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1 février 2023 3 01 /02 /février /2023 13:31

Deux marins (Lupino Lane et Wallace Lupino) font escale, et tous les deux ont rendez-vous avec une jeune femme... Problème: c'est à la même adresse, la rivalité va donc être rude entre les deux hommes.

Des marins en escale, et "une femme dans chaque port"... Il fut un temps où ces concepts étaient beaucoup exploités dans le cinéma, de The Toll of the sea à On the town, en passant bien sûr par Two Tars (avec Laurel et Hardy) et A girl in every port! Et après une bobine qui voit les deux frères Lupino éprouver des difficultés à voyager vers leur lieu de destination (avec des très sympathiques gags acrobatiques), le film se concentre essentiellement sur le principal lieu de la bataille: la petite maison où vivent non pas une jeune femme, mais deux charmantes jumelles, mais évidemment, nous seuls sommes dans la confidence. 

C'est léger, à tous les sens du terme, et on n'en parlerait peut-être pas, si l'un des deux frères acteurs n'était Lupino Lane (oui, c'est bien le père d'Ada Lupino): cet acteur Anglais, l'un des nombreux imports du cinéma burlesque en provenance de Grande-Bretagne, était un des purs produits du music-hall Britannique, dans ce qu'il avait de plus dur et de plus complet. Il est un gymnaste d'une souplesse phénoménale, un acrobate particulièrement adroit, et par dessus le marché un acteur à la présence indéniable... Le film n'est pas irrésistible, mais lui... si.

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Published by François Massarelli - dans Muet Lupino Lane
1 février 2023 3 01 /02 /février /2023 13:24

Dans la rue, deux garçons de courses observent, et l'un d'entre eux voit deux personnes louches qui semblent suivre une dame... Il décide de les espionner et se rend compte qu'ils ont bien l'intention de la kidnapper. Avec l'aide de la victime désignée, il élabore un stratagème...

Tourné en grande partie dans les rues de la métropole, ce film pré-Hollywoodien, donc tourné entre New York et le New Jersey, est une tentative intéressante de créer une série et ses personnage, dont en particulier ce jeune garçon de courses d'un journal, qui s'improvise détective, comme en une préfiguration de Tintin... Quelques semaines avant l'arrivée de D.W. Griffith, à la Biograph, on tentait donc de trouver des formes qui puissent s'accommoder du cinéma populaire...

Et bien sûr le "garçon" a bon dos, car il s'agit en fait d'une femme qui interprète le rôle d'un adolescent. Et si son copain qui joue aux dés dans la première scène est facilement indentifiable (c'est Bobby Harron), l'histoire n'a pas retenu le nom de cette actrice...

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Published by François Massarelli - dans Muet
29 janvier 2023 7 29 /01 /janvier /2023 16:57

Texas (Texas Guinan) est l'heureuse propriétaire d'un ranch, mais elle passe ses nuits à veiller sur ses bêtes qui attirent la convoitise de tous les desperados du coin. Une seule solution, engager un "night rider", un veilleur de nuit qui passera du temps avec les bêtes à l'heure où out le monde est couché sauf les bandits. Quand elle propose son idée en ville, un cow-boy lui rit au nez en disant qu'elle ferait mieux de se marier...

Donc elle l'épouse sur le champ, sauf que d'une part elle ne tardera pas à comprendre qu'elle n'a pas fait le bon choix... et qu'en prime c'est l'un des voleurs de bétail! Heureusement un valeureux employé veille au grain...

C'est mené sans tambour ni trompette ni temps mort, et c'est assez typique des films de Texas Guinan qui tout en assumant le destin d'une héroïne du muet qui se respecte (elle va trouver l'amour, donc), est aussi et surtout une forte personnalité qui ne s'en laisse pas conter! En 25 minutes, c'est un court métrage d'une grande qualité et qui ne se prend pas trop au sérieux, e louchant souvent du côté de la comédie...

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Published by François Massarelli - dans Western Muet Texas Guinan
29 janvier 2023 7 29 /01 /janvier /2023 09:27

Sibyl (Virginie Efira) est psychothérapeute avec une clientèle acquise sur dix années d'activité, mais elle souhaite retourner à ses premières amours: l'écriture. Elle accepte quand même de répondre à un appel au secours, celui d'une jeune actrice (Adèle Exarchopoulos) qui vit un enfer sur un tournage: elle est enceinte de l'acteur principal (Gaspard Ulliel), mais celui-ci est en couple avec la réalisatrice, et de surcroît elle pense qu'il la manipule pour qu'elle garde le bébé... 

Parallèlement, Sibyl doit jongler avec une foule de choses: son propre alcoolisme, qu'elle a réussi à garder sous contrôle mais qui menace à tout moment de pointer le bout de son nez; le fantôme d'une histoire d'amour avec le père de sa première fille, et la frustration de cette dernière de ne pas le connaître; les séquelles de la mort de sa mère, elle-même alcoolique; une soeur qui n'a pas l'air très bien partie dans la vie; un couple fragile; et enfin, un sentiment d'insécurité permanent qui lui fait faire bien des bêtises...

Mais le pire sera quand même pour elle la tentation de s'approprier l'histoire sordide de la jeune actrice pour en faire un roman... Elle y cédera, et avec elle replongera dans ses pires excès...

Virginie Efira, dans un film tordu au possible, reste quand même excellente. Chapeau... Car...

Le film joue une étrange partition qui distille un malaise, pour commencer en disséminant les scènes un peu dans tous les sens, aussi bien thématiquement que chronologiquement. Un puzzle psychologique qui tend à brouiller les pistes, mais qui en se substituant à une intrigue linéaire, rend mieux possible une certaine adhésion à une histoire décidément trop riche. Il est de bon ton de râler quand une histoire paraît embrouillée, mais celle-ci, dans l'ordre chronologique, serait sans doute bien pire!

Et puis il est question de cinéma ici, avec ces scènes de tournage qui virent en permanence au psychodrame. Sandra Hüller, qui interprète la réalisatrice, en fait tellement qu'il est très difficile de la détester, et est-ce volontaire? ce sont souvent des scènes de comédie... Reste que le film est le récit embrouillé et tortueux d'un enfer psychologique, et que les doutes sur les manipulations et autres allers et retours présentés ici, sont intéressants...

...Un peu.

 

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Published by François Massarelli - dans Virginie Efira Justine Triet
29 janvier 2023 7 29 /01 /janvier /2023 09:10

Ann (Fay Tincher) est vraiment incorrigible: on ne peut pas imaginer pire garçon manqué, sur le ranch de ses parents. Et si parfois ils tentent de la défier, elle fait la loi parmi les cow-boys... Bref, elle a de quoi désoler une mère, qui décide pour la féminiser un peu de l'envoyer faire des études dans l'Est; Dans le train, elle repère un pied-tendre qui arnaque les autres au jeu, et le vire à coup de révolver... Mais une fois installée à l'université, et devenue très copine avec les filles de sa chambrée, elle réalise que le fiancé de l'une d'elles n'est autre que le joueur qu'elle a viré du train...

C'est un film d'une grande qualité, qui est basée sur des péripéties de comédie burlesque, mais interprétée par les principaux acteurs avec une certaine retenue. Tout le monde n'est évidemment pas logé à la même enseigne (ah, le doyen, tout un poème!), mais la façon dont Fay Tincher joue le décalage entre son côté brut de décoffrage et les attentes liées à sa féminité reste un moteur qui motive le spectateur...

Et si l'enjeu posé par la mère, de rendre sa fille féminine, nous est présenté comme partiellement acquis en fin de film, je me permets d'exprimer des doutes... Par ailleurs, les auteurs du film ont choisi de ne pas "faire rentrer Ann dans le droit chemin", car elle ne découvrira pas l'amour en route! Et ça c'est un peu une révolution. Du début à la fin du film, sa personnalité s'exprime à travers ses activités que les conventions tendent à considérer comme masculines, et elle finit par se faire accepter. Bref, elle reste elle-même, interprétée par une comédienne douée, dynamique, et qui n'hésite pas à se moquer d'elle-même dans une scène de décalage formidable, qui la voit suivre un cours de danse, en véritable vilain petit canard...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Al Christie
29 janvier 2023 7 29 /01 /janvier /2023 09:01

Dans une ferme, une histoire compliquée d'héritage lié à une union risque de compromettre le gentil couple de la fille du fermier (Ora Carew) et de son benêt de fiancé... Le jumeau de la jeune femme trouve un stratagème qui implique de se déguiser et de prendre sa place...

Bon, je ne vais pas être tendre, mais... Chez Sennett (le film date de la période Triangle Keystone), on a parfois des films incontournables qui font avancer le médium, et parfois... on a un film comme celui-ci, qui repose sur tellement de mécanismes et de sales manies qu'il en devient irritant. Le contexte rural (qui reste quand même bien plus subtil ici que, disons, chez le Griffith de Way down east), les personnages tellement caricaturaux qu'ils en sont vides, et une intrigue compliquée à souhait, basée sur l'argent, l'honneur et d'autres billevesées de mélodrame: les ingrédients même sont tous des clichés, qu'on retrouve à la pelle dans les films plus longs du studio. Et si on regarde bien on verra que le film est essentiellement axé sur sa deuxième bobine, la première n'étant qu'une très longue exposition.

Reste une composition intéressante, celle d'Ora Carew qui joue deux jumeaux, un garçon et une fille: si on a du mal à croire à son rôle masculin, le fait que celui-ci prenne la décision de se déguiser en femme rend les choses un peu plus intéressantes sur la fin. Mais bon on est chez Sennett, donc... poursuite, cascades, intervention lamentable de la police, et bien sûr, elle est rurale.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
29 janvier 2023 7 29 /01 /janvier /2023 08:53

Une jeune femme (Louise Glaum) qui n'a pas de situation trouve une opportunité: devenir cuisinière sur un ranch, mais... on cherche un homme plutôt qu'une femme. Elle se déguise, et obtient aisément le travail. Mais une fois sur place elle ne tarde pas à révéler son identité... aux autres femmes présentes. Elles la protègent et vont l'aider à trouver l'âme soeur...

C'est assez différent de ce que proposaient les comédies environnantes, de la Vitagraph ou bien sûr de la Keystone: si l'exposition est vite expédiée (le film ne fait qu'une bobine), la comédie aussi d'une certaine façon. C'est indicatif de ce que sera la comédie chez Christie, qui essaiera toujours de trouver une voie en dehors du grotesque qui dominait la comédie burlesque...

Le film reste intéressant pour sa faculté à mêler la comédie avec les codes du western. Ici le déguisement n'est pas tant un ressort burlesque qu'un empêcheur de tourner en rond! Il n'y a pas la tentation, comme dans d'autre films (A woman, de Chaplin, par exemple), de jouer avec les frontières des genres... C'est gentil et ça se laisse regarder. Mais la compagnie de Christie fera mieux.

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Published by François Massarelli - dans Muet Western Comédie Al Christie
27 janvier 2023 5 27 /01 /janvier /2023 19:16

Running Wolf, un guerrier important d'une tribu Native Américaine (donc, des "indiens"), est en âge de se marier mais il ne trouve pas la perle rare dans sa tribu... Il entend parler de la légende d'une tribu étrangère, des guerriers moins sophistiqués, mais dont les dirigeants sont trois frères qui ont unis leurs pouvoirs de conquête et de manipulation. Leur soeur est paraît-il d'une beauté incroyable... Running Wolf se met donc en quête...

Les deux personnages principaux sont interprétés par des vedettes inattendues dans ce contexte, car pour figurer des indiens des plaines, Ince a fait appel à deux acteurs d'origine Japonaise sous contrat, Sessue Hayakawa et Tsuru Aoki. Ils se sont d'ailleurs mariés quelques temps après, et si on fait un peu travailler son imagination, on arrivera à les accepter dans ces rôles!

Le film est excellent, bien qu'il repose sur une posture assez franchement raciste (l'idée d'un degré dans la sauvagerie, avec une tribu "avancée" ou "civilisée", et une autre clairement montrée comme restée à l'état sauvage!), ce qui ne surprendra pas trop quand on sait que Thomas Ince a souvent professé des idées assez cousines de celle du KKK! Mais le film est malgré tout un fascinant court métrage qui ose des ruptures de ton impressionnantes, et confronte deux acteurs l'un à l'autre dans des scènes au romantisme assez inédit...

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Published by François Massarelli - dans Thomas Ince Muet Western
26 janvier 2023 4 26 /01 /janvier /2023 18:34

Un (mélo)drame se joue dans une famille Américaine : un couple avec enfant se déchire, et le père et sa fille décident de partir avant que ça ne dégénère… La fille grandit, et le père qui a tenté sa chance dans l’ouest en a fait, pour la protéger, un véritable garçon manqué. Arrivés dans un ranch, ils trouvent un travail tous les deux, et la fille est priée par son père de dissimuler sa vraie identité… Mais un cow-boy s’attache à elle…

Il est inévitable, en 2023, de se poser la question de cet attachement : qu’est-ce qui le motive ? S’agit-il d’un amour inconditionnel et immédiat entre un homme et quelqu’un qu’il croit être un homme ? Il serait quand même assez hâtif de vouloir faire du film, comme cela semble être le cas (dans la compilation Cinema’s First nasty women), un plaidoyer en avance de plus d’un siècle sur son temps sur la nouvelle donne des genres. Et je ne peux pas vraiment suivre l’historienne Laura Horak quand elle propose de faire de ce film un ancêtre de Brokeback mountain

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Published by François Massarelli - dans Muet Western
23 janvier 2023 1 23 /01 /janvier /2023 16:33

Une jeune femme d'une tribu Indienne se fait agresser dans un saloon par un blanc raciste, et Dick Sutton, un valeureux pionnier, s'interpose. Mais en guise de vengeance, le sale type enlève la petite fille du héros... La jeune femme qu'il a sauvée va tout faire pour sauver l'enfant.

C'est, d'une part, un film sur l'héroïsme d'une protagoniste, qui ne manque ni d'énergie ni de ressources. La première fois qu'on la voit, Lillian St Cyr (nue authentique native) est un peu la damoiselle en détresse, mais elle saura se rattraper... Elle se déguise en homme, s'introduit sur un campement de bandits, et traverse un précipice à l'aide d'une corde, avec un enfant sur le dos (et sans trucage, même si le précipice est probablement plus modeste qu'il n'y paraît). 

D'autre part, comme certains films de Griffith de l'époque et comme ne tarderont pas à le faire des films de Thomas Ince, c'est le point de vue des Américains Natifs (on disait des Indiens à l'époque) qui nous est donné, par un metteur en scène et une actrice mariés, qui se revendiquaient de ces peuplades. Des films qui furent de façon intéressante bien accueillis, et étaient même inclus dans le circuit de distribution de compagnies prestigieuses, dont Pathé qui a produit ce court métrage. 

Une ouverture d'esprit dont ne profiteront évidemment pas les Afro-Américains (un protagoniste de ce film est d'ailleurs un acteur blanc en black face, placé dans le film pour dénoncer le racisme des protagonistes...), et on pourrait aussi se plaindre du cliché qui consiste à faire des bandits voleurs d'enfants des gitans subliminaux, par l'utilisation de foulards sur les têtes de certains et certaines d'entre eux... 

On n'en sort jamais.

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Published by François Massarelli - dans Muet Western