident: elle est précipitée.... dans une mare de boue. Trempée, dégoutante, elle aperçoit, sur le bas coté, la belle voiture de Chase, qu'elle va utiliser pour se cacher le temps que ses vêtements sèchent. Et à ce moment Charley revient, remplit le réservoir et part, sans savoir qu'à l'arrière de la voiture il y a une femme dans le plus simple appareil. Quelques temps après, une fois le jeune homme au courant, il prend un passager, qui n'est autre qu'Edgar Kennedy... Pendant ce temps, le mariage ne se fait pas, la fiancée attend, et la jeune femme n'a toujours rien sur elle...

Impossible de raconter le reste, les gags se succèdent, et la maitrise en matière de comédie de tous ces gens est bien réelle. Vers la fin, une fois arrivé sur les lieux de la noce, et incapable d'arrêter la voiture tant qu'il n'aura pas réglé le problème de sa passagère, Chase tourne autour du pâté de maisons, prétextant un ennui mécanique. La voiture transporte bientôt une douzaine d'hommes en haut-de-forme, qui sont tous, les uns après les autres, mis au courant de l'ennui... Notons l'apparition d'une bouche de métro dans la rue, et de ses effets indésirables sur les vêtements flottants des dames, trente ans avant Marilyn... Indispensable halte que ce Charley Chase-ci!

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charley Chase
13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 17:28

Troisième incursion, de loin la plus complexe, de Chaplin dans le genre travesti, A woman possède un coté expérimental assez fascinant. Si le début situé dans un parc fait craindre qu'on retombe dans les vieux travers de l'improvisation scabreuse, et si une bonne part du film tient précisément à une trame à la Sennett, avec quiproquos, pantalons qui tombent, poursuite et autres, c'est sans doute parce que Chaplin savait que par ailleurs le film allait par ailleurs plus loin dans bien des domaines...

Le premier plan est, de façon inhabituelle, un travelling latéral, qui nous présente, assis sur un banc d'un parc et en gros plan, "a happy family", comme dit l'intertitre: de gauche à droite, le père (Charles Inslee), un vieux bougon, la mère (Marta Golden), endormie et qui ronfle, et enfin la fille (Edna Purviance), qui jette des regards irrités vers ses deux géniteurs en se bouchant les oreilles. Tanty qu'à faire de la comédie burlesque, autant le faire bien, semble nous dire Chaplin... Et c'est ce qui arrive: la mise en scène de Chaplin est plus raffinée qu'à l'habitude, dans ces scènes en apparence improvisées. L'arrivée de Chaplin, par exemple, qui vient du fond du cadre, alors que l'avant-scène est occupée par des arroseurs automatiques:

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L'auteur-acteur, ici, fait une entrée remarquable. De fait, il va être le centre des débats dans la deuxième partie. alors que le père est parti, profitant de la sieste de madame pour aller courir les filles, Edna et sa mère rencontrent le vagabond, qui les séduit, et elles l'invitent à se joindre à elles, pour prendre le thé. Il flirte de façon effrontée, en particulier avec la fille, mais lorsque le père revient, avec uin homme rencontré dans le parc, Chaplin doit se cacher: il a rencontré les deux hommes, et en a, entre autres tous pendables, flanqué un à l'eau... Il se réfugie donc à l'étage, où un mannequin l'attendait. L'idée inévitable lui vient: il va s'habiller en femme:

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Chaplin ne pouvait pas déshabiller un mannequin aussi simplement, et il va donc en rajouter, notamment dans cette image où on le voit clairement et consciemment mettre la main sur le sein de l'objet... Quoi qu'il en soit, le déguisement est vite enfilé, et Chaplin sort de la pièce, marche dans le couloir, et rencontre Edna qui hurle de rire. Elle lui suggère de raser sa moustache, et d'enfiler des chaussures de femme afin de parfaire l'illusion.

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La séquence qui suit éclaire la rigueur de Chaplin, qui n'a pas son pareil pour camper une maison dans ses films, et pour cause: les espaces délimités par chaque pièce sont une fois pour toutes établis par une position de caméra qui ne bougera plus. Ainsi, Edna file chercher des chaussures à droite, et Chaplin à gauche, va se raser. On va ensuite évoluer entre les deux espaces, par un montage alterné assez rapide, qui commence à établir un rythme assez soutenu, dont le final en forme de poursuite tous azimuts va pouvoir profiter.

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La jeune femme marque un temps d'arrêt, et semble s'adresser au public, comme pour nous dire: Vous vous rendez compte? sa moustache!! Le montage nous permet même d'imaginer qu'elle visualise elle-même la scène... Après bien sûr, le jeune homme va déclencher une série de méprises comiques, déchainées, mais tellement bien amenées, et basées sur une construction telle que l'on ne peut qu'applaudir. Avec un film comme celui-ci, Chaplin prouve que même en comédie de moeurs, avec un sujet graveleux, on peut, et on doit faire les choses avec rigueur. Sa suprématie évidente est désormais établie...Comment s'étonner après cela que Chaplin ait tant soigné son entrée dans ce film? D'autant que tout en soignat sa mise en scène, Chaplin y va à fond: la complicité entre Chaplin et Edna est évidente, et une fois Charlie déguisé, Edna lui donne un baiser fripon qui, étant donné la façon dont il est habillé, ne peut que posséder des sous-entendus... Chaplin est celui qui baisse le plus souvent le pantalon, lui qui s'abstenait en général, en témoin plus qu'en acteur des turpitudes au milieu desquelles il évoluait.

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Published by François Massarelli - dans Charles Chaplin Muet
13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 11:53

Au beau milieu des cinq longs métrages du réalisateur Hispano-Chilien, son premier film en Anglais trône, imperturbable, oeuvre à mi-chemin entre un film de genre, référentiel et soigné, et un film d'auteur, qui se jouera de toutes les impressions fausses; devant ce genre de film dont l'essentiel de la narration repose sur une énigme, comme chez Shyamalan, mais aussi comme Les Diaboliques ou Psycho pour citer les plus nobles, on a coutume de penser qu'une fois le film vu, il n'a plus aucun intérêt. Bien sur, c'est prévu: tous les réalisateurs un tant soit peu compétents savent donner plusieurs dimensions à ce genre de film, et The others n'est pas une exception. Il pourra être accusé d'une certaine froideur, aussi, impression qui est contredite par la forte personnalité des protagonistes, et par le fait qu'ici, certains se trompent, et entrainent d'autres personnes dans leur erreur, mais les circonstances l'expliquent, voire l'excusent. Enfin, il est de bon ton, dans une critique qui juge beaucoup sur les intentions et est parfois mal à l'aise devant le savoir-faire technique, de discréditer ce film en arguant du fait qu'il est réalisé par un "malin", entendre un virtuose sans âme. C'est stupide, et Amenabar est l'un des plus intéressants réalisateurs d'aujourd'hui. 

Raconter The others sans trop en dévoiler, c'est possible. Cela va être un peu plus difficile de l'analyser, mais on va essayer: l'enchainement des découvertes et des coups de théâtre sont un des plaisirs (Coupables, oui, oui) les plus vénéneux de ce beau film. Grace, une jeune Anglaise Catholique rigoriste (Nicole Kidman), vit à Jersey, en 1945, après la guerre. Son mari mobilisé n'est pas rentré, et le manoir dans lequel elle réside est plongé dans l'obscurité pour deux raisons: d'une part, l'électricité a été coupée durant l'occupation (Oui, Jersey, comme toutes les îles Anglo-Normandes, a été occupée par les nazis), et Grace s'y est faite, et d'autre part, ses enfants (Anne et Nicolas) souffrent d'un mal incurable, qui les rend extrêmement photosensitifs: il ne peuvent être exposés à la lueur du soleil, et une lumière plus forte les tuerait. Leur mère doit non seulement s'occuper d'eux, mais aussi prendre toute leur éducation en charge; de plus, elle s'impose une gymnastique cruciale: en plein jour, elle est obligée de superviser les déplacements de ses enfants dans la maison, s'assurer que les endroits ou ils se rendent soient saufs, c'est à dire que les lourds rideaux omniprésents soient fermés...

Au moment ou commence le film, le manoir est pris dans une brume tenace, et trois domestiques font leur apparition. Grace, déjà nerveuse par les circonstances, leur fait visiter la maison, mais ils la connaissent. Bertha Mills, la gouvernante, Mr Tuttle le jardinier et Lydia la bonne à tout faire muette, ont en effet déjà vécu et travaillé sur les lieux. Mais le principal événement qui va bouleverser la vie déjà mouvementée de la maisonnée, c'est l'apparition d'une présence qui terrorise les enfants, de quatre entités fantomatiques qui mettent à mal le Catholicisme aveugle de Grace... Celle-ci n'est pas au bout de ses peines. 

Alors que le moindre dessin animé traditionnel se barde d'effets spéciaux spectaculaires (Sorti la même année, Les aventures de Tigrou possédait une séquence de sauvetage assez énergique. On ne peut même plus avoir confiance en Disney...), les références de ce film sont plutôt tournées vers les classiques. par le pouvoir de la suggestion, on est dans un territoire proche de Tourneur (Cat people)... la maison, espace privilégié et inquiétant, nous renvoie à The haunting, de Robert Wise dans lequel plutôt qu'une maison hantée, c'était la demeure elle-même qui était le fantôme. Enfin, la référence obligatoire, surtout si on s'amuse à comparer Nicole Kidman avec Deborah Kerr, c'est The innocents, de Jack Clayton, d'après The turn of the screw de Henry James. La croisade de Kidman dans le film d'Amenabar renvoie bien sur à la décision de Kerr de s'attaquer à la possession démoniaque dont les deux enfants du film de Clayton sont victimes. Mais Amenabar, qui a déjà deux hauts faits d'arme à son actif, n'est pas là seulement pour faire un film référentiel et "malin", donc: il a aussi des choses à dire. D'une part, les deux films qui précèdent (Tesis, sur le voyeurisme extrême, et Ouvre les yeux, sur un étrange choix effectué pour ne pas mourir) ont abordé le sujet de la mort, dont ils offrent deux visions: la mort à laquelle on assiste, et les notions de voyeurisme et de culpabilité liées à la mort de l'autre; la mort "contournée" afin de s'assurer une chance d'immortalité. Ensuite, le film qui suivra (Mar Adentro) raconte le combat d'un homme qui souffre pour mourir de son propre choix. Avec ses histoires de fantômes, et ses discussions sur l'endroit ou vont les âmes lorsqu'on meurt (Une de ces conversations, savoureuses, voit la mère au catholicisme très fondamental prise en défaut par ses propres enfants), le film s'inscrit dans cette thématique. 

En prime, une fois qu'on a vu le dernier film en date du réalisateur, Agora, on constate aussi que la réflexion extrêmement acide sur le catholicisme de Grace abordée dans ce film est un sujet que le réalisateur a décidé de poursuivre, en contant à l'inverse des peplums habituels (Ben Hur et Quo Vadis en tête) l'arrivée de la religion Chrétienne comme un recul dans la marche de l'humanité. Une provocation? Une vengeance d'un ancien élève de pensions sévères, menées par des prêtres suspects? Je vous laisse juges, mais disons que la scène durant laquelle, confrontée à une inattendue disparition de tous les rideaux de la maison, Grace protège ses enfants du danger en déplaçant un tableau noir, sur lequel des préceptes religieux sont écrits en lettres aussi visibles que discrètes, ne manque pas de sel: la religion, dans ce film, après tout, est le principal moyen de ne pas laisser la lumière entrer...

Comme en plus le film est excessivement bien fait, le suspense laissé entre les mains d'un expert, et qui plus est l'osmose entre le réalisateur, ses acteurs, le chef-opérateur (Toute l'équipe du film est celle d'Amenabar en Espagne), et surtout entre le réalisateur Alejandro et le compositeur Amenabar, on peut passer outre tout sens, toute thématique pour se laisser aller à la peur contenue dans ce film... Qui en prime n'est pas dépourvu d'humour: on peut aussi s'amuser à compter les faux fantômes, les vrais reflets, Amenabar s'amusant à truffer ses scènes de draps suspects, et de robes blanches... malin, mais admirable.

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Published by François Massarelli - dans Alejandro Amenabar Criterion
13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 10:17

Un film absolument passionnant, typique de la production Warner des années 30, et qui semble accomplir l'impossible: réunir le savoir-faire maison acquis au terme d'une longue et riche décennie d'une part, et la verve grinçante des films de l'époque 1930-1934, dont on sait qu'elle a pris fin lorsque le Breen office a réussi à obtenir des studios Hollywoodiens qu'ils cessent la course toujours plus folle vers les sujets osés, la représentation des turpitudes et toutes ces sortes de choses. En d'autres termes, Marked woman réussit à parler de choses dont on ne peut pas parler, et à montrer ce qu'on ne peut pas montrer, le fait en construisant un suspense formidable, avec des personnages qu'on ne peut vouloir que suivre. Et il est du à Lloyd Bacon, un cinéaste pouyrtant mal aimé, et souvent accusé à tort de n'être qu'un tâcheron. Et d'une façon presqu'officielle, il est aussi un peu l'oeuvre d'un autre cinéaste, souvent appelé à cette époque pour donner un peu plus de punch  aux films des autres: Michael Curtiz. C'est désormais un fait acquis, et on retrouve occasionnellement sa patte, mais je ne vais pas tomber dans le travers qui consisterait à lui atribuer tout le succès du film: Lloyd Bacon a fait un travail formidable, et on lui dout en particulier la formidable caractérisation des jeunes femmes, Bette davis et Isabel jewell en tête, qui sont exceptionnelles.

 

Joe Vanning, un mafioso inculte ( -"Club intime"?  Qu'est-ceque ça veut dire?

-Ca patron, ça veut dire "intimate".

-Parle Anglais, je ne te comprends pas!

-Intimate, ça veut dire être ensemble.

-Changez le nom, si ça veut dire "intimate", il faut que ça s'appelle "Club Intimate".), prend les rênes d'un club de rendez-vous, dans lequel des jeunes femmes ont pour fonction de pousser les clients non accompagnés à consommer. Mary (Bette Davis) sait qu'elles sont entre les mains d'un malfrat qui n'hésitera pas à les supprimer si le besoin s'en fait sentir, et est très inquiète, d'autant qu'elle fait ce métier afin de payer l'université à sa soeur Betty, qui ignore tout de ses activités. Mais lorsqu'un client qui payait par chèque disparait au terme d'une soirée passée avec elle, ellle est immédiatement soupçonnée par l'énergique assistant du procureur, interprété par Humphrey Bogart dans un rôle rare à cette époque de "Good guy"... Il lui va falloir témoigner, en sachant la menace qui pèse sur elle...

 

La prostitution, déguisée en un business de dames de compagnie, voilà bien sur le sujet dont il est question... ou pas. Bien sur, les 5 jeunes femmes qui travaillent dans le Club "Intimate" se plaignent de leur sort, et sont soumises à la loi du milieu, mais les allusions sont nombreuses, notamment les ellipses, qui nous permettent d'extrapoler sur le véritable emploi du temps des héroïnes. leur façon aussi de parler de leur sort, voire de le dissimuler, telle Mary qui ne révèle à Betty la nature de son travail lors d'un procès...

Le ton volontiers plus policé des films dans les années qui suivent le pré-code ne s'applique pas autant à la Warner qu'à la MGM, et ce film en est un bon exemple. Le montage suit bien sur la dictyion mityraillette des acteurs, Bogart en tête, et l'ascension de l'adrénaline culmine avec violence (Bette Davis se fait passer à tabac hors Champ!! Elle a une scène, déguisée en momie sur un lit d'hôpital!!) dans une scène de procès qui est un modèle du genre.... La façon dont la caméra filme alors que les 5 jeunes femmes sortent de leur lieu de travail leurs jambes, marchant d'un pas décidé sur le trottoir, aporte bien sur une rime lexicale au soupçon de prostitution: on appelle les prostituées,  entre autre, des "Street walkers", après tout. Enfin, l'apport de Curtiz se ressent essentiellement dans certains plans typiquement coûteux, comme un beau plan du night-club, qui part d'ue femme en train de chanter sur scène, et s'éloigne jusqu'à cadrer tout l'établissement, avec ses nombreux figurants, mais aussi les acteurs de la scène qu'on voit distinctement s'installer à leur table. Sinon, la fin porte sa marque, avec son impression de happy ending dans ce qui nous est raconté, et l'impression contraire par ce qui nous est montré: le cinéaste à l'oeuvre fait tout, et réussit d'ailleurs, pour contredire la promesse de Bogart qui dit à Davis 'tout va aller bien maintenant, je suis là', en particulier lorsque les jeunes femmes s'enfoncent dans la nuit... Des scènes du procès ont été également assurées par Curtiz, et deux ou trois séquences, bien nerveuses. Mais de toutes façons, on ne va pas couper le film en petits bouts: voyez-le!!

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Published by François Massarelli - dans Lloyd Bacon
11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 17:31

Premier des trois films "mafieux" de Scorsese, et sans doute le plus autobiographique, Mean Streets a tout du petit film improvisé avec des acteurs complices, jetés en pleine rue dans des circonstances proches du réel, ce qu'il n'est pas. Bien évidemment, il y a un manifeste d'un cinéma différent dans les tribulations de ces quelques personnages unis par leur lien avec une famille criminelle, mais qui vont dans la vie de petit boulot (Escroquerie, protection, vols en tout genre) en petite soirée entre copains, d'amour dissimulé (Charlie et Teresa) en complicité à problème (Charlie et Johnny Boy). Le film possède un ton différent, et sur certaines scènes, l'humour de la situtaion et l'énergie des acteurs l'emlportent... pour le reste... Le coté faussement improvisé m'exaspère, la caméra embarquée m'horripile, et le personnage de Charlie (Harvey Keitel) me laisse complètement froid. Sa valse-hésitation entre la prétrise et le gangstérisme, reflet des propres "vocations" du jeune Marty, ne sont pas à mon avis une motivation suffisante pour voir le film. Reste De Niro et sa façon de monopoliser l'écran...

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Published by François Massarelli - dans Martin Scorsese
9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 13:32

"From the headlines!": En Mervyn Le Roy, Zanuck a finalement trouvé un partenaire de choix.le jeune prodige des années 28-29 est devenu en ces débuts du parlant un réalisateur influent, aux idées proches de celles du producteur: il s'agit, pour eux, de faire un cinéma non pas documentaire, mais inspiré du réel. Il n'est pas forcément question de dénoncer de façon délirante, mais bien de montrer, et éventuellement de proposer des solutions. A coté de trois films plus traditionnellement Hollywoodiens dans la mesure ou ils renvoient à un genre spécifique (Little Caesar, film de gangsters; Three on a match, mélodrame; Gold diggers of 1933, comédie musicale), ce film au titre choc représente le type même d'histoire qui accomplit le désir des deux hommes, puisqu'inspirée d'une histoire vraie, balisée dans le temps par quelques allusions historiques sans pour autant être une dénonciation de la crise, mais attaque en règle toutefois non de l'Amérique, mais plutôt de certaines pratiques honteuses effectuées dans le Sud du pays: le système carcéral Sudiste et ses bagnes à ciel ouvert dans lesquels des êtres humains s'abîment dans une spirale de travaux forcés et de déshumanisation.

Le film est conté comme un parcours. Aux habituelles coupures de journaux, un péché mignon de Le Roy pour asseoir l'autorité de son récit et son réalisme, viennent s'ajouter des cartes, qui sont le plus souvent précises quand il s'agit de montrer les voyages et l'évasion de Jim Allen, le héros, et moins précis lorsqu'on touche aux pratiques carcérales: aucun état n'est cité dans le film, mais plusieurs se sont reconnus, notamment le Mississippi, la Louisiane et l'Alabama.

Les dates sont parfois claires, souvent indiquées indirectement (la fin de la guerre, ce qui pourrait être 1918, 19 ou 20 tant la démobilisation a pu être longue), ou parfois totalement floues; aucune allusion ici à la crise de 1929, par exemple, et il est probable que l'essentiel du film se déroule bien avant.

Jim Allen (Paul Muni), un sergent démobilisé, revient chez lui, et peine à reprendre ses marques. il se résout à tenter sa chance dans les métiers du bâtiment, une carrière qui ressemble à un idéal pour lui, mais cela ne fonctionne pas, et il a de plus en plus de mal, jusqu'au moment ou il est devenu chômeur, et n'a plus rien. Il est arrêté malgré lui dans un hold-up auquel il n'a pas participé, et va donc purger une peine de dix ans de travaux forcés. Très vite, il comprend la nature du lieu, et souffre comme d'autres du traitement inhumain qui lui est infligé, avant de se résoudre à s'évader. Une fois dehors, il reprend le cours de sa vie, devient un ouvrier qualifié, contremaître puis ingénieur... Mais sa nouvelle épouse, qui l'a forcé par chantage à l'épouser, va se venger de lui, et le dénonce...

 

Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce film frappe fort, très fort. A l'interprétation généreuse (Paul Muni, mais aussi tous les acteurs, de Glenda Farrell à Berton Churchill en juge froid, à Allen Jenkins en sympathique malfrat, sont justes) vient s'ajouter une mise en scène comme toujours dans ces films pré-code de Le Roy, qui ne passe pas par quatre chemins, aussi directe que possible. Le montage, typique de la Warner, alterne plans longs, et flashes (le passage du temps), et laisse beaucoup les acteurs faire leur travail. Au baroque de Curtiz, voire à l'opéra de Wellman (Public enemy) le cinéma de le Roy oppose les scènes "coup de poing", en laissant la musique en dehors du film, comme dans Little Caesar. Le parti-pris de Le Roy lui autorise quelques notations discrètes, comme ces ironiques rimes entre les scènes (Le juge frappe de son marteau, et un fondu enchaîné nous montre les masses des forçats en gros plan...) voire entre le début et la fin: bien sur, Jim Allen, qui a tant voulu construire, notamment des ponts, s'évadera en détruisant... un pont.

Faire mentir la légende d'un cinéma aveugle aux vrais problèmes, c'est l'un des atouts majeurs de ce grand film, au style volontiers réaliste, à la fois typique des Warner pré-codes (ah, la diction de Glenda Farrell ou Allen Jenkins... on ne s'en lasse pas), et qui va plus loin, dans la polémique comme dans la représentation d'un certain réel. la cible de ce film ne s'y est pas trompée: mais on peut se demander si derrière ce film déjà si corrosif en tant que tel, ne se cacheraient pas d'autres messages, sur le Sud toujours: les pratiques typiques et locales ne manquaient pas dans des états dominés par le KKK, aux lynchages à la fois secrets et publics, avec leur ségrégation d'état. Dans le film, le Roy n'hésite pas à montrer les bagnards partagés entre Blancs et Noirs, comme Curtiz le fera de ses prisonniers dans 20, 000 years in Sing-Sing, ou de ses mineurs dans Black Fury. L'homme qui brise les chaînes de Jim, c'est d'ailleurs un grand noir. Bomber, le camarade de Jim, lui dit: ce gars-là, les gardiens aiment tellement son travail qu'ils envisagent de le garder jusqu'à sa mort... Enfin, le principal sujet "social" abordé à la Warner, qui permettait de faire tout passer sans accusation de communisme, car il fallait bien sur faire attention à ça, c'était évidemment le sort indigne des vétérans, dont fait partie Jim Allen; voir à ce sujet Heroes for sale, de Wellman, ou Gold diggers of 1933, du même Le Roy. Le film, c'est une évidence, est chargé en sens.

De fait, il y aura une descendance à I am a fugitive from a chain gang; d'une part, il inaugure d'autres réalisations polémiques dont la Warner va se faire une spécialité, mais il établit aussi une image du bagne Sudiste qui va passer directement dans les habitudes. On lui doit donc autant certains aspects de Sullivan's travels de Sturges que de son héritier O Brother, Where art thou? des frères Coen... Plus généralement, c'est l'un des joyaux du cinéma Américain, de la Warner, de la carrière de Paul Muni et de celle de Le Roy. excusez du peu. Si je lui préfère Three on a match, je dépose quand même les armes devant son efficacité vénéneuse.

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Mervyn Le Roy
6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 11:35

Aux débuts du parlant, il est finalement étonnant que tant de gens aient eu besoin de se justifier face au déferlement de films de gangsters. Après tout, le genre est aussi vieux que le cinéma, et a eu déjà ses lettres de noblesse, avec Griffith, Walsh, Tourneur, Milestone, Sternberg. Mais la parole était sensée apporter un réalisme trop gênant. Comme on le verra, parmi les premiers films de gangsters, pourtant, et en particulier avec les trois classiques incontournables (Scarface, Public enemy et Little Caesar), ce n'est pas le réalisme qui l'emporte. Il est cependant probable que le film de Le Roy, tout en étant le moins bon, est aussi le plus réaliste des trois, ou en tout cas le moins baroque. Ceci explique peut-être cela...

 

Le film conte l'ascension et la chute de Rico "Little Caesar" Bandello, un gangster ambitieux et peu marqué par les scrupules, inspiré d'Al Capone. Dès le début, un motif se fait jour, à travers un objet usuel, une pendule, qui démarre un fil rouge: le temps. Rico (Edward G. Robinson) et son ami Joe (Douglas Fairbanks Jr) ont cambriolé une station service, et ils mangent un morceau dans un snack: on voit la main de Rico qui retarde la pendule d'un quart d'heure. Se croyant maitre du temps, Rico trafique la pendule afin de se tricoter un alibi; plus tard, lors d'une fête censée célébrer la rapide ascension du caïd, ses amis lui offrent une belle montre... Cinq minutes plus tard, on apprend qu'elle a été volée. Le temps et le mensonge, inextricables, vont avoir raison de Rico. Le temps passe et aura la peau du bandit comme elle a eu la peau des autres, ceux dont il a pris la place. Mais le mensonge, lié à l'alibi ou à la montre volée, met en place une autre évidence: Rico n'est qu'un imposteur, pas un César: un petit César, un moins que rien. L'obsession du temps est relayée par un montage qui incorpore des coupures de journaux, pour aller dans le sens voulu par Zanuck et Le Roy, de faire du cinéma un reflet de l'actualité. Si c'est moins réussi que dans Three on a match, c'est un des meilleurs aspects du film.

 

Rico a de l'ambition: la première discussion entre Joe et Rico révèle que Joe n'a qu'une envie: cesser ses activités frauduleuses. Il va d'ailleurs y consacrer toute son énergie, s'en sortir, et forcément se retourner contre son copain. une idylle de Fairbanks avec Glenda Farrell a l'avantage de nous montrer les débuts de celle-ci, mais les dialogues en sont affligeants. Rico, de son coté, aime cette vie et n'en conçoit pas une autre. mais s'il faut tuer, il le fera, et notamment, il tue sans hésiter le chauffeur de la bande, Antonio, sur le parvis d'une cathédrale (Là ou mourra Cagney dans The roaring twenties de Walsh, en 1939).

 

Rise and fall: la structure épouse bien sur cette figure quasi-Shakespearienne. Mais le destin de Rico, rattrapé par le temps, et qui voit sur sa route Flaherty, le policier à ses trousses, partout ou il va, ne fait jamais le moindre doute. Il mourra derrière un panneau publicitaire qui vante le spectacle de Joe et de son amie Olga, désormais danseurs vedettes; lui voulait la gloire, eux l'ont obtenue la tête haute. Mais lorsqu'il demande si c'est vraiment la fin (Il ne peut s'empêcher de parler de lui à la troisième personne: "Is it the end of Rico?"), il semble être le seul à ne pas l'avoir anticipé. Nous on le savait...

 

Le film est bien de son époque, et la technique de Le Roy, qui a choisi une bande-son nue, essaie de coller à la volonté de réalisme, ce qui apporte une certaine pesanteur. Robinson est excellent, bien sur, on ne peut pas dire ça de la diction de tous les acteurs. Wellman a passé outre les scrupules des ingénieurs du son avec son Public Enemy, et a eu raison. Mais Le Roy, qui s'efforce de placer sa caméra à distance, comme s'il volait ses images, a quand même réussi à faire un beau film, au noir et blanc essentiellement nocturne (Tony "Warner Bros" Gaudio est à la caméra), nous fait souvent oublier la lenteur un peu gauche de l'interprétation. Dès l'année suivante, Le Roy poussera un peu plus avant et tournera deux films essentiels: Three on a match et I am a fugitive from a chain gang.

 

 

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