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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 16:32

Parce qu'en vérité, à cette époque, soit avant, disons, Les Tontons Flingueurs et Dr Strangelove, on ne pratiquait pas le mélange de genres... Lautner avait déjà tourné trois films dont deux qu'il considérait avec affection (Marche ou crève et Arrêtez les tambours), qui avaient été de sombres drames, des intrigues idéales pour rôder une équipe et apprendre à se servir du matériel.  ...Et se faire connaître!

D'une série B sans grand intérêt, et de l'esprit indiscipliné de Paul Meurisse, qui se sent piégé par contrat dans un film qu'il juge complètement idiot (A juste titre), va naître le nouveau Georges Lautner, un metteur en scène qui travaille vite, bien, en rigolant tout le temps et en se ménageant toujours une petite ouverture vers un meurtre mis en scène de façon inoubliable. Ici, c'est avec une sonnette de porte d'entrée. L'équipe est donc en place, avec la complicité de Pierre Laroche pour la réécriture de l'adaptation, ou encore Maurice Fellous à la photo. Et parmi les assistants, le jeune Bertrand Blier...

De l'avis général, le livre Le monocle noir est sans grand intérêt: largement basé sur l'exploitation de tous les bas instincts, le spectaculaire, la mise en valeur des "souvenirs" d'ancien résistant de son auteur le "colonel" Rémy, ça a en plus la réputation d'être totalement incompréhensible. Lautner ne gommera pas cet aspect, mais fera tout pour qu'on puisse légitimement avoir l'impression que le film lui-même rigole des excès de son intrigue: il utilise en particulier Bernard Blier, qui joue un commissaire de police dépassé par les événements, et qui passe son temps à souligner qu'il ne comprend rien... Il va aussi multiplier les décrochages, comme ces gangsters qui flinguent à tout va sans s'arrêter de commenter leur petite santé fléchissante... Il joue à fond la carte du style, nocturne, avec des plans qui impressionnent par leur profondeur de champ extrême (Qui en prime favorise des gros plans de figurants, qui seront ravis de l'aubaine!), tant et si bien que la film s'approche sans cesse de la parodie sans que le sérieux apparent des personnages ne soit mis en doute!

Et pour finir, la belle cerise sur le gâteau, c'est que Paul Meurisse n'avait aucune espèce d'envie de faire le film, mais était financièrement obligé; il ne mettra pas longtemps à comprendre qu'il avait carte blanche, et ne s'est pas privé de faire de son "commandant Dromard", espion émérite et portant parfois monocle, un être à part, pétri de sales manies et de gestes absurdes, qui rend le tout absolument farfelu...

Un dernier mot: il est question de nazis, de nostalgiques dont un marquis obsédé par "la grandeur" que pourrait apporter une élite humaine à un monde en déliquescence: il est interprété par Pierre Blanchar, et le grand comédien, qui après tout avait été aussi un résistant, ne s'est pas privé de montrer l'extrême droite Française, qu'il exécrait, sous son visage rassis. Il s'est beaucoup amusé.

Moi aussi...

 

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Published by François Massarelli - dans Georges Lautner
1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 07:41

Premier film en couleurs, et dernier des trois films de Lautner avec Lino Ventura, Ne nous fâchons pas est un paradoxe: un film multi-diffusé à la télévision, profitant allègrement du succès des deux précédents (Les tontons flingueurs et Les Barbouzes) tout en étant celui des trois films pour lequel on fait le plus souvent la fine bouche, il est aussi une preuve que Lautner, quand tout va bien pour lui, aime expérimenter... la parodie de films noirs et d'espionnage profite ici d'une envie de taquiner James Bond et ses méchants disposant d'organisations para-militaires tentaculaires, et d'une tendance désormais assumée, et qui se manifestera souvent, d'enrober les morts violentes à l'écran, de gags, de couleurs, de mise en scène inoubliable. Et tout ça sans faire du metteur en scène un esthète du crime, mais bien un pourvoyeur inimitable de comédie... Bref, avec Ne nous fâchons pas, Lautner se lâche encore un peu plus qu'avec Les Barbouzes, s'assume totalement, se fait plaisir enfin! Et il le fait en bonne compagnie, en particulier celle d'Audiard. Le tout débouche sur un film quasiment psychédélique, au délire pleinement assumé!

Et il commence avec une séquence pré-générique inattendue, car n'ayant rien à voir avec l'intrigue: c'est surtout une manière tranquille d'exposer le personnage interprété par Ventura, Antoine Berreto. Ce commerçant "honnête", comme il se définit lui-même, homme serviable mais capable de réactions musclées, est en effet poursuivi par une malédiction tenace: quand on l'irrite, il tape. Et il tape fort. Ca ne sert donc ni l'action ni l'histoire, mais c'est bon à savoir, parce qu'en effet, quand on embête Antoine, il a du répondant, on aura souvent l'occasion de le voir.

L'histoire commence à Collioure, ce qui nous surprendrait presque, nous qui avons tant pris l'habitude de voir les décors de la Côte d'Azur dans les films de Lautner. Antoine Beretto est un ancien truand qui s'est totalement rangé cinq années auparavant. Ce qui n'empêche pas les mauvais souvenirs: deux d'entre eux débarquent dans sa boutique où il vend du matériel de plongée et autres babioles maritimes. "En souvenir du bon vieux temps", ils lui réclament de l'aide (Les transporter en Italie en contrebande, Berreto possède tout le matériel pour) et de l'argent. En échange, ils lui donnent une adresse, celle d'un petit escroc qui leur doit une somme rondelette et qui se planque dans les Alpes-Maritimes; en se rendant à l'hôtel où crèche Léonard Michalon, Beretto met le pied dans un sacré panier de crabes, et pour commencer, selon l'expression d'usage, "bute un mec" qui en voulait à Michalon.

Et on va le voir, Michalon attire les ennuis, et les baffes. C'est très vite l'escalade dans ces deux domaines...

Lautner et Audiard sont une équipe rodée dans ce film, et ça se voit et s'entend. La troupe est là, sous une nouvelle déclinaison après les combinaisons différentes des Tontons et des Barbouzes: autour de Ventura et de Jean Lefebvre (Michalon), on voit Michel Constantin en compagnon ex-gangster qui énonce souvent les chose essentielles à la place de Beretto, et avec lequel ils forment une sorte de couple soudé dont l'enfant serait Michalon. Et puis, il y a bien sur celle dont j'ai du mal à croire qu'il va falloir désormais l'appeler feue Mireille Darc... Elle revient après Les Barbouzes, pour un rôle un petit peu moins garce, un petit peu moins fatale, mais bon, c'est Mireille Darc, quoi: l'épouse de Michalon, une autre de ses victimes, qui va assurer le repos du guerrier entre deux bombes pour Beretto.

Car si on dépasse les bornes (outre en ce qui concerne l'indispensable décompte de gifles) dans ce film, c'est bien sur le nombre d'explosions, de véhicules démolis, d'incendies irrémédiables. Et Ne nous fâchons pas me fait un peu penser, sous certains angles, à The Pink Panther de Blake Edwards: une comédie élégante de gangsters, en couleurs et cinémascope, tournée sur les côtes de la Méditerranée, et dynamitée de l'intérieur par l'esprit frondeur de ses deux auteurs, avec la complicité d'une bande d'acteurs qui n'en finissent pas d'apprécier les vacances studieuses à la Lautner! D'un film qui aurait été plaisant, le réalisateur fait un méta-film, véritable commentaire sur tout un pan du cinéma de genre de l'époque.

Et si Audiard est en bonne forme, le metteur en scène se lâche souvent, trouvant des solutions visuelles totalement dignes de l'esprit des Sixties: je pense sincèrement que ce film est à lui seul une capsule temporelle de ce que sont les années 60, vues à hauteur de vacanciers (On y campe, on s'y baigne, non?), ou de gangsters. Et le baroque malpoli (Ces mods aux casquettes, avec leurs improbables instruments pas toujours branchés et leurs vélomoteurs rouges) n'est après tout pas beaucoup plus improbable que les petites mains qui travaillent pour Blofeld ou Goldfinger. Lautner expérimente avec toutes les ressources de la comédie, ce qu'il fera souvent, et généralement très bien, dans les fécondes années qui vont suivre... Pour notre plaisir.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Georges Lautner Michel Audiard Lino Ventura
31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 16:32

En 1950, on n'est encore jamais allé très loin en matière de science-fiction. La quasi-totalité des films du genre, si j'excepte les rares incursions européennes (Metropolis, Aelita, Die frau im Mond, Things to come) sont des serials fort peu glorieux. L'idée pourtant de passer le monde contemporain à la moulinette métaphorique est dans l'air: d'une part, la science-fiction vraiment démarre à cette période, et des films importants vont voir le jour, mais il y a aussi des essais plus ambitieux, et disons plus étranges, comme The next voice you hear, de William Wellman.

The day the earth stood still est à la croisée de ces chemins, étant d'une part le premier des grands films de science-fiction classique, et le premier film donc dans lequel la terre se prépare à recevoir une visite extra-terrestre; d'autre part, il est clairement un commentaire inquiet et métaphorique sur la situation du monde en 1950-1951: le retour des conflits "physiques" avec l'intervention en Corée, la montée de l'anti-communisme, la méfiance à l'égard des "autres"... Autant de sujets qui sont développés dans des éditoriaux en 1951... Et comme la Fox puisait plus d'un sujet de film dans les titres de journaux, ce film ne va pas faire autre chose.

On ne perd pas de temps, en cinq minutes, le film expose sans attendre le problème: un vaisseau extra-terrestre arrive à Washington, se pose, et un être mystérieux (Michael Rennie) en sort... La foule et l'armée, massées à attendre dans l'angoisse, sont prêts les uns à paniquer, les autres à tirer au moindre geste. Ce que fera un soldat qui aura mal interprété un mouvement de "l'homme de l'espace", accompagné de son immense robot métallique, Gort. Klaatu, l'extra-terrestre aux manières aimables, est amené à l'hôpital, où on l'observe sous toutes les coutures, pendant qu'il se remet de sa blessure en un clin d'oeil. Il s'avère qu'il est l'émissaire d'une civilisation "voisine" mais très avancée, et qu'il vient dans le but de parler à la terre entière. Mais les terriens s'avérant incapables de s'entendre sur le lieu où entrer en contact avec l'étranger, celui décide de leur fausser compagnie, et de mener sa mission malgré les humains. Et pour commencer, il s'installe sous une fausse identité dans une petite pension de famille, le meilleur moyen pour lui d'observer l'homme de la rue d'une part, mais aussi de se lier avec des terriens, en particulier la jeune veuve Helen Benson (Patricia Neal) et son fils Bobby...

Pendant ce temps, la presse, le public et les autorités des Etats-Unis, murés dans une incompréhension parfaitement idéologique, cherchent "l'homme de Mars", qu'ils soupçonnent de faire un mauvais coup: pensez, il s'est infiltré dans la société...

Ce film est remarquable, en tous points: d'une part, Robert Wise ne rate aucune scène, contourne tous les écueils, et profite d'un superbe script de Edmund North pour inventer le film noir de Science Fiction! La photo de Leo Tover est constamment dans la plus pure tradition des films noirs de la Fox, qui faisaient de l'or avec des bouts de ficelles. La musique de Bernard Herrmann est un autre atout du film: étrange, électronique, mais surtout parfaitement répartie, la musique est souvent là où on ne l'attend pas, et sert constamment le propos du film, qui rappelons-le ne tarde pas à adopter le point de vue de l'alien...

Et dans ce film qui montre comment un intrus avec de relativement bonnes intentions (Klaatu) vient, après tout, pour dire aux terriens que s'ils s'arrêtent de mettre l'univers en danger avec leur escalade de guerres, ils seront des amis des autres civilisations avancées) est systématiquement traité comme un danger par des Américains totalement paranoïaques. La chasse aux sorcières a déjà commencé, et elle est là sous nos yeux, qui s'étale au grand jour: dans la pension de famille, l'extra-terrestre entend une dame bien comme il faut commenter l'actualité en disant qu'à son avis, ce "martien" que tout le monde cherche vient en fait de notre terre, puis lance un oeil qui dit clairement "suivez mon regard"... Surtout tous les Américains, confrontés à un être infiniment supérieur, ne peuvent pas, ne veulent pas voir le monde différemment, et vont essayer de le faire entrer dans leurs schémas...

Oui, le film a la dent dure, mais il a aussi la métaphore hardie: au-delà de l'intrigue de science-fiction (qui permet d'ailleurs de splendides moments de suspense et d'angoisse, avec des effets spéciaux qui feront date), le script franchit aussi d'autres portes sans hésitation. Ainsi, le nom d'emprunt choisi par Klaatu au moment de se cacher dans la pension de famille, sera par le plus grand des hasards Carpenter, soit "charpentier"... Une façon d'avancer l'idée que si un être débarquait, en cette époque de l'atome et de la Guerre de Corée, dans un pays aussi religieux que les Etats-Unis, en rappelant qu'il est le dépositaire d'une autorité supérieure, et se présentait comme Jésus, il est fort probable qu'il se ferait tirer dessus... 

Remarquez, aujourd'hui aussi. Et jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Les films du genre qui vont venir rentreront dans le rang, en prônant de "regarder le ciel", et de croire que l'invasion extérieure, qu'elle soit physique ou intellectuelle, ne peut qu'être inamicale! Ce qui fait de ce film un exemplaire presque unique. Et même sans cette charge métaphorique qui est subtilement appliquée, le film est un classique unique: les pieds fermement sur terre avec cette intrigue noire et à suspense, et la tête carrément dans les étoiles avec cette intrigue métaphorique inédite à l'époque, et dont la descendance force le respect... Et enfin, définitivement unique avec ses sons venus d'ailleurs!

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction
30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 17:25

1944: à Londres, les forces alliées n'attendent que le signal, le débarquement est imminent. Certains ont trouvé dans la vie de bureau apportées par les circonstances une sorte de confort imprévu: Charlie Madison (James Garner) et son copain "Bus" (James Coburn) font partie de ces gratte-papiers d'un genre nouveau. Mais si l'officier de marine Bus, un militaire de carrière, s'est vu obligé de se replier sur cette situation, Charlie (Un civil engagé) a quant à lui toute une démarche derrière la vie de planqué: confronté au combat, il a vu tous ses copains se faire tuer et professe désormais une lâcheté militante. Il est l'un des meilleurs pourvoyeurs de douceurs de l'armée. Vous avez besoin d'un whisky de première qualité pour dans deux heures? de chocolat? ...D'une femme? Charlie est votre homme!

...Et pourtant, Charlie va rencontrer une femme qu'il va aimer, en dépit de tout: Emily, son chauffeur (Julie Andrews). Sous des dehors de sainte-nitouche se cache la complexité d'une femme qui a vécu trop longtemps la tragédie de la mort de héros: son père, son frère et son mari sont tous morts au combat. Et la lâcheté de Charlie lui convient sans doute.

...Et pourtant Charlie va se voir assigner une mission par un vieil amiral gâteux (Excusez le pléonasme): filmer le débarquement, et si possible la mort du premier homme des alliés, dont l'amiral précise qu'il se doit d'être un marin. Pour Charlie, l'enjeu est de taille: c'est qu'il aimerait bien, justement, ne pas être ce marin!

Deux ans après la célébration en forme de grand-messe de The longest day, Arthur HIller balance un coup de pied dans la fourmilière de l'auto-congratulation des alliés, vingt années après. Et il le fait dans un film complexe, riche en provocations comme en personnages de grande valeur. On y tire à boulet rouge sur le patriotisme, le concept de héros, et l'armée. On y montre les mirlitaires comme des pantins capricieux écrasés par leur propre bureaucratie (Quand ils ne sont ps gâteux ou arriérés), et Julie Andrews y expose avec conviction pourquoi elle ne peut aimer qu'un lâche. Et au milieu de tout ça, toute l'absurdité de la bureaucratie militaire se déroule, jusqu'au n'importe quoi absolu.

Bref, c'est jouissif. Et avec Julie Andrews, manifestement ravie d'écorner son image (ce qu'elle fait d'ailleurs dans un dialogue très clair). 

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Published by François Massarelli - dans Comédie
29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 17:20

Ce Robin Hood vous fera plonger un nez curieux dans l'histoire, pas celle de Robin: non, l'Histoire avec un grand H. Car si on part du même point que les autres versions (la croisade, Richard Coeur de Lion, le pays laissé à la régence de John, futur Jean-Sans-Terre, le film de Ridley Scott re-tricote l'histoire en utilisant plus de précision, et même mais oui, la vérité historique... sur un certain nombre de points, parce que sinon, il fait comme tous les autres, du spectacle qui piétine allègrement l'histoire en imposant un certain nombre de petites tricheries avec la vérité. Et il possède aussi son lot de possibilités idéologiques, d'autant que je crois que Ridley Scott est passé maître dans les films ouverts, ou chacun pourra y puiser un peu de ses propres idées! Ici, on assiste aux balbutiements de la Franc-Maçonnerie, en filigrane...

1199: Alors que sa croisade malheureuse s'est terminée, le roi Richard 1er dit Coeur de Lion prend son temps pour se battre joyeusement avec les Français. Mais il est tué lors du siège de Châlus, et le chevalier Robert de Lockskey, qui transporte la couronne vers Londres, est attaqué en chemin par une bande de malfrats au service des Français. Celui-ci meurt en compagnie de soldats Anglais qui ont fui les lieux de la bataille, Robin Longstride et ses trois amis Will, Allan et John. Par acquis de conscience ils ramènent la couronne à Londres, Longstride se faisant passer pour Locksley, et celui-ci décide de pousser jusqu'au terre de l'homme qu'il a usurpé, afin de réparer sa faute en donnant son épée à sa famille. Mais Marion Locksley, la veuve, et Walter Locksley, le père, ne le laisseront pas repartir, car à Locksley il y a du travail...

Parallèlement, le roi John apprend les rudiments de la politique, en s'attachant les services d'un vieil ami, Sir Godfrey; il ne sait pas que ce dernier est en réalité à la solde de Philippe II dit Auguste, le roi de France, un homme qui mange des huîtres, est lâche et grossier.

Bref, un Français...

Mais celui-ci est dangereux: il a à coeur de s'approprier la couronne d'Angleterre, et pour commencer, d'y débarquer une fois que John aura bien foutu la pagaille. On a donc, plus que jamais besoin d'un héros!

Tout ceci est donc l'exposition du film, en l'état, c'est le prélude à un prélude: car tout ceci mènera à une situation plus familière, avec roi félon, shérif collecteur d'impôts, et hors-la-loi cachés dans les bois! Mais ce n'est pas le propos du film, qui s'intéresse plus à la fabrique d'un héros voire d'une légende, qu'à ce qu'on raconte depuis des siècles sur l'hypothétique Robin. Alors Scott une foi de plus s'intéresse aux détails, aux armes, heaumes, habitudes, et laisse la vérité de côté quand elle n'apporte rien à la production. On tremble d'entendre Philippe II lâcher, je cite "Putain, merde!" quand il s'ouvre la main avec une huître! Mais une fois de plus, après Gladiator et Kingdom of heaven, Scott montre qu'il n'est décidément pas un historien, juste un conteur. Il y a des gens que le conteur agace, mais après tout tant pis pour eux...

Car à la vérité, si on échappe à la vérité, au moins cette fois, les braves bandits de Robin ne sont pas habillés d'un impeccable costume verdâtre à folâtrer dans les bois en portant moustache. Non: ils sont sales, ont mauvaise haleine et les dents pourries. Ils ripaillent, boivent, et troussent. Et l'histoire est plaisante... Que demander de plus? 

Mais pourquoi, à part peut-être pour renvoyer la balle aux Francs-Maçons qui ont toujours eu un faible pour l'image de Robin, s'être encombré de ces allusions à une fondation de la société secrète dans l'ombre de Robin? C'était à mon sens suffisant de placer le "nouveau" Robin incarné par Russell Crowe en homme ni de la noblesse, ni du peuple, juste un Anglais, qui cherche à établir la justice pour tous, et marche la tête haute aux côtés de son égale Lady Marion (Cate Blanchett).

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Published by François Massarelli - dans Ridley Scott
28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 16:46

Les plus intenses moments de la vie de Frank Lucas (Denzel Washington) nous sont présentés. C'est l'un des caïds de la région New-Yorkaise, qui aurait pu se contenter de régner sur Harlem assez tranquillement, mais il a été pris d'idées de grandeur... Et s'est inséré dans le business de vente de drogue, devenant non seulement le pourvoyeur d'héroïne la plus pure du marché, mais en plus il a eu le culot de casser les prix! Parallèlement à cette success-story franchement inattendue, on s'intéresse à Richie Roberts (Russell Crowe), de Newark (N.J.), un flic qui a un énorme défaut: il est intègre. Et il a des idées sur la justesse, poursuivant tant bien que mal des études de droit. La rencontre entre les deux aura bien lieu, au bout de deux heures de film...

Biopic? Opéra Scorsesien? Film-vérité à la Friedkin? Film d'action à la Mann? Ridley Scott n'a choisi aucune de ces directions, même s'il a sacrifié ça et là à quelques figures de style attendues. Son film est surtout guidé par une envie de faire une excursion dans l'Amérique des années 70, dans ce pays qui continue de faire comme si de rien n'était alors que le chaos du Vietnam prend toute la place médiatique, et comme à son habitude, il reconstitue tout un monde, toute une atmosphère, avec une vérité confondante... Il s'inspire des histoires des films de Scorsese en évitant de pousser le bouchon trop loin, mais la minutie de la reconstitution, et l'investissement de Denzel Washington font beaucoup.

C'est un film dans lequel il fait bon s'engouffrer, et dans lequel on assiste à une leçon un poil provocante sur les Etats-Unis: si effectivement Frank Lucas devient le boss de Harlem, et bien plus, alors que la police de New York est corrompue jusqu'au slip, faut-il l'en blâmer, ou se dire qu'il ne représente finalement qu'une des multiples facettes du rêve Américain? La réponse, évidemment, n'est pas dans le film, même si à deux reprises Ridley Scott s'amuse à citer et détourner Norman Rockwell pour des thanksgivings de famille de gangsters noirs! Mais la question y est, posée de fort belle manière. Et le déroulement, lent et méthodique, va droit vers un but inévitable: la rencontre programmée de deux monstres sacrés. Donc, pas de quoi se plaindre, non?

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Published by François Massarelli - dans Ridley Scott Denzel
26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 22:53

Sur la Côte d'Azur, un jeune homme travaille dans un hôtel, mais une cliente le prend pour un client richissime suite à un concours de circonstances... ils passent la nuit ensemble, mais elle repart le lendemain avec son compagnon. Un an après, même hôtel, mêmes clients... Jean (Gd Elmaleh), le garçon, revoit arriver Irène (Audrey Tautou), et cette fois il va sciemment lui faire croire qu'il est bien un client riche de l'hôtel, mais ça va tourner en eau de boudin. Pour lui, mais aussi pour elle, parce que son compagnon Jacques (Vernon Dobtcheff) est peut-être âgé, mais il n'est pas un imbécile. Jean et Irène  vont, plus ou moins, s'associer pour devenir des parasites de luxe auprès de personnes seules... Faute de s'avouer leur amour.

On serait presque chez Lubitsch, avec ces quiproquos de chambre d'hôtel, et cette manie du bluff. Mais comme chez le maître de la screwball comedy, les mensonges, les bluffs et les coups bas cachent sans doute bien lus qu'un appât du gain monstrueux. Même si en matière de rapacité, Audrey Tautou ne fait pas dans la dentelle. ais l'intelligence du film est de privilégier le point de vue de Jean, qui décide de tout quitter pour celle dont il est amoureux, au risque de se perdre. Et du coup, la filouterie de la jeune femme passe comme une lettre à la poste. 

Ce jeune couple est bien délicat, et en somme, Salvadori les façonne un peu à sa guise, renvoyant à d'autres gaucheries pour Gad Elmaleh dont le rôle aurait pu être joué par Guillaume Depardieu, et d'autres ambiguïtés pour Audrey Tautou sur laquelle l'ombre de la grande Marie Trintignant plane parfois...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pierre Salvadori
26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 09:17

Durant quinze minutes, le premier film de court métrage d'Albert Dupontel nous propose une vision d'avenir qui devrait faire sérieusement froid dans le dos, avec une thématique qui lui permet de franchir une des limites du cinéma, tout en s'amusant à tout casser. Pas de surprise quand on connait le personnage, et des thèmes qui résonnent encore dans son film Neuf mois ferme... Bien que celui-ci soit quand même nettement plus raisonnable!

Désiré nous montre un hôpital imaginé de 2050, dans lequel on attend la naissance de Désiré Jacquinot. La mère s'impatiente en mâchant du chewing-gum, le père est à la ramasse et caméscope tout, sauf l'événement, et les docteurs ont tellement confiance dans leur système ultra-moderne qu'ils ne vont à aucun moment s'intéresser à l'événement. Le système prévoit une heure d'extraction du bébé, une série de tâches mécanisées (Couper le cordon et cautériser la plaie, etc). Mais ces braves gens n'ont pas prévu un grain de sable: le bébé lui-même. Je ne sais pas si Désiré l'est vraiment, désiré, au vu du peu d'intérêt qu'on semble lui porter... Mais lui a envie d'y aller en tout cas. Cela dit, comme le fait qu'il prenne lui même les choses en main est totalement exclu du protocole, ça va être l'horreur...

Dupontel incarne lui-même le docteur en charge, et parmi les comédiens qui l'entourent, on reconnaît beaucoup de gens qui reviendront dans ses longs métrages. En marge de l'accouchement proprement dit, il nous montre un environnement dans lequel les humains sont devenus des imbéciles (Plus que maintenant, du moins), et en profite pour brosser le portrait d'un infirme, incarné par Michel Vuillermoz, qui va avoir une crise de jalousie terrible à l'égard de ce bébé: "Moi, quand ma mère a accouché, elle a cru qu'elle avait fait caca!"... La vision du futur de Dupontel, un futur mécanisé et dans lequel l'homme abandonne toute responsabilité, serait terrifiante s'il n'y avait cette accélération systématique du mouvement, provoquant moins le malaise qu'un effet burlesque, et qu'on retrouve jusque dans des films beaucoup plus récents. Mais le ton est délibérément à la provocation, en particulier par rapport à ce qu'on ne voit pas, mais qu'on entend à la fin du film, alors que le générique démarre: une réflexion du médecin sur le bébé, se posant la question suivante: "qu'est-ce que c'est, ce liquide rouge?".

Bref, punk, quoi.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Science-fiction Albert Dupontel
25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 15:59

C'est la deuxième fois que la Warner s'attelle à une version de la même histoire d'Ernest Hemingway, mais le titre sera laissé de côté au générique de ce film. The breaking point (c'est le point de cassure, la limite de ce qu'un homme peut encaisser) relate l'histoire d'Harry Morgan (John Garfield), un ancien marin de la seconde guerre mondiale, qui cinq années après la fin du conflit, survit en utilisant son savoir-faire maritime dans un petit bateau, louant ses services aux gros bonnets de passage, en compagnie de son ami Wesley (Juano Hernandez). Ils ont tous les deux une famille à nourrir: Morgan est marié à Lucy (Phyllis Thaxter), dont il a eu deux filles; et Wesley a un garçon, qu'on verra à deux reprises: au tout début du film, et aussi à la fin...

Les deux amis utilisent donc leur talent pour gagner leur vie, mais l'un et l'autre partagent la même vision des trafics ombreux auxquels ils pourraient se livrer s'ils le souhaitaient: un avocat véreux, Duncan (Wallace Ford), passe son temps à proposer des affaires louches à Morgan. Il les repousse toujours... jusqu'à ce qu'un client, Hannagan (Ralph Dumke), ne parte sans payer: coincé au Mexique, sans argent, Morgan doit accepter une offre de Duncan qui lui permettra de retourner aux Etats-Unis. Mais ce ne sera que le premier faux pas d'une descente vers les ennuis les plus encombrants, dans lesquels Morgan et Wesley vont  laisser un certain nombre de plumes...

Harry Morgan, en 1944, c'était Humphrey Bogart, et le film de Hawks s'appelait To have and have not. C'était d'ailleurs le titre du livre d'Hemingway, mais l'intrigue située dans le roman en 1937 à Key West était transposée à Fort-de-France en 1940, permettant de continuer à exploiter l'image de résistant incarnée par Bogart dans Casablanca et Passage to Marseilles (Les deux films, incidemment, sont réalisés par Michael Curtiz...), avec cette même évolution du personnage, d'une indépendance farouche, vers une indignation le poussant à épouser la cause anti-fasciste. C'était d'un romantisme échevelé, d'autant plus magnifié par la présence de Lauren Bacall, et comme chacun sait la romance entre ces deux-là a beaucoup joué en faveur du film, aussi bien sur le plateau que dans le département publicité de la WB!

Contrairement donc à l'aventure romantique de To have and have not (le film), d'un romantisme qui doit sans doute autant à Hawks qu'à Hemingway, The breaking point qui remet certaines pendules à l'heure (A commencer par le fait qu'Harry Morgan ait une famille et des factures à payer, ce n'était pas le cas dans le film de 1944), est un film noir. Et film noir oblige, on y trouve aussi une femme fatale incarnée par Patricia Neal, dont c'est peut-être le rôle de sa vie! Leona Charles est une femme indépendante, qui tend à s'accrocher à des hommes d'argent, et au début du film elle est la petite amie de Hannagan. Leona représente l'aventure, ou ses dangers... A ce titre, elle est un élément imprévu, dont Morgan se serait bien passé, car l'attraction entre les deux est évidente. Suffisante en tout cas pour qu'une fois revenu à la maison, Morgan mente à son sujet. Pourtant, il ne se passera rien, ou presque rien entre les deux: Morgan fera en effet le choix de ne pas céder à ses impulsions, précisément parce qu'elle sont des impulsions.

Le romantisme du film, de fait, est plus clairement un romantisme de lendemain de cuite que le souffle noble de la grande aventure. Le film nous conte en effet des mésaventures vécues par un homme capable d'encaisser (Il a fait la guerre, dont il est revenu couvert d'honneurs et de médailles diverses), mais qui a surtout des bouches à nourrir. Et Curtiz, pour définir son personnage principal, a fait en sorte que le scénariste Ranald McDougall joue à fond la carte domestique, des scènes situées dans la maison modeste des Morgan, où il est question de traites à payer, de faire le plein, et d'amener les filles à l'école... Des scène minimalistes, qui bénéficient pourtant du même soin dans la mise en scène, que les séquences d'action, ou d'atmosphère nocturne.

C'est que le film n'est pas un film noir comme pouvaient l'être les grandes oeuvres du temps de guerre, toutes en style et en atmosphère baroque: Curtiz traduit ici le désenchantement d'après-guerre, dans une histoire qui se passe le plus souvent au grand jour, en plein sous le radieux soleil de Californie... Et il le fait avec un style exceptionnel, le sien, en signant chaque scène, chaque plan, de sa maîtrise et de ses thèmes de prédilection. Comment ne pas se reconnaître une fois de plus, dans le rôle d'un capitaine revenu de tout, qui doit travailler à faire ce qu'il aime, mais dans des conditions qui ne sont plus celles qui l'ont motivé au départ? Curtiz, depuis près de 25 ans à la WB, tourne par nécessité, parce qu'il en est dépendant; et Morgan, qui doit composer avec les uns et les autres, c'est lui plus que bien d'autres personnages (les autres personnes dont il s'est senti proche, dans ses années Warner, sont probablement Lionel Atwill dans The mystery of the Wax Museum, John Barrymore dans The mad genius, et Claude Rains dans The unsuspected) de ses films... Et la façon dont The breaking point commence le rend proche de tant de films qui commencent avec la vision d'un véhicule en marche, l'un des péchés mignons du metteur en scène...

The breaking point, merveilleux film noir, est l'un des éléments principaux du testament d'un immense metteur en scène, qui dans ce genre d'entreprise pourrait bien avoir été infaillible, trouvant d'instinct l'angle parfait (Ces compositions qui intègrent la profondeur de champ, ces scènes nocturnes, ces plans-séquences magiques...), dirigeant ses acteurs à la baguette, mais obtenant en retour des interprétations splendides: Patricia Neal, donc, ou John Garfield, ou Phyllis Thaxter, sont plus que remarquables. Mais le metteur en scène cache de moins en moins son profond humanisme, en décidant de finir sur un plan imprévu: lors d'une aventure malencontreuse, Wesley, l'ami Afro-Américain de Morgan, a trouvé la mort. Morgan est salement amoché, et on le ramène à terre, à sa famille, menée par Lucy qui s'accroche à l'espoir qu'il se sorte de ses blessures. Tout le monde part, sauf une personne, laissée là à son sort, et à ses interrogations: le fils de Wesley. Il ne sait pas encore que son père est mort, personne ne le lui a dit.

C'était déjà une belle avancée de la part de Curtiz d'insister que l'acteur Afro-Cubain Juano Hernandez interprète le rôle, et soit l'ami intime de la famille Morgan (Chez Hawks, il aurait été leur coolie, et n'aurait eu qu'un vocabulaire limité), sans que jamais quelqu'un fasse la moindre réflexion sur la couleur de sa peau. Mais ce final inattendu qui souligne l'indifférence dans laquelle un garçon de dix ans végète, de la part des blancs qui l'entoure, montre décidément la noirceur de ces années d'après-guerre...

C'en est bien fini de l'esprit de Casablanca.

 

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Published by François Massarelli - dans Michael Curtiz Noir Criterion
25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 11:21

Ariane Felder (Sandrine Kiberlain) est juge. Pas une rigolote, non: célibataire militante, aimant son métier, et pas pour y montrer candeur ou gentillesse, non: c'est une tueuse. Mais un soir, pas n'importe lequel quand on y pense, puisque c'est le 31 décembre, la nuit durant laquelle l'être humain se croit obligé de déconner encore plus que d'habitude, elle va se lâcher, un peu contrainte et forcée. Poussée par ses collègues en meute qui organisent une fiesta indécente au palais de justice de Paris, elle va boire, danser, et quitter les lieux dans un état lamentable... A tel point qu'elle n'a aucun souvenir de ce qu'elle a fait cette nuit fatale.

Six mois plus tard, elle ne va pas bien. En consultant un médecin, elle apprend qu'elle est enceinte. Et en menant sa propre enquête pour établir d'où vient "l'intrus", elle découvre que le père s'appelle Bob Nolan (Albert Dupontel): cambrioleur pas fin, multi-récidiviste, il a été arrêté pour des faits particulièrement graves... Il a attaqué un vieil homme, l'a découpé en morceaux avant de manger ses globes oculaires.

Du moins c'est ce que dit le dossier...

Comment Ariane va-t-elle gérer l'affaire? Bob Nolan est-il vraiment le père? Y-a-t-il quelque chose à attendre d'un tel homme? Et d'ailleurs, le "globophage", comme on l'appelle désormais, est-il vraiment ce monstre qu'on décrit?

Une immense surprise, voilà comment on peut qualifier ce film admirable. J'insiste sur l'adjectif: on n'a que très rarement, sinon jamais, eu une telle qualité dans un film Français de comédie! Le timing des acteurs, le montage, la mise en scène inventive, les surprises cachées dans chaque plan, et le ton global, tout apporte la réussite. Et c'est drôle de bout en bout... Bien sûr, on ne peut absolument pas prendre ce film au sérieux, même si Dupontel s'y livre à une parodie hilarante de la justice sous ses dehors les plus poussiéreux... A voir et revoir, pour ses 82 minutes de comédie hystérique, ses séquences de délire (Une improvisation de Dupontel a donné lieu à une scène hilarante aux effets spéciaux gore), et ses personnages: parce qu'en plus, et ça se voit tout le temps, si les autres en prennent pour leur grade, Dupontel aime beaucoup ses héros, sa juge froide et coincée, et son cambrioleur bas du front.

 

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Albert Dupontel Terry Gilliam