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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 15:50

Si il est généralement exact que la plupart des Porky Pig réalisés par Avery sont clairement au-dessus du lot, et c'est vrai aussi pour les réalisations de Tashlin, on tombe parfois sur un ratage. Ceci est un exemple, qui pêche par des idées, avouons-le, trop délirantes, et qui débouchent sur une répétition gênante.

Pourtant le début était prometteur: on assiste à un de ces montages "à la WB" dans lesquels Avery excelle, et qui nous montre l'imminence d'un match crucial, qui passionne tout le monde. Spectateur enthousiaste, Porky en vient par un quiproquo à remplacer sur le ring un lutteur, qui doit se battre contre le champion toutes catégories, et bien sûr ce dernier n'est pas un tendre. Mais si je n'ai rien contre le fait qu'un film soit construit sur la répétition d'un gag et d'un seul, encore faut-il qu'il soit bon...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Tex Avery
11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 15:39

Le premier film de Clouzot est un court métrage, qui porte un pedigree inattendu: le scénario est signé de Jacques de Baroncelli, qui n'était quand même pas n'importe qui au sortir de sa carrière muette distinguée par l'élégance de ses films... Justement, Clouzot et lui ont collaboré à l'occasion à l'aube de la carrière de ce dernier, mais Baroncelli y était metteur en scène et Clouzot scénariste, pas le contraire! Devant la rareté et le peu de ressources documentaires relatives à ce film, rien ne peut pour l'instant nous dire pourquoi et comment Clouzot, qui débutait une carrière de scénariste, a été amené à réaliser ces quinze minutes.

Par contre, il est intéressant de confronter cette "terreur" pour rire, avec le début soigneusement découpé de L'assassin habite au 21: ici, les premières minutes, à coup de plans muets, de lumières et d'ombres inquiétantes, donnent l'illusion d'un film à suspense, avant que par surprise, ne nous soit révélé qu'il s'agit d'une comédie. Un cambrioleur (Qui se présente lui-même comme "La terreur des Batignolles", mais il tremble un peu trop pour mériter un tel titre!) profite de l'absence d'un couple pour faire son métier dans leur appartement, quand un couple rentre, et... ne commence à mettre en scène son suicide. Depuis sa cachette, derrière un rideau, "la terreur" attend, gêné, que les deux se décident sur leur mode opératoire. Il commence à paniquer quand ils choisissent le gaz...

C'est court et l'interprétation n'est évidemment pas à noter pour sa subtilité: le cinéma n'est sonore que depuis peu, et pourtant la bande-son a été surtout travaillée afin de participer à l'illusion du début. Après, on assiste surtout à un numéro de vaudeville un peu absurde et conditionné par une fin qui vous surprendra... un peu.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Henri-Georges Clouzot
9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 13:10

On se prend dès le départ en pleine figure l'atmosphère mortifère, lourde et empreinte d'une forte dose de désespoir en même temps qu'une triste ironie, de ce film: ça commence dans un cimetière, où le premier titre prévu pour le film avant que la Gaumont d'y mette bon ordre résonne encore des pulsations de la chanson du générique: Requiem pour un con. La chanson de Gainsbourg n'est sans doute pas sa meilleure, mais elle est un titre alternatif parfait pour ce film en forme de promenade mortuaire, par un commissaire divisionnaire qui n'a plus le temps ni l'humeur de tergiverser en étant indulgent avec le milieu: le temps presse pour lui, il n'a plus vingt ans. Et le con qu'on enterre, c'est, je cite, "son pote". Et à la fin, il précisera: "L'empereur des cons".

C'est qu'Albert (Robert Dalban), le pote du commissaire Joss (Gabin), a trempé dans une sale affaire, et le commissaire n'a en effet pas l'humeur de faire en sorte que les responsables de sa mort survivent trop longtemps... Et n'aura pas le temps de s'apitoyer sur ceux et celles, et surtout CELLE, que le con suscité aura laissée derrière lui...

Lautner a consciencieusement, lentement mais sûrement construit, en quelques années, un style fait de mélange entre le film noir, une certaine idée baroque et expérimentale du cinéma criminel, et la comédie. Le public lui a donné raison, mais là, c'est Gabin qu'il lui faut satisfaire. Avec Audiard ils ont composé une sorte d'interlude, hors-comédie, qui va permettre à l'acteur de se sentir à l'aise, et au cinéaste de mener à bien son péché mignon: varier, étonner, s'amuser enfin avec ses scènes de violence. Et méthodiquement, le film est construit, de scène en scène, avec ruptures de ton, embardées du rythme, et toujours, toujours cette poésie particulière des scènes de braquage au petit matin, des cambriolages hivernaux, des routes mal entretenues sur lesquelles la neige s'amoncelle. Les paysages pourraient être beaux, ils ne le sont pas: le désespoir, dans la belle photographie de Maurice Fellous, envahit même la nature de cette période de fin d'année... Et les lieux choisis, surtout dans ce froid hiver 67/68, sont tous sauf riants: les routes de la Picardie, les chemins de fer de l'Aube, les gares de Chaumont et Troyes... Un univers sale, métallique, froid.

Alors tant pis si il y a des longueurs, si certains scènes sentent le prétexte (la boîte de nuit et ses danseuses fort peu vêtues, la scène du studio d'enregistrement qui permet d'en rajouter une couche sur l'existence d'un disque de Gainsbourg), tant pis si Gabin est en mode automatique: avec sa lente et baroque introduction dans laquelle le verbe est rare, sa séquence de meurtre dans laquelle la flambée de violence s'accompagne d'une explosion de couleurs (Des pots de peinture bleue et jaune, troués par les balles, et dont la peinture colore les cadavres), et sa lente montée inexorable vers un final d'opéra, c'est du pur Lautner, les dialogues ("Le jour ou on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner!" "Si je vais à Francfort, j'emmène pas des saucisses!") sont du pur Audiard, et ce "requiem" pour un Robert Dalban qui a cru pouvoir tricher, et s'est fait repasser, avec son truand "léonesque" (André Pousse, magistral), avec son héroïne qui arrive aussi brusquement qu'elle repartira, mais laissera un souvenir amer (Dany Carrel) est l'un des plus grands films du duo. C'est aussi et surtout la plus belle preuve du talent de Georges Lautner pour le rythme, et de sa façon impressionnante d'utiliser les visages plus que l'émotion: regardez le nombre de gros plans impassibles dans le film... 

 

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Published by François Massarelli - dans Georges Lautner Noir Michel Audiard Jean Gabin
8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 18:12

En 1948, il est très probable qu'une grande partie du public Américain ne connaît de cette histoire que les versions raccourcies, en gros la trame choisie par Fairbanks et Niblo en 1921 pour le premier long métrage d'envergue consacré au fameux roman de Dumas. Ca ne me gène pas, puisque un livre et un film ce n'est pas la même chose. Je pense aussi, rien que pour faire grincer quelques dents (Je les entends grincer d'ici, du reste) que nul ne doit se sentir obligé d'avoir une bonne connaissance du roman avant de s'attaquer à la version filmique de son choix. Et d'ailleurs, n'importe quelle version des Trois mousquetaires n'a rien à voir avec Dumas: il n'a jamais tourné un seul film de sa vie, et Hugo n'est pas, ne sera jamais l'auteur des Misérables... de Raymond Bernard.

Cela étant dit, le parti-pris de cette version luxueuse (Le film dure plus de deux heures, ce qui est quand même assez rare en cette période d'après-guerre) est de revenir dans une durée malgré tout pas trop excessive à l'intrigue du roman dans toute sa complexité: en d'autres termes, contrairement à l'usage alors en vigueur, le film ne s'arrête pas à l'affaire des ferrets, et suit la lute acharnée contre Milady, et bien sûr... Constance meurt. C'est donc toute la portée du roman initiatique qu'était l'oeuvre de Dumas (Non, je me refuse à ajouter Maquet, laissez tomber) qui a été retenue dans un film qui développe aussi un nombre impressionnant de personnages, quand on y pense: dans les films sortis auparavant, on avait, en gros, D'Artagnan et Richelieu, plus une Constance générique, une garce pour Milady, un roi, une reine et un Buckingham sortie d'usine, et bien sûr, trois en un, trois mousquetaires anonymes.

C'est fini: D'Artagnan est bien le juvénile, impétueux, parfois présomptueux Gascon interprété par Gene Kelly, flanqué de deux mousquetaires génériques (Porthos et Aramis), et d'un Athos fantastique: Van Heflin interprète en effet cette version de D'Artagnan en plus âgé, qui va donner au film toute l'amertume nécessaire: l'aventure, ça fait des dégâts et ça use... Milady est plus complexe qu'il n'y paraît, et Lana Turner est fantastique. Et Vincent Price joue Richelieu, un Richelieu fidèle au précepte Hitchcockien selon lequel plus réussi sera le méchant, meilleur sera le film. Ce que j'appellerais volontiers le "théorème de Richelieu"...

Mais restons sur le plus notable, le fait que ce film est le premier non-musical dans lequel la star Gene Kelly joue. Etait-ce une bonne idée? Ca oui! d'abord parce que de tous les personnages de cette histoire immortelle, D'Artagnan est le plus bondissant, le plus caricatural aussi. Et étant Gene Kelly, il réussit le pari osé de transposer son talent de danseur émérite dans les cascades requises. ce qui sert tout le monde, il impose un rythme très soutenu au film. Il permet aussi de maintenir la cohérence du film quand celui-ci passe de la quasi-comédie picaresque (La première partie, jusqu'à l'affaire des ferrets) au drame humain et noir (Le destin de Constance, l'amour blessé de Athos et D'Artagnan, l'exécution de Milady traitée à la fois de façon baroque et délicate...). Cette impressionnante efficacité ne se dément jamais dans les 125 minutes que durent le film: on notera en particulier la scène de l'enlèvement final de Milady, traitée en un seul plan de 25 secondes, et vue essentiellement depuis le miroir de la traîtresse.

Voilà qui inaugurait un nouveau style des films d'aventure de la MGM, qui allait faire des petits: King Solomon's mines, Moonfleet, The prisoner of Zenda ou Scaramouche... Et voilà qui nous donne une version aussi complète que possible, tournée certes sur les côtes Californiennes (Et ça se voit), mais avec un tel élan que l'on ne peut qu'en redemander.

 

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Published by François Massarelli - dans Aventure Gene Kelly Dumas
8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 18:07

Continuant à alterner la supervision des films de la série Porky Pig avec Avery, Tashlin s'installe à la Warner Bros, et continue à tourner de bons films, qui ont pour point commun d'aller vite. Je l'ai déjà dit, mais ici, ça va encore PLUS vite! Et pourtant c'est un sujet ultra-rabâché, que n'aurait pas dédaigné Disney... Non, d'ailleurs, il y a du avoir des dizaines de films comme celui-ci chez tonton Walt: la description d'une vie dans les bois, envahie par un gros sale méchant qui chasse, pèche, incendie et braconne. Porky Pig va donc devoir venir en aide aux animaux, et bien sur triompher du gros costaud. Pas révolutionnaire, mais plaisant et comme toujours, animé. Très animé...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes
8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 17:57

Le bonheur apporté par un film comme celui-ci ne vient pas de son intrigue, oh non! On est en 1936, et Tex Avery s'ennuie déjà dans le cadre traditionnel d'un dessin animé: il lui fait donc abattre le quatrième mur, ce qu'il fait du début à la fin de ce petit film... Mais c'est aussi très frappant, de voir ce qui peut aussi bien être une influence consciente qu'inconsciente, le fait que The village smithy ressemble par bien des points à The blacksmith de Keaton!

Dès le départ, un narrateur pose les personnages les uns après les autres, les rappelle à l'ordre, installe littéralement les décors, et c'est du Tex Avery classique... On retrouve ensuite le même cadre bucolique que dans le film de Keaton, avec inscription du maréchal-ferrant dans la tradition rurale Américaine, le duo constitué d'un patron costaud et vaguement violent, et d'un héros-assistant plus, disons, inepte qu'autre chose... Et Porky Pig vit ici le même type d'aventure que Keaton, devant "chausser" un cheval... C'est après que le film dégénère allègrement, avec le cheval devenu fou (Il a reçu un fer rougi sur l'arrière-train, mettez-vous à sa place!), qui cause des catastrophes sur son passage durant une suite que les circonstances vont répéter... Si le film n'est pas notable par une esthétique brillante, il pose vraiment les fondations du traitement joyeusement anarchique que le metteur en scène va faire subir au dessin animé dans les années à venir!

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Tex Avery
8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 09:27

Début des années 70, à Tripoli: le commandant Bloch, un agent des services secrets Israéliens poursuivi par un certain nombre d'agents Lybiens, se réfugie dans l'ambassade de France. Le commandant Mercier (Robert Dalban), chef militaire du lieu, trouve un moyen de l'exfiltrer: une valise diplomatique dans laquelle l'espion pourra se glisser, le temps d'un voyage inconfortable sous la responsabilité de Georges Augier, un capitaine des services de renseignement Français (Michel Constantin). Tout irait bien, s'il n'y avait... une grève qui cloue justement les avions au sol ce jour-là, une bombe devant l'ambassade, et surtout une femme (Mireille Darc) qui involontairement, va apporter aux deux hommes des tonnes d'ennuis, d'imprévus, et surtout des raisons de se chamailler en permanence, pendant qu'ils sot coincés en terre Arabe: Lybie, Egypte ou Tunisie, on voyage finalement pas mal dans La valise...

Depuis Le Pacha, Lautner n'a pas travaillé avec Audiard et a tenté de nouvelles collaborations. En 1971, il a pour la première fois écrit un film avec Francis Veber, et bénéficié du concours de Mireille Darc, sa muse, mais aussi plus paradoxalement de Michel Constantin, l'éternel second rôle. Je pense que Constantin, sans vouloir lui faire injure, est un peu la trace du fait que le metteur en scène aurait voulu travailler avec Ventura sur ces deux films... Quoi qu'il en soit, Veber inaugure son cycle d'alliances entre des gens qui ne devraient pas passer de temps ensemble, qui fera sa fortune! Car très vite il s'avère que Augier et Bloch, malgré la similarité de leur profession, n'ont pas grand chose à se dire, et même plus: Augier est très Français, donc à la moindre occasion il la ramène contre les juifs... de son côté, Bloch n'est pas en reste, et se plaint d'une grève trop intempestive, en râlant "C'est bien les pays Arabes, tiens!"; au fur et à mesure de son déroulement, le film est de moins en moins un film d'aventures (d'autant qu'il devient mécanique), et de plus en plus une comédie de caractères dans laquelle Lautner et Veber fustigent le racisme international. Le final, après tout, leur permet de liguer trois hommes (Français, Israélien et un Egyptien joué par Amidou) autour d'une cause commune, représentée par Mireille Darc, et qui passe par une folle envie de tout envoyer balader...

Donc, si on peut remarquer un thème commun avec La grande sauterelle, au moins on a devant nous une comédie. Pas forcément toujours de la plus grande subtilité, mais l'association Marielle-Constantin est de bon aloi. Et l'équipe s'amuse: le film commence par une grosse surprise: un western, doublé en arabe, se déroule sous nos yeux. C'est un film qu'un couple regarde à la télévision, à Tripoli, et tout à coup la réception ne fonctionne plus: c'est que sur le toit, l'antenne a été bougée par le Commandant Bloch qui essaie d'échapper à ses poursuivants; c'est sans doute la seule scène "baroque" du film, pour lequel dans l'ensemble Lautner y va plutôt sobrement... Lautner s'en est toujours expliqué: il a confié le tournage du "western" à la deuxième équipe, dirigée par Robin Davis. Mais pour revenir à La Grande Sauterelle, ce film a à mon sens l'avantage de passer par la comédie, plutôt que d'offrir une méditation mal foutue sur le besoin d'évasion et d'exil. ...tout en offrant une vision d'une alliance inattendue entre les frères ennemis humains. Mais le film, rattrapé par l'actualité inquiétante du Moyen-Orient, commence par un avertissement: tout ça, c'est pour rire, ce n'est pas de la politique. Hélas, ça fait longtemps qu'on a fini de rigoler...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Georges Lautner
7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 18:27

Encore caché sous son pseudonyme de Frank Tashlin revisite l'univers de Beau Geste et Beau Sabreur, déjà largement parodié avec talent par Laurel et Hardy dans le moyen métrage Beau Hunks de James Horne... 

Donc parmi les nouvelles recrues de la légion, il y a un cochon, qui tranche un peu par son gabarit sur le reste de la troupe, mais qui est très vite repéré... donc on lui confie le "nettoyage de chameau"! Mais quand la menace du chef rebelle Ali Mode se précise, et que le fort est attaqué, Porky Pig va enfin faire ses preuves et se conduire en héros. 

Pas de surprise: le film est certes routinier, mais plaisant, marqué par une excellente animation, un graphisme qui commence à évoluer dans le bon sens, et un sens du rythme qui est la marque de fabrique de Tashlin...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes
7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 18:18

Porky a une petite entreprise de déménagement, et une dame qui en a vraiment besoin fait appel à lui: sa maison est sur une falaise attaquée par une mer déchaînée, et qui menace de s'écrouler. Elle voudrait donc sauver ce qui est sauvable... Porky et ses employés (dont l'autruche aperçue dans Porky's pet) passent à l'action avec, disons, plus ou moins de bonheur...

Etrange impression que ce film nous donne. C'est le tout dernier réalisé pour la Warner par Jack King, reparti chez Disney sans avoir convaincu, et il souffre de quelques scories: l'incapacité à faire le deuil de sa maison mère, ce qui se traduit ici par l'apparition d'un personnage qui n'est rien d'autre qu'un plagiat, en l'occurrence la vache Clarabelle qu'on apercevait souvent à l'époque dans l'univers rural de Mickey Mouse, est un exemple typique. Après, on peut quand même trouver que par rapport aux films bien construits et à l'animation soignée de Tex Avery et Frank Tashlin, celui-ci a presque l'air d'avoir été bâclé, ses décors jetés n'importe comment sur la papier, et son animation cochonnée (Sans jeu de mots)... 

Et pourtant il a au moins un avantage sur la plupart de ses six prédécesseurs: le rythme. King a enfin pris acte du fait que les dessins animés de la série Looney Tunes sont là pour que ça bouge! Et ça n'arrête pas, sauf pour un personnage de singe, qui je le suppose hélas, c'est dans l'air du temps, est supposé être un démarquage d'un Afro-Américain. Un gag de saison, oui. Mais qui reste aussi impardonnable que mauvais.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes
7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 16:28

L'Ecosse, 1954: Deux Américains cherchant un raccourci qu'ils ne trouveraient jamais les ont rencontrés: les habitants de Brigadoon; Un petit pays coincé au nord des montagnes, et qui ne se réveille qu'une fois tous les cent ans, passant totalement inaperçu, et gardant depuis deux siècles sa tranquillité et son bonheur de vivre... Les deux amis ne sont pas d'accord: Jeff (Van Johnson) y trouve la vie trop simple, et Tommy (Gene Kelly) y trouve surtout la belle miss Campbell (Cyd Charisse) trop belle, voire franchement irrésistible...

Je suis mitigé sur ce film, qui est du reste l'adaptation d'un spectacle à succès, montré à . Broadway depuis 1947... Non qu'il soit mauvais, loin de là. Mais disons qu'on ne peut s'empêcher de penser qu'il y avait peut-être mieux à faire, aussi bien pour Minnelli, dont les films dramatiques devenaient passionnants, et pour Kelly qui a du une fois de plus se mordre les doigts devant ses obligations à la MGM, qui le poussaient à faire le contraire de ce qu'il aimait faire: la poésie de sa chorégraphie est essentiellement urbaine, et ici, il doit arranger de belles volutes dansées par des athlètes chevronnés et tous calibrés, dans une nature reconstituée, qui est certes parfaitement photogénique, mais qui finit par devenir gnan-gnan... Alors il y a de bons moments, ça oui, et il y a Cyd Charisse, et de l'humour avec le cynisme incarné de Van Johnson (A travers le contraste entre le monde New Yorkais et le pays 'oublié' de Brigadoon, passe un peu la désillusion qui nourrira le film de Kelly et Donen It's always fair weather l'année suivante), mais comme c'est joli, bien propre, bien rangé: avez-vous remarqué que, fournies par le département costumes de la MGM, toutes les femmes portent ici les mêmes ballerines? Que tous les danseurs ont rigoureusement la même taille?

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Published by François Massarelli - dans Musical Vincente Minnelli Gene Kelly Danse