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18 février 2023 6 18 /02 /février /2023 12:03

Passé aux Etats-Unis après son travail en Italie, Marcel Perez transpose dans le comique à l'Américaine ses petites frasques conjugales, et autres déboires sentimentaux. Ici, il se situe sur un terrain déjà marqué par les films de Roscoe Arbuckle:

Sur une ferme, les parents souhaitent marier leur fille à un de leurs employés, mais elle n'approuve pas leur choix, et voudrait plutôt se marier avec l'autre (Marcel Perez). La réaction des parents est sans équivoque: non, il est hors de question qu'elle épouse ce fainéant... La lutte est donc sans merci...

Le film ne s'embarrasse ni d'une exposition, ni de subtilité, et on sent ici une volonté de souligner en permanence le geste, saisi dans toute sa lumière et sa clarté. A mi-chemin entre la pantomime et une version très grotesque de la comédie de moeurs telle qu'elle se fabriquait à l'époque chez Mack Sennett. Perez ferait mieux, beaucoup mieux.

Pour finir, on passe tout le film (qui dure 12 minutes) avant de comprendre l'allusion du titre à une baignoire...

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Published by François Massarelli - dans Muet Marcel Perez
18 février 2023 6 18 /02 /février /2023 11:47

L'épouse (Nilde Baracchi) de Robinet (Marcel Perez) sort... Il la suit jusque dans une maison, dont il va visiter tous les étages, tombant à chaque fois sur des appartements dédiés à des activités bien spécifiques: un dentiste (qui va lui arracher une dent), un entraîneur de boxe (qui manque de l'assommer avant de lui réclamer de l'argent pour la leçon) et un institut de culture physique qui va prodiguer de façon musclée des soins au héros, qui n'en a pas tant demandé... Et à chaque fois, après chaque déconvenue, le vaillant jaloux continue à chercher son épouse pour résoudre le mystère de sa sortie secrète...

C'est merveilleux: un film burlesque dans lequel le parti-pris a été de ne jamais choisir entre une ligne narrative claire et rigoureuse (trouver où se rend l'épouse), et des digressions loufoque et énergiques... Le metteur en scène a aussi adopté une rigueur visuelle notable dans ses scènes pour montrer la progression de Robinet dans l'escalier de la maison, où chaque étage sauf le dernier ressemble au précédent, et d'ailleurs il ne serait pas étonnant que ce soit toujours le même étage!

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Marcel Perez
18 février 2023 6 18 /02 /février /2023 11:37

Comme le titre l'indique, Robinet (Marcel Perez) ne peut respirer, il est tellement adoré de son épouse (Gigetta Morano) qu'elle le colle en permanence; et comme lui aimerait tant sortir seul (c'est-à-dire disponible pour des aventures), il trouve la vie impossible. Quand il sort elle le suit et le colle tant et si bien qu'il lui est impossible de mener des travaux d'approche avec une jeune femme. Il va lui falloir trouver un stratagème...

Le film est entièrement raconté du point de vue du couple légitime, avec un fort accent sur le point de vue de Robinet lui-même. Le problème du personnage n'est pas incarné dans l'adultère qui semble aller de soi, ni dans l'éventuelle jalousie de son épouse (elle l'aime tellement, qu'elle lui passe tout!), mais dans le simple aspect physique, le fait qu'elle le colle au point où il ne peut respirer...

Bref, c'est situé quelque part entre le loufoque et une certaine cruauté, qui se manifeste surtout dans la séquence finale: pour se débarrasser d'elle, Robinet a enfermé son épouse dans un placard! Et une fois qu'elle a fini de se lamenter sur son sort, elle commence à caresser les costumes de son mari, puis tant qu'à faire, à les brosser, histoire de ne pas perdre son temps...

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Published by François Massarelli - dans Muet Marcel Perez
18 février 2023 6 18 /02 /février /2023 11:02

Paris, 1900, on fait la connaissance de Gigi (Leslie Caron), fille d'une cantatrice (qu'on ne verra jamais) et dont l'éducation a été largement confiée à sa grand-mère (Hermione Gingold) et sa grand-tante (Isabel Jeans). Ces deux-là sont des légendes du tout-Paris, des cocottes, ou demi-mondaines: pas des prostituées, non, mais des poules de luxe, des femmes dont le destin évident est d'être entretenues. Et justement, Gigi est éduquée dans ce sens...

Nous faisons aussi la connaissance de Gaston Lachaille (Louis Jourdan), le neveu d'Honoré Lachaille (Maurice Chevalier): Gaston est riche, établi, séduisant, mais tout l'ennuie... Sauf les conversations avec Gigi. Sous l'oeil d'Honoré, rompu aux coutumes de la bonne société (c'est-à-dire grand séducteur lui-même, et constamment vu aux bras d'une ravissante créature ou deux), les deux jeunes gens s'aiment, mais sans nécessairement s'en apercevoir. Leur amour triomphera-t-il des convenances paradoxales d'une société qui accepterait d'eux qu'ils aient une certaine promiscuité, mais pas qu'il se marient?

Je vais le dire de suite: je n'ai jamais adhéré à ce film, qui a tout du chef d'oeuvre officiel: Oscar 1958 du meilleur film, récompenses en pagaille, sélection automatique au festival de Cannes, et un pedigree impressionnant, en tant que dernière superproduction musicale de Arthur Freed pour Minnelli (leur unique collaboration ultérieure, Bells are ringing en 1960 serait nettement plus modeste), et par dessus le marché des extérieurs systématiquement tournés à Paris... 

Le choix de Minnelli pour le tourner s'imposait, en raison des affinités (déjà explorées partiellement dans An American in Paris) du réalisateur pour la période de l'impressionnisme, et la profonde marque de ce style sur l'imagerie du Paris de 1900... Et c'est d'abord en tant que peintre que le metteur en scène a conçu son approche sur ce film, aux costumes, comportements, et jusqu'aux coiffures, impeccables. Cette histoire qui a tout pour être scandaleuse mais ne l'est pas tant que ça, passe d'abord par les salons, où l'on se montre, et les rues, où l'on voyage en voiture à chevaux. On a rarement aussi bien montré une période au cinéma, et avec tant de goût.

Mais voilà, on a beau dire, on a beau faire, impossible de s'intéresser à Gigi et Gaston, impossible de ne pas bailler d'ennui, sauf quand un détail nous fait relever la tête, comme ces soudains arrêts de eu chez Maxim's, qui accompagnent le boniment de l'oncle Honoré, montrant qui s'affiche avec qui... Ou ces quelques conversations relevées entre Isabel Jeans, survoltée, et le reste de l'humanité... Les chansons lassent, le ton très "chic Parisien, revu et corrigé par Hollywood", agace, et l'accent Français de certains protagonistes me hérisse le poil. Donc c'est beau, pas plus.

Mais c'est déjà ça, non?

 

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Published by François Massarelli - dans Musical Vincente Minnelli
17 février 2023 5 17 /02 /février /2023 17:02

Comme les autres films de Perez déjà mentionnés ici, ce film a été tourné à Paris, mais pour le compte de la société Ambrosio, une maison Italienne de production qui tentait de s'imposer sur le marché Européen face aux géants Gaumont et Pathé. D'autres compagnies, comme Lux, ou Itala films, faisaient le même pari, en débauchant parfois d'anciennes vedettes des deux compagnies phare de l'hexagone: c'est comme ça que André Deed est parti faire carrière en Italie, par exemple...

Ce film est assez simple: on assiste d'abord à une scène dans un intérieur bourgeois, lorsque Madame (Nilde Baracchi) voit monsieur (Ernesto Vaser) prendre congé... Robinet (Marcel Perez) attend dehors que la voie soit libre... Mais une fois l'amant dans la place le mari revient: Robinet trouve des vêtements, et se déguise en jeune femme. Il est escorté jusque dans la rue par le mari, manifestement séduit...

Il me vient, quant à ce film et cette situation (qui est ensuite exploitée jusqu'au bout, Robinet étant, sous le déguisement d'une femme, reconduit chez lui par un escadron de gendarmes sous le charme), la réflexion suivante: dans la comédie burlesque, les acteurs ont tous sacrifié à la mode du travesti, de Keaton à Lloyd, en passant bien sûr par Arbuckle, Stan Laurel, et Oliver Hardy. Si à chaque fois l'effet produit sur les hommes semble aller à l'inverse du ridicule achevé du déguisement, il y a une exception, à savoir Chaplin: quand dans A woman il se déguise (sacrifiant sa moustache au passage), il est plus que troublant, et il devient une femme. 

Pas Robinet.

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Published by François Massarelli
17 février 2023 5 17 /02 /février /2023 16:51

Robinet (Marcel Perez) parade devant sa bonne, clairement amoureuse de lui: il va se rendre en ville dans son plus beau costume, et il est tellement blanc qu'il luit... 

Et là, tout de suite, on sait: il va se salir. Ou alors... On espère un de ces petits miracles, comme le fait que Stan Laurel, au beau milieu d'une tempête de tartes à la crème (The battle of the century, 1927), restera incompréhensiblement indemne, son costume et sa mise épargnées, alors qu'il est quand même vaguement responsable du chaos autour de lui...

Mais on est déçu, car Robinet, très vite, est confronté à des choses salissantes. Et le film a beau être court, très court (moins de six minutes), on s'impatiente, car on se dit qu'on na va rien voir d'autre qu'un type qui va continuer à maculer de choses dégoûtantes, un costume qui est déjà tout sale! 

Sauf qu'on a tort. Pourquoi? Voyez le film, voyons!

Sinon, j'avais déjà signalé, à propos d'un autre film, ces petits riens que Perez demandait à ses partenaires, qui créent tout un univers à partir de pas grand chose: la bonne dans la première scène est absolument adorable avec ses sentiments tellement forts qu'ils sont écrits su son visage...

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Published by François Massarelli - dans Marcel Perez Muet
17 février 2023 5 17 /02 /février /2023 16:24

Robinet (Marcel Perez) se rend au music-hall, et il est tellement subjugué par la belle dame qui chante, qu'il décide de l'aborder. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire, il réussit à soudoyer une camériste au théâtre pour obtenir l'adresse de la dame...

C'est un film assez court, dans lequel bien entendu, le héros réussira à s'introduire à force d'audace, chez la belle dame, qu'il espionnera même à l'heure du coucher, permettant à la compagnie Ambrosio qui produisait le film de faire d'une pierre deux coups: un film, deux genres, la comédie, et le film salace avec voyeur (un genre à part entière, auquel les compagnies françaises ne se risquaient plus)...

Le film serait assez accessoire s'il n'y avait une sorte de mini-ballet ahurissant à la fin, lorsque la chanteuse appelle à l'aide et que deux gendarmes qui passaient par là obéissent à ses injonctions par une étrange et loufoque chorégraphie. Une fois arrivés à leur tour dans la chambre ils se joignent à la poursuite en chambre, et on voit distinctement l'actrice Gigetta Morano (aucun rapport avec Nadine, celle-ci est humaine) se marrer tellement la situation est idiote... Elle a raison.

Sinon, on voit un aspect de l'art de Perez qui apparaît dans d'autres films: il est bien sûr le centre du show, mais n'oublie pas de diriger ses collègues pour compléter sa loufoquerie: la scène entre lui et la domestique, dans les coulisses du théâtre, ou la chorégraphie adoptée par les gendarmes, le prouvent assez bien.

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Published by François Massarelli - dans Muet Marcel Perez
17 février 2023 5 17 /02 /février /2023 16:17

Un cycliste myope devrait-il s'abstenir de monter sur son vélo? La réponse, en particulier une fois qu'on a vu ce film de cinq minutes, est sans aucune équivoque "oui!"...

Marcel Fabre, ou Marcel Perez, un acrobate et acteur d'origine Espagnole, et qui tournera en France, en Italie mais aussi aux Etats-Unis, était parfois connu sous le nom de Robinet, mais ce sera surtout dans une série de films qu'il fera pour la compagnie Italienne Ambrosio. Celui-ci, qui montre avec rigueur, et de façon un rien répétitive, que l'acharnement est souvent une démarche illusoire, a été effectué pour la compagnie Eclipse...

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Published by François Massarelli - dans Marcel Perez Muet
17 février 2023 5 17 /02 /février /2023 16:01

Dans une petite communauté côtière, une jeune femme (Mae Marsh) est séduite par un artiste de la ville (Edwin August)... Quand son ami d'enfance (Bobby Harron) visite ses parents et demande la main de la jeune femme, elle répond qu'elle est déjà fiancée. Elle souhaite demander à son artiste de venir rencontrer ses parents, mais elle se rend compte qu'il est déjà fiancé... Avouant jusqu'où l'idylle a été, elle est chassée par son père (Charles Hill Mailes).

Le film est adapté d'un poème, une pratique courante chez Griffith qui trouvait parfois dans des classiques matière à réaliser un court métrage qui se donnait des allures d'illustration de noble littérature... Mais je pense que ce qu'il a été chercher dans cette intrigue, c'est l'opposition entre un personnage clairement à l'écart du monde, cette jeune femme incarnée avec sobriété par Mae Marsh, et représentée en ouverture, recroquevillée sur des rochers, dans une posture qui sera la sienne la dernière fois qu'on la verra: perdue dans ses rêves de romantisme, à l'écart donc des tâches journalières qu'elle doit accomplir (mener le bétail, pour commencer), puis prostrée sur des rochers que la marée engloutira, elle est le jouet d'un destin tout tracé.

Les autres personnages sont bien conventionnels, mais Griffith les traite comme quelqu'un qui ne les aime pas vraiment: le père trop rigoriste, et peu soucieux du bien-être de sa fille, qui la condamne à mourir purement et simplement; l'artiste, séducteur sûr de lui et oublieux du destin de celle qu'il séduit; enfin, le garçon qui n'a pas su être suffisamment intéressant, et qui quand on lui en donne la chance, ne rattrapera même pas celle qui est partie mourir...

 

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Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet
17 février 2023 5 17 /02 /février /2023 15:49

Filmé dans le New Jersey, ce film agit en quelque sorte comme une parabole pour Griffith, qui à travers une anecdote du passé, trouve un moyen de s'attaquer aux moralisateurs de son temps...

Dans la petite communauté puritaine de Salem, un des notables (George Nichols) est attiré par une jeune femme pure (Dorothy West), qui le repousse. Il la dénonce, ainsi que sa mère, pour sorcellerie... Un trappeur (Henry B. Walthall) qui est amoureux de la jeune femme se met en tête de la délivrer avec un groupe d'indiens qui sont ses amis...

Le film est un court métrage d'une bobine, comme la plupart des films Biograph, et on sent bien que Griffith a tout fait pour y mettre le maximum, ne perdant pas de temps à exposer ses deux personnages principaux, qui en deux minutes, nous sont identifiés, mais en prime l'action est lancée: ils se sont rencontrés! Il nous montre, sous probable haute influence de The scarlet letter, le roman d'Hawthorne, le processus de diabolisation des femmes qui sont soupçonnées de sorcellerie, mais il ne se contente pas de les montrer exposées à la vindicte populaire, ou exécutée par voie de pendaison (ce qui aurait été historiquement authentique), il préfère les montrer au bucher...

Le film bénéficie énormément de son tournage à l'Est, avec ses sous-bois qui renvoient immédiatement au Dernier des Mohicans de James Fenimore Cooper. Evidemment, le film repose énormément sur le suspense d'un sauvetage de dernière minute... Maintenant, il est toujours amusant de voir à quel point Griffith se rangeait facilement du côté des progressistes dans ce genre d'intrigue...

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Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Muet