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3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 16:05

L'auteur de A star is born (1937) a mis du temps à percer, si on en croit son imposante filmographie: celle-ci commence en effet en 1920, soit deux ans après la fin d'un événement crucial de sa vie: sa participation à la première guerre mondiale. Ce qu'il en a retiré en tant que cinéaste? Un sens absolu du refus du compromis, et une maîtrise hallucinante des films d'action. Ce qu'il reste de ses vertes années, pourtant, est ce film: l'une des comédies les pires que j'aie pu voir... Et apparemment ce sentiment est unanime.

Il nous conte les mésaventures de Peter Good (George K. Arthur), un nigaud (en Anglais de l'époque, a boob) qui dans un petit coin campagnard et donc fort reculé de l'Amérique, est amoureux depuis toujours de son amie Amy (Gertrude Olmstead). Mais celle-ci lui préfère un beau moustachu, Benson (Harry D'Algy). Pour impressionner et récupérer sa fiancée, Peter décide de devenir un homme d'action...

Théoriquement, c'est Robert Vignola qui devrait être crédité ici, sauf que... Wellman, décidément mal perçu par le nouveau studio qu'était la MGM, a été appelé à la rescousse pour terminer le film à la place de Vignola qui était hors-jeu. C'est assez incroyable qu'un dur à cuire comme Wellman, dont on sait l'efficacité, ait pu être considéré uniquement comme un "réparateur" de films par le studio, puisque ce cas n'est pas isolé dans sa période MGM. Mais sa période de travail sur le film a été jugée suffisamment longue pour qu'il hérite d'un crédit. Je ne pense pas que le cadeau soit très valorisant!

On va le dire tout de suite: Wellman a toujours prétendu qu'il avait commencé à boire plus que de raison durant le tournage de ce film afin d'oublier et de faire passer la pilule. On ne peut que le croire, tellement ce film n'est ni drôle, ni réussi, ni intéressant. Une heure qui passe lentement, dans une torpeur malaisée... Rien à retirer si ce n'est une série d'apparitions de Joan Crawford, dont on peut se demander pourquoi la MGM l'employait au compte-gouttes! Wellman a ensuite tout fait pour se faire virer, et comme on le sait, il a ensuite trouvé refuge à la Paramount où on l'a un peu mieux traité. Ouf.

 

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Published by François Massarelli - dans 1926 William Wellman Comédie Navets Robert Vignola **
14 juin 2019 5 14 /06 /juin /2019 10:18

Le quatrième et dernier film Universal de Leni, qui allait décéder quelques mois plus tard, est assez proche de The cat and the canary, le premier, et le film probablement le plus célèbre de sa production Américaine. Il s'agit d'une énigme à tiroirs autour d'un thème de maison hantée, la maison étant cette fois un théâtre. Un immense avantage à cette intrigue, bien sûr, était qu'à la Universal, quand on avait besoin d'un décor de théâtre ou d'opéra, on avait déjà ça sous la main, depuis 1925!

L'intrigue commence par une représentation théâtrale perturbée: l'acteur principal, John Woodford (D'Arcy Corrigan), vient en effet de mourir en scène. Une mort louche, dont la police scientifique ne tirera rien, car le corps a disparu quelques minutes seulement après le constat du décès, et la panique qui s'ensuivit. Une affaire donc jamais élucidée, et propre à renvoyer chez eux tous les employés des lieux... Mais quelques années plus tard, sous la responsabilité de McHugh (Montagu Love), un solide producteur, les propriétaires, les frères Josiah (Burr McIntosh) et Robert Bunce (Mack Swain), font rouvrir les lieux, en compagnie d'une troupe qui contient beaucoup des anciens acteurs de la troupe, et quelques petits nouveaux: Richard Quayle (John Boles) va pouvoir retrouver sa petite amie l'actrice Doris Terry (Laura La Plante). Les rôles de John Woodford iront désormais à Harvey Carleton (Roy D'Arcy) qui auparavant jouait les "villains" à moustache, et d'autres acteurs complètent la troupe: on y reconnait en particulier Margaret Livingston, qui joue une femme manifestement ambitieuse qui s'attache très vite aux pas de Robert Bunce. Slim Summerville joue un électricien, et Bert Roach est le régisseur...

Evidemment, tout le monde est suspect, pour la police, qui s'arrache d'ailleurs bien vite les cheveux, mais aussi pour le public; l'intérêt n'est pas, pour nous, d'essayer de deviner qui a commis le crime, ni si les fantômes qui ne vont pas manquer de s'accumuler sont authentiques ou faux. L'intérêt bien sûr est de trouver du plaisir, en compagnie d'un casting exceptionnel, mais aussi d'un metteur en scène qui prend un plaisir gourmand à investir absolument chaque recoin du fabuleux décor, avec sa caméra. Le plaisir de filmer ici est tellement manifeste, que je suis persuadé qu'il y a plus d'un critique tatillon en France qui condamnerait ce film à vue pour sa virtuosité!

Quel dommage que Leni n'ait pu mettre ensuite sa virtuosité, justement, au service du cinéma fantastique de la Universal, comme c'était prévu. Il y a dans ses trois oeuvres Américaines qui nous restent, The cat and the canary, The man who laughs, et ce dernier film en forme de chant du cygne muet, tellement de promesses, qu'on n'ose imaginer comment il aurait pu donner sa version de Dracula, ou de la Momie... Et cet amoureux du spectacle, qui était un génie de la composition, savait mieux que personne imaginer les mouvements de caméra, et il était gonflé de surcroît, comme dans une des premières scènes où il demande carrément à son opérateur de passer sous le rideau dans la scène de panique, soulignant sans vergogne la présence continuelle d'une caméra au milieu des protagonistes... Il met en scène la peur des acteurs, devenus soudain malgré eux les marionnettes de plusieurs metteurs en scène: un ou plusieurs meurtriers, des policiers, un producteur qui cache quelque chose... devant le public du théâtre, ou plus simplement devant nous spectateurs, lors des répétitions, les cabotins jouent avec leur vie. Un cinéaste singulier, unique, qui avait certainement beaucoup à dire.... Flûte.

 

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Paul Leni 1928 **
5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 07:40

N'attendons pas de ce film qu'il se situe d'une manière significative dans la lignée de ce qu'on attendrait d'une adaptation de L. Frank Baum: c'est vraiment un cas à part. Et pour commencer, c'est l'un des rares longs métrages de Larry Semon, l'un des "petits" comédiens qui n'a pas réussi à se hisser au niveau de la poignée de maîtres reconnus aujourd'hui dans le domaine du muet Américain: Semon n'était pas Chaplin, Keaton ou Lloyd, de très loin...

Et donc, son film n'est pas le film de Victor Fleming,de très loin non plus; d'abord parce que Semon n'a pas souhaité être fidèle à l'histoire du conte, et a donc fait de ce film une création originale inspirée du Magicien d'Oz beaucoup plus qu'une adaptation. Ensuite parce que si le souhait de Semon de réaliser un long métrage qui puisse le hisser un peu plus vers les cimes me paraît évident du début à la fin, le résultat n'en reste pas moins... une sacrée salade!

L'intrigue est encadrée d'une histoire, qui nous montre la narration par un grand père (Larry Semon) très vieux et très fatigué, à une petite fille, de deux contes. Comme elle n'aime pas le premier et lui demande, plus ou moins, de lui raconter les aventures de Dorothy au Kansas, il s'exécute mais mélange les deux histoires... Donc d'une part, on a le pays d'Oz qui vit dans la terreur d'un dirigeant fourbe, et de l'autre Dorothy, enfant trouvée, qui vit dans la ferme de ses oncle et tante adoptifs, et qui est courtisée par deux garçons de ferme rivaux: Larry Semon et Oliver Hardy.

Ce serait fort bon, mais... tout à la joie d'avoir été ambitieux sur la structure de son film, Semon a oublié de soigner les détails et a rempli ses bobines avec du slapstick. Beaucoup de de slapstick. Et pas du meilleur: coups de pied au derrière, envoi de nourriture, canard qui vomit un liquide façon projectile (n'ayant aucun connaissance en l'anatomie et le fonctionnement des palmipèdes, je me refuse à développer), poursuites, gags raciaux à gogo, et bien sûr une forte tendance à se moquer des personnes en surpoids qui deviennent tous des protagonistes placés du mauvais côté de la ligne entre le bien et le mal ... Dorothy Dwan, en héroïne, est totalement inexistante et ce qui est plus grave, Oliver Hardy est gâché, dans un rôle de "heavy" (voir plus haut pour les deux sens à attribuer à cet anglicisme, pour ce film du moins) qui ne requiert pas le moindre aspect de son génie naturel.

Ce n'est pas que le film soit à fuir, non: c'est juste que le désintérêt profond du public et de la critique à la sortie de ce film assez médiocre, se justifieraient cette fois sans trop de problèmes...

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Published by François Massarelli - dans 1925 Larry Semon Muet Comédie **
3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 16:45

"Utopia", 1924: le gens attribuent la crise dans laquelle ils se morfondent aux Juifs et soutiennent de plus en plus des politiciens qui les débarrasseront d'eux. C'est chose faite quand une loi chassant tous les juifs est votée, et ils partent pour se réfugier où ils peuvent, et quand je dis "ils partent", c'est sous bonne escorte pour être sûr qu'ils s'en vont... L'un d'entre eux, Leo, décide d'agir et commence à fomenter de l'agitation politique sous couvert d'une autre identité, pour faire changer les gens d'avis. Il est aidé en cela par le fait que les citoyens d'Utopia découvrent assez rapidement qu'en chassant les Juifs ils ont rompu un lien essentiel de la chaîne sociale. 

Ce film qu'on redécouvre aujourd'hui est une source constante de bêtises qui sont écrites dans la presse, que voici: d'une part, on écrit un peu partout que le film anticipe de manière impressionnante ce qui allait se passer quelques années après. Disons que ce qui est montré dans le film, c'est plutôt un exil forcé, et on est bien loin de la réalité qui sera celle du nazisme; du reste, qui pouvait prévoir l'ignominie du régime nazi? Sinon, film Germanique oblige, ça ne loupe pas, on parle un peu partout d'expressionnisme. Quand cessera-t-on de confondre le cinéma muet Allemand et la mode de l'expressionnisme, qui ne concerne finalement qu'une poignée de films? Si une scène (un antisémite farouche devient fou, et nous visualisons son délire) semble imiter le Cabinet du Docteur Caligari, c'est surtout dans le but de le parodier, car pour le reste cette comédie Viennoise n'est pas vraiment notable par ses prouesses visuelles...

Non, là où elle est intéressante, et là où elle fait un peu mal à l'heure où ce genre de comportement grave revient très à la mode, et est de plus en plus accepté, c'est lorsqu'elle présente l'antisémitisme comme un délire sans fondement, une maladie irrépressible à laquelle on succombe en devenant incapable de penser autrement. Mais le film n'est pas exempt de facilité, ni d'une sorte de pensée simpliste assez embarrassante... Cest que Breslauer, qui adapte un livre à succès, a décidé d'en reprendre l'aspect pamphlet et de se tenir à l'écart du réalisme. Dans un rythme assez soutenu, il raconte donc de façon strictement chronologique, un contexte agité avec une montée de l'antisémitisme, une décision politique inique, mais présentée comme un progrès social, sous les vivats des antisémites militants, puis un exil forcé dont les images, c'est vrai, font froid dans le dos. Si le film est une comédie, la chronique des déchirements provoqués par la loi, oscille entre rire et authentiques larmes...

Si le film reste une curiosité, il a quand même un pedigree historique fascinant: monté un peu en contrebande, montré devant des salles enthousiastes, il sera considéré comme une insupportable provocation par les cafards à croix gammée, qui obtiendront sa suppression dans de nombreuses salles, puis son interdiction, avant qu'un illuminé ne tue l'auteur du roman. Il a été ensuite acquitté... l'histoire, hélas, était en marche.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1924 Comédie **
25 mai 2019 6 25 /05 /mai /2019 17:04

Dans ce film qui reste avant tout une curiosité, Charle "Chic" Sale interprète un professeur d'école, qui a la vocation mais c'est à peu près tout, et qui devient la risée des élèves qu'il a en charge. Il devient aussi amoureux de Diana, la grande soeur (Doris Kenyon) du pire farceur parmi ses ouailles. celle-ci est fiancée, mais comme son bon ami est un sale caractère et jaloux de surcroît, elle a l'idée d'attiser sa jalousie avec, disons, le premier venu. Devinez qui...

Chic Sale n'est pas resté dans l'histoire comme un comédien d'envergure, et on le comprend en voyant ce film. Il est capable, mais étrangement incomplet: et pour cause, l'homme était un acteur de théâtre avant tout, et ici il a du mal avec le geste: il grimace, il exagère... Ce qui est embêtant quand on a un scénario à la Keaton. Le film se laisse voir, mais il faut bien dire que c'est la dernière bobine qui emporte l'adhésion: un pyromane évadé menace durant toute la deuxième moitié de passer à l'acte, et c'est évidemment l'école qui finit par en pâtir. Ce sera l'occasion pour l'inapte Prof. Timmons de passer à l'action en sauvant un enfant...

Et pas n'importe lequel: son tortionnaire, bien sûr. Bon, on est encore loin de l'humour à froid des films à venir de La Cava, mais je le répète: ça se voit sans trop forcer...

Sans plus. 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1924 Gregory La Cava **
22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 17:52

On a écrit tellement de bêtises sur Rosita (probablement autant que sur Greed, Citizen Kane et Intolerance) que la légende l'a emporté: un film que sa star aurait détesté, sur lequel elle aurait tant affronté son metteur en scène qu'il en aurait été viré, au point qu'un autre (Raoul Walsh) aurait été convoqué manu militari pour finir le film... Au final, un film raté qui aurait été un tel flop qu'il devenait impossible à quiconque de prononcer le nom de Lubitsch devant Pickford! 

Du reste, si on lit les commentaires a posteriori de Pickford sur le film et sur le metteur en scène, c'est vrai: elle a en effet pris le film et son auteur en grippe, une fois sa carrière achevée... mais elle a eu tendance à faire d'un film qui ne fut pas un énorme succès, le flop qu'il n'était pas. Et les historiens qui lui ont emboîté le pas ont non seulement contribué (à une époque où il était assez facile de ne pas voir les films dont on parlerait abondamment, dans la mesure où le public ne les verrait pas plus!) à officialiser le film comme étant mauvais, ils ont aussi contribué à sa quasi-disparition. Rosita était virtuellement un film oublié, impossible à voir dans de bonnes conditions depuis des décennies...

C'est Pickford qui a fait venir Lubitsch aux Etats-Unis, une belle idée: si elle ne l'avait pas eue, il est probable que quelqu'un d'autre l'aurait eue... Sinon la face du cinéma Américain eut été changée. Je pense que ce qu'elle voulait était ce cinéma vigoureux, légèrement excentrique, mais au soin remarquable, qui triomphait dans le films les plus spectaculaires du metteur en scène: on ne s'étonnera donc pas trop que Rosita ressemble par certains côté plus aux films Allemands de Lubitsch, qu'à ses futurs films Américains. 

Rosita (Mary Pickford) est une jeune femme qui vit à Séville, pendant le règne d'un roi d'espagne (Holbrook Blinn) aussi dépravé que son épouse (Irene Rich) est juste et vertueuse; la jeune femme chante d'une façon provocatrice des chansons qui attaquent la moralité et la corruption de la cour. Quand elle est arrêtée, alors qu'elle vient de chanter en public devant un inconnu fasciné mais masqué, le roi incognito, le noble Don Diego (George Walsh) prend sa défense et tue un garde: il sera condamné à mort. Mais Rosita, protégée par le roi, va au contraire se voir dotée d'une villa luxueuse... Jusqu'à quel point pourra-t-elle échapper aux implications de sa nouvelle condition? ...Et comment sauver Don Diego, l'homme dont elle est instantanément tombée amoureuse?

Ce qui me frappe, c'est de voir à quel point le film est un confluent: si Rosita existe, c'est non seulement par la volonté conjuguée de sa star et de son metteur en scène, mais aussi par le fait que les collaborateurs les plus prestigieux se sont succédé: Hanns Kräly, venu avec Lubitsch, a apporté sa touche au script, le décorateur William Cameron Menzies (qui s'échauffait pour The thief of Bagdad, et ça se voit!) a partagé son crédit avec un autre import, Svend Gade, le cinéaste-décorateur du Hamlet de Asta Nielsen, et on retrouve sa patte dans la façon dont Lubitsch va composer avec des décors imposants mais qui restent étonnamment, si j'ose dire, à taille humaine! Enfin, Charles Rosher, le chef-opérateur attitré de Mary Pickford au cours des années 20, est déjà en place. 

Le film est intéressant aussi pour son maniement des foules, un point fort de Lubitsch dans tous ses films Allemands à grand spectacle: ici, il s'amuse de l'atmosphère de quasi-orgie permanente dans Séville... Car ce film de Mary Pickford, assez notable, est en effet la première tentative des années 20 de sortir l'actrice de son rôle d'éternelle petite fille, et Lubitsch a pris cette mission à coeur: tout ce qui tourne autour du personnage de Rosita permet à Pickford de jouer d'une façon surprenante, qu'on n'avait que peu vue jusqu'alors: un rôle d'adulte, de femme aimante, et lors d'une scène, il n'est pas très difficile de comprendre que Rosita a passé une nuit d'amour avec Don Diego (pour information, ils se sont mariés entre-temps, rassurez-vous)... Mary Pickford se joue avec génie de la façon dont Lubitsch fait exploser les frontières du drame et de la comédie autour d'elle, comme dans la scène célèbre du panier de fruits...

Autour d'elle, Holbrook Blinn interprète un roi qui est une insatiable fripouille, donc un rôle fort rigolo à jouer. Il est très Lubitschien, aussi, versant Emil Jannings: pas très éloigné du Henry VIII du film Ann Boleyn (1920), soit un type capable d'aimer avec tendresse la même personne qu'il exécutera deux années plus tard... un rôle de fieffé coquin sympathique, qui va quand même commettre deux trois exactions malfaisantes sans se départir de sa bonne humeur. Ceux qui verront Irene Rich en mère-la-pudeur un peu sèche en seront pour leurs frais à la fin du film, et... George Walsh n'est pas formidable, par contre... C'est amusant quand on apprend que Pickford voulait travailler avec Ramon Novarro, quand on sait que ce dernier a remplacé Walsh dans le rôle de Ben Hur...

Le film n'est pas un chef d'oeuvre, mais un cas intéressant, une sorte de ballon d'essai pour Mary Pickford comme pour Ersnt Lubitsch, qui mélange ici les genres avec maestria, mais se retrouve quand même avec une intrigue finalement assez anecdotique. Restent de belles scènes qui permettent au talent exceptionnel de Mary Pickford de s'exprimer. Mais l'expérience a été de courte durée: l'actrice a vu le succès mitigé du film comme un signe qu'il aurait mieux fallu s'abstenir, et a eu tendance à la fin de sa vie à en blâmer Lubitsch, ce qui est inélégant au possible: je répète que ce n'est pas son plus grand film, mais ce Rosita permet au moins au réalisateur de donner un film qui possède une grande classe. Quant a crédit de Walsh (Raoul, pas George) répété à l'envi par tous les journalistes sous-informés, je pense qu'il faudrait en tracer la source dans le fait qu'en 1923, Walsh était un visiteur fréquent du couple Pickford-Fairbanks, alors qu'il préparait The Thief Of Bagdad avec l'acteur (et incidemment avec William Cameron menzies). Peut-être a-t-il été consulté ça et là, peut-être était-il plus facile de dialoguer avec lui qu'avec Lubitsch, qui ne maîtrisait pas l'Anglais. Peut-être une Mary Pickford âgée a-t-elle souhaité arranger l'histoire en choisissant de donner le beau rôle à un Irlandais, comme elle? ...Ou peut-être que le whisky... Bref. On a enfin une restauration décente de Rosita, et ça, c'est formidable!

 

 

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans 1923 Muet Ernst Lubitsch Mary Pickford **
22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 15:56

Le grand déclencheur, ça a été The big parade: le film de King Vidor a changé pour toujours la façon dont le cinéma Américain allait désormais voir la guerre. Avant, c'était Hearts of the world, The four horsemen of the apocalypse ou Shoulder arms: la tragédie, l'opéra même, voire la comédie, mais quelque soit la teneur dramatique, il y avait toujours un "nous" et un "eux"... Avec The big parade, on a découvert, enfin, que la guerre est une souffrance partagée, un gouffre dans lequel l'homme perd son humanité. ce qui ne l'empêche pas de rester, occasionnellement, un héros. Après le film de Vidor, d'autres sont venus s'ajouter et confirmer cette nouvelle façon de voir. Dans cette période qui va de 1925 à la fin du muet, on peut évidemment compter Wings (1927) de William Wellman, et le magnifique film All quiet on the western front (1930) de Lewis Milestone. De façon moins flagrante, Seventh heaven (1927) et Lucky Star (1929) de Frank Borzage, et Four sons (1928) de John Ford, s'ajoutent par certaines séquences à la liste. Enfin, ce film de Walsh, l'un des rares à avoir survécu, est l'un des plus gros succès de la période...

Deux Marines, le capitaine Flagg (Victor McLaglen) et le sergent Quirt (Edmund Lowe) sont d'éternels rivaux, depuis toujours: à chaque fois que Flagg fait une conquête féminine, Quirt se débrouille pour la lui piquer... Mais c'est la guerre, et Flagg est le che d'un bataillon au repos sur l'arrière, dans un petit village: il est très bien, du reste, car le cafetier local a une jolie fille, Charmaine (Dolores Del Rio), dont Flagg est vaguement amoureux. Bref, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si d'une part Quirt ne venait relever le capitaine de son commandement, le temps d'une permission à Bar-Le-Duc, et bien sûr, s'il ne fallait pas de temps à autre aller chatouiller les Allemands...

L'impression qui domine, est celle d'une fuite en avant. Flagg et Quirt n'ont pas d'attache, semble-t-il, ils vivent tout entiers pour leur mission... Mais ça ne les empêche pas d'avoir une vraie lucidité sur les hommes qui les entourent. Flagg en particulier est une vraie mère poule, du moins par derrière... Et Walsh divise son film en deux sortes d'épisodes: ceux consacrés à la vie qui continue, à l'arrière, malgré la menace permanente, et ceux-là sont de la comédie pure et dure. Les autres parties du film sont bien sûr les scènes de guerre, et elles tranchent sur les autres par leur dureté et leur réalisme...

Le propos de Walsh est de montrer que l'homme a besoin en temps de guerre d'une sorte d'espace neutre, et Charmaine est cette garantie pour les deux hommes... Pas que pour eux, car Charmaine, qui clame haut et fort qu'elle ne vendra pas son coeur, devient chez le sentimental Raoul Walsh une mère poule pour tous les soldats qui peuvent mourir un jour où l'autre. Elle agit même en mère de substitution pour un jeune artiste-peintre dont Flagg pense qu'il n'a rien à faire dans cette guerre.

Mais rien à faire: le côté bourru des hommes entre eux en attendant la bataille, le "repos du guerrier" incarné par une fille pas farouche, tout ça est daté, et pas vraiment concluant... Trop de picaresque finit par rendre le film un peu suspect, et puis on n'oublie pas qu'il y a une pièce à succès, justement. Walsh a mieux dépeint la guerre dans Objective to Burma, par exemple... Reste qu'on aimerait au moins voir ce classique jamais édité en DVD dans de bonnes conditions! 

Une dernière chose: je ne le trouve certes pas convaincant, mais ce What price glory? de Raoul Walsh, a au moins un avantage pour lui: il n'est pas l'immonde remake de 1952, l'un des films les plus atroces de John Ford.

 

 

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Published by François Massarelli - dans Raoul Walsh Muet 1926 Première guerre mondiale **
21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 14:23

Au moment d'entamer la réalisation de ce film, Douglas Fairbanks triomphe: ses trois premiers films spectaculaires (The Mark of zorro, The three musketeers, Robin Hood) ont confirmé la validité de son intuition, et c'est en héros qu'il a été accueilli en Europe. Reçu en embassadeur partout, il a aussi pu vérifier la solidité de l'industrie Allemande du cinéma, et s'est porté volontaire pour faire distribuer un certain nombre de films par le biais de la United Artists... avec une idée derrière la tête. Il envisage de réaliser un film merveilleux, et va s'inspirer de ce qu'il a vu. C'est une sage décision, le film fantastique Américain étant à cette époque en l'état de voeu pieux, il fallait s'inspirer de ceux qui savaient y faire: en 1924, la révolution de Caligari est passée par là, et on a pu voir sur les écrans Allemands Der müde Tod (Les trois lumières) et Die Nibelungen, de Fritz Lang, ou Le cabinet des figures de cire, de Paul Leni: ces trois films en particulier fourniront l'inspiration visuelle du nouveau Doug... Et puis il peut se vanter de bien remplir les salles avec ses films, et comme la United artists a été créée en premier lieu dans la but de satisfaire aux désirs des artistes (Chaplin, Fairbanks, Pickford et Griffith) qui l'ont imaginée, c'est en toute confiance qu'il se lance dans le tournage d'un film unique pour les années 20: un film fantastique, extravagant, mais tellement bien pensé et tellement soigné qu'il est encore irrésistible 9 décennies plus tard... Pour accomplir cet exploit, Fairbanks s'attache les services d'un jeune réalisateur qui monte, Raoul Walsh, avec lequel la complicité sera des plus efficaces.

Ahmed, le voleur de Bagdad interprété par Fairbanks, rejoint la liste des héros typiques de l'acteur: valeureux, c'est dans l'action qu'ils se définissent; ils ne négligent pas le déguisement (Zorro) et seront le plus souvent aidés dans leur volonté de sauver autrui par l'amour. Une fois motivés, ils peuvent déplacer les montagnes, et l'énergie athlétique dont ils font preuve peut éventuellement s'accompagner d'une aide, venue au bon moment, des hommes et des femmes qu'ils ont fédéré: voir bien sûr Robin Hood, et plus tard The Gaucho, ou The Black Pirate. Mais surtout, les films sont un peu des parcours initiatiques dans lesquels le personnage principal va définir sa vraie nature: A Don Diego, l'inutile nobliau ridicule, Fairbanks oppose la flamboyance de Zorro; le "pirate noir" n'est pas en réalité le chef dur qu'il semble être, c'est un prince, et le Gaucho sera sauvé par l'amour... Comme le voleur de Bagdad. Mais celui-ci sera aussi sauvé par un certain nombre d'accessoires magiques, importés d'Allemagne: objets venus de l'orient dont un tapis volant (Les Trois lumières) bestiaire imaginaire fantastique dans lequel brille un dragon (Die Nibelungen); le tout sera situé dans un orient constamment stylisé, assumé comme faux (Inspiré du Cabinet des figures de cire), et dont le rendu va bénéficier d'une idée toute simple: c'est une immersion complète, on ne verra aucune couture, ainsi on pourra assumer que le décor de Bagdad est fait d'un sol ciré, y compris dans la rue, ainsi, il sera possible d'assumer cette fausse mer faite de toile... Le résultat est proche d'un décor d'opéra.

A l'expressionnisme de ses sources, Fairbanks va opposer une autre forme d'exagération, en accentuant le coté ballet de sa propre prestation, d'autant que les figurants sont tellement nombreux qu'il faut bien faire un effort pour que l'acteur s'en détache. Un bon exemple de cette gestuelle exagérée se trouve au début du film, lorsque Fairbanks est encore un simple voleur, et parcourt de balcon en toit les rues de Bagdad, en grapillant son déjeuner, et les bourses tentantes des passants. Voyant la démonstration d'une corde magique, il la convoite, et fait un geste de la main, qui fait d'ailleurs penser à un enfant. Ce geste répété n'a rien de naturel, mais est parfaitement clair. Autre avantage pour l'acteur, il peut, pour une fois, échapper au maquillage qui le blanchit considérablement habituellement, puisque Fairbanks est un adepte des activités sportives sous le ciel de Californie et sa peau constamment exposée a le plus souvent besoin qu'on l'assagisse un peu s'il veut jouer un D'artagnan ou un Robin Hood... Ici, c'est un Fairbanks au naturel, habillé de peu d'étoffe du reste, qui va exposer son corps d'athlète dans des gestes plus emphatiques encore que d'habitude. Enfin, l'exagération et l'exacerbation des mouvements sont étendues à l'ensemble du casting, dans lequel on reconnait Julanne Johnston en princesse, So-Jin en prince Mongol, Anna May Wong en traîtresse, et Snitz Edwards en copain du héros; Ahmed est donc un voleur militant, qui ne vit que par une seule philosophie: quand il a envie de quelque chose, il le prend. Lorsque c'est une belle princesse qu'il convoite, il va mettre au point un stratagème pour être l'un des princes qui s'alignent pour venir lui faire officiellement la cour. Et va du même coup être transformé par la révélation de l'amour... Mais parmi ses rivaux, il y a aura aussi le fourbe prince des Mongols, cruel et plein de ressources pour faire le mal et assumer son but: la domination...

On le voit, ça se gâte vers la fin du résumé, puisque cette sale manie de donner le mauvais rôle aux Asiatiques est ici présentée de façon spectaculaire, avec deux des stars Orientales les plus populaires. Mais dans le cadre du film, situé dans un imaginaire de carton-pâte (Avec les beaux décors en somptueux vrai-faux de William Cameron Menzies), cette odieuse convention s'accepte finalement assez bien... Et avec ses treize bobines, et 152 minutes de projection, le film s'offre le luxe d'être l'un des plus longs films Américains des années 20, je parle ici des durées de films en exploitation, non lors de premières, souvent plus longues. Cette longueur inhabituelle est sans doute l'une des raisons qui vont pousser le public à bouder le film, hélas... Dommage parce que non seulement c'est une fête visuelle, mais en prime les effets spéciaux sont très réussis, la cohérence des séquences merveilleuses un rare succès dans un pays qui, répétons-le, ne savait pas encore faire du cinéma fantastique... Et Walsh dans tout ça? Disons que d'une part, il peut s'enorgueillir d'avoir réalisé non seulement le plus long, le plus cher, mais aussi le meilleur des films de Fairbanks. Et sa réputation n'est aujourd'hui plus à faire, mais l'image du conteur génial est née de ce genre de films, dans lesquels le metteur en scène s'efface derrière l'efficacité de ses dispositifs. Et il fallait du talent pour réussir à rendre cohérent un mélange entre personnages bien définis, décors délirant et envahissant, et histoire de longue haleine; réussite, selon moi, sur toute la ligne: on ne perd jamais de vue les héros, et les allers-retours entre Ahmed et ses concurrents lors de la recherche d'un objet magique pour permettre de départager les "princes" afin de déterminer qui emportera la main de la princesse sont un conte qui se boit comme du petit lait. Quant aux idées d'importation (Dragons, tapis volant, boule de cristal, cape d'invisibilité), ils sont parfaitement rendus, et ne se contentent pas d'apparaître, le metteur en scène les a dotés de vie... Donc c'est un grand film de Raoul Walsh, autant qu'un grand Fairbanks... celui-ci va avoir du mal, d'ailleurs, à suivre ce film, c'est le moins que l'on puisse dire. En attendant, replongeons-nous dans l'un des plus beaux films des années 20, si possible avec la musique inspirée de Rimsky-Korsakov qui était déjà le principal choix en 1924...

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Published by François Massarelli - dans Muet Raoul Walsh 1924 Douglas Fairbanks **
16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 10:25

Quel casting! Joan Crawford, Anita Page et Dorothy Sebastian, accompagnées de Nils Ashter et Johnny Mack Brown, sont des jeunes gens bien nés comme on dit, qui vivent en Californie. Nous allons suivre leurs soirées, leurs amours aussi, parfois en rivalité les un(e)s avec les autres... L'héroïne de ce film est Diana (Crawford), la plus énergique mais aussi la plus délurée des trois filles. Elle pense que la jeunesse est un moment dont il faut profiter, et le fait savoir, ce qui lui donne une réputation désastreuse auprès des parents! ...auprès des hommes aussi, du reste, même si ça ne les empêche pas d'en profiter. En dépit de son attirance pour elle (qu'elle fait tout pour encourager), le playboy Ben (Mack Brown) hésite à l'épouser; il finit par demander sa main à Ann (Page), qui le manipule depuis quelques temps en compagnie de sa mère obsédée par l'idée que sa fille puisse faire un "beau mariage". Pendant ce temps Diana trouve refuge auprès de sa meilleure amie Bea (Sebastian) qui s'est mariée avec Norman (Ashter): l'amour de ce dernier est étouffant au point qu'il a tendance à mettre son épouse sous cloche...

Trois femmes, trois comportements différents... Le film n'est pourtant pas porté par une vision morale très classique. Et cette histoire de femmes dessine aussi, en creux, un intéressant et impitoyable portrait des hommes, qui se servent du comportement parfois "risqué", souvent scandaleux, des jeunes femmes, jusqu'à ce qu'ils désirent se ranger, auquel cas les mêmes jeunes femmes deviennent tout à coup infréquentable. Il y a une ellipse, dans ce film, à laquelle on peut faire dire ce qu'on veut: est-ce que Ben a couché avec Diana? c'est probable, d'autant que l'une des raisons d'être de l'intense jalousie de Norman est cet euphémisme parfois rappelé par Bea rappelant qu'avant son mari, "il y avait eu des hommes"...

La cible de ce film, un énorme succès de l'année 1928 pour la compagnie Cosmopolitan et la MGM, était la jeunesse de la fin du jazz age, du moins en quelque sorte: le script a tout fait pour incorporer un maximum de cette ambiance de fête permanente de la bonne société Californienne des années 20, en favorisant le point de vue de quatre personnes: tous ont entre 20 et trente ans... Et pourtant il y a une sorte de morale parentale derrière. C'est sans doute un brin paternaliste, certainement motivé par une certaine démagogie bien dosée... c'est aussi constamment intéressant par une mise en scène inventive, notamment par le superbe travail de caméra.

Sachant que Beaumont n'est pas à proprement parler un grand metteur en scène, juste un technicien compétent qui fait ici sans doute son meilleur film, il convient de rappeler à quel point le cinéma Américain dans on ensemble est devenu un vivier artistique fabuleux en cette miraculeuse année 1928. Quand on voit ce que le metteur en scène du soporifique Beau Brummel (1924) est devenu capable de faire avec ce film, on en a une preuve en or... quant à Joan Crawford, excellente de bout en bout dans ce petit film qui repose sur son énergie, elle devra reprendre quasiment le même rôle dans deux autres films: un des derniers films muets en 1929, Our modern maidens, de Jack Conway, puis l'un des premiers films parlants de Crawford, Our blushing brides, de nouveau dirigée par Beaumont. Aucun des deux n'est proprement inoubliable... Celui-ci, la matrice, de par le reflet de la société de 1928 qu'il propose, de par son invention et la fraîcheur de ses interprètes qui se trouvent confrontées au rôle pur la première fois (Page reviendra dans les deux films suivants et Sebastian pour le troisième), a bien mérité son statut de classique.

 

 

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Published by François Massarelli - dans 1928 Muet **
1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 18:37

La redécouverte deBucking Broadway, un film de cinq bobines tourné en 1917, mais sorti en 1918, a permis de mettre la main sur un film qu'on qualifierait volontiers d'atypique aujourd'hui, si on oubliait qu'en ces années reculées, le western racontait des histoires souvent contemporaines...

Cheyenne Harry (Harry Carey) est amoureux de la fille du patron, mais celle-ci fuit à New York en compagnie d'un gandin, dont les intentions sont tout sauf honorables... Les cow-boys se ruent donc à New York, et font irruption sur Broadway pour récupérer la belle. une comédie donc, et empreinte de mélodrame contemporain typique, avec méchant à moustache! Le tout mâtiné de western, et bien mouvementé.

Mais le film possède aussi la grâce Fordienne en matière de représentation du groupe soudé de cow-boys, partageant tous l'amour de leur métier, des animaux. Un plan montre Harry et sa belle, chevauchant au premier plan, pendant que le troupeau s'étale au second plan. Un type de composition qu'on retrouve dans The searchers. Le lyrisme Fordien est déjà bien présent, savamment dosé, avec de grandes rasades de comédie picaresque, et des cowboys saouls qui chantent en choeur... Probablement avec l'accent Irlandais.

 

 

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Published by François Massarelli - dans Muet John Ford Western 1917 **