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9 avril 2023 7 09 /04 /avril /2023 17:10

Une petite fille s'est beaucoup attachée à Tom, qu'elle habille en bébé. Mais si le chat est dans un premier temps aigri de se faire (mal)traiter de la sorte, la perspective de passer du bon temps et de boire un biberon finit par le convertir. Jerry, plus qu'amusé, se débrouille pour que les chats de gouttière du voisinage voient la scène...

Humiliation sociale, régression, violences diverses... on est plutôt servis dans ce court métrage d'une série qui n'a jamais fait que semblant de s'adresser à des enfants. Si ce n'est peut-être pas le plus réussi des courts métrages des deux personnages, on appréciera la façon dont Hanna et Barbera, comme ils le faisaient souvent, restent sur le sujet en situant l'essentiel de cette histoire dans une chambre d'enfant au milieu de jouets.

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
9 avril 2023 7 09 /04 /avril /2023 08:43

En 1895, le 28 décembre précisément, a été présentée au Grand Café à Paris une sélection de courtes bandes du Cinématographe: c'est en allant directement les montrer au public, que les frères Lumière ont testé leur invention. C'est qu'il faut bien comprendre le contexte: contrairement à ce qu'on répète l'envi depuis, ils ne sont pas du tout les inventeurs de la photograpnie animée, mais juste des participants à une sorte de compétition informelle, qui paraissait gagnée d'avance par les Américains, et ce depuis l'invention par William K.L. Dickson (et Thomas Edison, et au vu du pedigree de ce dernier en matière de vol des inventions des autres, on se méfie de l'info) du Kinetoscope: oui, des images qui bougent, ça existe depuis 1888... 

Mais d'une part, on n'est pas en cette fin de XIXe siècle dans une économie globale des médias, et si effectivement on peut se rendre dans des nickelodeons pour visionner en solo des films au Etats-Unis, la France n'a pas vu jusqu'à présent d'invention significative. En Grande-Bretagne, en Allemagne, des "petits cousins" des Lumière travaillent à leur système. Mais si les deux Lyonnais ont choisi une présentation publique pour une audience populaire (même si j'imagine que le Grand Café est tout sauf un estaminet pour tire-laines situé dans un coupe-gorge), c'est qu'ils sont une confiance totale en l'atout principal de leur invention: la projection...

Et c'est l'une des innombrables choses que nous rappelle ce film, montage de 114 films des frères Lumière, et établi d'après la restauration de tous ces films, dont souvent les éléments ont été préservés dans un état très avantageux. Les Frères Lumière avaient trouvé un procédé qui donnait une image stable, et qui pouvait être élargie sur un écran de vaste proportion, pour être vu d'un grand nombre, sans perte excessive de qualité. Et la beauté photographique des films présentés est une preuve de la réussite des inventeurs.

"Inventeurs" plutôt que cinéastes, j'assume le terme, d'une part parce que des deux frères, seul Louis a vraiment assumé le rôle de faiseur de films; ensuite parce qu'il ne l'a pas tant fait que ça, les deux frères ayant payé de collaborateurs pour sillonner la planète et en ramener des images, à leur initiative. Frémeaux, dans son commentaire (au passage, globalement d'une rigueur exemplaire), nous en rappelle les noms: ceux qu'on connaissait déjà, comme Félix Mesguich; et ceux qu'on est content de découvrir (en ce qui me concerne, je n'avais pas connaissance d'Alexandre Promio). Enfin, Louis Lumière, dans une rencontre qui tient du passage de témoin, a rencontré Méliès, et lui a tenu un discours qui minimisait sérieusement la portée artistique du cinématographe, qu'il disait concevoir comme une possibilité de garder des fragments du passé sur pellicule, et permettre aux hommes de voir le monde, mais guère plus. Méliès, lui, avait compris que ça pourrait aller plus loin et l'a démontré.

Il n'empêche: par le choix de montrer les films, rien que les films, entiers et sans fioritures, et de les commenter tranquillement, Frémeaux va démontrer que, tels des Jourdain du cinéma, les deux Lyonnais ont inventé sans le savoir des principes de mise en scène, en particulier lorsqu'ils ont établi, par exemple, des angles de prise de vue qui permettaient une plus grande efficacité (cette utilisation de la diagonale dans la composition de L'arrivée d'un train en gare de La Ciotat, par exemple, qui va devenir la règle pour les scènes de rue), ont su bénéficier de la météo qui les encourageait à sortir la caméra, et ont même à plusieurs reprises réalisé des comédies, de la mythique L'arroseur arrosé, à La charcuterie mécanique, avec son cochon qu'une machine transforme en cochonailles... Ils ont restitué et parfois transformé et prolongé le réel. Ils ont influé sur les journées de quelques quidams, croisés dans la rue et gardé pour la postérité; certains d'entre eux n'ont d'ailleurs pas pu s'empêcher de se faire remarquer, permettant à Lumière d'être aussi l'inventeur malgré lui du cabotinage cinématographique (les trois Sortie d'usine). Ils ont enfin gardé des images de moments, de rues, de lieux, disparus ou altérés depuis. Ils ont inventé non pas l'image qui bouge, mais sa meilleure représentation, et nous en sommes infiniment reconnaissants.

 

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Published by François Massarelli - dans Documentaire Muet Lumière
8 avril 2023 6 08 /04 /avril /2023 14:25

Lors des échanges musclés avec Jerry, Tom fait la bêtise de trop, et il est viré. Jerry fait brièvement la fête, avant de se rendre compte qu'il s'ennuie profondément. Du coup, il décide de trouver un stratagème pour faire revenir son ennemi préféré: il vont faire toute une mise en scène pour prouver l'utilité du chat...

C'est un film assez moyen, avec du bon (l'animation, et un point de départ engageant), du surprenant (l'idée que Jerry ne peut finalement pas vivre sans son prédateur), du ratage (pourquoi les avoir fait parler?) et du gênant (une fin qui trahit un certain manue d'inspiration). Mais lorsque les deux compères se déchainent en pouffant comme des collégiens, que voulez-vous, on craque...

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
8 avril 2023 6 08 /04 /avril /2023 14:12

Tom souhaite manger Jerry, mais dans l'agitation d'une poursuite, se retrouve face à son rival. Du coup les deux chats vont devoir se battre pour gagner le droit de mange la souris...

C'est un chef d'oeuvre: l'animation est à son top niveau, il suffit de voir, dans la premire minute, la foule de détails qui permettent de cerner la personnalité de Jerry, chaque geste voire chaque frémissement... Et cette excellence dans l'animation va rester la règle jusqu'à la dernière seconde: les années 40; pour le département "cartoon" de la MGM, étaient vraiment l'âge d'or.

Maintenant, il y a de façon évidente des différences essentielles entre Hanna et Barbera et Tex Avery, même si les trois réalisateurs ont toujours dit avoir maintenu une certaine émulation de studio à studio, plutôt qu'une compétition: et la principale différence reste dans le fil rouge narratif: si Avery prenait en permanence le risque de le perdre en accumulant les digressions, les ruptures de continuité, les entorses au quatrième mur et les non-sequiturs (notamment l'état des personnages, par exemple après une explosion, qui retrouvaient leur physionomie normale en passant au plan suivant), Hanna et Barbera ont toujours pris le parti de garder une continuité solide, et d'y inscrire les gags sans trop déborder... Il n'empêche, ça donne d'excellents résultats ici.

Enfin, on ne peut pas l'ignorer, si derrière Tom et Jerry se cache une impression de violence extrême, dans ce film c'est sans doute à son plus violent! Et non seulement c'est violent, mais chaque gag nous rappelle à l'idée de nourriture. Quand Jerry se cache pour échapper aux deux féins, c'est dans une boîte de sardines... Quand Tom assome son rival c'est avec une poêle. Eh oui, le but c'est quand même qu'un des personnage en croque un autre...

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
5 avril 2023 3 05 /04 /avril /2023 17:53

Voulant échapper aux dents acérées de Tom, Jerry la souris se réfugie... sous une poule. On n'ira pas plus loin, la source de gags et la possibilité de faire tournoyer l'action et la violence dans le film sont toutes trouvées: c'est que Tom va avoir des difficultés, non seulement avec sa victime potentielle habituelle, mais aussi et surtout avec la bête...

C'est fou comme une poule de dessin animé peut être intelligente, en fait: celle-ci tient tête au chat sans aucune espèce de problème et Jerry va en profiter grandement. Comme d'habitude, le cadre défini dès le début (dans une version cette fois rurale) ne variera pas, et les deux metteurs en scène vont au bout de leur exploration de cette saga à plumes...

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
5 avril 2023 3 05 /04 /avril /2023 17:48

Ayant sans doute compris assez tôt que leurs deux personnages avaient une forte personnalité, instantanément reconnaissable l'un et l'autre, Hanna et Barbera passeront toute la période durant laquelle ils présideront aux destinées de Tom et Jerry à les confronter à des espaces distincts dans lesquels ils seront les seuls protagonistes...

Ainsi, ce film oppose les deux ennemis dans un bowling, où toute possibilité et toute combinaison sont dûment explorées, avec toujours l'idée, rigoureusement respectée, que Tom initie les hostilités, poussant Jerry à répliuer avec ingéniosité. On notera que si Tom et Jerry sont toujours extrêmement violents, avec des boules de bowling ça devient particulièrement évident!

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
5 avril 2023 3 05 /04 /avril /2023 17:42

Tom et Jerry vaquent à leurs occupations, c'est-à-dire que le chat s'amuse à exercer son pouvoir de domination sur la souris, quand un événement inattendu se produit: une voisine demande à Mammy Two-Shoes de garder... une jolie petite chatte. Tom tomb instantanément amoureux. De jouet, Jerry devient une offrande potentielle, ce qui change la donne...

Bien qu'un autre félin se soit introduit entre les deux compères, le film ne s'intéresse pas plus que ça à cette nouvelle velue. Le premier atout de ce cartoon, c'est bien sûr le ridicule absolu avec lequel Tom va tenter de se rendre séduisant, puis le clou sera la façon dont Jerry ridiculisera le chat en utilisant un phonographe hi-tech, qui va nous permettre d'assister à une séance de torture en musique: Chinoise, ragtime, tout va y passer...

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
5 avril 2023 3 05 /04 /avril /2023 17:35

Tout commence de façon classique: Tom poursuit Jerry avec insistance, dans la maison, et Jerry échappe en permanence, de peu, à un massacre... Mais l'un et l'autre vont trouver un ennemi commun: un animal massif, encombrant, et particulièrement obtus... Un GROS CHIEN!

C'est un de ces bouledogues de dessin animé, ces sales bêtes qui portent en eux les stigmates de la bêtise dans toute sa splendeur... Vous avez remarqué que ces gros chiens (dont leurs maîtres vous diront bien entendu qu'ils sont adorables et qu'il n'y a pas plus conciliant) sont toujours des grosses brutes dans les cartoons? Une seule exception à cette règle, Marc Anthony, le chien de Chuck Jones qui adopte un chaton. Mais reprenons...

Bref: Tom et Jerry, devant un ennemi commun, s'allient avec ingéniosité, et c'est assez étonnant. Mais depuis le début de la série de dessins animés, on le savait que ces deux-là s'adoraient... à leur façon.

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
2 avril 2023 7 02 /04 /avril /2023 16:54

L'Australienne Annette Kellerman était une nageuse, l'une des premières ambassadrices de la natation synchronisée... et le cinéma l'avait attirée dès les années 10; à partir de 1914, elle travaillait à la Fox, en particulier avec Herbert Brenon pour lequel elle s'est spécialisée dans le rôle de sirène... Dans des films pour la plupart perdus. Ce petit long métrage, l'un des rares à survivre, est une production Américaine, mais tournée en Nouvelle Zélande, et dans un premier temps on est surpris: cette fois le personnage de l'actrice n'est PAS une sirène!

Shona est la riche héritière du propriétaire d'une île des mers du sud, qui exploite le filon des perles avec l'aide d'escl... pardon, de plongeurs indigènes. Un capitaine de bateau, qui cherche à épouser la belle pour faire main basse sur la fortune, est en réalité un sale type qui vole et revend les perles pour son compte. Et sinon Shona rencontre l'amour en la personne d'un riche oisif Anglais...

C'est une salade assez mal fichue, si vous voulez mon avis, un film fait de la main gauche, et entièrement taillé pour exploiter l'éventuel reste de popularité de sa vedette, à une époque où elle est au bord de l'oubli définitif... Il y a une partie onirique sans queue ni tête dans laquelle Kellerman joue, je vous le donne en mille, une sirène, et sinon l'esprit colonial joue à plein, avec des "bons sauvages" qui sont corrompus par un méchant blanc qui pense à leur place, et qui les détourne de leur mission au lieu de laisser un autre les exploiter jusqu'à ce que mort s'ensuive... Bref.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1924
2 avril 2023 7 02 /04 /avril /2023 09:00

Julie et sa mère ont réservé une semaine dans un petit hôtel du pays de Galles: la maman fête son anniversaire, et la fille, qui vit un passage troublé dans l'écriture d'une oeuvre qui ne veut pas sortir toute seule, lui a sélectionné un établissement dans lequel la digne dame a vécu durant sa jeunesse... Mais quand elles arrivent, tout ne se passe pas comme prévu: d'une part la seule employée présente dans l'hôtel est presque hostile, et assez peu coopérative. Ensuite on annonce que toutes les chambres sont prises, mais nous ne croiserons aucun client. Enfin, Julie, sa mère et leur chien vont surtout passer un séjour en tête-à-tête, et le caractère compliqué de la vieille dame rend les choses parfois ardues...

On sait, en entrant dans le film, que c'est un "film de fantôme"... C'est comme ça qu'il est vendu, et on y ressent un certain nombre de symptômes, assez rapidement, qui tendent à le confirmer: des visages diaphanes entr'aperçus aux fenêtres, des murmures, des bruits, et puis le contraste entre la solitude des protagonistes, et l'annonce qui leur est faite d'un hôtel bondé. 

Puis, un autre indice finit par prendre toute la place: Tilda Swinton joue les deux personnages, et bien sûr on pourrait prétendre que c'est la raison pour laquelle durant environ 75 des 90 minutes, on ne la verra jamais incarner les deux dans le même plan. On sait aussi qu'aujourd'hui, on aurait pu à moindre frais incruster 45 versions de l'actrice sur le même plan, sans aucun problème, et du reste à un moment, on a enfin un plan qui les inclut toutes deux, de part et d'autre d'une table. Mais le choix de procéder par champ (Tilda jeune)/contrechamp (Tilda âgée) permet d'associer le spectateur à cette interrogation: l'une de ces femmes serait-elle toute seule?

En fait l'interrogation ne dure pas longtemps, le comportement gêné de l'employée de l'hôtel, qui donc se retrouve face à une femme seule qui fait semblant de parler à une absente, nous renseigne assez vite... Alors peut-être est-ce ce qui fait que les spectateurs de cet étrange film partent de la salle en ricanant. Peut-être se sentent-ils lésés, car si c'est un film de fantôme, eh bien il se refuse à nous faire peur, préférant distiller un certain malaise pour raconter un deuil qui n'arrive pas à se faire, un bloquage du à une perte ingérable, et pour tout dire une incapacité à aller de l'avant et affronter la vérité de la finitude de la vie.

Ce qui en soi est un beau sujet, mais cela fait-il forcément un beau film? Disons poliment que ça fait un film intrigant, qui tient debout surtout parce que l'actrice qui l'incarne est tellement exeptionnelle qu'on a beau savoir qu'elle joue deux rôles, on l'oublie très vite. C'est le principal atout d'un film, autrement, assez austère, et qui ne fait pas beaucoup d'efforts pour nous retenir.

 

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Published by François Massarelli - dans Boo!!