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11 février 2023 6 11 /02 /février /2023 06:47

Sandrine (Valérie Bonneton) et Jean (Didier Bourdon) sont mariés depuis quinze ans; Jean et Virginie (Isabelle Carré) s'aiment depuis un an environ, et depuis peu Sandrine le sait... Elle va mener à bien une petite entreprise de débusquage qui passe par du spectaculaire: elle vient en effet faire comprendre la situation à son mari, professeur de littérature à l'université, pendant un de ses cours, et se présente à la librairie où travaille Virginie, d'abord pour lui faire comprendre qu'elle sait... 

Mais c'est aussi pour lui faire une bien étrange proposition, celle d'une garde alternée de leur mari/amant... Virginie accepte, et très vite elle tombe dans le piège tendu par l'épouse légitime. La guerre est déclarée entre elles...

Bon, pendant environ une demi-heure, la comédie se fait discrète voire absente. Une façon comme une autre de ne pas saboter son exposition, après tout... Mais ça a un revers et non des moindres: car de fait on va prendre cette situation au sérieux, et c'est bien le problème, parce que le film dévie très rapidement, une fois la situation établie, vers la gaudriole et la provocation. Les acteurs ne sont pas en cause, mais les personnages, eh bien... Difficile, au bout d'un moment, de les apprécier.

Reste un mâle qui a cru pouvoir profiter allègrement d'une situation qui l'avantageait, et deux femmes qui vont se prendre en main, et y trouver une forme étonnante de solidarité... Qui restera bien fictive, on s'en doute. On rit, parfois, on s'irrite aussi, souvent.

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Published by François Massarelli - dans Comédie
10 février 2023 5 10 /02 /février /2023 16:45

The song of the shirt a été tourné la même année que The Adventures of Dollie: Griffith vient darriver à la tête des productions de la Biograph, lui qui avait fourni des scénarios pour le vétéran Wallace McCutcheon...

C'est donc un mélo ultra-classique dans lequel une jeune femme s'efforce de travailler plus afin de sauver sa soeur mourante...

Des plans de joyeuses fêtes organisées par la bourgeoisie, utilisés afin de contraster avec la pauvreté Dickensienne du drame principal, constituent malgré tout un avant-goût de A corner in wheat, réalisé l'année suivante, qui montrera en parallèle les deux classes antagonistes du drame. Si la façon est encore gauche, on est déjà dans les thèmes Griffithiens...

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Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet
10 février 2023 5 10 /02 /février /2023 16:38

De tous les films sortis en 1908, c'est à dire confectionnés la même année que le premier film de Griffith, The adventures of Dollie, il sera inutile d'attendre une mise en scène "moderne", Money mad est le moins traditionnel: le résumé donné par Patrick Brion dans sa filmographie commentée en dit long en peu de mots ("Le vol d'un sac entraîne une succession de morts violentes").

En effet, il y a des morts, et ça va vite. L'inspiration est plutôt du coté du grand guignol, et le feu qui termine le film donne un aperçu de la dimension morale forcément partagée par le puritain Griffith, qui voue finalement l'argent et ceux qui y succombent aux flammes infernales. Le film est surtout remarquable par son ton et sa violence, qu'on attendrait plus facilement d'un film Italien, que d'un Griffith, même si celui-ci saura occasionnellement avoir recours à des images choc, y compris dans ses classiques: il y a notamment une décapitation truquée dans Intolerance....

Ce film possède aussi un avant-goût de belles choses à venir, puisqu'il nous propose un brouillon d'une scène de suspense qui sera l'un des clous de The musketeers of Pig alley, quatre ans plus tard... Comme quoi, dès ses débuts, le metteur en scène avait de la ressource.

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Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet
10 février 2023 5 10 /02 /février /2023 15:54

Au XVIIIe siècle, une jeune femme noble mariée depuis quelques temps réalise que son mari ne s'intéresse plus du tout à elle, et s'en ouvre par une lettre à sa cousine... Celle-ci débarque et déguisée en homme, va jouer le jeu de la séduction avec l'héroïne pour pousser le mari vers la jalousie. Le problème, c'est que celui-ci ira jusqu'au duel...

Quand on découvre la "cousine", celle-ci est très occupée: elle fait de l'escrime, et on sent la bretteuse redoutable. Du coup, le film ne perd pas de temps, et surtout n'attend pas la métamorphose du déguisement pour nous la présenter comme potentiellement une authentique rivale de l'homme.

Mais le film nous la montrera triompher sur trois points: d'une part, par son comportement qui la montrera égale de l'homme (pas sur tous les points, elle montrera quelques réticences sur la consommation de cigares et de boissons fortes par exemple), ensuite parce que la machination obtiendra des résultats positifs, et enfin parce que la mystification parfaite sera révélée à un auditoire appréciatif...

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Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet
10 février 2023 5 10 /02 /février /2023 15:34

"Farces", voilà un titre bien intrigant pour un film de Griffith, fut-il une comédie... mais c'est ce qu'on appelait un "split-reel", un film qui représentait moins de 7 minutes, et qui pouvait être exploité avec un autre court métrage de même durée sur la même bobine. De là à dire qu'il s'agit d'un bouche-trou...

Au bord d'une rivière aménagée pour la baignade, un homme cherche à séduire une jeune femme qui le snobe. Elle va se changer dans une cabine, et lui aussi de son côté, et ils vont, séparément, se baigner l'un et l'autre... Pendant le bain, deux garnements, dont le tout jeune Bobby Harron, ont l'idée d'échanger les tenues des deux baigneurs...

Dans la panique, pas trop grivoise quand même, qui s'ensuit, on aura des chassé-croisés, beaucoup d'agitation, et à deux reprises, croisant le chemin du jeune homme contraint et forcé d'adopter des vêtements féminins, un couple d'hommes efféminés qui commenteront avec force gestes, le passage éclair d'un homme travesti... Bref, Griffith, pour notre plus grand embarras, s'encanaille.

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Published by François Massarelli - dans Muet David Wark Griffith
10 février 2023 5 10 /02 /février /2023 15:26

L'épouse d'un agriculteur a eu un enfant, mais... l'appel de l'aventure, et la séduction d'un coureur font qu'elle a des langueurs... Elle décide de suivre son amant, et fuit le domicile familial. Mais sa belle-soeur qui a tout vu, prend une décision radicale: la ramener coûte que coûte, quitte à la ramener à coups de fusil!

Le film est notable pour le fait que du début à la fin, il joue sur le point de vue et nous présente l'aventure du personnage incarné dans le titre, tout en nous faisant insidieusement adopter le point de vue de la belle-soeur, qui a tout compris, et qui se transforme en véritable héroïne du film sous nos yeux!

Sinon, bien sûr, Griffith et son équipe ont tourné dans un coin montagneux, particulièrement photogénique, qui rappelait sans doute des souvenirs d'enfance au réalisateur, natif du Kentucky. Le lyrisme des paysages participe clairement de la réussite du film, dont le drame va se résoudre dans deux endroits: sur l'eau, dans une scène étonnante de kidnapping inversé, et autour d'un lit d'enfant, là où tout rentrera dans l'ordre. C'est un superbe film qui promet beaucoup, avec une héroïne génialement active: un comble pour le très victorien Griffith!

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Published by François Massarelli - dans Muet David Wark Griffith
9 février 2023 4 09 /02 /février /2023 18:49

Lupino Lane se rend chez un spécialiste des nerfs, qui va l'examiner, du moins tenter car rien ne va plus dans le corps de l'acrobate... La première partie du film est située dans le cabinet où l'artiste se rend, et ça commence mal pour lui car il interrompt une inattendue scène de tendresse entre le médecin (Wallace Lupino) et son assistante; la deuxième partie est du grand n'importe quoi, dans la clinique où le docteur (qui entretemps en a vu de toutes les couleurs) a placé le héros...

Le corps et ses déboires: il était inévitable qu'un artiste comme Lupino Lane s'attaque à un sujet comme celui-ci, situé évidemment dans le milieu médical. Ses capacités gymnastiques et acrobatiques sont fort bien mises à profit, avec des résultats étonnants. On peut citer un gag très élaboré avec un squelette, par exemple, et un examen fortement périlleux avec authentique grand écart, par exemple... 

Plus généralement, le film anticipe un peu sur les quelques courts métrages "médicaux" de Laurel et Hardy, qui seront toutefois plus raisonnables au niveau de l'intrigue. Parce que là, c'est d'une loufoquerie absolue... 

PS: ne pas confondre, bien sûr, avec le film du même titre de Roscoe Arbuckle...

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Published by François Massarelli - dans Muet Lupino Lane
8 février 2023 3 08 /02 /février /2023 19:21

Un enfant (Edna Foster) vit heureux avec ses parents, et surtout sa maman... Mais il s'inquiète dès qu'elle sort de la pièce. Sentant les choses changer, il prend peur: et s'il y avait un autre enfant, perdrait-il son rapport privilégié avec ses parents? Et il a vu juste, puisqu'un petit frère débarque. Epouvanté, il prend une décision riche en drame: enlever l'enfant, et l'amener au zoo, pour que la cigogne "le ramène là où elle l'a trouvé"... Pendant ce temps, les parents affolés ameutent la population, et un voisin (Mack Sennett) qui a vu un Italien avec un enfant a tôt fait de l'accuser...

Des quatre films de Griffith avec Edna Foster qui ont été compilés sur l'anthologie Cinema's first nasty women, c'est de loin le meilleur et le plus riche, le plus étonnant aussi. D'une part parce qu'on y joue avec une certaine xénophobie, mais en la contournant, pour une fois (on notera que le contexte a été très étudié: un article de presse concernant les agissements d'un groupe d'anarchistes Italiens est mentionné quelques minutes avant que Sennett ne désigne l'ouvrier Italien comme parfait coupable... On ne peut donc pas vraiment accuser le film de véhiculer du racisme cette fois-ci! 

D'autre part, l'enfant est plus que l'un des acteurs du drame, c'est de lui et de lui seul, de sa peur de perdre l'amour de ses parents, de ses craintes voire de son fantasme d'abandon, et par là même de son incapacité à aimer un frère ou une soeur, qu'il s'agit. Un rôle très riche, donc, dont Edna Foster, qui n'avait que 12 ans, se sort haut la main.

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Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet
8 février 2023 3 08 /02 /février /2023 19:09

Un bandit dont le frère a écopé d'une condamnation décide de se venger du procureur qui a mené l'enquête et obtenu justice: il décide de tirer avantage de la notoire bonté du juriste, et se déguise en vieille femme malade pour s'introduire chez sa victime. Ses plans vont être déjoués par le procureur et son fils Bobby (Edna Foster)...

C'est un petit film, mais il ne manque pas de qualités. D'une part il raconte une histoire de vengeance certes tordue, mais totalement novatrice à sa façon! Ensuite, il joue sur le registre habituel de la menace telle qu'elle s'exprime souvent magistralement chez Griffith, et le fait en plaçant justement la menace au coeur de la famille, dans la maison même des protagonistes. Enfin, il y est question de danger, mais aussi de salut, pour les personnages principaux, qui sont soumis à rude épreuve, provoquant suspense et bien sûr un sauvetage in extremis...

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Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet
8 février 2023 3 08 /02 /février /2023 18:58

Billy (Edna Foster) est un jeune garçon qui est à la rue, et qui doit mendier pour vivre... Il tombe sous la coupe de deux vagabonds mal intentionnés, qui l'exploitent pour soutirer à manger, ou commettre de mauvaises actions. Quand il est témoin d'un meurtre perpétré par les deux hommes, il est horrifié, et l'un (Donald Crisp) des deux vagabonds décide de tuer le garçon...

C'est une fois de plus un film avec la petite Edna Foster dans un rôle de garçon, et elle s'installe dans une intrigue qui permet à Griffith de placer beaucoup de choses personnelles: par exemple une certaine méfiance à l'égard des vagabonds (le terme "tramp" est assez péjoratif, et le film se cache derrière un fait de société présenté comme un souci partagé et relayé par la presse!). Mais le réalisateur place aussi ici sa technique de tout faire peser sur un sauvetage de dernière minute, comme dans certains de ses plus intéressants courts métrages...

Et sinon, on reconnaîtra aisément Griffith, qui se pose sur un banc, indifférent au sort et à la misère de Billy, dans les premières minutes du film...

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Published by François Massarelli - dans Muet David Wark Griffith