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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 10:04

Le générique, accompagné d'une musique inquiétante de Korngold, nous montre des plans d'un bateau qui avance dans la brume. C'est le Ghost, le vaisseau du capitaine Wold Larsen, que nous ne verrons pas avant une vingtaine de minutes dans le film... Un fantôme qui pourtant hante le film, tel une personnalisation du destin pour trois personnages: George Leach (John Garfield), un bagnard évadé qui tente de fuir la ville de San Francisco où les pandores s'activent à le rechercher; Ruth Brewster (Ida Lupino), une femme elle aussi recherchée dont on devine qu'elle est une voleuse, oui, mais aussi une prostituée. Enfin, Humphrey Van Weyden (Alwander Knox) est un écrivain, un homme de bonne famille qui s'ennuie et n'a pas réalisé ses rêves de romantisme échevelé avec sa fiction... Les trois vont se retrouver, par les circonstances, obligé de trouver refuge sur le Ghost, un bateau sur lequel les marins les plus endurcis ne souhaitent pas forcément se retrouver à servir! Et ils vont faire la connaissance de Wolf Larsen, l'inquiétant capitaine sans trop de scrupules ni doutes, un homme lassé d'être l'éternel second de son frère, un autre capitaine, et qui a choisi une forme de piraterie pour réussir à être enfin le seul maître à bord de son navire. Le seul, vous dis-je...

Dès le départ, Curtiz prend possession de son film avec un mélange inimitable de style et d'efficacité: passé le générique, le premier plan est un plan séquence; il y établit l'atmosphère bien crapuleuse de Barbary Coast, le quartier louche où les passants ne demandent pas leur reste, puis les policiers à la recherche d'un homme. Leach trouve refuge dans une taverne, où un homme essaie de l'enrôler de force pour aller sur le Ghost. Mais c'est Leach qui prendra la décision: il lui faut de toute façon partir! Sur une petite embarcation avec d'autres marins, pour rejoindre son affectation, il commence à se rendre compte qu'il est probablement tombé sur une belle bande de fripouilles, et la barque croise une embarcation à vapeur...

...Sur laquelle nous faisons la connaissance de Van Weyden: il est seul, et s'ennuie. Une femme s'installe face à lui sur un banc, et elle est inquiète: des policiers sont sur le bateau et la cherchent. C'est Ruth Brewtser, qui essaie de demander de l'aide à Van Weyden, mais il la dénonce: la loi, dit-il, c'est la loi... A ce moment, un gros cargo percute l'embarcation, et celle-ci coule. Van Weyden se retrouve seul rescapé avec Ruth, ui est inconsciente. Ils sont repêchés par un navire: c'est le Ghost...

L'écheveau de hasards utilisés pour rapprocher ces quatre-là est mené de main de maître, et Curti continue à lâcher ses informations au compte-goutte. Il se permet aussi de traiter la découverte par Van Weyden de l'atmosphère particulière qui règne sur le pont de bateau de la même façon qu'a été traité dans The wizard of Oz le passage de Dorothy de sa cabane au pays d'Oz: une porte s'ouvre, et nous suivons, incrédules, le personnage dans un nouveau monde qui se révèle graduellement... Pour finir sur le maître des lieux. Edward G. Robinson aurait-il trouvé le rôle de sa vie?

C'est Van Weyden qui fournit l'essentiel du point de vue dans le film. Contrairement à Ida Lupino, victime du mépris du capitaine, contrairement à Leach, qui en homme d'action fait tout ce qu'il peut pour remuer l'équipage et provoquer une mutinerie, voire simplement forcer le capitaine à une certaine décence, Van Weyden est fasciné par quelqu'un qui est aussi cultivé que lui, probablement aussi bien né, mais qui lui a pris une direction qui lui permet d'assumer son romantisme. ...Envers et contre tous, c'est bien là le problème: comme tant de génies fous, démiurges et autres créateurs malades, Larsen est un jusqu'au-boutiste qui fait des dégâts partout où il va. La fascination de Van Weyden pour son tyran le pousse à épouser une conduite ambiguë, car il ne suivra pas Leach dans toutes ses provocations et ses crimes de lèse-majesté. Il lui faut comprendre celui qui est à la fois son semblable et son contraire... afin de faire connaissance à ses pulsions romanesques.

Que dire? Ce film chargé en frissons d'absolu est un des plus beaux films de Curtiz, dans lequel on trouve bien une romance, comme dans Casablanca, mais elle est sans doute plus provoquée par les conditions extrêmes de la fuite en avant: Leach et Brewster, deux "illégaux" en fuite, s'allient pour être plus fort, et enfin exister pour quelqu'un au lieu de ne se définir qu'en contradiction avec le monde. Le fait d'employer Garfield et Lupino est une idée de génie, tant ils dénotent par rapport aux héros romantiques de l'époque, bons ou mauvais. Ici, ils sont bruts de décoffrage... Le film est passionnant dans son déroulement, offrant tout ce qu'une inquiétante croisière peut offrir, à plus forte raison quand elle est menée par un nihiliste capable de pousser son équipage à bout, tant il s'ennuie. Une bonne mutinerie, ça vous égaie une journée... A priori, Jack London, qui a publié le roman en 1904, se serait probablement trouvé satisfait... Nous aussi!

 

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Published by François Massarelli - dans Michael Curtiz
22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 09:52

Une pièce mythique de Shakespeare, des décors naturels superbes dénichés en Italie, des jeunes ou moins jeunes acteurs du moment, choisis un peu partout (Grande-Bretagne, Etats-Unis, mais aussi France), quelques arrangements discrets, et... des bicyclettes. Inévitablement, on anticipe une salade pas forcément digeste. Et en fait, il y a de quoi!

La pièce n'est pas complète, et le "remontage" a eu lieu de manière à plus favoriser la partie 'humaine' que la partie magique. C'est dommage, car si Michelle Pfeiffer en reine des Elfes est probablement plus nulle que n'importe qui dans le film (Ce qui n'est pas son habitude, mais sa diction de collégienne, sur les vers de Shakespeare, fait très mal à mes oreilles), on trouve dans les scènes situées à l'écart des humains de belles qualités: Puck, pour commencer, c'est Stanley Tucci, et il faut le voir découvrir une bicyclette (Puisque je vous le dis) avec des réactions à la Harry Langdon...

Les rôles des amants maudits sont confiés à Dominic WEst, Christian bale, Anna Friel et Calista Flockhart (Alors superstar à la télévision, c'était l'époque de l'énorme carton de la série Ally McBeal): les deux actrices sont superbes de bout en bout, Friel en particulier. Les deux acteurs, ma foi, réussissent plus efficacement que leur mâchoire désespérément carrée ne pouvait nous laisser envisager. Sophie Marceau a peu à faire, Kevin Kline et Sam Rockwell se volent la vedette à tour de rôle, les costumiers se sont bien amusés, et nous.. un peu.

Mais bon. La Warner a sorti en 1935, une version hallucinante. Celle-ci? Non.

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Published by François Massarelli - dans Shakespeare Comédie
21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 19:02

Ernest, un camelot (Jim Gerald) arive dans un lieu à l'écart de tout, dans une petite localité Russe. Parmi les gens qui sont là, il a la surprise de découvrir un Français (Lucien Muratore), doté d'une voix de ténor, et qui est complètement amnésique... Il le ramène à Paris afin d'exploiter son talent. Mais à Paris, justement, on commence à entendre parler, et à entendre tout court, ce "chanteur inconnu", qui rappelle vaguement quelqu'un, mais qui?

Probable qu'Hélène Corbigny (Simone Cerdan) a la solution: dix années auparavant, son premier mari Claude Ferval s'est noyé durant une croisière, mais son corps n'a jamais été retrouvé. Mariée à un ami commun du couple, elle n'a pas l'air d'être très heureuse, d'autant que son nouveau mari ne supporte pas qu'elle ait la moindre nostalgie de ce passé...

On peut compter sur la jolie Pierrette (Simone Simon) pour fouiller un peu les journaux anciens et faire le lien entre le chanteur disparu et le chanteur retrouvé. Mais a-t-il disparu par accident, ou... à cause d'une tentative de meurtre?

Avec un sujet pareil, on peut au moins compter sur le film pour ne pas laisser indifférent! Solide routier du muet, Tourjansky ne s'encombre ni de logique, ni de scènes inutiles. Et il a la redoutable tâche d'illustrer un scénario de Decoin, Clouzot... et Diamant-Berger! Un scénario sans queue ni tête, aussi délirant que la tentative de résumé qui précède pouvait vous l'indiquer. Alors pour voir un film comme celui-ci, il ne fait avoir peur ni des trous (il y en a partout!), ni du jeu erratique (Gerald) ni d'un déséquilibre entre un bon rôle et un jeu catastrophique (Gerald et Simone Simon!), ni du ténor qui franchement ne casse rien, ni surtout des scories d'époque: Simone Cerdan est nulle, les dialogues sont parfois improvisés à coup de 'mon vieux', et il y a un sale type qui est une caricature dégueulasse de juif comme les nazis ne tarderont pas à en faire partout. 

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Published by François Massarelli - dans Henri-Georges Clouzot
21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 09:26

La famille de Porky passe une mauvaise soirée: dans leur immense demeure, ils sont retranchés pendant qu'un orage de film d'horreur se fait entendre. On frappe à la porte, c'est l'avoué de la famille qui vient leur faire lecture du testament de feu l'oncle Solomon (Qui ressemble furieusement à Oliver Hardy): il leur lègue toute sa fortune, mais s'il devait arriver quoi que ce soit à tous ces cochons, c'est l'avoué qui empocherait le magot...

...Faut-il vous faire un dessin?

Je suis très partagé devant ce film dont la mise en scène est constamment excellente et qui joue de tous les artifices du genre 'Maison hantée', un style à part entière dans le cinéma Américain depuis la réussite de The cat and the canary en 1927. On pourrait même dire que les idées superbes sont tellement nombreuses, qu'on est devant un film à mille lieues du poussif The Laurel and Hardy murder case qui est à peu près basé sur un point de départ similaire. Mais il y a quelque chose d'irritant (Et les Disney contemporains vont dans le même sens) à voir de quelle manière ce genre de film se vautre esthétiquement quand il s'agit de représenter l'horreur. Ce n'est pas parce qu'il fait peur que le monstre du film (Oui, l'avoué à une petite panoplie de Jekyll and Hyde) est inquiétant: c'est parce qu'il est laid au-delà du possible, et que tous ces talents réunis auraient pu faire bien mieux! ...Voir illustration.

Par contre, Tashlin utilise à merveille une brèche significative dans le fameux "quatrième mur", avec intervention d'un "type au troisième rang", qui fait office de running gag, et auquel Porky devra une bien fière chandelle...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes
21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 09:16

Toujours accompagné de son futur rival (Et semble-t-il ennemi personnel, mais ce genre d'histoire n'est pas forcément très intéressant) Chuck Jones au poste d'animateur en chef, Clampett fait avec ce film, son troisième Porky Pig, et on le voit prendre le pouvoir de manière décisive. Le sujet est une fois de plus tiré du quotidien, et aurait pu faire un Mickey Mouse ou un Pluto parfaitement classique: Porky a un chien, mais il n'est pas très en forme, et quand il essaie de lui apprendre des tours, ce qu'il obtient n'est pas concluant. Piqué au vif par un rival plus jeune, Rover va essayer de se dépasser...

L'ingrédient essentiel apporté par le metteur en scène est ici une esthétique et une dimension de digression physique, qui est typique de son art, et qui prend toute la place: car Rover, le chien, est vieux, très vieux, voire carrément à l'article de la mort. Décharné, tordu, parfois gâteux, il embarrasse plus qu'il ne fait pitié. Ses efforts sont pathétiques, et la présence d'un chiot (Habituellement, le cinéma nous les présente systématiquement comme étant mignon et craquants. Ici, il est infect, irritant et particulièrement cruel) ne fait que renforcer cet aspect. Comme dans tous les bons Porky pig ou presque, le personnage principal disparaît au profit de son environnement, et la musique de Carl Stalling fait le reste.

Il se dégage donc, en raison de la dimension physique de l'animation, une impression un peu étrange, qui est en fait un mélange d'exagération et d'excès. Le chien génère le malaise, un trait distinctif qui reviendra de façon agressive et obsessionnelle dans le cinéma de Bob Clampett...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 08:52

En dépit de ses qualités, ce petit film n'aurait pas grand chose pour lui, s'il n'y avait un certain nombre d'avancées significatives... Pour commencer, bien que la situation soit une intrigue clairement établie, avec en vedette le personnage de Porky Pig, Avery se débrouille pour le mettre dans les coulisses, et laisser l'environnement prendre le dessus: Porky et son voisin (Un Italo-Américain avec un accent d'une épaisseur calamiteuse) sont en compétition pour gagner un prix agricole, et si le voisin veut présenter ses poules, Porky va pour sa part faire concourir son jardin. Manque de chance, les poules sont invitées par leur propriétaire à se servir dans le jardin... 

Ensuite, Avery compte ici sur la musique de Carl Stallings, qui se place dans un registre de musique populaire, qui colle parfaitement à l'animation. Du sur mesure en quelque sorte... Et dans le cadre de l'histoire, Avery décroche souvent intelligemment, s'amusant à nous décrire une foire délirante, ou un poussin nourri aux épinards qui ne se cache pas beaucoup d'être une parodie de Popeye... La razzia sur les légumes est un grand moment d'enfilage de gags efficaces, et on peut noter un gag d'ouverture qui sera ensuite repris et réadapté, maintes fois: durant l'exposition,sur un plan fixe du village on annonce le lieu, puis le nombre d'habitants. Un cri de bébé retentit, et le nombre change: 2 de plus, il vient d'y avoir une naissance de jumeaux...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Tex Avery
18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 17:56

Non seulement ce film de Hawks est pour Gary Cooper l'occasion de gagner un Oscar du meilleur acteur, ce qu'il méritait amplement, mais c'est aussi, en 1941, un film paradoxal: interventionniste à l'heure de l'indécision, ce film de prestige a été mis en chantier d'abord comme la célébration d'un héros qui ne voulait absolument pas qu'on parle de ses exploits militaires, et devait justement ne parler que de sa vie pacifiste afin de persuader les Etats-Unis... de ne pas participer au conflit!

Alvin York (Gary Cooper) est un jeune homme du Tennessee, beaucoup plus intéressé par la vie facile, la rigolade et la boisson, que par l'austérité d'une vie paysanne et les congrégations religieuses. Pourtant, le pasteur local (Walter Brennan), sa mère, sa famille et surtout la petite Gracie (Joan Leslie) vont finir par le remettre dans le droit chemin. Revenu à la vie en tant que chrétien rigoriste, York se destine à une vie de fermier, tranquille et sans histoires. Mais on est en 1917, et il lui faut répondre à l'appel massif de la conscription. Ses demandes d'exemption en tant qu'objecteur de conscience resteront lettre morte, la congrégation à laquelle il appartient n'étant pas reconnue. York devra se battre...

Mais lors de sa préparation militaire le jeune soldat quasi inculte étonne tous ses camarades et ses sous-officiers par son exceptionnel talent de tireur... On lui propose alors de devenir caporal instructeur afin de ne pas perdre son talent; Après réflexion, York accepte; peu de temps après, il est envoyé en France...

Alvin York (1887 - 1964) est en effet ce héros malgré lui, un objecteur de conscience qui est parti en France en 1918 et lors d'une action d'éclat totalement improvisée, s'est retrouvé à faire prisonniers plus de 130 soldat Allemands. L'épisode est dans le film, et fait partie des moments les plus franchement réjouissants du film, Hawks et Cooper ayant inversé la situation habituelle en montrant York en débrouillard totalement inconscient de l'extraordinaire exploit qu'il accomplit. Sa motivation est claire dès le départ: en tuant quinze à vingt hommes (Quand York tire, il fait mouche, c'est très clair), il empêchera la mort de centaines d'autres. Comme il le dit dans le film, "je voulais arrêter les armes de tirer"... Le film est réussi justement parce que nous assistons essentiellement à un travail à faire, une action d'éclat qui est d'abord et avant tout affaire de compétences: le savoir-faire, le travail, la valeur d'un homme, bref la thématique essentielle d'un film de Howard Hawks...

Bien sûr, étant à la fois une quasi-oeuvre de propagande (Des mois avant Pearl Harbor, la Warner poussait clairement avec ce film vers l'interventionnisme des Etats-Unis) et un film de prestige qui célèbre un héros Américain, Sergeant York est très long: deux heures et quatorze minutes, c'est encore assez exceptionnel. Pourtant il ne me semble pas trop long, et la première partie de plus d'une heure qui installe personnage et nous donne à voir sa lente transformation de bon à rien en un brave homme rigoriste et à l'avenir tout tracé, est un concentré de film rural Américain, pas trop éloigné des oeuvres de Capra! Il y a du Deeds et du Willoughby (Meet John Doe) dans ce grand gaillard gauche mais sûr de ses convictions qui peut plier à sa volonté plusieurs bataillons armés jusqu'aux dents... Et qui a besoin qu'on l'amène par la main à prendre la bonne décision, parce que le patriotisme aveugle n'explique pas tout. Le film, en réalité, est superbement construit, et ne nous amène pas jusqu'à l'acte d'héroïsme pour qu'on finisse sur des flonflons et des médailles en chocolat: Alvin York n'accomplit son destin que lorsqu'on l'accompagne jusque chez lui après la guerre et les honneurs, pour qu'enfin sa vie commence.

Et justement, Jesse Lasky a mis environ 20 ans à obtenir l'accord de York pour faire un film! Et encore, il a fallu batailler ferme pour qu'il accepte qu'on y parle de son action d'éclat et de son temps de guerre (Qui a été relativement court, environ un mois). Mais reconnaissons que so on avait suivi l'idée du héros, qui était de montrer sa vie après la guerre uniquement, à des fins didactiques, ça aurait probablement été un film d'une aberrante nullité. Tel qu'il est, il a tout: la ferveur, le mouvement chronologique typique des films de Hawks, ce mélange de savoir-faire et de simplicité dans la mise en scène et ce mélange de modestie et d'héroïsme, plus une musique de Max Steiner et un casting premier choix. Et Hawks dirige en expert des scènes de bataille particulièrement impressionnantes.

...Et cette fois, Walter Brennan a le droit de garder ses dents.

 

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Published by François Massarelli - dans Première guerre mondiale Howard Hawks Gary Cooper
18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 14:33

Un homme rencontre une femme, à LA, et c'est immédiat: le coup de foudre, quoi. Ils sont jeunes, ils sont raisonnablement beaux, et tout va bien ou tout ira bien, sauf que leur rendez-vous décisif est gâché: monsieur (Anthony Edwards) doit passer prendre madame (Mare Winningham) à la sortie de son travail, et ensuite elle promet monts et merveilles, et pas du genre qu'on fait en public. C'est l'amour fou, mais... Monsieur fait une sieste et se réveille trop tard, elle rentre chez elle en pleurs, et il doit la contacter par tous les moyens. Par hasard, il décroche un téléphone qui sonne et apprend que la fin du monde est enclenchée, et qu'une pluie de missiles est en route vers Los Angeles. Il lui faut donc ne pas paniquer, prévenir la jeune femme, et fuir avec elle. Sauf que rien n'est facile dans un tel programme...

"Film miraculé", nous dit-on, suite à un message posté sur Facebook par Joe Dante, qui criait au chef d'oeuvre. Ressorti, restauré, on peut de nouveau voir ce film oublié... et rester perplexe. Oui, l'ide est bonne, et l'insistance pour faire d'Anthony Edwards (Un vrai monsieur-tout-le-monde, du coup) une sorte de prophète que personne n'écoute finit par agacer. Tout comme le jeu survolté de tous ces acteurs, qui eux croient à leur situation, mais ce n'est pas forcément le cas des spectateurs. L'ironie de cette ville dans laquelle finalement tout le monde ne roule que pour lui-même tombe souvent à plat, vous savez pourquoi? 

...La date: 1989. Ses costumes à épaulettes, ses cravates moches, ses coiffures "mulet", son body-building, la musique écoeurante de Tangerine Dream... Miracle mile est arrivé au mauvais moment. Vraiment. 

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction
18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 14:28

Continuant les travaux de jeunesse de Clampett, ce film est à nouveau une histoire assez classique de Porky Pig, aux prises avec un escroc qui cherche à lui vendre un terrain sans intérêt, sous le prétexte fallacieux qu'il y aurait du pétrole dessous. Pour compliquer les choses, il y a du pétrole dessous, et ça rend parfois le film difficile à suivre. Le rythme s'accélère par rapport à Badtime story, le premier film de Clampett. Mais l'animation est en prime de toute beauté, avec ce style déjà sûr et distinctif de l'animateur Chuck Jones. Clampett utilise aussi pour la dernière fois le personnage inutile de Gabby, la chèvre, qui s'oppose à l'inertie de Porky Pig par son impulsivité nocive. Pas de quoi se relever la nuit, certes, mais pas inintéressant non plus...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 14:20

Ceci est donc le premier film dirigé par Clampett, qui est monté en grade suite à sa glorieuse invention d'un canard givré, dans Porky's duck hunt de Tex Avery. Arrivé sur le personnage de Porky Pig suite à des développements du personnage en particulier par Tex Avery et Frank Tashlin qui ont réussi le plus souvent à dépasser la mièvrerie du personnage, Clampett va dans un premier temps explorer une veine volontiers "domestique" du personnage, en étendant autour du cochon bègue une famille: pour commencer il lui adjoint un compagnon qu'on a déjà vu dans le très médiocre film de Ub Iwerks Porky and Gabby, donc la chèvre Gabby, impulsive, et très énervante.

Ce premier film, donc, est du domaine de la vie de tous les jours: Les deux compagnons arrivant trop souvent en retard au travail, ils sont mis en demeure d'arriver à l'heure par un patron très menaçant, et vont se coucher tôt. Sauf que la terre entière semble conspirer pour les empêcher de dormir... Un type d'histoire vu et revu, raconté avec verve mais sans génie, ni, surtout, sans les excentricités qu'on attendrait de Bob Clampett. Celles-ci ne tarderont pas à venir, soyez-en sûrs... Notons que Clampett semble hériter aussi d'une partie de l'unité d'Avery, avec la présence d'un autre jeune talent qui n'allait pas tarder à voler de ses propres ailes lui aussi: l'animateur Chuck Jones.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett