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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 17:03

Les partisans de la politique des auteurs en seront pour leurs frais... en attendant, ce film intrigant et puissant a bien été vendu comme un western, dans le cadre de la production de films de genre par Cecil B. DeMille, qui était soucieux de remplir les salles afin de pouvoir continuer à financer ses projets coûteux. William K. Howard est ce qu'on appelle un solide technicien, et on lui doit quelques films intéressants: celui-ci est sans doute au sommet de la pyramide... Probablement par accident d'ailleurs!

Dans la ferme du père Carson (George Nichols), on élève des moutons. Ca nécessite du personnel, bien sûr, d'autant que le père est maussade: son fils (Kenneth Thompson), qu'il a élevé tout seul, est marié, et il n'aime pas sa belle-fille. Celle-ci (Jetta Goudal), pourtant, est adorable, loyale et volontaire, et particulièrement soucieuse de réussir à se faire accepter par son beau-père. Mais la routine s'installe, et le vieux Carson n'en démord pas: il estime qu'elle ne vaut rien. Quand un ouvrier de passage (George Bancroft), un dur à cuire un peu fort en gueule, vient travailler pour lui, il voit que le nouveau venu cherche à tourner autour de la jeune femme. Plutôt que de l'empêcher, il souffle sur les braises...

C'est âpre, et pour tout dire assez austère. Le film est un huis-clos dans l'essentiel de sa durée, et si un personnage d'ouvrier un peu gauche (Clyde Cook) vient apporter un peu de comédie, le ton est grave. On sent très vite que le conflit qui se joue (contrairement à celui qui est au coeur de City Girl de Murnau, assez similaire par certains côtés) est et restera entre Nichols et Goudal. L'actrice, qui était une découverte de DeMille, est fantastique, réussissant sans jamais perdre en cohérence à osciller entre la fragilité et la douceur d'une femme sur laquelle le ciel tombe, et la force de caractère d'une personne sûre de son bon droit, et qui est confrontée à trois caractères d'hommes qui la révoltent: au premier, la méchanceté et la mauvaise foi; au deuxième, la lâcheté; au troisième, la duplicité et la luxure... 

La mise en scène adopte très vite une linéarité intéressante, tout en concentrant l'essentiel du point de vue autour de Jetta Goudal. Si le premier plan nous montre Nichols sur son rocking-chair, le bruit fait par les ressorts nous permet de comprendre que le bruit indispose la jeune femme... Ce qu'il sait d'ailleurs probablement! Et une conversation à bâtons rompus entre père et fils, à table, est vécue par la jeune femme qui se noie dans leurs propos sur le bétail: pour illustrer cette conversation sans intertitres, on nous montre des surimpressions envahissantes du troupeau... Enfin, la scène-clé du film, celle qui va occasionner la confrontation finale entre les trois membres de la famille Carson (la jeune femme a été "visitée" par Bancroft durant la nuit), est absente, volontairement: à nous de nous situer, moralement, comme la jeune femme le demande à son mari qui l'accuse un peu trop rapidement...

Le western n'en est pas vraiment un, par contre les liens avec d'autres films de l'époque sont nombreux: comme Sunrise, White Gold est une épure. Comme le film de Murnau (sans pour autant être un tel sommet bien sûr), il se passe souvent de titres inutiles. Comme The Wind, de Sjöström, il est la confrontation d'une femme qui n'est pas préparée à la dureté de la vie chez les pionniers; et comme City Girl, de Murnau, White Gold est un tableau sans compromis de la vie campagnarde, qui se tient bien à l'écart des clichés du paradis pastoral...

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans Cecil B. DeMille Muet 1927 **
27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 17:12

Faut-il présenter l'intrigue de ce film? Bien sûr que non, puisque dans cette version, la deuxième à laquelle s'est attaqué Richard Oswald, cette fois en qualité de réalisateur après avoir écrit l'adaptation du film de 1914, on est particulièrement fidèle à l'histoire du roman, et en particulier à son ambiance.

On y retrouvera donc non seulement Holmes, interprété par Carlyle Blackwell, et Watson, qui donne de sa personne (George Seroff). Fritz Rasp est un génial Stapleton, et parmi les acteurs, Oswald a fait appel à des Allemands, mais aussi des Italiens, des Britanniques... Et surtout il a veillé à ce que la lande et Baskerville Hall soient crédibles... ET il s'y attache dès le plan d'ouverture, un panorama sur la vieille demeure et ses habitants, une nuit durant laquelle le vent souffle... 

C'est l'un des plaisirs du film, une obsession pour le metteur en scène de donner vie à l'atmosphère inquiétante de ce roman, qui a eu une telle influence justement pour ça... Le metteur en scène se plaît à nous lancer sur des fausses pistes, par le biais de son montage et de son cadrage, et même si le choix de cette vieille fripouille de Rasp conditionne le fait que le spectateur qui ne connaîtrait pas le roman n'ait pas beaucoup de doutes, il est toujours intéressant de faire semblant de ne pas savoir la clé de l'énigme.

Voilà, c'est tout, finalement, mais c'est déjà beaucoup: un film de samedi soir pour l'année 1929, qui n'est pas sorti dans beaucoup de pays, mais qui montrait mine de rien un savoir-faire conséquent en matière d'ambiances gothiques... 

 

 

 

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Published by François Massarelli - dans 1929 Muet ** Sherlock Holmes
26 février 2019 2 26 /02 /février /2019 19:37

Adaptée d'une pièce de Richard Oswald, cette antiquité s'efforce de ne pas vraiment raconter l'intrigue du meilleur (c'est en tout cas mon avis) roman de Conan Doyle, au profit de péripéties dignes du serial: Holmes apprend que cette sombre affaire qui ne l'intéresse que moyennement a été en fait prise en charge par un homme qui prétend justement être Sherlock Holmes, des séquences qui se terminent dans des trappes, des conduits mystérieux, des coups de théâtre en carton-pâte...

Le cinéma Allemand se cherchait et Meinert apportait sa pierre  l'édifice: un film idiot, aussi anglais qu'un couple de touristes habillés en Tyrolien dans les alpes suisses. Watson y est une commodité sur environ huit secondes de pellicule, Holmes ressemble à l'inspecteur Lohmann de Fritz Lang, et la seule qualité de ce film est d'avoir offert une carrière de cinéaste à l'auteur de la pièce: quand le succès de ce très médiocre film d'aventures a poussé les studios à créer une série de suites, Oswald en a réalisé deux...

...avant de devenir un des francs-tireurs du cinéma Allemand, et de retourner sur les lieux de son crime en 1929, pour une deuxième version autrement plus satisfaisante.

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Published by François Massarelli - dans 1914 Muet ** Sherlock Holmes
21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 13:10

Adapté d'une pièce Irlandaise, elle-même inspirée d'un fait divers authentique, The Collen Bawn raconte les rocambolesques amours d'un couple, un riche héritier marié à une paysanne, qui doivent s'aimer et se marier en cachette, jusqu'à ce que la famille du nobliau décide de le marier à sa cousine...

Quand je pense qu'on continue à voir un peu partout des articles qui patent du principe que le premier long métrage Américain est Birth of a nation! Si sa contribution à l'évolution du cinéma a été plus que minimale, au moins on peut concéder à Olcott d'avoir été parmi les premiers à étendre sciemment le champ des films, en livrant dès 1911 des films qui dépassaient les deux bobines. Notons qu'à la même époque, Griffith peinait à imposer à la Biograph des sujets de deux bobines, justement...

Mais il serait injuste de comparer Olcott et Griffith. Certes, l'un et l'autre tournaient à cette époque, l'un depuis 1907 (Olcott) l'autre depuis 1908, et l'un comme l'autre ont tant bien que mal maintenu leur activité jusque vers la fin (Olcott) voire au-delà (Griffith) du muet... Mais si Olcott était curieux des possibilités dramatiques du cinéma, comme son cadet, et avait choisi de partir de l'Est pour tourner dans les lieux emblématiques des histoires qu'il avait choisi (La Palestine ou l'Irlande, excusez du peu), sa grammaire restait bien rudimentaire, sa direction d'acteurs limitée, et une scène chez lui équivalait à un plan, comme au bon vieux temps des "tableaux" dans les films Français de 1905... 

Et par dessus le marché, sa vedette (et épouse) Gene Gauntier lui a par la suite contesté la paternité complète de ses films, en revendiquant sa part dans la mise en scène de nombreux films, dont celui-ci. Je ne sais pas si c'était une bonne affaire, tant le style est vieillot: l'une des raisons du succès des films "Irlandais" de Olcott et Gauntier, était justement le choix de décors Irlandais authentiques. Le fait est qu'on a le temps de les voir...

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Published by François Massarelli - dans 1911 Muet Sidney Olcott **
20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 18:12

Peut-être serait-il plus honnête de titrer cet article: The Exquisite Thief, deuxième bobine... Car c'est bien sûr tout ce qu'il reste de ce film, situé dans la carrière du futur réalisateur de Freaks, juste après The Wicked Darling, film assurément très important aussi bien pour le metteur en scène que pour sa star Priscilla Dean, mais aussi bien sûr pour Lon Chaney dont le rôle était limité, mais inoubliable. L'acteur n'est pas présent ici, mais pour le reste on est dans le même univers de proto-film noir, excitant et novateur, que pour le film précédent.

Dans l'extrait donc conservé, Dean est une cambrioleuse de luxe qui s'introduit dans un dîner de la haute société avant de prendre le large avec tout un butin qu'elle a subtilisé à ses "hôtes"... Sans savoir que dans sa fuite elle emmène aussi sans le savoir l'un des convives, un lord Anglais de passage qui doit avoir, j'imagine, un faible pour elle... Il va devenir son prisonnier, à moins que...

C'est formidable: en un peu plus de huit minutes seulement, on peut voir un fragment extrêmement frustrant de ce qui a du être un sacré bon film. Priscilla Dean y joue un personnage déjà rodé, mais qu'elle tient remarquablement bien, et paie de sa personne en permanence. Les autres acteurs sont aussi remarquables de subtilité, et la réalisation est une constante démonstration du génie de Browning pour les ambiances noires, avant sa chute alcoolique vertigineuse... Inquiétante poursuite nocturne, clair-obscur, science de la lumière, silhouettes: tout y passe, et on en redemande. On pourra aussi noter, quelques secondes seulement sur l'écran, un acteur anonyme qui porte le costume que portait Chaney dans The Wicked Darling et qu'il allait de nouveau utiliser dans Outside the law: un signe que sa contribution avait été remarquée, et en son absence (son contrat avec Universal se terminait justement avec le film précédent) le réalisateur envoyait au spectateur une sorte de souvenir subliminal...

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Published by François Massarelli - dans 1919 Muet Tod Browning **
11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 17:55

En 1923, ce long métrage documentaire offrait au public Allemand d'un cinéma qui relevait la tête après la situation précaire d'après guerre, une sorte d'état des lieux du septième art. Il contenait un petit historique, des aspects divers de la fabrication d'un film, et pour la dernière bobine au moins, une plongée dans un certain nombre de tournages contemporains, et pas du menu fretin: Die Nibelungen, de Lang, I.NR.I. de Wiene, ou encore Le cabinet des figures de cire de Paul Leni. On y voit Conrad Veidt préparer un plan en compagnie de Leni!

On y voit aussi assez longuement les metteurs en scène "jouer" pour la caméra: Fritz Lang y ajoute un chapitre de la longue litanie autour de sa réputation de tyran, Wiene y est vu calme, marmoréen, concentré... Et on voit aussi Ewald André Dupont, en plein tournage de Das alte Gesetz, tout le contraire de Wiene: agité, mobile, cabotin...

Ce documentaire est pour l'essentiel un film perdu, dont seuls des fragments des deux dernières bobines ont été retrouvés et remontés... Une part d'entre eux servaient de stock-shots pour d'autres documentaires dans les années 80 et 90... Mais aussi futile ce type de document soit-il, ces images n'ont pas de prix, et s'il ne fait aucun doute qu'elles sont à vocation publicitaire, elles ont un charme certain.

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Published by François Massarelli - dans 1923 Muet Documentaire **
6 janvier 2019 7 06 /01 /janvier /2019 16:01

Après quelques films pour Warner Bros, dont le célèbre et excellent Don Juan d'Alan Crosland, John Barrymore a signé pour trois films avec Joseph Schenck, qui faisait distribuer ses films par United Artists. Donc l'idée était de donner plus d'indépendance, donc de contrôle, à la star... Du moins sur le papier, comme Buster Keaton, que Schenck venait de lâcher sans trop d'élégance, en a fait l'amère expérience...

Le "beloved rogue" du titre n'est autre que François Villon. Le vrai, auteur d'un certain nombre de poésies, était aussi un monte-en-l'air, un escroc, un voyou, un moins-que-rien, bref: un bandit. Celui de John Barrymore l'est aussi, mais fort brièvement, le film se limitant à une série d'aventures autour d'une anecdote totalement apocryphe de la vie de celui dont on sait quand il est né (en 1431), mais dont on perd totalement la trace 30 années plus tard...

Sous Louis XI, le Roi risque de tomber sous la coupe de Charles de Bourgogne, son ennemi juré qui convoite sa place. Il s'apprête pourtant à donner la pain de sa pupille Charlotte au lieutenant de Charles, en guise de geste de bonne volonté; par cette union, Charles entend briser les derniers obstacles qui l'empêchent d'accéder au trône. Mais Charlotte qui ne souhaite pas se marier avec n'importe qui, trouve refuge auprès de Villon, qui n'est pas insensible à ses charmes. Il va réussir, par la ruse, à s'attirer les bonnes grâces de Louis XI. Mais le temps presse, car Charles de Bourgogne n'a pas dit son dernier mot...

J'ai volontairement laissé de côté les noms des acteurs, tant la distribution est impressionnante: outre Barrymore, on trouve en effet Conrad Veidt en Louis XI, Marceline Day dans le rôle de Charlotte, et si W. Lawson Butt n'inspire pas grand chose (à part dans les possibilités les plus sombres de moquerie immature autour de son patronyme) dans le rôle de Charles, que penser des apparitions de Mack Swain ou encore Slim Summerville, voire de Nigel de Brulier (en astrologue, ce qui manquait dans son impressionnante collection de sorciers, prophètes, évèques, cardinaux Vendéens et autres prêtres) ou de Dick Sutherland qui ici interprète un bourreau au faciès... de Dick Sutherland, justement... On s'attend à passer un très bon moment, surtout si on a vu Don Juan et When a man loves... 

Crosland et Barrymore étaient sans doute partis pour récidiver leurs exploits, en faisant construire toute une ville médiévale alambiquée, et louchaient aussi probablement sur la couronne de Douglas Fairbanks, roi cabossé du film d'action depuis le manque de succès de The thief of Bagdad et des films qui l'avaient suivi... Mais le mélange de comédie débridée (beaucoup plus marquée que dans ses films précédents) et d'aventures, mâtiné de sadisme pour une séquence de torture dans laquelle Barrymore à demi-nu est plongé dans les flammes et lardé de coups de fouet, peine parfois à convaincre.

Conrad Veidt compose pour sa part un Louis XI convenablement dingo, dont on a l'impression qu'il ne lui en faudrait pas beaucoup pour tripoter tout ce qui bouge, et le style baroque du film époustoufle dans un premier temps, marque le film comme étant factice (au même titre, tiens, que The thief of Bagdad était littéralement incroyable) ensuite, et finalement lasse un peu... Surtout quand on a parfois l'impression d'assister à un démarquage de The hunchback of Notre-Dame...

Il n'était pas Douglas Fairbanks non plus, même si l'équipe fait tout pour tenter de nous le faire croire! Ca virevolte, c'est rythmé, et c'est souvent assez vain. Bref: Barrymore ferait mieux, bien mieux avec son film suivant, le flamboyant Tempest...

Je termine en vous laissant une petite énigme de rien de tout, dont je sais qu'elle va certainement motiver au moins une personne: il y a trois futurs acteurs de Freaks dans le film, j'ai bien sûr fait exprès de ne pas les mentionner. Bonne chasse!

 

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Published by François Massarelli - dans John Barrymore Alan Crosland Comédie Muet 1927 **
23 décembre 2018 7 23 /12 /décembre /2018 10:13

Ce film existe aujourd'hui dans une version condensée, réduite à deux bobines, et sorti en Grande-Bretagne en 1931, soit six ans après sa sortie. C'était à l'origine un long métrage de 7 bobines, produit par la Vitagraph à la toute fin de son existence: le 20 avril de cette même année 1925, la direction a décidé de mettre la clé sous la porte et de vendre le studio à la Warner, qui le mit en sommeil immédiatement avant de le transformer en... Vitaphone. Dans les bagages, les nouveaux propriétaires ont donc trouvé ce film dont on pouvait sans doute se demander quoi faire...

C'est que cette histoire ironique de la grandeur et de la décadence des sentiments d'une famille bourgeoise avec ses squelettes dans le placard, était sans doute aussi séduisante pour un patron de studio que, disons, Greed de Erich Von Stroheim! Mieux, avec son étonnante utilisation de costumes d'époque (1880-1915), le film était presque révolutionnaire, à une époque où chaque film situé dans une époque passée mais proche montrait le plus souvent une codification vestimentaire ramenée au plus près de l'époque de sa confection: pas dans Pampered Youth, où la mode a été examinée, respectée et fort bien rendue. Le roman d'origine étant largement basé sur des rencontres, des croisements, on ne s'étonnera pas que les auteurs aient pris la décision de remplacer une scène potentiellement poignante, celle de la mort d'un personnage important, par une séquence excitante d'incendie dans laquelle les coeurs se révèlent, le courage se démontre, et... le feu se déchaîne: la scène est spectaculaire, en l'état (c'est-à-dire dans la copie en circulation, qui est d'un 9,5 mm qui a vécu)... 

Ces 28 minutes sont finalement passionnantes, autant pour ces qualités que pour des petits défauts touchants: on y voit une scène supposée être tournée dans l'Indiana, mais dont les palmiers trahissent la localisation Californienne! Mais de toute façon, il y a une raison cruciale pour voir ces 28 minutes. Il s'agit de la première adaptation d'un roman de Booth Tarkington.

Son titre?

...The Magnificent Ambersons.

 

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Published by François Massarelli - dans 1925 Muet **
20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 18:25

Annie Rooney, c'est une petite ado pétillante, qui habite un quartier populaire de New York en compagnie de son papa; Tim Rooney senior est un policier respecté de son quartier, qui vit en très bon voisinage avec les parents des copains de sa fille: ils s'appellent touts de noms assez exotiques, et certains sont Irlandais, d'autres Grecs, d'autres Chinois, d'autres Italiens, ou encore Juifs. Tous cohabitent, sans aucun problème, une vie doucereuse finalement et sans enjeu, me direz-vous? Sauf que non: si les plus jeunes cohabitent comme le font leurs parents, et tout en se flanquant des roustes collectives et monumentales, se préparent surtout à vivre une vie d'adultes sans histoires, les jeunes adultes eux louchent plutôt du côté de l'illégalité. C'est de là que viendront les troubles: un de ces voyous, un soir, va tuer un homme, et le problème c'est que la victime sera justement le père de la petite Annie...

Une claque! Une vraie claque! C'est pourtant un film dont l'existence est due essentiellement à la nécessité pour Mary Pickford, qui cumule les postes de productrice, actrice et scénariste, de retrouver le succès après les échecs de deux films consécutifs dans lesquels elle était une adulte. Une seule solution pour celle qui en avait assez de porter des boucles de gamine: retourner à ce qui avait fait son succès, et assurer le spectacle. Donc un film bien dans la formule... Ce n'était pas bien parti, et la seule façon d'ajouter de l'intérêt à ce qui aurait pu devenir un abominable pensum, était de trouver une histoire, des personnages et un lieu emblématique. D'où l'idée superbe de placer la caméra dans un merveilleux quartier populaire et multi-ethnique reconstruit en studio, et plus vrai que les vrais: dès les premières minutes, qui voient un affrontement homérique entre les gamins de la bande d'Annie et ceux de leurs ennemis jurés (à coups de briques fatales!), le film nous capte par le rire, la tendresse et le sourire... mais ça ne durera pas: je parle de cette atmosphère de comédie, qui cesse après une heure environ.

Le film est formidablement construit, superbement filmé (Charles Rosher est aux commandes de l'image et de la lumière et il se fait plaisir de bout en voit) et pour tourner ce retour aux affaires, Mary Pickford a choisi un vétéran du cinéma, le très expérimenté mais quasi inconnu William Beaudine, un choix motivé par le fait qu'il fallait pour obtenir du naturel de la part de son casting juvénile (des vraies numéros d'acteurs sont ici réservés aux enfants), et Beaudine qui avait dirigé plusieurs films de comédie avec des enfants, était en effet le candidat idéal! Il tire de ses jeunes interprètes un jeu naturel, énergique, mais aussi profondément subtil. Il fait en particulier voir de quelle manière Spec O'Donnell interprète Abie Levy, le petit voisin Juif de la petite Annie. La complicité qui les unit est prétexte à de nombreuses scènes qui demandaient un acteur confirmé: il est excellent (et rejouera souvent en grandissant, un rôle similaire aux côtés de Max Davidson). 

Car c'est l'un des atouts du film: la façon dont sont dépeints les rapports entre tous ces enfants d'origine différente, qui parlent parfois des langues différentes, s'envoient des briques pour un rien, mais sont tous prêts à se mettre en quatre les uns pour les autres. Un melting-pot de fait, que les adultes prennent souvent en exemple, et qui a en plus le mérite de souvent nous faire rire. Mais pas que: la façon dont Beaudine et Pickford traitent l'annonce de la mort du père Rooney est un moment de bravoure pour l'actrice, et un modèle d'utilisation de toutes les ressources à sa disposition pour Beaudine: montage, point de vue, champ-contrechamp, et le péché mignon de Miss Picford: les accessoires. Elle réussit ici à nous tirer des larmes avec son utilisation des bougies d'un gâteau. C'est donc sans aucun étonnement que nous retrouverons Beaudine aux commandes l'année suivante du prochain film de la star, Sparrows, dont on peut sobrement dire qu'il n'est pas mal non plus!

J'ai failli oublier: en plus, dans ce film, le jeune voyou fort sympathique qui fait rêver l'héroïne n'est autre qu'un jeune William Haines dans l'un de ses premiers rôles... Il est absolument irrésistible.

 

 

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Published by François Massarelli - dans 1925 Mary Pickford Muet **
17 décembre 2018 1 17 /12 /décembre /2018 16:24

Dans le cadre de ses films interprétés pour la First National, la grande "tragédienne de l'écran", Norma Talmadge, a fait à peu près tout. Mais tous ses films, hélas, ne peuvent être comparés aux plus beaux, notamment bien sûr les oeuvres dans lesquelles elle était dirigée par Frank Borzage... Parmi les autres, donc, ce succédané soigné mais sans plus, du Sheik de George Melford, avec Rudolph Valentino...

Dans ce sombre mélodrame, Norma Talmadge incarne Noorma-Hal, une danseuse orientale qui est la coqueluche des Touaregs, en particulier de leur chef Ramlika (Arthur Edmond Carew). En lutte perpétuelle contre l'envahisseur Français, celui-ci va avoir de la concurrence d'un mystérieux étranger, qui va très vite s'avérer être un espion de l'armée Française, Raymon Valverde (Rudolph Schildkraut). Si en découvrant l'identité de son nouvel amant, Noorma-Hal sentira sa fibre nationaliste se réveiller, les sentiments qu'elle a pour lui, vont sérieusement compliquer la chose...

C'est sans aucun second degré qu'il faut se lancer dans l'aventure, pour laquelle Norma Talmadge a une fois de plus interprété un personnage tout de flamboyance vêtue, et sans retenue dans l'émotion. Le cadre est très soigné, l'interprétation vivace, l'intérêt, par contre, très relatif... Sinon, c'est le deuxième film après The love light, qui ait été dirigé au moins partiellement par la grande scénariste Frances Marion. C'est aussi, hélas, le dernier...

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Published by François Massarelli - dans 1923 Muet Norma Talmadge ** Chester Franklin