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7 janvier 2023 6 07 /01 /janvier /2023 17:20

Périodiquement, les films de la série Léontine montraient les adultes tentant d'éduquer l'insupportable héroïne, soit en lui demandant de l'aide, soit en la poussant à postuler pour un travail. Le résultat, le plus souvent, est catastrophique...

Ici, on tente de lui inculquer le sens des responsabilités... Donc elle doit garder la maison familiale et y faire de menues tâches, dont la vaisselle: sa méthode est rigolote et assez radicale, puisque d'une part il ne reste pas une assiette valide après, et d'autre part tant qu'à faire elle réussit à mettre le feu à la cuisine... La suite se situe à l'extérieur: lui confier la promenade d'un enfant, accompagnée d'un chien? Elle va les perdre...

En effet.

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Published by François Massarelli - dans Muet Romeo Bosetti
7 janvier 2023 6 07 /01 /janvier /2023 17:12

Le titre du film est générique, ce qui s'y passe aussi. Ca ressemble beaucoup à un best of des activités glorieusement anarchiques de Léontine, qui ici nous détaille non seulement ses passe-temps favoris, mais aussi sa méthode. Avec toujours une prédilection pour la mécanique de méchanceté de précision, le plus souvent improvisée sur le champ. Et un goût pour les ficelles et autres cordes.

On notera que ce comportement va ici assez loin, puisqu'elle s'amuse, à un moment, à pendre une domestique...

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Published by François Massarelli - dans Muet
7 janvier 2023 6 07 /01 /janvier /2023 11:38

Un milliardaire un peu fêlé, Miles Bron (Edward Norton),  envoie une invitation à ses meilleurs amis pour un week-end sur son île au large de la Grèce... Il les a conviés pour un jeu de l'esprit, ou un jeu de rôle: un mystère à résoudre, en l'occurrence son propre meurtre... Mais il y a, dans cette situation qui promettait d'être ludique, un certain nombre de grains de sable:

d'abord, parmi les personnes qui arrivent sur l'île, se trouve un détective, et pas n'importe lequel: Benoît Blanc (Daniel Craig), le meilleur fin limier, constamment mentionné dans la presse. Il n'était pas invité, et montre une certaine inquiétude à l'idée qu'une machination ait pu l'amener sur place. 

ensuite, parmi les invités, se trouve également Cassandra, dite Andi (Janelle Monàe), l'ancienne associée de Miles, qui est tombée en disgrâce, lâchée par tous ses amis... ceux qui vont passer le week-end avec elle.

enfin, le casting du week-end est complété par Duke (David Bautista), un insupportable youtubeur qui s'accroche à des conceptions, disons, masculines et très conservatrices: nichons, moto, flingues... Il est accompagné de Whiskey (Madelyn Clyne), sa petite amie et assistante. Claire (Kathryn DeBella), gourverneure du Connecticut; Birdie (Kate Hudson), mannequin complètement lessivée accompagnée d'une coach, Peg (Jessica Henwick) qui a pour mission de réparer ses bêtises, notamment sa tendance à tweeter comme on respire des horreurs racistes; enfin, Lionel (Leslie Odom jr) et un scientifique qui a permis à Miles de mettre son nom sur un certain nombre de coups technologiques. Tous ces gens sont non seulement de vieux amis de Miles et Andi; ils sont, surtout, dépendants du milliardaire qui peut, d'un seul mot, faire ou défaire leur carrière. Et Whiskey, qui couche allègrement avec Miles, est semble-t-il un peu plus que ça...

La soirée va donc partir sur les chapeaux de roue, mais Blanc réussit à résoudre l'énigme proposée par Miles pour le week-end, avant que celui-ci ait le temps de l'expliquer! Heureusement ou malheureusement, une vraie mort intervient quelques minutes plus tard quand Duke s'écroule, manifestement empoisonné. 

...qui a fait le coup?

Le whodunit, donc, est à la mode semble-t-il, notamment quand on constate l'insolent succès (mérité) de ce film et de Knives out, le précédent long métrage de Rian Johnson, avec le même personnage irrésistible de détective surdoué joué par un Daniel Craig visiblement heureux d'interpréter un personnage récurrent bien différent de celui qui l'a rendu incontournable! Rappelons à toutes fins utiles le principe du genre: un meurtre a lieu, et le tueur est inconnu; à la charge d'un détective de trouver la solution du crime, qui passera évidemment par-dessus la tête du public... Mais comme Johnson l'a démontré avec Knives out, ainsi que avant lui, Agatha Christie dans Murder on the orient express, Boileau et Narcejac, puis Clouzot avec Les Diaboliques, et Hitchcock avec Psycho, le whodunit peut aussi ne pas se contenter d'etre une énigme linéaire de téléfilm du samedi soir... 

"Glass onion", un oignon de verre, est un vieux terme qui était utilisé pour désigner des flacons en forme d'oignon, justement. Et quand on regarde à travers un de ces flacons, on a une image sensiblement détournée. Le terme, pour moi, est indissociable de la chanson des Beatles, qui figure sur l'album blanc, The Beatles de 1968. John Lennon s'y livrait à une relecture ironique de quelques chansons du groupe, en en changeant les contours... La chanson, en guise de clin d'oeil, accompagne le générique de fin, et est d'ailleurs accompagnée de beau monde durant le déroulement du film: on y entendra David Bowie, les Red Hot Chili Peppers, voire Nat King Cole... Edward Norton y interprète même quelques notes de Blackbird des Beatles... Ce bric-à-brac sonore a plusieurs fonctions, outre celle d'assurer une certaine classe évidente au film: elle cible les personnages entre tradition et modernité. les faire écouter du rap ou du Mozart aurait été trop loin dans l'une ou l'autre des directions. Sinon, c'est un des nombreux aspects du film qui participe à la mystification globale... Quand on y pense, toutes ces chansons sont de qualité, certes... Mais rien que de très conventionnel, somme toute. Comme Miles Bron, qui derrière ses milliards, est un type vain, intellectuellement fauché (incapable de fixer le vocabulaire dans son esprit), mesquin, habitué à tout régler à coup de traîtrise d'un côté, de dollars de l'autre... Et la galerie de personnages le complète allègrement: un fier-à-bras qu'on verrait bien accompagner les néandertaliens qui sont partis se soulager (littéralement, à propos) dans le capitole; une politicienne qu'on devine corrompue jusqu'à la moelle; un scientifique tellement dévoyé qu'il en a perdu son âme... ou sa puce. Et ma préférée: Kate Hudson joue... une conne. Une vraie, une belle... une imbécile qui éructe des horreurs dès qu'elle entend le mot woke; une imbécile qui ne comprend pas qu'un sweatshop n'est pas une boutique de vêtements de sport. Elle n'est pas complètement idiote (seul René Goscinny avait le talent de créer d'authentiques idiots qui l'étaient à 98%), mais l'est suffisamment pour que ce soit drôle à chaque fois!

 

Le film est réjouissant dans la mesure où, derrière le côté ludique d'un film à énigme, avec détective à manies (on y apprend, incidemment, que Blanc vit avec un certain Phillip, incarné par Hugh Grant), il nous livre un miroir déformant mais pas si déformé de notre monde, durant la pandémie: cette dernière est un sacré révélateur de la bêtise des riches, et c'est sans doute le principal sujet du film, dont la cible évidente est cette troupe de parvenus prêts à tout, du mauvais goût au meurtre, pour conserver ses privilèges... Mais c'est aussi réjouissant parce que le film repose sur une structure qui va inverser allègrement tout, je ne vais évidemment pas rentrer dans les détails, mais vous le sentirez passer... Parce qu'il pose non pas une, mais plusieurs énigmes, qu'il vous sera impossible évidemment de résoudre (mais ce n'est pas le but, en fait, si vous le croyez vous êtes bien naïf), et parce qu'il prend évidemment le contrepied du film précédent: Knives out était automnal, celui-ci (bien que tourné durant la pandémie) est solaire et estival. Knives out se situait dans de vieux intérieurs boisés du Massachussetts, et Glass Onion sur une île tellement hi-tech qu'elle en devient absurde, entre les mains d'un type qui ressemble tellement à ce connard d'Elon Musk que c'est un bonheur de voir Edward Norton lui tailler un costard... Enfin, si Glass Onion, des Beatles, semblait solder l'héritage psychédélique du groupe en effectuant un commentaire sur les chansons des Beatles, ce film a une dimension intéressante, de commentaire du genre du whodunit, dont il devient à la fois un glorieux représentant, en même temps qu'un anti-whodunit absolu: après tout, Blanc ne résout-il pas une énigme avant même qu'elle ait été posée?

Pour résumer, donc, que du bonheur...

 

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Published by François Massarelli - dans Rian Johnson Whodunit
6 janvier 2023 5 06 /01 /janvier /2023 18:48

J'aurais bien des choses à dire sur ce petit film qui tranche un peu sur la production habituelle des courts métrages Léontine: en effet, si bien sûr une situation donnée tourne à la catastrophe, pour une fois l'infortunée sale gosse semble devoir en être la victime, ou du moins y risquer sa vie!

Sinon, elle y est montrée lors d'une sortie avec ses parents (dont la mère semble sans cesse motivée par une sorte de tendresse inattendue pour sa progéniture, dont on connaît les tendances destructrices!), et elle souhaite un ballon, puis un autre... Alors pourquoi se priver, elle prend des mains du vendeur l'ensemble des ballons et s'envole...

Et là, le film semble s'ouvrir... J'avais remarqué depuis quelques films des décors souvent campagnards, qui ne me paraissaient absolument pouvoir avoir été tournés en Île-de-France, et justement ici, je penche pour un département Alpin et Provençal. Les Alpes-Maritimes, le pays Niçois, qui seront d'ici quelques années le terrain de jeu d'un Feuillade ou d'un Léonce Perret, voire à partir de 1925 d'un Rex Ingram exilé. Et le décor renforce à merveille le côté dangereux des bêtises de Léontine...

Pour finir, on apprend ici quelque chose qu'on n'attendrait pas d'un film Gaumont, par exemple, mais comme on est chez Pathé: pour récupérer un enfant qui s'envole emporté par des ballons gonflés à l'hélium, rien ne vaut un bon coup de fusil, filmé en vis-à-vis, on voit la réaction d'approbation des badauds, pas celle de l'infortunée cible...

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Published by François Massarelli - dans Muet Romeo Bosetti
6 janvier 2023 5 06 /01 /janvier /2023 18:43

Léontine et Rosalie travaillent en tant que domestiques chez des bourgeois, ceux-ci étant en vacances... Elles reçoivent l'instruction de tenir la maison en ordre pour leur retour, et par excès de zèle vont se lancer dans un ravalement généralisé. Quand les patrons reviennent, ce sera le pic de la destruction...

Un simple crescendo, sur quelques minutes, suffit pour précipiter la maison dans le chaos. Pourtant, ici, c'est Rosalie (Sarah Duhamel) qui semble prendre l'initiative, la destructrice Léontine semblant surtout figurante dans ce petit film... Un film petit, oui, mais salissant.

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Published by François Massarelli - dans Romeo Bosetti Muet
6 janvier 2023 5 06 /01 /janvier /2023 18:38

Léontine décide de jouer avec un bateau. Il faut que ça en vaille la peine, alors elle mobilise la salle de bains... Et ouvre un robinet, et comme l'effet rendu lui plaît beaucoup, elle ne le fermera pas...

Pour une fois il est question dans un film de cette hallucinante et rigolote série, d'émerveillement, et de la joie d'une enfant qui s'abandonne à son jeu, et au fait de pouvoir voir un bateau-jouet flotter pour de vrai dans sa maison... 

Bon, ça implique l'inondation de tout l'immeuble, la destruction totale du mobilier et des tentures, et bien sûr la mise en danger de tout être humain qui vit dans la maison, ça va de soi. Mais où serait le plaisir, sinon?

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Published by François Massarelli - dans Muet
6 janvier 2023 5 06 /01 /janvier /2023 18:31

Léontine est employée de maison... On se demande qui a bien pu avoir l'idée de soumettre sa candidature, mais passons. Elle est réprimandée et se lance en représailles dans un tourbillon de destruction...

C'est parfois méthodique: dans Les ficelles de Léontine, on avait déjà vu l'inventivité ingénieuse et rigoureuse du personnage, qui ici utilise une corde pour lier tout le mobilier et le placer en remorque d'une voiture à cheval, qui emportera le tout, entrainant la destruction, entre autre, des murs... C'est donc un film générique de la série provocante, sorte de réponse anarchisante de Pathé aux films bien comme il faut de chez Gaumont.

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Published by François Massarelli - dans Muet
6 janvier 2023 5 06 /01 /janvier /2023 18:21

Sous ce nom idiot, se cache un film court, très court même, et délicieusement surréaliste. Actuellement rendu disponible à tout un chacun dans le merveilleux coffret Kino Cinema's first nasty women, il y est assimilé à la série des Léontine, dans la mesure où l'actrice inconnue qui joue ce personnage y est visible... Mais à aucun moment elle ne montre des velléités de se comporter de façon asociale et anarchique comme dans ses autres films, et du reste elle n'y arbore pas son costume fétiche...

En lieu et place? Un vélocipède... Elle et deux autres personnes se laissent convaincre d'installer sur leur bicyclette un ventilateur surpuissant pour aller plus vite et diminuer l'effort, mais... la chose a un inconvénient, celui de faire place nette autour de soi, et très vite, humains et objets volent dans tous les sens sur le passage des cyclistes!

...Comme quoi même privée de son identité de Léontine, l'actrice-mystère fait quand même de sérieux dégâts autour d'elle... Et même si le film est privé de crédit explicite au générique, il est difficile de ne pas émettre l'hypothèse que Bosetti soit aux commandes du film, qui lui ressemble quand même pas mal...

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Published by François Massarelli - dans Muet
6 janvier 2023 5 06 /01 /janvier /2023 18:11

Flanquée de Rosalie (elle, on connaît son vrai nom: Sarah Duhamel), Léontine, l'espiègle et délurée adolescente incontrôlable, se rend au théâtre. On parie que la représentation ne sera pas de tout repos?

C'est un film probablement dédié à une tentative d'élargissement du public, afin de permettre à ceux qui aimaient les films de Léontine de devenir familiers avec l'univers de Rosalie, et réciproquement... Bref, un "cross-over" avant l'heure, quoi. Il ne s'y passe pas grand chose, en vérité, si ce n'est deux mal-polies qui s'amusent, jouent à faire du tam-tam sur deux crânes d'oeuf, etc... On trouvera mieux dans la série que ce film court et à vocation sans doute auto-publicitaire.

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Published by François Massarelli - dans Romeo Bosetti Muet
5 janvier 2023 4 05 /01 /janvier /2023 18:26

Comme le titre l'indique, Léontine grandit et est placée par ses parents en apprentissage, mais elle ne reste pas bien longtemps chez ses patrons... Elle travaille d'abord chez une modiste, puis chez un confiseur, chez un chausseur, puis en rentrant chez elle décide d'expérimenter ses dons artistiques en avisant un pot de peinture laissé dehors...

C'est mécanique, mais on se console: le personnage de Léontine, toujours aussi irresponsable, se dresse comme un rempart lunaire contre toute tentation raisonnable, et avec une certaine poésie, nous montre un peu de la vie de la société de 1910, vue depuis l'esprit foncièrement mal tourné d'une sale gosse...

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Published by François Massarelli - dans Muet