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16 septembre 2022 5 16 /09 /septembre /2022 16:42

Ne cherchons pas de vraisemblance ni de réalisme dans ce film (et pas non plus dans l'ensemble des films de Méliès du reste!): ici, l'illusion du cinéma sert la magie, et le tout est basé sur des fantasmes bien courants à l'époque, quand il s'agissait d'exotisme...

En Turquie, donc, un bourreau exécute quatre condamnés à mort en les décapitant, puis met leur tête dans un tonneau! Alors que le bourreau ne regarde pas, une des têtes sort et se remet sur un corps, redonnant vie au condamné, qui sauve ensuite ses copains en reprenant les têtes là où elles sont! Mais le clou du spectacle est la vengeance de tous ces infortunés... 

Une vengeance que je vous laisse découvrir, qui montre aussi un arrière-plan à la fois sadique et loufoque de Méliès, qui a joué sur trois tableaux ici: l'horreur, l'absurde et la surprise...

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
12 septembre 2022 1 12 /09 /septembre /2022 17:42

Dans ce remake d'un film de rêve (il y en a eu quelques-uns), Méliès recycle quelques idées, et bien sûr incarne ici le rêveur victime de ses danseuses...

Et justement, des danseuses, il y en a. Méliès utilisait parfois les danseuses de la troupe du Chatelet (dans Le voyage dans la lune, elles sont beaucoup utilisées), parce qu'il voulait une certaine discipline corporelle, et avec une troupe établie, c'était plus facile. Et souvent il leur faisait faire d'authentiques pas de danse, comme c'est le cas dans de nombreux films de la fin de 1903, ce sera de nouveau le cas dans le suivant de ceux qui nous sont parvenus...

Certains des décors de ce film, qui vire bien sûr au cauchemar, seront précisément utilisés de nouveau dans ce projet suivant, intitulé Faust aux Enfers...

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
12 septembre 2022 1 12 /09 /septembre /2022 17:33

Polichinelle (Méliès) et Pierrot construisent à partir d'éléments de carton-pâte une lanterne magique de fort belle taille, et projettent des images particulièrement vivantes sur un mur... Ils laissent sortir de la lampe des danseuses, un arlequin et Colombine. Puis les deux compères se disputent les faveurs d'une danseuse, provoquant l'intervention de la police...

Au-delà de l'anecdote assez banale, le film est intéressant sur quatre points... d'une part, il repose une fois de plus sur des trucages perfectionnés, et présente une innovation: une surimpression non pas sur fond noir, mais sur fond blanc, qui tranche radicalement avec l'habitude, en soulignant son côté artificiel. 

Ensuite, Méliès a ici recours, comme souvent dans les films environnants, à une troupe de danseuses, et les avait probablement en contrat pour plusieurs, jours, rentabilisant son investissement dans plusieurs films, on les retrouvera d'ailleurs dans d'autres bandes effectuées en fin 1903.

Puis on remarquera que l'intervention de la police pour séparer les protagonistes indique en quelque sorte qu'on est dans un lieu public, et donc probablement, le Théâtre Robert-Houdin...

Et enfin, quand on y pense, Méliès réinventant la Lanterne Magique, l'ancêtre direct du cinéma, en substituant des images mouvantes aux images fixes, n'est-ce pas déjà une sorte de méta-film, un commentaire sur la magie du cinéma? Qui mieux que Méliès, d'ailleurs, pour le faire si tôt?

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
11 septembre 2022 7 11 /09 /septembre /2022 11:02

Continuant à expérimenter avec les sketches inspirés du music-hall, Méliès recycle aussi le schéma de ses films à trucs, avec un magicien doté d'un assistant (toujours le même, d'ailleurs!), ici affublé d'une barbe, et une foule d'enchaînements d'effets spéciaux des plus divers, évidemment accompagnés d'explosions. 

Une bonne part du film repose sur l'illusion de transformer un mannequin en une jeune femme, et les variations en sont nombreuses et assez étourdissantes! Méliès s'amuse, au final, en poussant la logique de l'absurde jusqu'au bout, dans un gaga étonnant.

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
11 septembre 2022 7 11 /09 /septembre /2022 10:48

En utilisant le nom d'Alcofribas (très courant chez Méliès, si on en croit du moins les boniments qui nous sont parvenus pour l'accompagnement des films), le réalisateur-magicien se souvient de Rabelais, ce qui ne nous étonnera sans doute pas: non seulement le premier illusionniste du cinéma a des lettres, mais en plus, une oeuvre aussi foisonnante que foncièrement truculente et mal polie, ne pouvait que l'attirer...

L'enchanteur, donc, nous fait visiter son antre, et y fait la démonstration de ses talents, avec de multiples attractions toutes obtenues avec fonds noir, arrêt de caméra, et... un gros plan, celui d'une jeune femme qui contrairement à ce qu'on dit souvent n'est pas Jehanne d'Alcy, la compagne des vieux jours du metteur en scène.

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
11 septembre 2022 7 11 /09 /septembre /2022 10:42

Tout est dans le titre, comme souvent chez Méliès. Le metteur en scène/bateleur/prestidigitateur y retourne à son déguisement le plus courant, celui du magicien du tournant de siècle rajeuni par l'ajout d'une perruque... Il y rappelle qu'il a la vocation être international, avec l'usage de la langue anglaise sur sa boîte...

Les trucs utilisés ici sont le gros des usages habituels, il se fait plaisir, donc, sans révolution notable... Si ce n'est que les mannequins sont de plus en plus utilisés pour des transformations en jeunes femmes... Méliès était, pour utiliser un adjectif qui m'est cher, un peu coquin sur les bords.

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Published by François Massarelli - dans Muet Méliès
11 septembre 2022 7 11 /09 /septembre /2022 08:48

Un homme qui s'adonne à une joyeuse consommation d'alcool se laisse aller à des excentricités de plus en plus folles, avec jonglage, apparitions/disparitions, etc...

Le film est clairement sous l'inspiration du music-hall, Méliès faisant tout pour sortir de ses films habituels consacrés à l'illusionnisme. Il est aussi très probablement inspiré d'un personnage de la comédie contemporaine, qui est sans doute facile à décoder pour le public.

Le décor est du pur Méliès avec ses toiles et cartons peints, Méliès recycle ici des trucs qu'il avait utilisés dans La Guirlande merveilleuse, mais en nettement plus frénétique...

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
11 septembre 2022 7 11 /09 /septembre /2022 08:37

Tout en continuant à explorer les façons d'utiliser les effets spéciaux et d'en doser les possibilités, Méliès va en cette fin 1903 beaucoup oeuvrer à créer un hommage au music-hall, en concoctant et interprétant lui-même des numéros, dont celui-ci qui est particulièrement notable: Méliès y représente une scène, plus qu'un proscénium.

Un clown (Méliès) assemble au fond de la scène un mannequin, puis se déplace à l'avant en dansant. Un autre clown lui dispute la scène, et la querelle 'envenime, jusqu'à ce que le premier fasse disparaître le second à coups de maillet! La suite est inévitable, puisqu'on se rappelle qu'il y a un mannequin/pantin au fond de la scène, le clown va certainement faire apparaître une jeune femme. Mais étant Méliès, il ne va pas se contenter de le faire...

Comme son cinéma, le music-hall selon Méliès n'est jamais loin de l'illusionnisme, et on voit bien la science du prestidigitateur, la faculté à nous détourner de l'illusion par des facéties. 

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 23:29

La danse, c'est la vie.

C'est probablement ce que pense Elise (Marion Barbeau), en coulisses, alors qu'elle s'apprête à danser, dans une compagnie classique. Jusqu'au générique, pas un mot ne sera prononcé, pas un seul. Tout ce qui se passe dans l'image est une lente montée vers l'accomplissement de la danse... et pourtant, quand une minute avant son solo Elise voit son petit ami en embrasser une autre, elle ne se déballonnera pas, et ira au bout. Hélas, par la suite, un mouvement en entrainera un autre, et elle finira à l'hôpital à cause d'une mauvaise chute, le corps et la cheville brisée... Elle va devoir se rééduquer, mais elle boitera, et la médecine, comme la kinésithérapie, sont formelles, il y a des chances qu'elle ne danse jamais plus.

Dans sa famille du côté de Blois, on l'épaule, certes, mais c'est difficile: le père (Denis Podalydès), un avocat qui a du mal à admettre que l'une de ses filles tienne un restaurant, et une autre danse au lieu de faire du droit, vit dans le souvenir hagard d'une compagne, la mère des trois filles, qui elle aussi dansait mais est partie trop tôt. Alors les plats cuisinés par l'une de ses filles ne sont "pas mauvais", et la danse pour l'autre, c'est "de la culture, certes, mais quand même"... Et le rapport à ses filles reste distant: Elise en souffre.

Courtisée sans qu'elle s'en aperçoive par son kiné (François Civil), elle accepte l'offre d'une ancienne copine de ballet, Sabrina (Souheila Yacoub), qui part en Bretagne avec son mari (Pio Marmaï) et leur food-truck, pour servir de cantine à un hôtel bien particulier où une dame excentrique, Josiane (Muriel Robin) accueille des troupes pour leur offrir un cadre où répéter. Bientôt rejointe par Yann, le kiné, elle va redécouvrir la danse grâce à l'arrivée d'une troupe contemporaine...

La vie c'est la danse...

Comme Gene Kelly (Got to dance, clame-t-il dans Singing in the rain, soit "il faut que je danse!"), comme Natalie Portman dans le vénéneux Black Swan de Darren Aronofsky, comme Moira Shearer dans The red shoes de Michael Powell, Elise/Marion Barbeau a construit sa vie sur la danse, et ne conçoit pas l'une sans l'autre. Mais c'est aussi un personnage pragmatique, qui réussit grâce à son environnement, à survivre à l'arrêt de son activité. 

Et pourtant en s'ouvrant à une autre voie, par la danse contemporaine, abordée dans un premier temps sous l'angle du hip-hop, puis partagée en Bretagne avec la troupe, puis grâce aux tendresses de Medhi, son petit ami qui ne ménage si câlins, ni baisers (et il a bien raison), puis grâce aussi au lieu où elle séjourne, cette maison si accueillante et tenue par celle qui est presque une bonne fée comme dans les films de Frank Borzage (Muriel Robin), elle va revenir à la danse. Des scènes nous montrent la danse comme un retour de sa vie, mais aussi s'infusant dans la vie des autres... Les deux cautions presque comiques du film, Pio Marmaï et François Civil, sont eux aussi pris par le virus! Il n'empêche, le film accumule les scènes durant lesquelles la danse sort de la scène pour entrer dans la vie: en plein vent en Bretagne, chez Josiane, quand les trois anciennes ballerines font une démonstration impromptue, ou devant la grande Halle, quand la troupe célèbre une première réussie...

D'ailleurs, Klapisch, dans un film qui commence comme un drame, et dans lequel le moindre geste de travers risque de précipiter Elise dans la tragédie, n'oublie jamais qu'il vient de la comédie. Cinq personnages vont lui permettre de maintenir la bonne humeur: Josiane et son franc-parler, le cuisinier et sa petite amie Sabrina, celle-ci partant toujours au quart de tour, Henri l'avocat coincé, qui ne sait plus où se mettre quand il est question de sentiments, et bien sûr Yann le kiné: quand Elise vient le voir après le double drame (rupture, puis entorse) elle apprend que sa rivale était la petite amie de Yann. Celui-ci, dans un retournement comique inattendu, finit en larmes sur sa table de massage, consolé par la jeune femme qu'il massait...

Mais la danse, c'est aussi une affaire sérieuse, dans ce film où on la confie (comme Kelly, ou Powell avec Moira Shearer) à de vrais danseurs et ballerines. La compagnie d'Hofesh Shechter joue un rôle crucial, mais comment passer à côté de la prestation fabuleuse de Marion Barbeau? La danse, ici, est vue depuis le corps, dès les premières images des préparatifs d'un spectacle dans un théâtre à l'italienne, sous la lumière bleutée, dans l'absence totale de dialogue. Cette absence de verbiage renvoie à l'essence même du cinéma et se prolongera y compris quelques minutes après le générique... Car la danse et le cinéma silencieux se sont parfois confondus: Le voleur de Bagdad, par exemple...

Enfin, dans un film très riche où un père va apprendre à dire "je t'aime" à sa fille, qui l'a ému aux larmes (il n'y a pas que lui...) par sa prestation, où la vie s'arrête puis reprend, où on avance, avec les petites fêlures de la vie, on se rappellera aussi qu'il y a eu un temps où tout s'est arrêté. La danse, c'est la vie, et parfois la vie triomphe sur le malheur: la fin de l'amour, la blessure, ou une saleté de pandémie, durant laquelle des danseurs éloignés des feux de la rampe ont pu participer à ce film qui me semble être une oeuvre majeure de son auteur. Un auteur jamais plus à l'aise que quand il suit une troupe, que ce soit les étudiants Erasmus, ou les employés d'un grand magasin Parisien dirigé par Fabrice Luchini...

 

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Published by François Massarelli - dans Cédric Klapisch
10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 17:04

Un publicitaire (Jean Dujardin) se jette dans le vide, puis flash-back...

Je ne vois pas l'intérêt de résumer au-delà de ce qui précède ce film boursouflé, qui fait semblant d'attaquer la publicité en en recyclant les pires codes et tous les excès possibles. Il y avait à la base un roman de Frédéric Begbeider, que je n'ai absolument pas envie de lire, et nous avons à l'arrivée un clip vulgaire et boursouflé, des talents gâchés (Dujardin dans un rôle de connard insupportable qui traite lui-même les autres de connards, en particulier, quel intérêt? Et puis Nicolas Marié) le tout dans une mise en scène qui croit avoir tout compris du style de David Fincher dans Fight club, au point d'en reprendre les audaces, du moins Jan Kounen le croit-il.

Passez votre chemin, et faites mieux. Ce ne sera pas difficile de faire mieux que ce navet idiot et prétentieux.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Navets