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18 juin 2023 7 18 /06 /juin /2023 10:34

Tweety, poursuivi par Sylvester, lui-même poursuivi par un gros chien, Mike... C'est la scène qui ouvre le film, et les trois animaux provoquent un accident, hors champ bien entendu. On les retrouve donc à l'hôpital, où ils vont se remettre, pendant qu'une infirmière d'un certain âge tente d'empêcher les deux gros d'assumer leurs instincts respectifs...

C'est un film tardif, et on peut noter qu'on y crédite les deux stars (Tweety and Sylvester in...) au générique. Pourtant Tweety s'est affadi, et n'apas beaucoup le temps de se faire remarquer. Peut-être quelqu'un à la Warner s'était-il rendu compte que Clampett et Freleng, qui avaient créé le personnage, en avaient en fait fait un oiseau au comportement assez trouble, le vrai héros devant plutôt être Sylvester! 

Sinon, un autre commentaire s'impose: dans un effort de diversification, la grand-mère très "fin XIXe" des films habituels est ici une infirmière, vaguement décalée, et qui a une mission impossible: empêcher le chien d'embêter le chat, le chat de chasser l'oiseau, et bien sûr le chat de faire des coups pendables au chien... C'est quand même rigolo, une fois qu'on a compris que Tweety n'est qu'un prétexte!

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Friz Freleng Looney Tunes
18 juin 2023 7 18 /06 /juin /2023 10:16

En 1959, Chuck Jones réalise pour la Warner des films à sa guise, et le studio a bien changé. En témoignent un certain nombre d'indices: d'une part les décors, particulièrement ceux des aventures désastreuses du Coyote (oui, vous n'imaginez quand même pas que le héros soit l'oiseau, quand même?) sont de plus en plus abstraits, et c'est frappant de voir à quel point Jones et Maurice Noble, responsable ds décors (et souvent crédité à la co-réalisation, un signe qui ne trompe pas) sont inventifs avec les paysages typiques de ce qu'on trouve en Arizona... 

Et sinon, le film continue à rendre toujours plus austère la quête du vide du Coyote, condamné à chasser pour rien un oiseau qu'il n'attrapera jamais, et mangera encore moins, tout en étant, vaguement, un reflet de son époque: la vente par correspondance, par exemple, le hobby du bricolage, sont des passe-temps qui sentent bon les années 50, quand la vie s'est allégée... Et le jet, très présent dans ce film, est lui typique d'une tentation de la modernité un peu inutile, qui allait s'exprimer un peu partout (et notamment avec le jet-pack, dans Thunderball (Opération Tonnerre)!

Et donc, je viens, sans effort apparent, de comparer James Bond et le Coyote. Il fallait le faire.

 

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Animation Looney Tunes Wile E. Coyote
17 juin 2023 6 17 /06 /juin /2023 09:17

Vers 1810, Emma Woodhouse (Anya Taylor-Joy) est entremetteuse; non que ce soit son métier: c'est plutôt un hobby, auquel elle s'attelle au risque d'en souffrir des conséquences: sa dame de compagnie vient par exemple de se marier, et du coup laisse Emma seule... Celle-ci, qui a juré de ne pas se marier (ce qui ne l'empêche jamais de porter de l'intérêt pour les plus beaux partis de la région) commence donc à s'occuper des affaires de la jeune Harriet Smith (Mia Goth), une jeune pensionnaire pauvre d'un institut local pour jeunes femmes. Elle en fait sa nouvelle dame de compagnie, et les intrigues se multiplient, autour de riches propriétaires et autres pasteurs...

En apparence, il n'y a pas de lien prononcé entre la bonne société anglaise telle que décrite par Jane Austen dans son roman, et le monde dans lequel nous vivons... Et Autumn de Wilde, photographe dont ceci est le premier long métrage, s'est énormément intéressée à l'esthétique dans ce que d'aucuns (les critiques sont assez clairs) considèrent comme un film totalement vide de sens! Toujours cette obsession de vouloir éviter faire du cinéma un plaisir. Pourtant, cette adaptation, en choisissant de privilégier la forme et en le faisant brillamment, ne manque ni d'allure, ni d'épices...

On n'a pas une lecture trop modernisée non plus, ce qui aurait probablement gâché la capsule temporelle... Car l'Angleterre du début du XIXe siècle est très bien captée ici, à travers décors, environnements, détails sociaux, et manières... Qu'Anya Taylor-Joy soit Américaine à la base (elle est d'ailleurs la seule au milieu d'une distribution qui comprend la fine fleur des acteurs qui montent en Grande-Bretagne) n'empêche absolument pas le film de toucher un peu du doigt une sorte d'âme Britannique éternelle, à travers la mise en route de ces petites traditions d ela bonne société. En élaguant l'intrigue d emanière à garder surtout la comédie, le film rend une vision d'un autre siècle plutôt accessible.

Le film est brillamment interprété, en particulier par sa star, mais pas que: Mia Goth est délicieuse en candide qui, étant pauvre, sera la plus prompte au sacrifice, et pas qu'une fois... elle aurait pu faire glisser le film vers une plus grande amertume. Miranda Hart et surtout Tanya Reynolds en épouse excentrique de pasteur, participent d'une vision dont le vitriol, même dilué dans de subtiles doses, n'est jamais totalement absent... Par ailleurs, le sens de la composition cinématographique dans l'oeil de la photographe, est une évidence qui achève de rendre le film constamment intrigant à voir.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Jane Austen
16 juin 2023 5 16 /06 /juin /2023 10:53

Interprété par Léonce perret, et Mme (Valentine Petit), avec la complicité d'Emile Keppens, L'express matrimonial est une comédie de la série Léonce, qui avait rendu l'image du cinéaste célèbre. Affable et rondouillard, il promène sa bonne mine de film en film, ce qui ne l'empêchera pas de jouer occasionnellement les bandits (Le mystère des roches de Kador). L'intérêt principal de ce film en attendant est de proposer une charmante comédie sentimentale qui tire parti d'avoir été tournée dans un vrai train en marche.

L'ingéniosité déployée par Perret pour s'adapter à la situation, et incorporer en plus la notion de défilement, puisqu'on voit effectivement que le décor bouge derrière les vitres, donne un cachet particulier à ce joli film, qui par ailleurs conte comment Léonce se rend chez son oncle, qui lui a trouvé un beau parti et cherche à lui présenter la dame. Mais le héros a fait une rencontre dans le train, et en dépit de l'horrible chaperonne qui accompagnait la dame en question, a sorti le grand jeu... C'est donc bien moins motivé qu'il arrive à destination.

Plutôt que de baser tous ses gags (il n'y en a pas énormément) et toute sa drôlerie sur la drague, Perret joue parfois la carte de l'embarras, à l'instar d'un Max Linder, mais il le fait plus subtilement que Max, préfigurant à sa façon les futures comédies de Charley Chase (dont Crazy like a fox recyclera l'intrigue de base de ce film, volontairement ou non). Quelques séquences notables nous montrent des solutions inattendues pour un film de 1912, tels ces plans qui incorporent certains des protagonistes par le biais d'un miroir. il ne s'agit pas contrairement à ce genre de dispositif dans les films plus proches de nous d'étendre le champ de vision de la caméra, mais tout bonnement de trouver une solution pour placer la caméra dans un wagon d'un train en marche... Un autre plan, situé à l'arrivée du train, capte l'activité dans les rues (De Niort, semble-t-il) en 1912, la caméra filmant la sortie des figurants et de Léonce depuis la gare elle-même. Le contraste entre la rue baignée de lumière, et la pénombre dont sortent les gens, crée une très belle composition.

Une autre voie pour la comédie, basée en France (Voir les films de Jean Durand ou de Roméo Bosetti) sur l'accumulation, la poursuite, le grotesque... Voilà donc ce que cherchait à produire Léonce Perret. Avec ce film, il y parvient sans aucun problème.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Léonce Perret
16 juin 2023 5 16 /06 /juin /2023 10:35

L'intrigue? Coyote, roadrunner... 

Non, en effet, rien ne distingue vraiment ce court métrage de 1958, des autres, ceux qui ont précédé et ceux qui suivront, dans la longue et fascinante filmographie de cette étonnante série. Etonnante, car uniquement basée sur l'échec d'un protagoniste et sur la sensation pure: celle du suspense qui nous fait anticiper non l'accomplissment, mais son contraire. Sensation pure aussi du rythme, un élément essentiel de la franchise!

Alors comme d'habitude, il y aura de désespérantes tentatives, toutes lamentables, d'attraper l'oiseau trop rapide pour lui, par le coyote: avec une grenade, un trapèze, un rongeur dopé, un produit miracle, et même un bateau à moteur. 

Comme toujours, cette série du coyote est soit:

...une magnifique escroquerie dans laquelle le public, son intelligence détournée par un cas bizarre de syndrôme de Stockholm un peu tordu, admire ce qu'il n'y pas lieu d'admirer, et soutient un anti-héros dans ses échecs programmés.

soit:

...une phénoménale variation sur le vide cinématographique, et la capacité à émouvoir (car oui, le rire tient de l'émotion) à partir de rien, mais alors vraiment rien. C'est fascinant.

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Animation Looney Tunes Wile E. Coyote
16 juin 2023 5 16 /06 /juin /2023 10:24

Un chien qui s'évade de la fourrière se réfugie dans une voiture, où il se retrouve truffe à truffe avec Charlie, un chien airedale; ce dernier lui conseille de se trouver un maître, et lui raconte son histoire, comment il a sélectionné à partir de tous les maîtres potentiels, Porky Pig pour devenir son propriétaire...

Le film recycle des situations et un personnage de Porky's pooch, un court de Bob Clampett. Jones va s'intéresser au personnage de Charlie, et le développer sur une poignée de courts métrages. Il va aussi se baser sur un de ses propres films peu connus, The fresh Airedale, dans lequel un chien menait la vie dure à un pauvre chat pour garder la faveur de ses maîtres... le personnage est surtout basé sur l'accumulation  de tentatives de séduction de Porky par Charlie, toutes, bien sûr, vouées à l'échec car systématiquement agressives! Le personnage est un manipulateur particulièrement imbu de lui-même, qui tranche avec les tendances parfois disneyiennes de Jones à l'époque...

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Looney Tunes Animation
14 juin 2023 3 14 /06 /juin /2023 18:09

Se rappelant qu'il est un canard, Daffy Duck se rend vers le Sud. Lors d'une escale, il souhaite demander à un confrère l'hospitalité, avant de se rendre compte qu'il est devant un canard empaillé: il décide néanmoins de squatter la belle demeure, et entre en conflit avec le chien du propriétaire, qui incidemment est Porky Pig...

C'est un film assez rare et pas déplaisant du tout, mais qui a un souci d'identification du méchant: parmoments, il s'agit de Daffy Duck lui-même, aux depens d'un chien asez rigolo, qui est bien campé, mais étant doux et fataliste, il n'a pas vraiment inspiré le metteur en scène. Porky disparait aussi vite qu'il est arrivé... Et sinon, comme très souvent chez Freleng, qui partage ce trait avec William Wellman, les meilleurs gags ont lieu hors champ.

 

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Daffy Duck Animation Looney Tunes
14 juin 2023 3 14 /06 /juin /2023 17:58

Un inquiétant personnage sévit dans la métropole de la Côte Est: il s'agit d'un méchiavélique individu qui désacralise toutes les publicités sur les murs en les parant de moustaches! Le limier Porky Pig est sur sa piste, mais nous savons, nous, très vite, que c'est Daffy Duck.

quand je grandissais, au rythme quasi-quotidien de merveilleux dessins animés de la Warner, je pensais que daffy Duck était un minable, un imbécile ou un médiocre, un râleur, et un sale type systématiquement dans l'ombre. Héros dans l'ombre des faire-valoirs, ou faire-valoir victime des héros... La faute en incombe à deux metteurs en scène qui n'avaient que faire d'un canard. Autant Chuck Jones pouvait être intéressé par, disons, l'échec élevé au rang des beaux-arts, autant Friz Freleng adorait mettre Bugs Bunny aux prises avec des méchants rigolos, autant ils sont passés à côté de daffy, au point de le dénaturer...

C'est là que l'on va, pour une fois, parler en bien de Bob McKimson: l'animateur passé réalisateur a longtemps gangréné le vivier d ela WB à coups de dessins animés de seconde zone, de mièvreries et de redondances insipides (Foghorn Leghorn)... Pourtant il a hérité de deux équipes, celle d'Avery (parti de la WB en 1941) et celle de Clampett surtout, qui lui a laissé les clés en partant en 1946, au point que McKimson a même assuré la fin de la production de quelques films. Or Avery et Clampett (ainsi que Tashlin, ce qui complète la sainte trilogie des dingos de la Warner) avaient eux tout compris à Daffy, créé il est vrai par Clampett pour un film d'Avery. Un canard dingo, justement, d'où son nom... Un irresponsable notoire, lâché dans des dessins animés pour les détruire de l'intérieur. S'en tenant à cette vision des choses, McKimson a tout bonnement réussi ce film.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Daffy Duck
14 juin 2023 3 14 /06 /juin /2023 17:54

Entre Artificial Intelligence et Catch me if you can, Spielberg réalise cette adaptation d'une nouvelle de Philip K. Dick. Il y crée de façon impressionnante un monde futur plausible, dans lequel un écho de notre présent se fait jour... Et il y reprend un projet qu'on devine piloté à la base essentiellement par la star, le scientologue Tom Cruise. Celui-ci a sérieusement envisagé de faire de ce film sa première réalisation... Mais recule, après avoir côtoyé Spielberg durant le tournage du film Vanilla Sky, le naufrage abyssal du remake par Cameron Crowe d'un film Espagnol de Alejandro Amenabar. Autant dire que Spielberg n'est que très superficiellement l'auteur de ce film... Et d'ailleurs, il s'en amuse beaucoup! j'irais même jusqu'à avancer l'hypothèse que de tous les films mineurs, voire alimentaires, de l'auteur de Jaws, celui-ci est le plus brillant.

Divorcé suite à la disparition de son fils Sean, John Anderton (Tom Cruise) est l'un des chefs de la division "pré-crime", une organisation située à Washington qui a profité de la découverte par une scientifique géniale de trois enfants pré-cognitifs (En clair, il ont la faculté de voir certains aspects du futur, en particulier la violence meurtrière) pour lancer l'expérience d'une justice pré-criminelle: on arrête les meurtriers avant qu'ils ne commettent leurs délits. Ca fonctionne tant et si bien qu'il est envisagé d'étendre l'organisation au pays tout entier. Mais un grain de sable se glisse dans la machine: un policier, Danny Witwer (Colin Farrell), appelé à collaborer avec l'organisation, commence à fouiner partout, et John Anderton va de fil en aiguille être confronté à une affaire douteuse du passé. Il va aussi goûter à sa propre médecine puisqu'il apprend qu'il va commettre, dans les 48 heures, un meurtre. Deux problèmes pour lui: d'une part, il ne connait absolument pas sa victime; d'autre part, son unité est précisément d'une diabolique efficacité, il lui sera donc d'autant plus difficile d'y échapper.

K. Dick décrivait son système de 'pré-crime' différemment; on y gardait un certain flou sur le mode de prévision, et surtout l'organisation était déjà étendue à ou le pays. Cette idée de montrer l'installation du truc comme étant encore en cours permet au moins de laisser le spectateur dans le doute quant à la possibilité d'une dictature future, là où le romancier était bien plus clair: sa société futuriste était précisément gangrenée par l'abandon total de la notion de libre-arbitre. Le film nous laisse le doute, tout en nous montrant dans des scènes étonnantes John Anderton trahi par ses yeux: partout où il avance, les affiches mouvantes des publicités, le reconnaissant en scannant automatiquement son regard, l'appellent par son nom; cet abandon de l'anonymat n'est bien sûr pas fait pour surveiller les hommes, juste les faire consommer, mais le doute est bien sûr permis, d'autant que le lieu ou son entreposés les criminels potentiels (Donc innocents) est une grande bâtisse, dans laquelle on les endort pour les déshumaniser totalement.

Mais Spielberg s'amuse, disais-je: il sort, après tout, d'un tournage tendu qui fut difficile, puisqu'il a mis en scène le projet A.I. de Stanley Kubrick récemment décédé... Et il y a peu de thèmes qui lui permettent de s'accrocher à ce film. Bien sur, il y a le jeu du regard, son péché mignon, qui est bien mis en valeur par la notion de "point de vue" des "pré-cogs", les trois humains qui voient l'avenir, ou encore par l'omniprésence de l'oeil comme motif identitaires, sans parler la nécessité pour Anderton de changer ses yeux, ce qui passe par une scène d'aveuglement total pour metteur en scène sadique... On verra plus de Spielberg dans le film suivant, et sa métaphore d'une vie de famille ratée, ou ses problèmes de filiation symboliques entre DiCaprio et Hanks, sans parler de la recréation des années de jeunesse du metteur en scène. Surtout, il y a Cruise. Le film est une montagne russe d'émotions, d'action et de suspense, dans un cadre ultra-défini, où le spectateur va se perdre le temps de 145 minutes d'échappatoire bien mérité...

Mais pas Cruise: regardez-le, en chef d'orchestre de la technologie du futur, faire des gestes à la Stokowski devant des écrans... Peut-on être plus ridicule? Donc oui, le film est brillant, superbement rythmé, grand luxe et tout confort, mais il faudra peut-être un jour dire à Tom Cruise qu'il n'est pas la plus belle création de Dieu, ou de L. Ron Hubbard. Ca n'enlève pas grand-chose au film, remarquez: il se laisse voir, avec un grand plaisir, et anticipe de façon troublante, avec une scène mémorable de suspense dans un lieu clos, sur un futur film de science-fiction, très important celui-ci, de Spielberg, avec un Tom Cruise pour une fois acceptable: War of the worlds. Acceptable, mais intense, on ne se refait pas...

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Published by François Massarelli - dans Steven Spielberg Science-fiction
12 juin 2023 1 12 /06 /juin /2023 17:13

En banlieue, un ouvrier amoureux extrait un pavé d'une carrière, et y appose une croix: il se demande de quoi le caillou sera témoin une fois qu'il sera posé à Paris... Sa petite amie commence à trouver de l'intérêt pour un rival, il décide de partir pour la capitale. Mais Jeanne, qui a suivi Robert dans la grande ville elle aussi, est moins bien lotie: son compagnon bit de plus en plus, et elle se rend compte qu'elle a jeté la proie pour l'ombre...

Comme Un drame à l'usine, ce film de 1912 nous est arivé non signé, mais certains ingrédients, et notamment des trouvailles visuelles (Dont le gros plan d'un pavé dans un iris, qui sert de fil conducteur au film), nous rappellent les films du même genre dont on sait que Perret les a signés; de plus, on retrouve encore un certain sens du rythme assez enlevé, avec la tendance à ne pas trop en demander aux acteurs, qui vont à l'essentiel: Feuillade, ou Etienne Arnaud, en demandaient plus, voire trop, à leurs interprètes...

Le ton est proche de zola, dans un certain dosage respectable, bien entendu: on est chez Gaumont. Le cruel destin de Jeanne, qui suit son amour pour mieux se faire prendre au piège (ah, la vision de cette table sur laquelle s'accmulent les bouteilles, signes imparables d'un alcoolisme, gangrène de la classe ouvrière...) contraste de façon saisissante avec l'étonnant final, qui se joue autour d'un objet, un seul. Du coup, le titre ici n'a rien de métaphorique...

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Published by François Massarelli - dans Léonce Perret Muet