Un bandit redoutable arrive dans une petite localité pour y dépenser le butin de son dernier méfait, mais il y découvre une belle chanteuse, et décide de la kidnapper. Poursuivi par un "posse", il va se retrouver confronté au justicier... Droopy.
C'est un classique, qui mélange certains aspects de The shooting of Dan McGoo (le numéro de la chanteuse face à un loup totalement excité qui fait rigoureusement n'importe quoi) avec une série de gags nouveaux qui sont autant de variations sur le western, un style que Tex Avery cette fois explore avec d'autant plus de bonheur qu'il le situe dans un paysage aride proche de son Texas natal...
Mann, Jame Stewart, Borden Chase: un western qui naît, comme Winchester 73 de glorieuse mémoire, de l'alliance de trois bonnes fées qui travaillaient très bien ensemble. Le film est une épure, en même temps qu'une des premières incursions de Mann dans la beauté picturale particulière du Technicolor; le tout donne un western formidable, qui se place comme souvent avec cette équipe, sur le terrain miné de la morale face à l'esprit de la Frontière, incarné non seulement par James Stewart, mais aussi par Arthur Kennedy dans ce qui est peut-être son meilleur rôle.
Glyn McLintock, un aventurier en quête d'une nouvelle vie, accompagne un groupe de pionniers vers leur terre promise, et doit pour cela les guider dans le territoire hostile et changeant de l'Oregon. En chemin, il sauve un "collègue" de la pendaison, et celui-ci va les accompagner vers leur but, devenant un allié souvent précieux en raison de sa maîtrise des armes, mais aussi un homme dangereux par le fait que contrairement à Glyn, il n'a pas lui pris la décision de changer...
Une famille soumise aux dangers, un protecteur valeureux, un allié ambigu... Tout ce passe comme si cette montagne géante qu'on aperçoit dans un plan sur deux (et que dans des séquences hautes en danger et d'une beauté hallucinante, il va falloir grimper ou contourner) était justement là pour représenter une image marmoréenne de la justice ou de la morale: car c'est de ça qu'il s'agit: le camp du bien, avec les pionniers et le progrès communautaire et altruiste, ou le camp du mal, avec les aventures au jour le jour, la spéculation, l'alcool, le vol, le meurtre et le jeu; la menace des la prostitution sur une femme seule, l'attrait du bandit, la façon dont un homme peut être un ami un jour et un ennemi le lendemain, Mann nous rend tout ceci palpable en particulier grâce à l'équipe de choc formée par Kennedy et Stewart, qui sont géniaux.
Il n'y aura pas une minute de répit dans ce film qui incarne à lui seul toute la beauté et le classicisme des westerns de Mann: superbe, à voir absolument!
C'est sous l'impulsion du producteur Dore Schary que la MGM, le plus familial des grands studios de l'age d'or Hollywoodien, s'est tout à coup retrouvée à produire des films bien différents de ce qu'on attendait d'eux, loin de l'usine à rêves, et celui-ci est probablement l'un des plus importants... Bad day at black rock emprunte à l'ADN du western comme au film noir, mais est surtout une épure, un coup de poing dans la figure, parfaitement inattendu.
En préambule, il convient de rappeler qu'aux Etats-Unis, un pays évidemment construit sur l'immigration, il y a toujours eu des moments gênants, et Pearl Harbor en fut un: une fois l'attaque effectuée, que faire des Américano-Japonais, citoyens au même titre que le premier W.A.S.P. venu? le soupçon qu'une forte partie d'entre eux appartiennent à une sorte de 5e colonne a été fort, au point qu'un statut spécial a existé, poussant le gouvernement à les placer dans des camps de séjour, sous haute surveillance. Pas des prisons, mais quand même, le grand public était encouragé à les considérer comme à part: une situation plus dure encore que celle vécue par les Américains d'origine Germanique durant la première guerre mondiale...
C'est au lendemain de la fin du second conflit mondial que John J. Macreedy, un vétéran débarqué des forces armées pour avoir dépassé l'âge, s'arrête à Black Rock, un trou très perdu de l'Arizona. Il s'est fixé une mission: donner à M. Komoko, un Américano-Japonais qui selon ses renseignements habiterait la commune, la médaille posthume accordée à son fils qui combattait pour les forces alliées, et du reste, Macreedy est lié à l'histoire de cette médaille, puisque le geste héroïque par lequel le jeune Komoko est décédé, a également sauvé la vie du vieux soldat. Mais en arrivant à Black Rock, Macreedy ne trouvera qu'hostilité, plus encore une fois qu'il aura expliqué sa raison d'y être. Et la version officielle de la disparition de Komoko (parti pour être relocalisé dans un camp, plus de nouvelles depuis) ne va pas satisfaire le vieux soldat...
Spencer Tracy est formidable et on pourra toujours dire qu'il n'a ni l'âge pour incarner un soldat fut-il en fin de carrière, ni la force convaincante pour maîtriser les arts martiaux (à plus forte raison avec un bras invalide), mais il a l'autorité morale pour incarner le personnage et sa quête. Face à lui, Robert Ryan incarne la bêtise xénophobe, et le patriotisme puant partagé par les salauds de racistes du monde entier: cette obsession de tout justifier par l'appartenance ethnique! Ernest Borgnine, Lee Marvin sont de superbes sbires, des petits devenus quelqu'un par la seule grâce de leur allégeance à un sale type. On a toujours plaisir à voir Walter Brennan, alors le voir dans le rôle ambigu d'un notable qui a du mal à choisir son camp, c'est un atout. Enfin, Anne Francis a la lourde tâche d'interpréter une jeune femme qui joue un double jeu: le film nous présente, finalement, un échiquier politique de médiocres, de braves Américains bien comme il faut qui sont pris dans l'engrenage du mensonge collectif, et qui se comportent avec la peur d'être débusqués. En d'autres lieux et d'autres temps, ils auraient dénoncé des gens aux nazis voire rejoint la SS, ou le KKK..
Mais l'esprit de western qui hante le film, c'est bien sûr le versant noir de l'hospitalité de l'Ouest tant vantée (ironiquement, bien sûr) ça et là. Ces panneaux méchants à l'entrée des villes dans Lucky Luke, qui proposent au nouvel arrivant le choix entre l'exil et le cimetière. Mais ici, justement, l'ironie est absente, l'hostilité y est au premier degré; et c'est ce qui choque dans un film où Sturges a décidé d'aller droit au but, de ne faire ni dans l'allusif, ni dans la demi-mesure ni, dans le symbolique. POur un film noir, il est ascétique et du reste tout y est en plein jour et en pleine lumière. Ce cauchemar n'a absolument rien de nocturne. Et si la question du jour est liée à l'existence aux Etats-Unis de quotas de la honte, liés selon les époques à tel ou tel groupe ethnique: en 1850 les Irlandais, en 1890 les Chinois, en 1917 les Allemands, en 1925 les Italiens... en 1942 les Japonais, en réalité, ce que le film accuse c'est bien l'autre côté, les Américains bon teint, blancs, protestants et patriotes, ceux qui comme dans le film se sont saoulés après Pearl Harbor, et se sont décidés à "tuer du japonais"... Ou rouler sur des manifestants à Charlottesville, ou empêcher les noirs de voter, ou empêcher leurs enfants d'aller à l'école, ou assassiner des gays dans une boîte de nuit ou des musulmans dans une mosquée. Ou voter pour Trump. Bref: un grand film, qui dit l'essentiel en 81 minutes.
Revenant deux années plus tard au personnage de Droopy qu'il avait créé pour Dumb-hounded, dans lequel le héros paradoxal se démultipliait pour rendre la fuite impossible à un bagnard évadé, Tex Avery rend une fois de plus hommage à un aspect du western, mais cette fois sur le versant Nord Ouest: ce film se passe en effet en Alaska, et se paie le luxe de ne pas vraiment développer une intrigue: en effet, à l'instar de son "pre-make" (Dangerous Dan McFoo à la Warner), The shooting of Dan McGoo ne raconte pas autre chose que l'arrivée d'un bandit, son installation dans un saloon, sa rivalité avec le héros et une bagarre...
Mais évidemment, tout est une fois de plus dans la manière de le raconter: en détournant les codes du western (la table des tricheurs), en jouant sur les formes (la voiture étonnamment longue), sur le quatrième mur ("what corny dialogue") , et en ajoutant une petite touche de tradition, avec une chanson interprétée par une pin-up devant un loup conquis et chauffé à blanc... Bref, un classique, dans lequel les verres et les barmen jouent avec les lois de la physique, et Avery avec la censure tatillonne.
Ce premier film mettant en scène Droopy est tiré de l'époque merveilleuse durant laquelle Tex Avery, nouveau venu à la MGM, s'amuse encore, n'est pas tenté par l'imitation servile et un peu embarrassante des styles des autres (UPA d'un côté, Chuck Jones de l'autre), et bénéficie du soutien sans faille d'une équipe d'animateurs solides, parmi lesquels Preston Blair, ancien de chez Disney, brille d'un éclat particulier. L'unité de Tex, par ailleurs, est en "concurrence" amicale avec celle de Hanna et Barbera et les uns et les autres vont créer une émulation saine qui va brièvement élever la MGM au même rang, voire au-dessus (Screwball Squirrel) de la Warner...
J'insiste sur le "brièvement", car bien vite, les films vont devenir répétitifs et recycler encore et toujours les mêmes gags, et le personnage de droopy perdra en substance. Pourtant ici, il a vraiment un statut de héros, avec une histoire qui prend son temps pour installer le caractère, ce visage marqué par l'ennui et le détachement extrême, cette voix traînante, et bien sûr cette omniprésence suspecte.
Ce film est le premier à mettre Droopy aux prises avec un loup qui croit un peu vite qu'il ne fera qu'une bouchée d'un ennemi aussi insignifiant, et va y perdre bien vite la raison et la santé. L'animation en est superbe et parmi les nombreux morceaux de bravoure impeccablement enchaînés, comment résister au moment hallucinant durant lequel l'animal a tellement pris de vitesse qu'il sort littéralement de la pellicule dans sa course... Et si comme on le disait, jouer la comédie ("acting") c'est réagir ("reacting") alors le loup (et ses animateurs) sont les plus grands acteurs du monde: voyez la gamme délirante des réactions du loup à la présence de Droopy derrière lui...
Ca faisait déjà quelques films que ces improbables metteurs en scène de Providence (Rhode Island) commettaient dans leur coin des comédies volontairement brutes et d'une vulgarité assumée, quand ils ont sorti ce petit film de rien, qui a pu bénéficier de par la grâce (?) de Dumb and dumber (avec Jim Carrey, un film soit adoré soit détesté par ceux qui l'ont vu, mais surtout un authentique succès du box-office) de stars du moment: Cameron Diaz et Ben Stiller y côtoient donc le revenant Matt Dillon dans un rôle hilarant, et d'autres acteurs du moment, des spécialistes de la comédie pour la plupart, les plus notables étant Chris Elliott et Lee Evans: l'acteur Britannique a d'ailleurs la redoutable tâche d'interpréter un Américain minable devant faire semblant d'être un architecte Anglais handicapé...
Ben Stiller joue Ted, un écrivain plus ou moins raté qui court après l'amour de sa vie, s'étant rappelé de la tour d'ivoire de médiocrité affective dans laquelle il végète, de "celle qu'il n'a pas eue", Mary, avec laquelle il a bien failli aller au bal de promotion: si seulement il ne s'était pas coincé l'ensemble de son appareil génital dans sa fermeture éclair...
La somme de ses provocations ne réussit pas à faire de cette comédie très sentimentale un film vulgaire, c'est sans doute le meilleur atout de cet énorme succès. Je pense d'ailleurs que les Farrelly ont tout fait pour que cet aspect du film (qui va pourtant chercher loin) puisse en assurer la publicité, mais je pense que ce qui fait que There's something about Mary ne soit pas du Preston Sturges, est sans doute la médiocrité des personnages. En témoigne cette scène durant laquelle Mary parle de l'homme idéal, qui est en fait un citoyen parfaitement lambda et vide de sens... Mais justement, les provocations, l'humour à base de sexe et de scatologie, sont là pour paradoxalement faire sortir le film de l'ornière de cette médiocrité. Le jeu des acteurs, Ben Stiller, Matt Dillon en tête, fait le reste.
Sinon, on peut remarquer un univers propre aux frères Farrelly, fait de pop estudiantine Américaine, d'allusions au glorieux passé de la Pop anglaise (Joe Jackson ici, en attendant XTC dans un autre film!), et d'omniprésence du handicap, notamment à travers la participation d'un groupe d'acteurs qui souffrent de troubles divers: une trace profonde d'humanité et de simplicité, derrière le pipi-caca... Une trace d'humanité qu'on retrouve d'ailleurs derrière le naïf mais très attachant Green Book sorti cette année, et comme chacun sait oscarisé, réalisé par le seul Peter Farrelly.
Il y a plusieurs Droopy, en fonction du film et du script, et j'imagine des besoins du réalisateur... Si on retient bien sûr le personnage dans son manque total d'implication émotionnelle, Droopy pouvait aussi être plus encore absent qu'indifférent, remplaçant ses émotions par une omniprésence impossible. Il était aussi très souvent malin, très malin... mais pas ici, car il interprète un chien employé à la chasse au renard, et le renard justement est très malin.
Même s'il lit Fox-News...
Quoi qu'il en soit, si j'ai souvent des réserves quant aux films réalisés à la MGM par Tex Avery, celui-ci, qui prend sa source dans un Warner (Of Fox and Hounds) est excellent, notamment avec le fantastique renard imaginé par Avery et impeccablement mis en image par l'expert Michael Lah, souvent utilisé pour animer l'élégance. Et on a toute la grammaire Averyenne, ce rythme adapté à l'apparition des gags, et ces soudaines fulgurances: voyez l'extraordinaire réaction du renard au mot "steak", par exemple... Pour finir, le film date résolument de l'époque où le studio ne cherchait pas à rendre ses graphismes trop anguleux, pour concurrencer les nouveaux animateurs. Ici, c'est rond, et c'est beau!
1850, à San Francisco, nous faisons la connaissance du capitaine Américain Jonathan Clark, désireux d'acheter l'Alaska aux Russes, qui ont quelques soucis de budget; nous voyons aussi "Le portugais", un autre marin encore plus malhonnête, leurs équipages respectifs, une comtesse Russe qui souhaite échapper à un mariage et un phoque... Et à un moment ou un autre, tout ce petit monde se retrouvera bien sur l'eau, non?
Après la structure épisodique de Captain Horatio Hornblower, qui commençait par une aventure pleine de majesté avant de bifurquer vers du tout-venant sympathique, Walsh pour son premier film à la Universal se retrouve avec de nouveau Gregory Peck, et un script auquel Borden Chase a participé, mais ça ne se voit pas tant que ça... La première partie, située à San Francisco, épuise très rapidement les effets comiques du manque total de retenue des marins face à une bonne société pincée, et traîne en longueur pour appliquer de façon plus ou moins artificielle, d'un côté une idylle (avec Ann Blyth en princesse russe) et de l'autre une rivalité d'ivrognes avec Anthony Quinn. La deuxième partie se perd dans les méandres de scènes dont les effets spéciaux poussifs trahissent le manque d'intérêt de l'équipe, et si ce n'était pour l'effort concernant les couleurs, il n'y aurait pas grand chose à glaner dans ce film...
Disons malgré tout que Walsh y montre sa conception de l'homme qui fait avancer l'histoire, et bien sûr c'est un homme d'action, Gregory Peck dans ce film sans relief rejoignant malgré tout la galerie des obscurs aventuriers qui, pour le réalisateur, sont les vrais architectes du monde d'aujourd'hui...
On va le dire tout de suite, ce film est un remake de Objective Burma, mais transposé dans l'Amérique de 1840, il nous raconte un épisode probablement glorieusement faux de la guerre contre les Seminoles, une peuplade Indienne qui refusait la re-localisation que le gouvernement des Etats-Unis imposait aux tribus locales à chaque fois qu'on remodelait les cartes... C'est le futur président Zachary Taylor qui était à la manoeuvre lors des événements racontés dans le film, mais le militaire en charge des troupes dans le film, qui doivent rejoindre comme Errol Flynn et ses hommes dans le film de 1945, un point de ralliement mais risquent de se faire massacrer à tous moments, est le capitaine Quincy Wyatt (Gary Cooper), qui connaît bien la région de Floride où l'action se passe, puisqu'il y habite...
Côté pile, c'est un spectacle en Technicolor, débarrassé du message d'urgence du premier film tourné alors que la guerre du Pacifique continuait. Ici, c'est le plaisir qui est visé, celui du spectateur bien sûr auquel on offre des aventures dépaysantes, romancées, et vaguement crédibles. Wyatt est un personnage ombrageux mais valeureux, miné par la mort de son épouse Creek (oui, c'est un homme doté d'une ouverture d'esprit importante), et qui élève son fils, un tout petit Indien, à la dure mais avec amour. On lui a flanqué un "love-interest" assez bidon, en la personne de Mari Alden, qui n'est absolument pas Virginia Mayo... Et les notations sur la vie entre garçons dans la jungle, disparaissent au profit d'un côté boy-scout distrayant...
Mais côté face, ça reste un film mineur, distrayant certes, mais surtout réduit à ses passages obligés. Maintenant une vision de ce film à un âge tendre m'a sans doute donné envie de vivre ce genre d'aventures lacustres et aquatiques, mais je ne suis pas un grand fan de l'opportunité de me faire bouffer par un caïman... Bref: si ce presque western (pas de chevaux, et une action située fermement à l'Est) est plaisant, il confirme que Walsh commence à tourner en rond à la Warner à cette époque...
En 1807, un navire de sa très gracieuse majesté le Roi d'Angleterre croise dans le Pacifique, au plus loin des combats, afin de remplir une mission secrète: apporter de l'aide à un petit tyran local qui s'est soulevé contre la couronne d'Espagne. Pris dans le feu de l'action, le capitaine Hornblower (Gregory Peck) livre au potentat en question un navire Espagnol... avant d'apprendre que la marine Espagnole vient de s'allier avec l'Angleterre! Dans la bataille qui s'ensuivra, Hornblower fera la connaissance d'une belle inconnue, de la cour d'Angleterre, Lady Barbara (Virginia Mayo); il gagnera aussi l'affection durable de ses hommes. Enfin, il ira d'aventure en aventure, tout en permettant à l'Angleterre de gagner des points dans son opposition à Napoléon.
...Mais ça, ce n'est pas le plus important: le héros de Raoul Walsh se définit dans l'action, pas dans l'engagement politique. Ce que confirme le cafouillage initial, avec la gaffe de Hornblower qui annonce avoir donné un bateau à un fou furieux qui est désormais un ennemi... Ombrageux, mais juste, le capitaine est un homme sûr de sa morale qui se fait aimer sur la longueur. Mais surtout c'est un aventurier particulièrement débrouillard! Marié, il ne peut laisser libre cours à ses sentiments pour la belle lady Barbara, et leur passion partagée sert de fil rouge, en même temps qu'un idéal commun de ces deux personnages dont l'accent Américain ne peut être masqué, même s'il sont supposés être deux représentants de la digne Angleterre!
Bref, ce film luxueux, tourné dans de superbes couleurs par un Raoul Walsh qui se laisse aller à la gourmandise de mettre en scène des combats navals de première classe, est une magnifique occasion de s'échapper dans les coulisses nébuleuses de l'histoire. Ce n'est pas sérieux, non, mais c'est du cinéma, quoi!!