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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 11:42

Curiosité parmi les curiosités, Life est une énigme. C'est donc un film inachevé de Chaplin, dont certains commentateurs ont douté qu'il ai jamais existé, mais dont on est à peu près sur qu'il a bien été entamé. Quand on sait à quel point Chaplin pouvait contrôler, jusqu'à ses derniers jours, le devenir de chacune des images dont il possédait les droits, il est étonnant de savoir qu'on dispose d'une bonne portion de ce film, d'autant qu'il n'a jamais été achevé... Mais voilà: Life a été commencé en octobre 1915, dans le cadre de son contrat avec Essanay, et Chaplin n'en possédait pas les droits. de toute façon, le film n'est que virtuel: essayons d'y voir un peu plus clair. Nous sommes face à plusieurs objets filmiques qui sont autant de pièces de ce puzzle:

Police

Chaplin est libéré de prison, et commence l'habituelle recherche: manger, un endroit pour dormir. Il rencontre, après avoir tenté de s'installer dans un asile de nuit, un ancien compagnon de cellule (Wesley Ruggles), avec lequel il va se lancer dans un cambriolage. C'est un désastre, et à l'arrivée de la police, La jeune fille de la maison, jouée par Edna Purviance, va disculper le vagabond, qui va pouvoir continuer son errance...

Le film est un bon court métrage de deux bobines, enlevées, avec des figures qui sont troublantes: le choix entre réforme et débrouillardise, entre honnêteté et vol... Et il y a une scène troublante dans un asile de nuit, un endroit qui sera toujours pour Chaplin un lieu intéressant pour ses tragi-comédies...

Triple Trouble

Quelques années après, en 1918 très précisément, l'Essanay sortait Triple trouble; il s'agissait d'un ensemble de chutes de films, assemblées de façon supposée cohérente et complétées avec de nouvelles scènes réalisées par Leo White. Le plus intéressant dans ce film incompréhensible, c'est bien sûr que les chutes soient tirées des tournages de Police, et de Life. Mais s'agit-il vraiment de deux films différents?

A voir Police et Triple trouble à la suite, on est frappé par les ressemblances de certaines scènes, et l'incohérence qui se dégage de leur juxtaposition: les deux films contiennent de façon évidente les fragments d'un troisième, qui ne peut être assimilé ni à Police, ni à Triple trouble, un salmigondis sans queue ni tête dans lequel Leo White a inséré des passages répétitifs et anti-Germaniques, et une intrigue débile dans laquelle Chaplin n'a d'ailleurs rien à faire, et quelques plans tirés de Work.

Mais l'essentiel  de ce nouveau film est composé d'images qui sont soit des doublons de séquences de Police (la rencontre entre Chaplin et son copain de cellule), soit des prolongements (La séquence de l'asile de nuit, ici longuement développée). Mais c'est quand même une énigme, d'autant que le montage chamboule tout; un personnage de l'asile de nuit porte le même maquillage et les mêmes vêtements que Wesley Ruggles qui joue l'escroc avec lequel Chaplin se rend à un cambriolage (Dans les deux films, même s'il ne s'agit pas du même cambriolage!); à un moment, l'homme de l'asile de nuit poursuit Chaplin, qui s'enfuit de l'asile, se retrouve dehors, et se trouve nez à nez avec le même homme, ou du moins son sosie, avec lequel il pactise désormais: ça ne marche pas...

Voilà, tout porte à croire que Chaplin s'est bien lancé dans la confection d'un film qui aurait été son premier long métrage, qui aurait mélangé les aventures de son héros vagabond dans la ville, et l'aurait vu d'abord sortir de prison, lutter pour sa survie, s'installer dans un asile de nuit, ou une longue scène de Triple Trouble se situe en effet, puis sans doute rencontrer un escroc... après, les paris sont ouverts: deux cambriolages, chacun avec une Edna Purviance différente... N'oublions pas que Chaplin aimait à faire, défaire, écrivait ses scénarios avec la caméra, et qu'il a sans doute ravalé ses ambitions devant le peu de soutien manifesté par l'Essanay. Auquel cas Police est sans doute la version "acceptable" de Life concédée par Chaplin à ses patrons, qui lui permettait de faire passer certaines scènes. Le fait qu'il s'agisse d'une concession expliquerait que le très intransigeant Chaplin s'en soit désintéressé aussi facilement. Pour finir, Chaplin a fini par reconnaître Police, et même Triple Trouble, dont il est vrai qu'il recèle une longue scène totalement intacte de ce qui a du être un film que Chaplin aurait aimé pouvoir finir...

Post-scriptum:

une reconstitution du film (Sous le titre POLICE, EXTENDED EDITION) a eu lieu, elle a été disponible un temps sur DVD, et les reconstructeurs sont partis de l'hypothèse que le film était à peu près achevé, et ont agencé les séquences de la façon suivante: 

Chaplin sort de prison, tente quelques rapines pour manger, essaie d'entrer dans l'asile de nuit, mais en est expulsé.(Police)

Le lendemain, il trouve un travail, et devient assistant cuisinier dans un manoir, dont la bonne à tout faire est Edna. ils flirtent, mais il est vite licencié. Avec l'argent, il a au moins de quoi entrer dans l'asile. Là, il  déclenche une bagarre, et doit sortir précipitamment.

(Triple trouble)

Du coup, seul dans la nuit, il se retrouve face à son "ami" qui lui propose un cambriolage. il accepte, et participe au casse. Il y revoit Edna, qui ne le dénonce pas lorsque la police intervient, et il part sur la route, seul...

(Police)

Voilà, c'est vrai que ça tient assez bien la route, reste le cas des deux escrocs habillés pareillement, qui pose toujours ce problème de continuité. En tout cas, le film ainsi arrangé est proche de 40 minutes...

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Published by François Massarelli - dans Charles Chaplin Muet ** 1916
16 mars 2025 7 16 /03 /mars /2025 14:40

L'étudiant de Prague a déjà fait l'objet d'une adaptation par son scénariste Hanns Heinz Ewers en 1913, avec la collaboration de Stellan Rye. Le rôle principal, celui de l'étudiant épéiste Balduin, était tenu par Paul Wegener, qui était, déjà, trop vieux pour le rôle... C'est aussi le cas de Conrad Veidt mais ça se voit moins!

En automne, un groupe d'étudiants en goguette s'arrêtent à une tavrne pour y boire et prendre du bon temps. Balduin l'étudiant est amené à secourir la fille d'un noble local, la belle Margit, dont le cheval s'est emballé lors d'une partie de chasse. Balduin est hanté par le souvenir de la jeune femme, et délaisse sa petite amie Lyduschka. Prenant conscience de sa classe sociale, il passe un contrat surnaturel avec le prêteur sur gages Scapinelli (Werner Krauss), qui lui confère richesse et gloire. Il peut désormais essayer de séduire la belle Margit...

Nouvelle variation sur le thème du double et du contrat maléfique, le film est sorti la même année que Faust... Sous la direction de Galeen, il se pare d'un souffle impressionnant, et d'une richesse que ne possédait pas celui de 1913, tout en lourdeurs assez poussiéreuses... Un remake ne s'imposait peut-être pas, mais de toute façon, ce nouvel Etudiant de prague est bien un tout autre film, plus accessible en 1926 aux spectateurs du monde entier, clairement. 

Galeen poursuit ainsi un travail de réappropriation des mythes (Germaniques ou non, puisqu'il a collaboré au film Nosferatu, après tout) en s'appropriant différemment des habitudes de l'écran allemand, l'héritage de la tentation d'un cinéma expressionniste, sempiternel sujet de débat autour des oeuvres cinématographiques de Weimar..; Il y utilise bien des aspects du style (les décors marqués d'Hermann Warm, et bien sûr les deux acteurs les plus marquants de Caligari, ce n'est pas rien) mais son film est empreint d'une vraie fraîcheur: et le jeu de Veidt en particulier y est moins chargé qu'à l'accoutumée. Et Krauss est méconnaissable!

Galeen, et Ewers qui a collaboré au scénario, placent le film dans un souffle spectaculaire, en développant l'intrigue sur deux heures, aussi, évitant les lourdeurs de l'oeuvre initiale. La scène la plus emblématique, durant laquelle Scapinelli opère un échange entre Balduin et son double à travers un miroir, est sans doute la plus traditionnelle, sous l'influence inévitable des habitudes du cinéma allemand d'avant... Mais la magnifique scène de l'entrevue nocturne entre Balduin et Margit, qui fait intervenir les quatre principaux personnages, est superbement pensée, avec l'utilisation inquiétante de l'immense ombre de Krauss...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Henrik Galeen Conrad Veidt 1926 **
15 mars 2025 6 15 /03 /mars /2025 08:29

Henrik Galeen, c'est bien sûr d'abord et avant tout le scénariste de Nosferatu, film unique en son genre, et incursion inattendue, pour une adaptation (même oficieuse) d'un roman Gothique anglophone, au pays de l'occulte... à l'Allemande! Mais il est aussi un réalisateur, de huit films en Allemagne entre 1915 et 1933. Celui-ci est l'un des plus célèbres... C'est auss une sortie tardive d'une oeuvre fantastique sur l'écran allemand, à une époque où la cinématographie nationale se tournait vers des études psychologiques et des drames sociaux... Galeen, sans aller jusqu'à verser dans l'occultisme comme Albin Grau, le coproducteur de Nosferatu, avait en effet une passion pour la tradition du fantastisque, et ce n'est pas un hasard si sa première réalisation était justement la première version du Golem avec Paul Wegener...

Celui-ci interprète le professeur Jakob ten Brinken, un scientifique notable obsédé par un projet délirant: il croit en le pouvoir fantastique des mandragores, cette plante mythique qui pousse au pied des gibets, et dont la présence vient de la semence éparpillée par les condamnés lorsqu'on leur met la corde au cou! Il souhaite créer un enfant, en utilisant une mandragore pour imprégner une prostituée, et voir comment évoluera l'enfant...

Le résultat de cette expérience sera une fille (Brigitte Helm): Alraune (l'allemand pour mandragore) va grandir dans un pensionnat, où elle sera très vite remarquée pour son indiscipline et ses audaces, capable de corrompre tout un dortoir d'un rien... Punie, elle s'enfuit, trouve du travail dans un cirque où elle corrompt tous les hommes qu'elle est amenée à rencontrer... Le professeur ten Brinken la retrouve et décide de la récupérer. Mais les ennuis ne sont pas finis: alors que la jeune femme s'installe dans le luxe de sa relation filiale avec le vieux professeur, ce dernier est de plus en plus persuadé de l'incapacité de sa création à échapper à sa nature fondamentalement maléfique, mais en prime il tombe fou amoureux d'elle...

Le film est intéressant sur de nombreux points, l'un d'entre eux étant cette capacité qu'a eu Galeen d'adapter le fantastique de son film à la nouvelle donne du cinéma Allemand: fini l'arrière-plan expressioniste, dont les derniers feux étaient visibles encore l'année précédente dans Metropolis et Faust. Ce film de dix confortables bobines s'inscrit dans l'élégance du cinéma moderne Européen, et son fantastique ne repose en rien sur les délires chargés d'une imagerie fascinante, mais dont il fallait bien un jour s'échapper. Il a beau être fort long, il en ressort une certaine légèreté... Et de conte fantastique, Alraune deviendrait presque un mélodrame, ou un drame de moeurs, qui aurait pu être réalisé par un Richard Oswald (qui justement en era un remake parlant quelques années après, avec Brigitte Helm), ou A.W. Sandberg. Les décors du cinéma de l'époque sont tous présents, de tables de jeu surpeuplées de bourgeois en habit, aux vastes demeures dont les appartements recréés en studio soulignent l'opulence et la vacuité d'un monde corrompu.

Car le film n'oublie jamais le rôle assigné à son personnage principal, et on comprend que Brigitte Helm a été engagée pour reprendre un rôle à la façon de sa première incursion dans le cinéma, quand elle a joué non pas Maria de Metropolis, mais son double maléfique: la gestuelle de l'actrice, sinueuse, angulaire, nous renvoie en effet aux agissements troubles de celle qu'un savant fou avait créée pour fondre sur le monde et y engendrer le chaos. Rotwang avait un but, celui de se venger... Pas ten Brinken, si ce n'est celui d'engendrer une découverte scientifique (au but bien nébuleux) qui puisse donner du sens ) son obsession d'un vie... Bref: du vide. Car le film, derrière son personnage qui découvre (en lisant les notes de son "créateur") les circonstances de sa naissance, elle comprend qu'elle est condamnée au mal, et décide... de l'assumer pleinement. Car elle pense qu'il n'y a pas d'issue pour elle: reprochant au monde d'avoir été créée maléfique, elle s'adonne au mal pour se venger! Jusqu'à ce qu'un retournement de situation révèle qu'après tout, il y a bien un responsable de sa nature...

Il y a, sans doute, des ponts entre cette histoire basée sur un roman de Hanns Heinz Ewers, et le Lulu de Wedekind, donc entre la Mandragore de Brigitte Helm et Die Büchse der Pandora de Pabst avec Louise Brooks... Comment ne pas y penser, quand l'amant de la jeune femme se donne la mort dans les coulisses d'un cirque, ou quand Wegener poursuit sa "fille" dans leur maison, un couteau à la main, partagé entre le délire érotique et l'instinct de meurtre? Et les deux films sont construits intégralement sur l'extraordinaire interprétation d'une actrice, qui crève l'écran pour l'une comme pour l'autre... Mais à la lecture sociale de Pabst, Galeen oppose une lecture fantastique, presque ludique... C'est plus léger, en effet. Il est clair qu'il y a moins de portée... Mais c'est aussi très distrayant!

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Brigitte Helm Henrik Galeen 1927 **
25 janvier 2025 6 25 /01 /janvier /2025 18:01

Ce film particulier est le fruit d'un voyage de noces, qui fut sans aucun doute significatif: Douglas Fairbanks et Mary Pickford étaient partis en Europe pour vivre enfin leur union au grand jour, et l'heure, probablement, était à l'euphorie. Frances Marion, scénariste et amùie personnelle du couple, les avait accompagnés, et ce qui n'aurait du être qu'une période sabbatique s'était transformé pour Mary Pickford en la préparation d'un film, mais qui tranchait de façon spectaculaire sur le reste de son oeuvre, telle qu'elle avait commencé à la piloter depuis son accession à l'indépendance totale avec la création de United Artists...

C'est vrai: il y avait déjà eu pour elle des rôles de femmes plutôt que de jeunes filles. Ils étaient le plus souvent dus à d'autres, notamment Cecil B. DeMille pour les deux longs métrages qu'il avait tournés avec elle, ou même Griffith qui n'avait pas cherché (contrairement à ce qu'il imposerait à Mae Marsh) à la cantonner dans des personnages juvéniles. Mais depuis 1919 elle s'était tenue à des rôles d'enfants ou éventuellement d'adolescentes, et sa petite taille en même temps que son sens des affaires la rendait prudente. Si ça marchait, pourquoi s'en priver...

Mais voilà, le soleil d'Italie aidant, l'atmosphère particulière de cet après-guerre, et l'insouciance d'une vie maritale qui pour l'heure n'était sans doute pas propice à la morosité ni à la pridence, justement, quand France Marion est arrivée avec ce projet de film, qui faisait de Mary une femme, une femme qui souffre, se marie et enfante, elle n'a pas pu résister... Et a fait en sorte de produire un film délirant, excessif, presque enfantin dans ses égarements, ce que la critique n'a pas omis de lui reprocher!

1914, en Italie, dans un petit village côtier, vivent les Carlotti: une grande soeur, Angela (Mary Pickford) et ses deux frères, Antonio et Mario, espiègles mais foncièrement de bons coeurs: ils ne s'opposent absolument pas à la cour faite à leur grande soeur par le beau Giovanni (Raymond Bloomer)... Mais la guerre arrive, et Giovanni et les deux frères vont tous partir pour le front. On annonce bientôt à Angela la mort d'Antonio, alors que Mario part. La jeune femme est en charge, pendant le conflit, du phare local, et un jour elle recueille un marin échoué, Joseph (Fred Thomson). Il se présente comme un Américain, mais souhaite se cacher car il est, dit-il, un déserteur. Angela l'installe chez elle, en secret, et elle tombe amoureuse... Seul le prêtre local sait à quoi s'en tenir et il les unit. Mais un jour, Angela surprend son mari au réveil, qui parle Allemand...

Le film est assez étonnant, sur bien des points: mais le plus étonnant, j'en ai peur, est son incohérence mélodramatique... Mary Pickford est assez à l'aise, mais le film est tellement ancré sur cette envie folle de réaliser un film qui évoque un écho de la beauté des côtes Italiennes (recréées, cela va de soi, en Californie!), qu'on a oublié de donner la moindre solidité à cette intrigue qui part dans tous les sens. C'est d'autant plus dommage, que le film est basé sur une forte envie de réaliser un film qui puisse être un mélodrame délirant. On imagine que dans les mains d'un autre réalisateur, il aurait pu être suffisamment baroque (DeMille), flamboyant (Ingram), voire totalement sublime (Borzage)... Mais d'une part c'est la toute première réalisation de Frances Marion, et d'autre part, l'effort visuel est tel qu'on est enclin à une vraie indulgence en raison du fait que le film est vraiment extrêmement beau à voir... Et par moments (l'arrivée du marin chez Angela, la révélation de son identité) le film atteint malgré tout des moments d'une vraie intensité.

 

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Published by François Massarelli - dans Mary Pickford Frances Marion Muet ** 1920 Première guerre mondiale
20 janvier 2025 1 20 /01 /janvier /2025 16:06

Une maman meurt... Sa fille, une petite de deux ans environ, est recueillie dans un orphelinat où elle va grandir pour devenir la grande soeur préférée (Colleen Moore) de ses petits compagnons d'infortune, par la capacité qu'elle a su acquérir, de transcrire les aspects gênants de la réalité, en des histoires fantastiques... Mais elle est recueillie par un oncle et une tante, qui vont lui faire subir le traitement des orphelines dans le mélo classique: elle devient une bête de somme, à laquelle les deux monstres refusent le moindre plaisir... Puis elle va aller de foyer en foyer, et à chaque fois sa résilience devient communicative.

C'est le premier film en vedette pour l'actrice Colleen Moore, et celle-ci crève l'écran, elle y est déjà pétillante, à 19 ans. C'est un film inspiré par un auteur désormais surtout connu dans son état d'origine, James Whicomb Riley. Un écrivain décédé en 1916, qui a eu son heure de gloire en écrivant des contes pour enfants... Bien blancs, comme le yaourt! N'attendez pas de voir une fraternité quelconque exprimée entre les enfants Anglo-saxons et les autrs origines dans ce petit film, ce n'était pas du tout à l'ordre du jour. 

Ce n'est pas un mauvais film cependant, une fois qu'on a accepté le côté "mélodrame pour rire", avec l'inévitable "mais non, c'était un rêve" quand tout va mal, ou encore l'impression qu'on était devant un sous-produit des films de Mary Pickford. Après tout, à aucun moment, et c'est tout à son honneur, Colleen Moore ne cherche à l'imiter. Le metteur en scène, l'estimable Colin Campbell, s'est efforcé de trouver des traductions visuelles de l'imaginaire bouillonnant de son personnage, et parfois ces étranges créatures seraient volontiers effrayantes... Visuellement, le film doit beaucoup aussi à l'univers plastique d'un Maurice Tourneur, et aux splendeurs visuelles que les cinéastes Américains commençaient à explorer...

 

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Published by François Massarelli - dans Colleen Moore 1918 Muet **
30 décembre 2024 1 30 /12 /décembre /2024 14:04

Les services secrets sont en émoi: des agents ont disparu lors de diverses missions en Afrique, en enquêtant sur les agissements de trafiquants qui occupent un temple situé en pleine jungle impénétrable... Un temple qui, dit-on, recèle aussi l'accès à un mythique trésor, mais qui semble gardé par toute une ménagerie (Lions, singes, dinosaures, et Boris Karloff!). On demande donc à un as, Trent (Walter Miller), de se rendre sur place et de régler le problème. Ce qu'il fait, mais... il n'est pas le seul à s'intéresser à ce temple, puisque la belle Diana Martin (Jacqueline Logan) y cherche son père...

Quelle salade, pensez-vous probablement. Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que le film est en prime un serial en dix épisodes, qui me semble plus que de coutume faire du sur-place de manière systématique. C'est un film qui a un titre de gloire et un seul: celui d'avoir été le premier serial Américain sonore (grâce à l'introduction parfois forcée du son, à travers des scènes dialoguées, souvent redondantes, dans chacun des dix épisodes... Pour le reste, c'est du muet.

Totalement insipide, l'intrigue n'a aucun sens ni aucune cohérence, et les épices (attaques de fauves, répétitives, dinosaure en carton, et gorille qui est probablement Charles Gemora en peau de bête, comme d'habitude) semblent avoir été saupoudrées de manière à structurer un film sans vrai enjeu. Le seul vrai intérêt, c'est sans doute de présenter Boris Karloff avant Frankenstein... Voici en tout cas ce que faisait Richard Thorpe avant de devenir le réalisateur à tout faire de la MGM...

 

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Published by François Massarelli - dans 1929 ** Muet Richard Thorpe
26 décembre 2024 4 26 /12 /décembre /2024 00:11

Les artistes du cirque Rainey ont pour vocation de donner leurs deux spectacles par jour, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau ("rain or shine"...). Ca tombe bien, dans la séquence qui sert d'exposition, il pleut de façon spectaculaire; On y apprend que les comptes ne sont pas au beau fixe, que la propriétaire, par ailleurs écuyère de son état, est inquiète pour l'avenir, mais le régisseur et homme à tout faire Smiley (Joe Cook), lui y croit. Par contre, toujours dans cette exposition, nous est montrée la rivalité haineuse dont est l'objet le protégé de la patronne, par des jaloux qui souhaitent faire main basse sur le cirque. Enfin, si les sentiments de Smiley pour la jolie miss Rainey ne font aucun doute, un jeune et fringant concurrent lui fait dangereusement de l'ombre, et les millions de ses parents pourraient bien décider la belle...

C'est un film paradoxal, sorti aux débuts du parlant et qui confirme de façon évidente le talent singulier et inné de Capra pour les tournages inventifs, pour le naturalisme aussi. Paradoxal, parce que Rain or shine était une comédie musicale sur scène, dont Capra a tout bonnement retiré les chansons et autres passages musicaux, tout en donnant à l'ensemble de la fraîcheur, en sortant sa caméra des studios ou étaient le plus souvent confinés les films des débuts du bruit cinématographique... Et bien sûr, à l'époque où on aurait été voir n'importe quoi du moment que ça chante et ça danse, le risque était gros! Mais le film possède un charme fou, avec cette énergie phénoménale dégagée par Joe Cook, mais aussi l'impression d'assister à de l'authentique, par le recours à de vrais artistes de cirque, qui se livrent à leur métier avec simplicité et assurance sous les caméras de la Columbia.

Mais surtout, pour qui connait bien l'oeuvre de Capra, cette ode à l'optimisme en toutes circonstances est presque choquante: en effet, les artistes du cirque Rainey perdent tout, et la seule chose qui tienne encore debout à la fin est justement l'optimisme de "Smiley"! Une fin triste pas trop mal vécue par ce dernier, qui se livre à deux ou trois dernières pirouettes avant de tirer sa révérence...

La fin est adoucie dans la splendide version muette et sonore (Avec intertitres de rigueur) qui était distribuée lors de la sortie internationale de ce film des débuts du parlant: des prises différentes, quelques scènes en moins, quelques scènes et gags en plus, et la science du rythme de Capra font de cette version alternative une belle découverte...

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Published by François Massarelli - dans Frank Capra Pre-code Muet 1930 **
24 décembre 2024 2 24 /12 /décembre /2024 13:54

Le Golden Bough accoste à San Francisco, et pour le capitaine Angus Swope (Walter James), ça ne fait aucun doute: il est tellement brutal que les marins vont tous déserter! ...ce qui évitera de les payer. Il a l'habitude, et... Les remplaçants seront faciles à trouver, car en ville, le "Suédois" (James Bradbury), un tenancier de bouge miteux, s'est fait une spécialité de fournir à Swope de la viande saoûle... Parmi les nouveaux arrivants sur le bateau, lors de cette escale, un pasteur (Chappell Dossett) qui avait eu l'idée saugrenue d'entrer chez le "Suédois" pour y prêcher la bonne parole, un placide Afro-Américain (Blue Washington), un jeune homme (Richard Arlen) qui a vu que le capitaine Swope était brutal avec sa fille (Jacqueline Logan), et surtout Newman (Hobart Bosworth), un mystérieux marin taciturne, qui cache un secret...

C'est une des traditions, souvent honorée avec panache, du cinéma muet Américain: les films sur la mer, et ses dangers, situés dans des bateaux où les marins (et les acteurs) se sont retrouvés plus ou moins à la dure! Il y avait eu Old ironsides, The sea beastCaptain Blood, Down to the sea in shipsThe sea Hawk, The Yankee clipper... Et Behind the door. Ce denrnier film possède plus d'une correspondance avec ce film, en particulier un ton assez noir, et la présence dans les deux cas de l'acteur vétéran Hobart Bosworth. 

Les films du genre pouvaient aller dans deux directions: historique, ou mélodramatique. C'est clairement la deuxième solution qui a été retenue, afin de construire un film entier sur le drame des marins prisonniers d'un capitaine cruel, et de la particularité de devoir à la fois renoncer à la liberté, et participer à la bonne marche du bateau. A ce titre, le capitaine incarné par Walter James est plutôt impressionnant, même si toute la partie mélodramatique est cousue de fil blanc (bien sûr que sa fille n'est pas sa fille!)...

Reste un film vraiment emballant, qui a le bon goût d'être sous tension permanente, et de ne pas avoir négligé un certain réalisme noir, comme dans les scènes initiales situées à san Francisco. La caméra de Harry Davis nous donne à voir l'humanité terrifiante du bar miteux du Suédois, et le peuple de tout un tas d'échantillons, dont la plupart vont se retrouver engagés de force sur le bateau. Le décor du bateau lui-même, partagé entre les extérieurs tournés sur l'eau, et les intérieurs tournés en studio, sont constamment crédibles... Et on aime à retrouver Richard Arlen, même s'il ne fait aucun doute que ce dernier, qui était en contrat avec la Paramount, devait expier je ne sais quelle faute en suissant une punition, comme tout acteur d'un studio qui se respecte quand on se retrouvait à tourner à la plébéienne compagnie Columbia! Il n'empêche... Son jeune héros dynamique est très engageant... Même si de toute évidence il doit passer derrière l'ange exterminateur interprété par Bosworth!

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1927 **
7 décembre 2024 6 07 /12 /décembre /2024 15:36

Film typique de ce que Michel Chion a appelé l'inter-rêgne entre le muet et le parlant, The younger generation est hybride, majoritairement muet avec quatre séquences parlantes qui ne doivent pas totaliser plus de vingt minutes. Adapté d'une pièce de Fannie Hurst, l'auteur de Humoresque, qui fut un gros succès pour Frank Borzage en 1920, le film est tout comme celui de 1920 l'une des rares incursions de Hollywood dans la communauté Juive, et le film ne ménage pas sa tendresse. Premier acteur cité au générique, Jean Hersholt y interprète Julius Goldfish, un marchand du Lower East Side, dont la maison brûle à cause de l'animosité de son fils Morris pour son voisin Eddie Lesser, qui est très proche de la soeur de Morris, Birdie. 

Morris, qui travaille, va faire preuve d'esprit d'initiative, et la famille va grâce à lui gravir les échelons. Les années passent, et les Goldfish sont désormais une famille huppée sur la 5e avenue, dont le chef est Morris (Ricardo Cortez). Outre Julius et son épouse (Rosa Rosanova), la fille est interprétée par Lina Basquette, la "Godless girl" de DeMille l'année précédente. comme dans le ghetto, la famille fonctionne selon une division très claire: la mère est toute entière dévouée à son fils, mais le père et la file sont plus proches l'un de l'autre. Morris se comporte en dictateur, imposant des règles en fonction de son désir d'avancer en société. il intedit à son père tous ses plaisirs, revoir ses amis, voire se montrer dans son ancien quartier. Pire, il interdit à Birdie de revoir son amoureux Eddie Lesser (Rex Lease). Et lorsque celui-ci fait de la prison pour avoir été complice d'un cambriolage, Morris chasse Birdie...

Le héros semble être Julius, et la verve de Hersholt attire beaucoup l'attention, mais le titre est aussi suffisamment explicite. Le film nous conte, à travers les parcours très différents de Birdie et Ed d'une coté, et de Morris de l'autre, épris de respectabilité et de réussite au point de se renier, la difficulté à se situer des enfants d'immigrés Juifs qui sont nés Américains. L'émancipation pour Birdie passe par un respect affectif de ses parents, mais pour Morris, elle doit passer par le gommage de toutes les aspérités. Celui qui souffre le plus de cette volonté de mentir sur ses origines (symbolisée d'ailleurs par un mensonge explicite dans le film, lorsque Morris renie ses parents face à eux, dans une scène d'une grande cruauté), c'est bien sûr Julius: il y a un peu de Mr deeds au début, lorsqu'il se réveile et ne parvient pas à adapter son bon sens à de nouvelles habitudes luxueuses que voudrait lui faire prendre son fils. Une scène dans laquelle la tendresse de Capra et Hersholt à l'égard du personnage est évidente, le voit tenter de blaguer avec le majordome, et sourire lorsqu'un livreur le suit dans sa tentative d'humour. Ces quelques secondes de complicité sont l'une des rares ocasions pour le vieil homme de rire, il s'en plaint, d'ailleurs, et va littéralement décliner lorsque Birdie sera chassée. On le voit, seul dans une pièce, se plaindre des persiennes qui lui cachent le soleil.  Ricardo Cortez a le rôle délicat d'assumer d'être le méchant du film. Il est raide, sec, mais à la fin, lorsqu'une fois sa famille partie le riche Morris s'assied dans un fauteuil, les persiennes dessinent une ombre sur son visage: son père lui a légué son malheur... Son assimilation est peut-être réussie, mais il a raté tout le reste...

Les scènes muettes sont les meilleurs moments du film, ce qui n'est pas une surprise, le rythme des dialogues étant typiquement lent, comme c'était la règle en 1929. La première bobine en particulier, celle qui se termine par l'incendie, est typique du talent technique de Capra, très à l'aise dans la description du quartier, et la l'exposition des personnages. Mais si les scènes parlantes sont moins intéressantes, Capra a fait des efforts pour maintenir un montage assez fluide, et ne pas laisser le dialogue faire la pluie et le beau temps. Certains dialogues sont lourds, d'autres marqués de beaux moments: un quart d'heure entier, à la fin de la troisième bobine et sur toute la suivante, est consacré à des scènes parlantes par lesquelles le cinéaste nous montre les personnages dans leur nouvel environnement du à la persévérance de Morris. Elle servent un peu de complément à l'exposition des personnages, et tous les cinq participent aux dialogues. une autre scène vers la fin, voir Julius retourner "chez lui", visiter la mère d'Eddie, afin de prendre des nouvelles de sa fille. Mrs Lesser ayant reçu une lettre, Capra utilise le son pour nous faire entendre la lecture de la lettre par un enfant. 

J'ai déja mentionné le passage durant lequel Julius Goldfish se comporte ccomme un Deeds, au réveil, cherchant désespérément des joies simples qui lui sont refusées, mais le film est empreint d'un autre thème typique du metteur en scène: l'ennemi, ici, vient de la famille, comme dans Mr Smith goes to Washington Claude Rains est à la fois un ami de Stewart et un corrompu, ou dans Meet John Doe dans lequel Cooper est manipulé par la femme qu'il aime, comme dans It's a wonderful Life le péril vient de la ville elle-même, à travers la volonté hégémonique de l'un de ses citoyens. On pourrait aller jusqu'à citer les nombreuses organisation tordues dans ses films, voire la famille de cinglés de Arsenic and old lace: chez Capra, le mal est d'abord très proche, il faut aller le chercher au fond de soi. C'est un constat très Catholique à faire pour un cinéaste Italien, mais qui peut surprendre devent un film qui ne sort jamais ou presque jamais de la communauté Juive. Pour finir, le film confirme l'intérêt de l'oeuvre de capra, et bien sur son incroyable vitalité, tout autant que son talent à faire des mélodrames qui vont loin. Pas jusqu'au miracle, on n'est pas chez Frank Borzage, mais le mélodrame à la Capra est plus réaliste, moins enflammé, et finalement aussi attachant.

 

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Published by François Massarelli - dans Frank Capra Muet 1929 **
2 décembre 2024 1 02 /12 /décembre /2024 15:18

Ce film est le premier de Capra à sortir du cadre des petits compléments de programme (Policiers, comédies, mélos, tous réduits en durée, et en budget) à la Columbia. Comme on le sait, ces compléments de programme sont généralement d'une qualité bien supérieure à ce qui était attendu, donc il est probable qu'Harry Cohn était à l'aise pour lui confier un budget conséquent... Ce film sera non seulement un gros succès, mais il consolidera encore plus la position du metteur en scène au studio, tout en inaugurant un cycle de film d'hommes, dont les deux qui suivront (Avec les deux mêmes acteurs dans les rôles principaux) seront parlants: Flight et Dirigible.

Jack Dorgan (Jack Holt) et Bob Mason (Ralph Graves) sont deux marins et scaphandriers, habitués à remplir des missions ensemble. Ils ont sillonné la terre entière, et se sauvent mutuellement la vie à chaque occasion qui se présente, sans jamais arrêter de se chamailler comme des gosses. Bref, des hommes, des vrais... Mais Mason, plus jeune que son copain, est généralement le plus rapide à séduire les dames. Il a même un truc: il leur offre des jarretières affriolantes... Mais alors que son compagnon est en mission sans lui, Dorgan rencontre dans un bar la jolie Bessie (Dorothy Revier), tombe amoureux, et l'épouse. Quand il part en mission à son tour pour une semaine, elle retourne faire la fête, et rencontre un beau marin qui la séduit tout de suite: Bob Mason...

Tout ce qui précède occupe essentiellement la première moitié du film, un prologue au drame, que Capra utilise pour installer du suspense dans la relation des deux amis. La deuxième moitié de ces 90 minutes concerne un naufrage, celui du sous-marin dans lequel travaille Mason. Le seul homme qui pourrait plonger et permettre de dégager le sous-marin de l'extérieur, c'est Dorgan. Le problème, c'est qu'il ne veut pas, en dépit de ses remords: la trahison de Mason lui reste en travers de la gorge.

Oui, mais... s'agit-il vraiment d'une trahison? Le moins qu'on puisse dire, c'est que dans ce film d'hommes, donc, les femmes n'ont pas une image très reluisante. Dorothy Revier n'a pas d'autre rôle que celui de garce, et à ce titre elle anticipe furieusement sur la Viviane Romance de La belle équipe! Donc, on est dans un monde de conventions dramatiques, mais celles-ci servent surtout à nous accrocher à l'histoire. Pour moi, l'important dans ce petit grand film, c'est de voir à quel point Capra a su trouver la mise en scène la plus efficace pour le projet. En terme de montage, d'atmosphère, de petites touches par-ci et par-là, le film est un sans fautes, parce que la mise en scène ne faillit jamais... Capra, dans son sous-marin dont les hommes meurent à petit feu, laisse l'urgence de la situation lui dicter un suspense impressionnant. Et même si le film louche sérieusement du côté des autres films de ce genre, qui étaient légion depuis The blue eagle de Ford ou What price glory de Walsh, la caractérisation musclée des deux acteurs principaux emporte sérieusement l'adhésion.

Et puisque on est à parler de ces films Fox avec Victor McLaglen ou George O'Brien, il me semble utile d'ajouter que si A girl in every port, de Hawks, est sorti en février 1928, et ce film de Capra en novembre de la même année, il serait déloyal de les comparer. Non par rapport au statut "supérieur" de la Fox sur la Columbia à cette époque, non: le Capra est franchement le meilleur des deux.

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Published by François Massarelli - dans Muet Frank Capra 1928 **