
Tourné dans les Bouches-du-Rhone des années 70, avec ses vedettes millésimées (Pierre Richard, Jane Birkin, Claude Piéplu, Henri Guybet), et sa (petite) satire sociale, ce film de Claude Zidi a tout de la madeleine... Je vais le dire tout de suite, pour moi, Zidi reste à tout jamais le metteur en scène des Bidasses en folie ou des Rois du gag, ou des Sous-doués: un tâcheron. Un type qui a sans doute eu du métier, du savoir-faire et des opportunités, mais dont le rapport au cinéma est compliqué, voir pour s'en convaincre la parodie (très drôle au demeurant) de metteur en scène dépassé par les événements dans ce film (Vittorio Caprioli) et l'insupportable, poujadiste "Wellson" dans Les rois du gag, ou le metteur en scène ambitieux tel que l'interprétait Michel Serrault au pire de la caricature...
C'est dire si ça me fait plaisir de pouvoir voir - ou revoir- une comédie comme celle-ci, dans laquelle le réalisateur s'est un peu plus impliqué... à moins qu'il ait tout simplement mis son ambition au service de quelqu'un qui en avait un peu plus que lui! J'y reviendrai.
Dans la région d'Aix-en Provence, le député-maire d'une petite ville, Hubert Durois, est en campagne électorale; son fils, lui, est au lycée: il y enseigne les maths. L'un et l'autre se rejoignent sur un point: le père est un vrai père-la-pudeur, obsédé par la pornographie, et le fils, qui est plus ou moins fiancé à une de ses collègues, se montre particulièrement prude. Et très maladroit, et pour cause, c'est Pierre Richard. L'intrigue est liée à la présence locale, pour un tournage, d'une actrice de premier plan; Jackie Logan (Jane Birkin): elle est harcelée par les paparazzi, et doit se battre quotidiennement pour les contrer. Le destin (et une substitution malencontreuse de dossiers) va les mettre l'un en face de l'autre, et le parfum de scandale qui en découlera aura des répercussions sur la carrière politique de papa...
Le film est, dans son intrigue, typique de Pierre Richard: il y incarne, une fois de plus, un fils à papa, un jeune homme qui fait probablement le malheur de son digne chirurgien de papa, interprété par Claude Piéplu sous la forme d'une évidente caricature de feu Jean Royer, pourfendeur obsédé de la pornographie sous toutes ses formes... Un jeune homme distrait, maladroit comme on aime tant le voir, et auquel il va arriver une drôle d'aventure. L'acteur est d'ailleurs crédité au scénario en compagnie du metteur en scène, et c'est là que ce film fait sérieusement la différence avec le reste de la production de Claude Zidi! Sinon, la satire des paparazzi est légère, celle du monde de la politique sympathique, et la peinture du milieu enseignant reste très puérile, mais qu'importe? On veut de la comédie de situation, on est servi. On cherche de la rigolade physique qui dépasse le coup de pied dans les joyeuses, et on a justement ce qu'on cherche... Oh, bien sûr, tout n'est pas parfait; il y a dans ce film une caricature des gays qui n'est pas de la toute première fraîcheur, mais dans l'ensemble, l'équipe a su s'amuser en amusant, et on passe assez près du bonheur des bonnes comédies de situation concoctées par Lautner ou Veber à l'époque. Pas un mauvais pedigree, donc...












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