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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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25 mai 2022 3 25 /05 /mai /2022 19:03

En Andalousie, deux amants séparés par les circonstances (lui est militaire, et il est parti se battre) s'ennuient simultanément de l'autre, sans savoir que seul un mur les sépare...

Ce film court (trois petites bobines) disponible sur le site de la Cinémathèque Française est un exercice imprévu, commandité à Marcel Silver, assistant de Feyder sur le tournage du pesant Carmen (1926), d'où la présence de la star Raquel Meller et de son partenaire Louis Lerch. L'idée de la compagnie Albatros était simple: les vicissitudes du tournage loin du studio (au sud de l'Espagne pour être précis forçant Feyder à prendre son temps, pourquoi ne pas en profiter pour tourner un autre film?

C'est donc un petit film, mineur en quelque sorte, dans lequel l'intrigue se concentre sur deux solitudes, de deux personnes destinées à rester séparées. Le réalisateur, estimable, utilise le décor (les prises de vues spectaculaires de l'exposition!) et le jeu très sensuel de Raquel Meller à bon escient, et me donne furieusement l'impression d'avoir bien mieux réussi son film que Feyder. Comme quoi...

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Published by François Massarelli - dans Muet 1926 Albatros
12 mai 2022 4 12 /05 /mai /2022 07:25

Un jeune homme (René Ferté) est arrêté pour l'assassinat d'un directeur de banque, le patron de sa maîtresse (France Dhélia). Nous vivons le calvaire de sa mère, qui doit assister à l'humiliation de voir son fils, innocent, traîné devant un tribunal...

Epstein, avec ce moyen métrage contemporain de ses premiers films Bretons et marins (Notamment Finis Terrae), souhaitait s'intéresser à une intrigue criminelle, sans passer par la case du cinéma policier: ni enquête, ni suspense. Le mot "calvaire" dans mon résumé est choisi avec soin, car c'est tout à fait ça; un film qui pousse le bouchon de l'avant-garde (chronologie bouleversée sans crier gare, absence relative d'intertitres, et interprétation sans aucune émotion) vers des retranchements, disons, inutiles. Clairement en cette fin du muet, Epstein avait la tête ailleurs...

Visible sur la plateforme Henri, de la Cinémathèque Française...

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Published by François Massarelli - dans Jean Epstein 1929 Muet
5 mai 2022 4 05 /05 /mai /2022 17:25

Un jeune étudiant (Walter Slezak) arrivé à Turin va rencontrer dans son immeuble une jeune couturière (Carmen Boni), dont il tombe amoureux. Mais Elena (Elena Sangro) une cliente de la maison de couture située dans l'immeuble, l'a vu et l'ajouterait volontiers à son tableau de chasse...

C'est la deuxième version de cette adaptation par Genina d'une pièce de Nino Oxilia, et celle de 1918, qui l'avait consacré, a sans doute gardé une grande importance pour lui. A l'instar de Sandberg qui refait en 1926 son film Le clown de 1917, le metteur en scène Italien a donc décidé d'y revenir, en tenant compte d'un certain nombre d'évolutions...

D'une part, en 1927, le cinéma Italien ne peut plus rivaliser avec les autres cinématographies, notamment Française, Allemande et surtout Américaine, et la production de cette deuxième version est donc internationale, avec Walter Slezak, acteur Germanophone (déjà vu dans Michael, de Dreyer, et promis à un bel avenir) dans le rôle principal.

D'autre part, si le premier film était une comédie sentimentale nostalgique d'une grande douceur, notamment à travers la délicatesse du jeu de Maria Jacobini, celui-ci prend en compte l'existence d'une comédie "moderne" aux Etats-Unis: on verra donc, l'espace d'un instant, les étudiants en pleine action: pas en train d'étudier, non, mais de se livrer à l'athlétisme, comme dans les comédies estudiantines Américaines... Et là où Maria Jacobini remplaçait la sophistication par son bon coeur et son sourire, Carmen Boni est grimée en flapper de la fin des années 20: chapeau cloche, cheveux courts, costumes stricts et cravates... elle contraste bien sûr avec sa rivale qui elle est une pure gravure de mode 1926.

Et puis, on est en 1927, donc le fascisme est là. En lieu et place des vues aérées de Turin, dans le premier film, ce deuxième effort nous montre les corps athlétiques des hommes en plein effort, et se permet dans une scène de train un gag raciste bien de son époque. C'est le dernier film Italien muet de son auteur, qui s'apprêtait à s'installer pour un temps à Paris... Pour le meilleur.

 

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Published by François Massarelli - dans 1927 Muet Augusto Genina
5 mai 2022 4 05 /05 /mai /2022 17:09

Lors d'une petite fête à laquelle se retrouvent plusieurs amis, dans une propriété cossue sur les bords du lac de Côme, un adultère se termine mal: Savina (Italia Almirante), l'épouse du propriétaire des lieux Paolo (Vittorio Rossi Pianelli) a fauté avec un des invités, mais le mari, contrairement à nous, n'a pas vu que c'était un jeune avocat (Ettore Piergiovanni). Répudiant son épouse, il lui intime l'ordre de disparaître et prétend à son ami avocat qu'il l'a tuée. Il lui demande, sans réaliser qu'il s'adresse à son rival, de le défendre dans un procès retentissant, d'autant plus qu'il n'y a pas de cadavre... L'avocat s'exécute, et salissant toujours plus la mémoire de celle qu'il a séduite, en rajoute pour obtenir l'acquittement de son client. Pendant ce temps, Savina peine à rester à l'écart...

Ca commence comme un mélodrame délirant, mais la façon dont les intertitres, assez nombreux, nous présentent la situation, trahit déjà une profonde ironie. Et c'est à la décadence de cette bourgeoisie, qui acquitte un homme qui prétend avoir tué sa femme dans une affaire d'honneur, mais le condamnerait pour avoir inventé ce meurtre de toute pièce, que Genina s'attaque dans un jeu de massacre d'autant mieux orchestré qu'il se pare de toute la sophistication qu'il lui a été possible de produire... 

La presse de l'époque a beaucoup eu de mal à s'y retrouver, et de fait, c'est, à travers le décalage entre l'action, les moyens mis en oeuvre, le jeu des acteurs et les notions liées au point de vue, un film qui se situe à la fois dans la lignée des oeuvres d'un Evgueni Bauer (dont je doute qu'il ait été distribué en Italie à cette époque, donc il s'agirait d'une coïncidence), des films Danois des années 10 (ceux-là ont été vus partout), et à l'opposé du cinéma lyrique des divas du muet, des films contre lesquels Genina et d'autres metteurs en scène semblaient réagir...

 

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Published by François Massarelli - dans muet Augusto Genina 1919
5 mai 2022 4 05 /05 /mai /2022 16:47

Le petit royaume de Graustark, en Europe, sollicite le retour du prince héritier Oscar (Creighton Hale), exilé à Washington. Accompagné de sa cousine, Beverly Calhoun (Marion Davies), ce dernier part donc vers son destin... Et va devoir laisser tomber le rendez-vous car il a un accident de ski en route! Pour la stabilité du royaume, une seule solution, demander à la "princesse" Beverly de remplacer le monarque, au moins le temps que celui-ci se rétablisse. En chemin vers le royaume, Oscar-Beverly est attaqué(e) par une troupe de soldats dissidents et défendu(e) par un berger, Tandan (Antonio Moreno): ce dernier accepte de lui servir d'escorte, et Beverly, sous son déguisement, tombe amoureuse de son ange gardien... Mais il apparaît très vite que le responsable de l'attentat pourrait bien être l'affreux général Marlanax (Roy D'Arcy), qui était déjà à la source de l'exil d'Oscar... Celui-ci n'est donc pas disposé à collaborer avec le nouveau roi...

C'est un film romantique, certes mais c'est aussi et surtout une comédie. William Randolph Hearst, après tant d'années, finissait par laisser la Cosmopolitan produire des films dans lesquels Marion Davies pouvait se reconnaître, et si celui-ci recycle beaucoup d'aspects déjà présents dans bien des scripts de ses films, on sent bien que la star a insufflé énormément de sa bonne humeur contagieuse dans l'intrigue: et surtout elle s'y livre à quelques-uns de ses péchés mignons, le déguisement en homme (comme dans Little Old New York, qui recèle beaucoup de points communs avec ce film) et l'alternance entre scènes maquillées et scènes visage libre (qui lui permettait dans Lights of old Broadway et Zander the great de jouer plusieurs âges d'une jeune femme). Et tout en se situant dans un royaume de pacotille, le film rejoint un peu When knighthood was in flower, dont l'intrigue reposait beaucoup sur la raison d'état.

Le metteur en scène est déjà un vétéran, et un réalisateur tous terrains qui a du satisfaire Hearst pour son flair particulier pour le mélodrame classique, ce qui ne l'empêchait pas de jouer double jeu: on sent son envie de suivre Marion Davies dans une mise en scène iconoclaste qui se joue des genres, dans la façon aussi dont il laisse Roy d'Arcy, mâcheur de carpette numéro un ("chew the carpet", c'est une expression imagée qui signifie qu'un acteur en fait des tonnes), se moquer allègrement de lui-même et de son personnage... La photo, nocturne le plus souvent, est superbe, et le film garde son final en Technicolor bichrome... On dit donc, une fois de plus, merci à Edward Lorusso, Ben Model et les petits lutins de la Bibliothèque du Congrès, qui nous ont rendu disponible ce petit film...

 

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Published by François Massarelli - dans Sidney Franklin Marion Davies 1926 Muet Comédie
1 mai 2022 7 01 /05 /mai /2022 17:01

Mario (Lido Manetti) entame ses études: il souhaite étudier le droit et se rend à Turin; il y trouve une chambre idéale pour vivre, tenue par une dame dont la fille Dorina (Maria Jacobini) est plus que charmante: les deux jeunes deviennent amoureux, jusqu'au jour où une dame sophistiquée (Helena Makowska) commence à attirer l'oeil de Mario...

A l'origine de ce film, il y a une pièce écrite par Nino Oxilia et Sandro Camaso. Une première adaptation a été réalisée vers 1911, qui est perdue, mais Oxilia, devenu metteur en scène, comptait bien en réaliser un remake. Son départ pour le front, puis sa mort en 1917 l'en ont empêché. C'est donc le co-adaptateur Augusto Genina qui a été désigné réalisateur...

Et c'est une belle surprise. Le film se départit rarement de son ton indubitablement tourné vers la comédie, et utilise au maximum les décors de Turin, beaucoup de scènes ont d'ailleurs été tournées en pleine rue, mais aussi dans des cages d'escalier qui sonnent particulièrement véridiques! Le cinéma Italien a entamé sa grande mutation, et désormais l'heure n'est plus aux divas et aux femmes fatales: c'est la leçon de ce film, qui comme si souvent à l'époque du muet, oppose deux femmes, la mystérieuse Elena et la douce Dorina, cette dernière opposant à la fois son bon sens et sa joie de vivre à la froideur manipulatrice de sa rivale. Mais si cette dernière reste volontairement esquissée (elle en devient une ombre, une fatalité qui retournera vers le néant à la fin du film), on est ébahi du jeu tout en invention permanente de Maria Jacobini qui souvent porte le film à bout de bras. Du coup, c'est son point de vue qui prime...

Le titre est d'ailleurs à double sens: certes, le passage de Mario, qui achève ses études et devient un avocat promis à un bel avenir à la fin, est un peu le baroud d'honneur de sa jeunesse, mais on pense plus volontiers au sacrifice que Dorina fait, elle qui comprend qu'elle ne verra plus jamais l'homme qui a failli la trahir... Dans la joie ou l'amertume, Jacobini est solaire, nuancée, et son visage est un festival d'expressions, qui nous font regretter que si peu de ses films aient survécu.

 

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Published by François Massarelli - dans Augusto Genina 1918 Muet Nino Oxilia
23 avril 2022 6 23 /04 /avril /2022 08:10

Ce film énigmatique conte l'histoire (?) d'un homme coincé entre deux femmes, l'une qu'il cherche par tous les moyens à aborder, y compris en se jetant dans le vide avec un parapluie ouvert comme seul parachute, et l'autre qui le contacte, mais le dégoûte, car elle a des dents proéminentes... L'intrigue n'est pas claire, si intrigue il y a, et le film est constamment marqué par des incidents à la limite du surréalisme... 

Et par-dessus le marché, cette comédie Danoise se paie le luxe d'être incomplète. On ne possède que la première bobine, sans ses cinq premières minutes, et la deuxième... Mais combien y'en avait-il? Le site du DFI annonce un long métrage, mais j'ai des doutes, les dernières images semblant indiquer une forme de résolution... S'il fallait comparer ce court fragment improbable, j'ai bien peur qu'il faille se contenter de convoquer l'encombrant fantôme de The mystery of the leaping fish, de Douglas Fairbanks et John Emerson! Et pour une fois, ce dernier nous apparaît, soudain, si raisonnable...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
22 avril 2022 5 22 /04 /avril /2022 18:49

Deux jeunes femmes modernes ont décidé d'attraper en marche le train de la mode de la culture physique, et elles présentent à leurs amies (ainsi qu'à deux cousins collet monté qui qui ont des vues sur elles) un avant-goût de leurs activités: des tableaux vivants courts vêtus. La chose arrive aux oreilles de leur oncle et tuteur, qui ne souhaite pas que ses deux pupilles aillent dans cette direction, pour des raisons morales. Elles décident de le tromper en prétendant qu'il a mal compris et qu'elles étudiaient la sculpture académique, et proposent même de lui offrir une de leurs créations... Elles doivent donc engager vite fait bien fait deux fausses statues afin de rectifier le tir...

Ce sont, bien sûr, Carl Schenstrom et Harald Madsen qui vont jouer ce rôle, propice à bien des gags (et on les aura tous) mais ils vont aussi faire deux choses qui sont judicieuses: d'une part, étant respectivement contorsionniste et gymnaste, ils vont prendre en charge les cours de culture physiques, entourés donc de jolies filles en maillot comme c'est la règle chez Lauritzen; d'autre part, ils vont, et c'est peu courant, séduire les deux cousines, jouées d'ailleurs par deux authentique jumelles: car chez Lauritzen, comme les héros ou la syllabe de son prénom pseudonymique, les jeunes gens qui fournissent le plus souvent la partie "sentimentale" de ses comédies vont toujours par deux...

C'est un film assez court, conventionnel mais drôle, et le titre qui imite celui d'un documentaire Allemand qui avait du faire un joli scandale (on y enlève le maillot en permanence) montre bien que Lauritzen s'y préoccupe d'exploiter une mode qui s'incorpore assez bien dans son style de comédie... Mais ce qui compte, comme d'habitude, ce sont les deux héros qui trouvent ici un rôle physique à leur mesure. La démonstration des prouesses physiques (un peu améliorées, mais basées sur d'authentiques exploits, à commencer par l'impeccable grand écart de Schenstrom) est en particulier une séquence étourdissante... Et puis contrairement aux autre protagonistes masculins du film, on les aime, ces deux-là, que voulez-vous. Et dans ce film, Lauritzen qui ne les a pas toujours gâtés, leur a concocté une drôle d'entrée en matière sous forme de rêves à répétition (ils font d'ailleurs les mêmes) qui les voient régner sur une troupe de jeunes femmes, manger à leur faim et même séduire... Autant de prémonitions, annoncées par des fondus enchaînés entre les deux vagabonds et la paire de jumelles.

 

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Published by François Massarelli - dans 1928 Muet Lau Lauritzen Schenstrom & Madsen Comédie
21 avril 2022 4 21 /04 /avril /2022 18:50

Alors que l'image d'Hollywood se trouve de plus écornée dans les esprits puritains de l'Amérique, un notable (Will Rogers) est invité à enquêter afin d'assainir le milieu. Il revient vers une petite communauté affligée avec des images qui prouvent s'il en était besoin que les stars mènent une vie dissolue... Pour le plus grand plaisir des spectateurs présents.

C'est très épisodique, et c'est surtout un prétexte pour que Rogers puisse se moquer d'Hollywood en interprétant à sa façon William S. Hart, Tom Mix et Rudolf Valentino. Ca reste, pour un film d'Hal Roach (avec des apparitions de George Rowe, Noah Young et Marie Mosquini, mais toutes sont frustrantes) une occasion ratée, dans laquelle au delà du plaisir pris par le pasticheur en chef, on s'ennuie un peu sur ces 20 minutes.

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Published by François Massarelli - dans Will Rogers Muet Comédie
18 avril 2022 1 18 /04 /avril /2022 08:27

La vie et la mort de l'extravagant Louis II (Wilhelm Dieterle), un roi qui cédait volontiers à ses impulsions, mais artistiques, financières et affectives... Ses combats contre les financiers de son petit royaume, son face à face avec une cour déterminée à lui mener la vie dure...

Le sujet passionnait Dieterle, qui se rêvait en souverain excentrique, romantique à souhait, erratique et isolé. Pas de surprise sans doute si on considère que l'un des films précédents majeurs du réalisateur, Geschlecht in Fesseln, était consacré à l'isolement affectif, là encore, d'un homme qui revenait de prison, où il était tombé amoureux d'un co-détenu... Mais là où son héros risquait effectivement la condamnation dans une législation qui en Allemagne ne lésinait pas sur l'oppression des gays, son nouveau héros est un paria face à l'histoire, et qui plus est elle est assez récente. Et ça joue de façon spectaculaire contre le film...

...Car en prenant à bras-le-corps cette intrigue, Dieterle la réalise pour le peuple Allemand, et attend de son public qu'il en sache suffisamment. Il a conçu son personnage de l'intérieur, et par bien des côtés Ludwig se comporte en metteur en scène, dans ses obsessions extravagantes, de construire des châteaux et des mausolées, pleurant Wagner un jour et sa mère le lendemain... Mais aujourd'hui, difficile d'entrer dans un film exigeant, dont l'essentiel est dans des non-dits extrêmement difficiles à décrypter... Ou tout simplement profondément ennuyeux. A moins que ce ne soit les deux hypothèses...

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Published by François Massarelli - dans William Dieterle Muet 1929