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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 19:04

En pleine montagne, dans un pays qui n'existe pas, une garnison tient bon. On ne sait pas trop ce qu'ils gardent, mais ils gardent vaillamment. Et pourtant il y a un ennemi, coriace et entraîné: une bande de voleurs, menés à la baguette par un personnage haut en couleurs, et accompagné de sa fille Rischka (Pola Negri), qui fait tourner les têtes... en bourrique. Et dans la garnison, on attend l'arrivée d'un nouvel officier, le célèbre Alexis (Paul Heidemann), qui a fait tourner toutes les têtes lui aussi, mais à Berlin: à se venue, on entend bien lui donner en mariage la fille du commandant de la garnison. Mais la rencontre inévitable entre Rischka et Alexis sera, bien sur, explosive...

Ce film combine deux courants de la comédie Lubitschienne Allemande: les films situés en montagne, dans un décor de neige authentique (A la même époque, il réalise Romeo und Julia im Schnee), et la comédie grotesque, à la façon de La poupée ou de La princesse aux huîtres. Pola Negri se prête joyeusement à cette opérette muette avec bonheur. L'ordonnance légendaire et l'inventivité des décors font mouche une fois de plus dans un film qui évite l'écueil d'une certaine vulgarité en usant avec intelligence de chemins de traverse... et finit par montrer à la société Allemande de l'époque un miroir déformant de ses conventions, à travers le drôle de personnage de Rischka, voleuse espiègle, mais dont le coeur a parfois ses épanchements. Lubisch et Negri réussissent un tour de force: passer du grotesque le plus idiot, au touchant.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1921 Ernst Lubitsch **
1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 14:46

L'économie du studio de Leon Schlesinger était calculée pour empêcher les temps morts: quand une série de cartoons autour d'un personnage fonctionnait, et c'était notamment le cas pour Porky Pig dès ses débuts, deux unités au moins travaillaient au personnage. A cette époque reculée, ce sont Tex Avery (Qui débutait sa carrière mais s'imposait comme un modèle d'efficacité) et Jack King (Transfuge de chez Disney qui n'allait pas tarder à y retourner) qui se faisaient ainsi indirectement concurrence. Plus tard, Tashlin allait prendre le relais, puis Clampett... Du coup, les films se succèdent et la qualité varie ainsi que les styles.

Je l'ai déjà dit ailleurs, hanté par son travail chez Disney, King avait du mal à prendre ses marques chez Warner, et c'est particulièrement flagrant dans ce film plus que médiocre... Porky pèche, et il s'endort, puis fait un cauchemar sans grand intérêt dans lequel il est pêché par un poisson... Et franchement? On comprend que le film soit court: personne, ici, n'a rien à dire!

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes
1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 14:39

Porky Pig est tenté par l'aventure, donc il hésite: l'infanterie? La marine? Ou... l'armée de l'air? C'est finalement dans cette direction que le cochon bègue se lance, et il se rend doc au bureau de recrutement, où il passe par plusieurs étapes: par exemple il doit donner son nom, ce qui dans son cas est difficile: même quand on lui donne une ardoise pour l'écrire, il bégaie! Puis il doit effectuer des tests d'équilibre, et apprendre à tirer à la mitrailleuse. Enfin, "bon" pour le service, il est désigné comme cobaye pour tester l'efficacité d'un avion-robot, qui obéit à la voix. Mais suite à un quiproquo, il se retrouve seul dans un avion fou, qui reçoit les instructions contradictoires d'une foule de gens qui jouent avec un chiot à proximité du micro de commandes, laissé ouvert...

C'est simple mais efficace, et une fois de plus on peut être assez surpris par la rigueur avec laquelle Tex Avery reste concentré sur son intrigue, mais rappelons qu'il avait besoin de poser les éléments des histoires qu'il se plaisait ensuite à pervertir joyeusement. pas ici, toutefois: ça reste quand même bien sage...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Tex Avery
1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 14:31

Pour la troisième fois, Jack King dirige un film avec "Beans" et sa bande, et contrairement à Tex Avery, il néglige complètement le personnage de Porky pig, donnant au contraire le beau rôle à Beans, le chat valeureux, dans lequel on retrouve beaucoup de Mickey Mouse. Le sujet même du film est disneyien, racontant les mésaventures si totalement Américaines d'une caravane de pionniers qui ont maille à partir avec les Indiens lors d'un bivouac...

Et une fois de plus, tout renvoie au monde de Disney, l'animation très soignée mais un peu mécanique, les personnages: on y verra des Goofy à foison! Ce n'est pas un film que j'aurai envie de revoir de sitôt.

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation
1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 14:19

Tout vient à point... Porky Pig n'était auparavant qu'un faire-valoir, mais ce film le consacre en tant que héros. Héros paradoxal, bien entendu, celui d'un film dans lequel par ailleurs Tex Avery continue à faire la preuve de son talent inné pour... installer, maintenir et développer une histoire, mais oui: il commence dans la tradition des grands films Warner de la période, par montrer sans introduction préalable les exactions d'un poseur de bombes, puis assène quelques couvertures de journaux afin d'enfoncer le clou. Puis nous le suivons dans l'antre du monstre, qui prépare un attentat... C'est bien sur un terroriste de dessin animé, donc il a une cape et un chapeau noir et il rit comme un dément!

Mais nous rejoignons ensuite Porky Pig, nettement plus défini que dans Gold diggers of '49, qui bave d'envie devant des desserts glacés qu'il n'aura jamais les moyens de se payer. A moins qu'il ne trouve un stratagème, comme par exemple le fait d'aider les passants, qui en échange lui donnent des pièces. Suivant cette logique, il s'avise qu'un homme avec une cape noire a déposé une bombe devant un immeuble, et croyant que c'est un réveil il tente de la restituer à son propriétaire.

Jusqu'à ce moment, c'est impeccable mais sans ce grain de folie que nous avons pris l'habitude de chercher dans les films Warner du réalisateur... mais quand le poseur de bombes se retrouve systématiquement face à un cochon un peu simplet, qui lui rapporte sa bombe partout où il va, le précédant parfois, et bien sur doté du don d'ubiquité, on se retrouve devant la première incarnation d'un gag qui ne manquera pas d'être repris et raffiné... Déjà, Avery a envie de dynamiter son propre univers. Il ne tardera pas à le faire pour de vrai.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Tex Avery
30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 19:11

A nouveau animés par Jack King, les animaux de la bande à Beans sont confrontés à une situation particulièrement dramatique: ils font la guerre... Et Beans, le héros, a fort à faire pour redonner du courage à certains de ses camarades, dont Porky Pig qui est au bout du rouleau.

Il y a deux parties à ce film: dans la première, la meilleure, King multiplie les gags (d'assez mauvais goût quand on pense au contexte et au traumatisme de la "Grande Guerre") liés à la simple notion d'être dans les tranchées, et de devoir se battre. Certains vont d'ailleurs littéralement y rester, dans une flambée d'humour noir qui montre que King n'est plus chez Disney... dans la deuxième partie, la routine reprend ses droits et Beans, un héros sans aucun intérêt, commet une action d'éclat: bof! Par contre, l'animation, les décors, l'esthétique globale sont impeccables!

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes
30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 19:06

Depuis 1933, Jack King était l'un des réalisateurs (on disait "superviseur" à l'époque) de l'unité de Leon Schlesinger à la Warner Bros, mais ce n'était pas son premier poste loin de là: on le devine en voyant ce film, il avait fait ses premières armes chez Disney et c'est sans doute ce qu'on cherchait chez lui: le savoir faire du grand concurrent, et modèle... Donc il met aux prises des animaux (la bande à Beans, come d'habitude) dans une compétition de ski, aux prises avec un concurrent coriace qui ressemble particulièrement à... Pegleg Pete!

Mais si King était supposé apporter le savoir-faire Disney, ce qu'il fait d'ailleurs, le résultat est paradoxal: comparé à la vie intense et joliment absurde de Gold diggers of 49, ce film n'en finit pas d'être trop sage. Bon, ça oui. Mais si poli, si bien rangé... 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes
30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 18:58

Jouant allègrement sur le titre et sa proximité avec les célèbres comédies musicales de la Warner, ce film plonge le chat Beans et sa bande dans l'univers de la ruée vers l'or: par 49, il fallait bien sur comprendre 1849. Ce qui n'empêche pas le proto-Porky Pig obèse de conduire une Ford T! Le film commence par une exposition exemplaire, en un seul plan: la caméra nous montre, en panoramique, un paysage, dont des inserts nous disent l'essentiel: l'époque, le lieu, et... la fille: Little Kitty, le chat. Puis ça dégénère joyeusement, de gag absurde en anachronisme douteux, de gag ethnique douteux (Deux chinois couverts de poussière se transforment en noirs) en caractérisation à la truelle (Porky Pig avale des sandwiches gargantuesques).

Mais ce n'est pas grave: c'est déjà, our son tout premier film, l'univers de Tex Avery, qui avec l'aide de deux animateurs surdoués (Chuck Jones et Bob Clampett), fait des merveilles, dans un film qui n'est pas son meilleur bien sur, mais ce n'est pas grave: on appelle ça l'Histoire.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Tex Avery
30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 18:50

Un jour d'école, dans la classe de Miss Cud: les élèves vont se succéder dans des récitations, chansons et autres numéros de music-hall; nous assistons à plusieurs prestations de la bande de "Beans", le chat nois: Little Kitty, très nerveuse et qui doit quitter la salle précipitamment, Porky, le cochon obèse et bègue qui mime la dernière charge de Custer, et les deux chiens Ham et Ex qui dansent un duo parfait...

C'est toujours commode aujourd'hui de ranger les courts métrages d'animation de la WB sous la bannière des Looney Tunes... Mais concernant ce film c'est faux, il appartient à la série des Merrie Melodies, dont le titre louche du côté de Disney et de ses Silly Symphonies: des courts métrages en couleurs, soignée et très, disons, familiaux... Freleng connait déjà fort bien son métier et rend un travail sans génie mais impeccable, et comme toujours très musical. Quant à Porky Pig dont c'est la première apparition officielle, il n'est pour l'instant qu'un faire-valoir pittoresque, ce qu'il va rester avant d'avoir sa série bien à lui.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Friz Freleng
30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 18:29

Il y a des remakes utiles, et d'autres pour lesquelles les motivations sont sans doute à rechercher assez loin... 16 ans après le classique film de Cceil B. DeMille, Paramount a donc remis le couvert en lançant une nouvelle adaptation de l'histoire de Fannie Ward. comme dans l'original, on assiste donc aux exactions de quelques riches oisifs, qui se mettent dans des situations de folie furieuses...

Elsa Carlyle (Tallulah Bankhead) est une femme désoeuvrée, habituée au luxe, qui s'est mariée à un homme qu'elle aime de tout son coeur, mais ça ne l'empêche pas d'avoir des envies d'évasion. Elle les calme en jouant... et un soir, elle perd gros, très gros. Ce soir-là, au casino, elle fait la connaissance de Hardy Livingstone (Irving Pichel), un homme riche à millions, qui revient du Japon et qui a décidé de la séduire par tous les moyens. Quand les dettes de jeu d'Elsa risquent de remonter jusqu'à son mari, elle accepte un chantage monstrueux: Livingstone lui prête de l'argent, et en échange... elle devient sa chose. Mais quand elle vient avec un chèque en bonne et due forme pour s'acquitter de sa dette envers lui, il la marque, littéralement, au fer rouge.

En 1915, le but principal du film de DeMille était de marquer les esprits et d'étudier les rapports entre le drame d'un côté, certes excessif et sensationnel, et la mise en scène, recherchée et particulièrement riche en utilisation de l'ombre et de la lumière. Le résultat était baroque, mais fascinant, et bien sûr tempéré par un fonds inévitable de racisme: le personnage de riche dandy arrogant, un prince Birman, étant joue par le grand Sessue Hayakawa! Les intertitres ne faisaient pas dans le dentelle... Avec Irving Pichel, qui joue ici un Anglo-Saxon, on déplace le curseur, d'autant que cette fois le film n'attribue cette cruauté à aucune cause raciale. Disons qu'il y a quand même un racisme culturel, qui véhicule les clichés de cruauté de la civilisation Asiatique telle qu'elle est renvoyée par les obsessions de Livingstone. Pichel, qui en rajoute allègrement dans le registre du dandy qui en sait beaucoup et qui manipule les femmes, sert parfaitement la dimension la plus volontiers crapuleuse de cette histoire rocambolesque. Je n'en dirai pas autant de Tallulah Bankhead, qui dirigée par un metteur en scène de Broadway, joue comme sur les planches, c'est à dire mal: au cinéma, on n'a pas d'auditoire à aller chercher avec les dents... ou avec les seins, car Bankhead est Bankhead, et le moins qu'on puisse dire c'est que Livngstone a bien visé quand il a marqué la jeune femme au fer rouge!

George Abbott, cet illustre inconnu, fait un travail qui n'a rien de remarquable, mais le découpage est clair, le script aussi. La seule scène vraiment notable est le clou du spectacle, avec des ombres chinoises. Mais bon: The cheat (1915) est un grand, grand film. Pas celui-ci, sans être indigne pour autant; il participe d'une nouvelle tendance qui fera des petits durant cette période: montrer à voir les turpitudes des riches. C'est toujours ça de pris!

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code