Méliès dirige des musiciens et choristes, qui se situent sous une portée musicale figurée par cinq fils... Il y accroche une clef de sol, puis des notes: en fait, à chaque fois, sa propre tête... Il dirige ensuite l'orchestre qui doit suivre la partition ainsi accomplie: à la fin, ce petit monde disparaît en dansant le cake-walk...
Au-delà de l'incompréhensible mode, et de l'inexplicable affection de Méliès, pour cette danse un rien trop sommaire qu'est le cake-walk, c'est un film époustouflant, dans lequel le maestro s'adonne à son art, sans en rajouter, et se donne les moyens d'accomplir ce qui reste un exploit: une forme d'art nouvelle, complexe, originale, et qui réussit à unir derrière la bannière de la musique, forme universelle s'il en est, tous les publics possibles. Mais la musique, elle n'est ici qu'évoquée par l'image, ce qui en temps normal est mission impossible! Il ne faut pas juger les films de Méliès comme on le fait avec ceux d'aujourd'hui, mais comme une forme brute, quintessentielle, de cinéma pur...
Méliès fait un certain nombre de tours, et avec l'aide d'un assistant, fasciné (c'est toujours le même...), il fait apparaître une femme dans le cadre d'un portrait avant de lui donner vie...
Pas beaucoup plus à dire sur un film dont les copies survivantes sont dans un bien piètre état... C'est, comme d'habitude, un fond noir en velours qui est utilisé pour permettre les apparitions et transformations, et sinon, Méliès joue sur la durée en rajoutant des tonnes de variations...
A propos de variation, le film existe aussi sous le titre du Portrait spirituel, ce qui ne fait pas vraiment sens non plus par rapport à ce qu'il montre...
Dans l'Égypte ancienne, deux prêtres déposent une boîte à l'intérieur d'un temple, puis verrouillent les portes derrière eux. Après leur départ, un homme vole la boîte, mais il est rattrapé par un mystérieux personnage barbu. Celui-ci récupère la boîte et donne vie aux deux sphinx placés aux portes. Devenues des femmes, elles attaquent le voleur, dont la tête se transforme aussitôt en tête d'âne. Les sphinx redeviennent statues, le barbu disparaît... Reste un âne.
C'est le premier film d'une série qui utilise des décors Egyptiens, ce qui pose problème puisque l'Oracle de Delphes, comme son nom l'indique, est quand même plutôt Grec... On pardonnera à Méliès, attentif à la mode orientaliste, autant qu'à des titres qui doivent accrocher tout de suite, quitte à être faux!!
Sinon, les effets utilisés sont une fois de plus parfaitement maîtrisés...
Dans le collimateur de la justice royale, un sorcier promet au souverain de lui montrer de merveilleuses et ravissantes jeunes personnes. On lui amène une tapisserie de velours noir, à sa demande, sur laquelle il fait effectivement apparaître trois jeunes femmes... Il ajoute quelques tours de magie, avant d'enfermer le roi dans l'illusion qu'il a créée et de partir avec les jeunes femmes, dans un cake-walk endiablé.
Faut-il le préciser? Ce sorcier, c'est bien sûr Méliès lui-même qui une fois de plus confond l'illusionniste dans l'intrigue et l'illusionniste auteur... Une façon de persister et signer ses films! Il prend aussi acte du fait que le public n'est pas dupe de sa tendance à rameuter les jolies filles dans ses effets spéciaux, et rappelle au public que globalement, il se fait berner. Un moderne, donc...
Sous un titre à la fois passe-partout et assez fidèle au film, se cache un joyeux bric-à-brac, qui illustre magnifiquement à lui tout seul la faculté de Méliès à partir dans d'éblouissantes variations toutes plus inutiles et glorieuses les unes que les autres...
Un magicien se tient devant un fond de velours noir et accumule les tours, et d'un piédestal, il fait jaillir une flamme... Qu'il transforme ensuite en femme, puis il la fait venir vers lui, avant de terminer le film sur des acrobaties pour lui et son disciple/assistant...
On imagine bien sûr que le film était, l'origine, en couleurs, notamment la flamme, dont l'effet devait être esthétiquement très intéressant...
Un professeur de peinture donne un cours dans un jardin au XVIIIe siècle. Il veut peindre une statue dans une grotte, puis s'absente. Un homme installe un piédestal improvisé puis divers accessoires pour figurer la statue... qui s'anime.
Le film repose sur l'incrustation de plusieurs détails dans l'image pour jouer sur les transformations. Le décor élaboré montre Méliès commençant à chercher dans les contextes de ses films, une certaine sophistication qui est absente de la plupart de ses films d'illusionnisme... Un effort qu'on va retrouver dans e nombreux films de 1903.
Evidemment que le titre est une antiphrase, même si ce n'est pas une phrase! Il n'y a pas de repos possible dans ce remake délirant de L'auberge diabolique...
Méliès cette fois imagine un locataire aux prises avec non seulement les vêtements, mais aussi le décor, et les autres locataires. Il situe l'intrigue dans un contexte identifié, comme Porter avec The dream of the rarebit fiend, et donc l'homme est pris par l'ivresse... Mais quelle gueule de bois il se prépare!!!
Et quand les autres locataires entrent dans sa chambre, on finit sur une poursuite comme chez Gaumont quelques années plus tard...
Une sorcière maltraitée par un paysan enchante le puits du village, qui devient une source de sortilèges en tous genres, crapauds géants et reptiles menaçants, diablotins qui sortent du puits, etc...
Beaucoup d'agitation dans ce film qui vise une rationalisation des trucs à but narratif: de plus en plus, Méliès va tenter de raconter des histoires, sans doute sous l'influence du cinéma en général. Ce film reste un seul plan, parfaitement fixe, mais qui s'attache à poser des personnages et une situation avant de lâcher du merveilleux et du fantastique en contexte...
Dans une petite banque familiale, le vieux caissier (Lon Chaney) découvre que le directeur, Peabody, et son fils, détournent de l'argent. Ils le frappent et s'en débarrassent, le croyant mort: le complice qui transportait le corps a un accident. Le corps a disparu...
La fille du vieux Forbes, le caissier disparu, demande de l'aide à son ami Billy, qui décide de profiter de l'occasion pour prouver qu'il n'est pas un bon à rien...
C'est l'un des rares longs métrages Universal avec Lon Chaney d'avant 1919 à avoir été conservé entier ou à peu près... Et c'est un film assez connu, du coup, souvent montré ou édité, dès les années 80, en super 8 puis VHS et enfin DVD. Mais c'est avant tout un mélodrame assez sombre, avec un arrière-plan moral et une leçon, dans les limites de la convention: les Peabody sont des gens avides et sans scrupules, qui non seulement détournent l'argent de leurs clients avec des malfrats, mais en plus vont saigner à blanc ceux qui ont des dettes envers eux. Des capitalistes, dans le pire sens du terme, qui s'en prennent à un descendant du patriote Paul Revere, interprété par Chaney! Et pendant ce temps, un homme simple mais amoureux va révéler sa vraie force morale et faire triompher le bien.
Le film est décent, avec de belles scènes de suspense nocturne. Chaney y est excellent malgré la charge mélodramatique de son rôle, qu'il assume à 200%! Et la direction de l'artisan Joseph de Grasse (dont le frère Sam interprète ici le fils Peabody) est adéquate, sans plus...
Un magicien (Méliès), avec son assistant, fait apparaître sur un fond de velours noir une jeune femme, qu'il va ensuite faire disparaître dans une boîte magique...
Le numéro est désormais bien réglé, et on constatera que Méliès y a sciemment intégré un moment de pure mystification, dans lequel magicien comme assistant font les gestes nécessaires pour montrer au public... qu'il n'y a soi-disant aucun trucage!