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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 16:47

Dans un pays Arabe de conte, une troupe de théâtre arrive dans une ville tenue par un Sheik très autoritaire (Paul Wegener). Dans le harem de celui-ci, la favorite Sumurun (Jenny Hasselqvist) tombe amoureuse au premier regard d'un marchand ambulant qui voyage avec les acteurs. Elle obtient du reste du harem de l'aide pour trouver un stratagème afin de faire venir le jeune homme vers elle. Pendant ce temps, une danseuse (Pola Negri) fait tout ce qu'elle peut pour se rapprocher du Sheik, même si elle se garde toujours un amant parmi la troupe: une poire pour la soif... mais le Sheik l'a vue, et la désire. C'est parti pour un chassé-croisé qui finira dans le drame: parmi les acteurs du drame, un bossu (Ernst Lubitsch) qui voit d'un mauvais oeil 'sa' danseuse fricoter avec les autres...

Avec ce film étrange, Lubitsch adopte un décor digne des mille et une nuits, et une narration qui tranche sur ses films précédents. Comme s'il voulait à la foi faire un bilan de toute son activité passée, et créer un style qui lui soit propre, il mêle le grotesque et sa direction d'acteurs qui sait si bien mêler le trivial et le pathos, avec la tragédie Shakespearienne. Il allie le jeu de Paul Wegener, Aud Egede Nissen ou Jenny Hasselqvist d'un côté, avec celui de Pola Negri ou de lui-même. Plus étrange encore, tout en obtenant du drame de ses acteurs de prestige, il pousse plus loin le bouchon du grotesque en jouant comme il le faisait dans La princesse aux huîtres sur l'effet de groupes de personnages, que ce soient les Eunuques, tous similaires, tous habillés de la même façon, ou les femmes du harem menées par Aud Egede Nissen, bien loin de ses rôles pour Lang: mutine et tordue, la jeune femme adopte sans remords aucun le jeu "à la Lubitsch"! Pour retrouver un tel mélange, il faudrait comparer ce film avec l'épisode "Chinois" de Der müde Tod, de Fritz Lang...

Le résultat est détonnant, novateur, et sans aucun doute pas vraiment abouti. Mais il n'en reste pas moins un film très personnel, et unique en son genre ce qui ne gâche rien. Lubitsch ne se laisse pas attraper par la mode ambiante du "caligarisme", son film est marqué par des éclairages généralement diurnes, peu de travail sur les ombres, à part peut-être lors d'une scène de menace de torture. Et encore, le jeu quasi géométrique des acteurs de second rôle (Les eunuques, les esclaves) tend à souligner le faux d ela situation en permanence... encore une fois, d'une manière bien sur totalement différente des faux décors, des perspectives truquées de Caligari, et du jeu d'un Conrad Veidt! Par contre, Lubitsch, qui s'apprête si je ne m'abuse à dire adieu à sa carrière d'acteur, se paie le luxe d'une ou deux scènes durant lesquelles il pourra à loisir "mâcher le décor", comme le dit l'expression consacrée qui désigne un jeu excessif au théâtre en Anglais!

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Ernst Lubitsch 1920 **
25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 08:52

Un ténor, le grand Enrico Ferrarro (Jan Kiepura), quitte Vienne en compagnie de son insupportable manager (Clara Tambour): celle-ci est en effet d'avis que pour son chanteur, la seule façon de faire, c'est d'y aller au rendement, et elle lui impose un tempo d'enfer. Alors que le train qui doit les emmener vers toujours plus de tournées est stationné en gare, il lui fausse compagnie et prend un train pour les Alpes Suisses? Il se retrouve dans le même wagon qu'un escroc à la petite semaine (Pierre Brasseur), et les deux vont s'installer -aux frais du ténor, bien entendu- dans un hôtel de luxe, bientôt rejoints par le valet de Ferrarro. Suite à un quiproquo, la presse confond les deux hommes, et ils décident de s'en amuser, jusqu'à ce que Ferrarro, sous l'identité de son compagnon, rencontre une jolie demoiselle (Magda Schneider), la fille des hôtes de l'autre, qui par ailleurs est bien mal quand on lui demande de chanter...

Et pour chanter, ça chante. Pas dix chansons, non. Pas vingt. Ni même cinquante. UNE chanson si on excepte quelques rares incursions dans le répertoire classique, une chanson écrite sur un coin de table par le compositeur des films Osso, Serge Véber, et cette fois fallait-il qu'il ait envie de la vendre. Parfois, une bobine de dix minutes doit bien contenir deux ou trois passages de cette abomination... Jan Kiepura est un ténor bien de son temps: sucré jusqu'au vomi, mièvre et bellâtre jusqu'à la nausée. Il joue comme un cornichon. Il est insupportable...

Ce qu'on ne peut évidemment pas dire de Pierre Brasseur dont on devine qu'il n'est là ni pour l'art, ni pour la gloire: à 27 ans, le jeune acteur a encore à raffiner son art, mais il a déjà un talent fou pour voler la vedette. De façon amusante, dans certaines scènes inspirées directement de Cyrano de Bergerac, il joue justement l'autre, celui qui doit être aidé. pas pour son éloquence, mais bien pour chanter... Mais il a au moins l'air de s'amuser. Comme Magda Schneider, la trop rare, qui se débrouille ici très bien d'un rôle pour lequel elle doit être doublée en direct.

Anatole Litvak, pour sa part, a eu les pieds et poings liés sur un film écrit en amont pour trois productions, un tournage Allemand, un tournage Français et un tournage Anglais. Ca ne l'a pas empêché de trouver de l'énergie pour donner parfois du rythme à une histoire insipide et cousue de fil blanc, mais ne cherchez pas trop son élégance, elle est parfois enfouie sous la crème écoeurante du répertoire monomaniaque de Kiepura...

Et bien sûr, l'adaptateur français de ce film est Clouzot, qui parfois s'amuse:

Le maire (S'apprêtant à passer en famille une soirée avec celui qu'il pense être le ténor, parlant à sa femme) "n'es-tu pas excitée?"

L'épouse: "comme au jour de notre mariage"

Le maire: "ne parle pas de malheur!"

...et parfois se contente de faire son boulot. Quant à nous, spectateurs, nous n'avons aucune obligation.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Henri-Georges Clouzot
24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 16:33

Selon Kevin Brownlow, Fred Niblo s'était rendu en Russie peu de temps avant de réaliser ce film pour Ince, et... ça ne se voit pas! Car une séquence, spectaculaire, de Dangerous hours, était sensée représenter la vérité en opposition à ce que raconte un propagandiste venu "convertir" les ouvriers Américains... Le film, produit par Ince, cède bien sûr à tous les fantasmes d'une façon qu'on hésite à qualifier de honteuse, tant il est impossible d'y croire. Mais venant du studio le plus inféodé au KKK de tout le Hollywood muet, il faut croire que tout était possible. Néanmoins, Niblo (Nettement moins à droite que son "superviseur" et patron!) a fait beaucoup pour atténuer la charge délirante...

John King (Lloyd Hughes), un jeune homme idéaliste, est tombé sous le charme d'une femme qui souhaite convertir la classe ouvrière des Etats-Unis aux théories venues de Russie. Il y passe toute son énergie, au point de délaisser son père et sa voisine, une charmante amie d'enfance devenue en quelques années une riche héritière (Barbara Castleton), principale employeuse de sa ville. Quand le parti/syndicat pour lequel il se bat décide de trouver une cause à défendre, ils choisissent de tenter de provoquer des troubles sociaux dans l'entreprise locale. Mais John va trouver non seulement la jeune femme, mais aussi son père, contre lui... Et les véritables intentions des agitateurs vont se dévoiler.

Le film tente de nous montrer un dialogue social "acceptable" par opposition à ce que prônent les syndicalistes d'importation dans le film. On y voit même, un instant, la table des négociations d'une entreprise. Et un syndicat "Américain" renvoie John avant qu'il ait le temps de tenter de les embobiner... Ce sont là quelques-uns des éléments qui recentrent le film par rapport à une dénonciation totale du syndicalisme qu'on aurait pu craindre. Néanmoins, les effets de manche des uns et des autres ne cachent pas la vacuité idéologique de toutes ces élucubrations, d'autant que parmi les possibilités "cachées" par les agitateurs venus d'ailleurs, une séquence digne de figurer dans toutes les anthologies des excès du mélodrame, nous montre le principe de la "nationalisation des femmes" (En fait, des viols collectifs, traités avec un manque total de retenue par Niblo!) qui est supposé exister à Moscou.

Un détail qui à la fois montre le peu de sérieux du film, de son "superviseur" Thomas Ince (Fidèle à sa légende, le film est "une production Thomas Ince supervisée par Thomas Ince. Une supervision Thomas Ince"!), ou encore de notre Fred Niblo qui n'avait sans doute pas encore rencontré son destin en la personne de Douglas Fairbanks, même s'il était déjà un metteur en scène très capable. Et un détail qui en fait le prix, parce qu'à cause justement de ces excès et de son délire, ce film représente bien le chaos idéologique d'une époque toute entière.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1919 Fred Niblo Thomas Ince **
24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 16:18

En 1919, la menace de la guerre écartée, les médias Américains n'ont pas eu à attendre longtemps pour trouver pour les uns, un nouvel ennemi, pour les autres, une source de fantasmes suffisamment riche en possibilités. La peur du bolchevisme, les informations soigneusement filtrées en provenance de la Russie et de sa révolution, et le caractère toujours si fondamentalement anti-Américain du communisme (Même si on ne savait manifestement pas du tout de quoi il retournait)... Tous ces éléments ont contribué à créer ce qu'on a appelé The Red Scare, la peur du Rouge. Un vivier d'articles, mais aussi de livres, de films, de conférences... Voire d'organisation patriotiques, de partis créés spécialement pour la cause, et un grand tas de fadaises à débiter.

C'est dans ce contexte que sort ce film, dû à une compagnie indépendante (Pour laquelle travaillaient Chautard, Walsh ou George Loane Tucker), et qui se place exactement entre le public et la menace communiste, en usant d'une intrigue qui est à peu près la même que dans le plus classique film de Fred Niblo Dangerous hours sorti la même année pour les films Thomas Ince: un fils de bonne famille, convaincu des arguments humanistes d'une femme qui a pris fait et cause pour les idéaux communistes sur le sol Américain, devient la caution morale d'une expérience de prise du pouvoir "par le peuple" sur une île privée, avant de voir le système devenir un mini-état totalitaire aux mains d'un homme qui est en fait un espion soviétique venu semer la révolte chez l'Oncle Sam!

Inutile de dire que c'est tourné à l'emporte-pièce, et qu'absolument tous les clichés mélodramatiques sont tentés. Oui, tentés, plutôt que réalisés, car le réalisateur dans sa précipitation, et son manque d'invention, n'a pas jugé bon d'aller au bout. C'est ce qui fait, sans doute, le prix de Dangerous hours, ou même de The penalty(Wallace Worsley, 1920), dans lequel on confond Bolcheviks et bandits, et qui vaut pour son solide sens de l'action et sa pyrotechnie cinématographique... sans compter la présence de Lon Chaney. Non, ce "Bolshevism on trial", qui a eu droit à un changement de titre afin d'être ré-exploité plus tard, ne vaut pas tripette.

Faut-il en rajouter? C'est une adaptation d'un roman de Thomas Dixon. Si le nom ne vous dit rien, cherchez...

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Published by François Massarelli - dans Muet 1919
23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 16:56

Deux jeunes filles, entre plusieurs routes ou plusieurs voyages... Dora (Yukiko Inoue) et Sunako (Michako Oikawa) sont deux amies, des inséparables devine-t-on, qui tous les matins vont au collège et tous les près-midi en reviennent. la route est immuable, jusqu'à ce qu'Henry (Uereo Agawa) entre dans leur vie... Dora et lui se plaisent, mais c'est Sunako qui prend l'initiative, et avant peu de temps elle délaisse son amie au profit du jeune homme... Dora finit même par donner sa bénédiction, et Sunako peut aimer Henry.

...qui à son tour, la délaisse pour passer du temps avec Yoko Sheridan, une jeune femme de la bourgeoisie. Sunako, furieuse, tire un coup de feu et blesse Yoko. Elle s'enfuit, et... la jeune femme se perd dans les rues nocturnes: prostitution, errances, etc. pendant ce temps, Henry s'est repris, et s'est marié... Avec Dora. Mais il lui reste des remords: si Sunako est devenue une fille perdue, c'est à cause de lui. Il va donc se mettre en quête de la retrouver...

Au départ, le film épouse un ton documentaire. Ses vues du port de Yokohama, les bateaux, les voyageurs et ceux qui leur disent au revoir: on se croirait presque chez Hergé! Puis il nous intéresse aux deux héroïnes, et dans un premier temps, on jurerait des prises de vues volées de jeunes collégiennes, jusqu'à ce qu'elles se retournent, ensemble, dans un plan: la fiction commence... Mais elle sera ancrée jusqu'à la fin dans des décors authentiques.

On ne serait pas si loin de Mizoguchi, s'il n'y avait un constant recours au point de vue de Dora. Plutôt que d'explorer la vie sordide d'une jeune femme poussée par les circonstances à la prostitution, Shimizu s'intéresse à la mise en parallèle des cheminements possibles, pour eux femmes qui viennent du même milieu, et qui ont eu les mêmes opportunités, partageant même le même amant!

Henry, bien sûr, n'est pas le seul responsable du destin de Sunako. Celle-ci, comme Dora, est identifiée par son milieu et par les décors fabuleux de ce beau film: le metteur en scène se plait à trois reprises à filmer le port de Yokohama, vu depuis les routes montagneuses qui le bordent. Les deux premières fois, il nous y montre les deux jeunes femmes, qui reviennent de l'école. La première fois, elles avancent ensemble, s'arrêtent ensemble... la deuxième fois, c'est après la trahison. L'une s'arrête, l'autre rêvasse! Enfin, après le départ de Sunako, Shimizu nous remontre la quiétude de Henry et Dora qui montent la même route, où Dora se rend tout à coup compte du grand vide que son amie a laissé dans sa vie.

Complexe, avec ses idées de mise en scène et de montage (Le meurtre, situé dans une église catholique, joue avec les ressources cinématographiques, en communiquant au spectateur la catharsis vécue par Sunako. Le lieu n'est pas anodin non plus... Mais la notion de faute ou de péché restera floue, dans ce film qui n'épouse décidément pas qu'un seul point de vue. Plus tard, le retour d'Henry dans la vie de Sunako se joue par le biais d'un procédé troublant: il se matérialise tel un fantôme dans le bordel où elle sévit. Quand il part, il disparaît... Comme Sunako et un compagnon d'infortune qui disparaissent avec leurs valises avant de prendre un bateau pour... 

Pour où, au fait?

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1933 Hiroshi Shimizu Criterion *
23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 09:35

Sorti en janvier 1938, ce film montre une fois de plus la veine 'rustique' (pour ne pas dire agricole) du personnage de Porky Pig. C'est un paradoxe, pour un cochon, de se retrouver à la tête d'une ferme, mais bon... Le père de Porky est mal parti: son unique vache ne donne plus de lait, et il a recours à sa dernière chance: une vache mécanisée. Porky, toujours aussi sentimental, organise la compétition entre la vraie vache, dont il rappelle la véritable valeur vénérable, et la bestiole mécanisée. 

...Et ce n'est que ça: une machine dont il sort des bouteilles de lait, puis des crèmes glacées, et c'est gag sur gag. L'équipe Clampett s'amuse... Nous aussi.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 09:27

Encore un changement d'identité... Le petit Porky va dormir, mais en attendant il lit et relit son livre de chevet, consacré à la mythologie Grecque. Puis il s'endort, et rêve d'Athènes... Chef d'une agence de héros mythologique, Porkykarus est engagé afin d'empêcher la Gorgone de remplacer tous les citoyens par des statues... Porkykarus mène l'enquête!

...Une investigation qui le conduit d'abord à se diriger vers l'entreprise Gorgon Inc! Et c'est là que tout le reste du film se passe, ça tombe bien. Porky y est aux prises avec une version moderne de la Gorgone, qui provoque la "statufication" par le truchement d'un appareil qui ressemble à un appareil photo. On se doute qu'avec ces statues, et ces corps qui changent de statut, on va avoir droit à ce qui reste le péché mignon de Clampett, la déformation et le bizarre physiques. Et on n'a pas tort! Et il en rajoute aussi sur la culture contemporaine: la présence des Three Stooges, ou deux temples, dont un s'appelle Shirley!

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 09:16

Le film commence selon la loi du genre criminel, par des séquences enchaînées à un rythme infernal, et montées d'une façon bien dynamique: un gangster s'est échappé de prison, et son évasion fait l'objet d'une couverture intensive par la presse. Retranchés dans un pensionnat de jeunes filles, les complices du "killer" reçoivent la visite d'un sosie de Mae West... en fait le tueur évadé, déguisé. Parce qu'en réalité il serait plutôt un sosie de...

Poky Pig.

Qui est pour sa part un modeste employé de la "Worst National Bank"! Et à ses côtés, une femme fatale, Petunia Pig...

C'est une petite merveille, encore un de ces films de Tashlin qui nous fait regretter sa brièveté, et qui nous rappelle que si Tex Avery était passé à autre chose parce qu'il ne supportait pas le personnage de cochon bègue de Porky, d'autres metteurs en scène et non des moindres trouvaient eux des idées dans la mièvrerie même du personnage! qui du reste passe les trois quarts du film ligoté et bayonné (Faute intentionnelle, évidemment), laissant d'autres prendre la vedette. Et une séquence de fusillade délirante nous rappelle qu'on est dans les années trente, et bien sûr, vous ma pardonnerez le jeu de mots, Tashlin y fait feu de tout gag.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes
23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 09:03

La famille d'un professeur a du mal à joindre les deux bouts; la grande fille (Anny Ondra), qui fait beaucoup pour aider ses parents en s'occupant de ses frères et soeurs, trouve le moyen de tomber amoureuse... d'un jeune homme aussi farfelu qu'elle, interprété par Jean-Pierre Aumont.

Je ne sais pas s'il le mérite vraiment, mais ce tout petit film engendre une énigme. Pour commencer, ayant perdu ses dernières bobines, on n'en possède plus la fin. Mais, comment dire, on peut sans doute vivre sans la connaître... Non, la principale question est celle de l'implication de Clouzot, qui est crédité d'une façon différente sur le générique du film, de celle que lui attribuent les historiens.

C'est une production Austro-Française, due au Tchèque Karl Lamac, alors (mais plus pour très longtemps) l'époux de l'actrice Anny Ondra (Oui, la jeune femme de Blackmail). Celle-ci est la star incontestée du film, et elle est une vraie boule d'énergie, espiègle et solaire. Très honnêtement, elle est aussi le seul véritable intérêt des 38 minutes qui restent! 

...Si ce n'est que la présence de Clouzot, dialoguiste, se fait sentir, à travers deux ou trois détails structurels qu'il affectionnait (on en retrouve la trace dans l'infect Ma cousine de Varsovie, de Carmine Gallone): par exemple, les rimes entre deux scènes, qui sont unies par le montage. Ou encore les formules à l'emporte-pièce qui assoient un caractère... Mais Clouzot selon les historiens ne serait que l'adaptateur du film, pas plus; la version française serait due à Pierre Billon. 

Sauf que le générique mentionne bien la mise en scène de Lamac, ici "assisté" de Clouzot. Nulle trace de Pierre Billon! S'agirait-il d'un de ces films sur lesquels le tout jeune futur metteur en scène du Corbeau se serait fait les dents? mystère... Comme on le sait, un générique de cette époque n'est jamais fiable à 100%...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Henri-Georges Clouzot
23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 08:51

Paris, années 30; une épouse (Mireille Perrey) en a plus qu'assez d'être trompée par son serial coucheur de mari (Roger Blum), et prend une décision: elle va lui rendre la monnaie de sa pièce en achetant des ballons, auxquels elle accroche une carte de visite à son nom, sur laquelle elle précisera "Je serai seule après minuit" avant de les lâcher; Les ballons suivent la course que leur indique le vent, et tombent entre les mains de militaires, d'un saxophoniste, d'un homme qui se définit comme "gentleman-cambrioleur" (Maurice Rémy), de gratte-papiers et autres ronds de cuir, mais aussi du voisin et ami Michel (Pierre Bertin) de la belle dame, qui bien sûr n'attend qu'une occasion comme celle-ci!

Le film est adapté d'une pièce d'Albert Jean, et on doit les dialogues additionnels au jeune Henri-Georges Clouzot. Mais une bonne part du film est "dialoguée en musique", sur la base de chansons qui faisaient partie intégrante du spectacle. A la demande de Baroncelli qui avait sans doute peur de s'ennuyer, le film a été aéré, et de nombreuses scènes voient les personnages se déplacer dans Paris; certaines sont d'ailleurs quasi-muettes. Fatalement, ce sont les meilleurs moments du film, qui avouons-le est un joyeux bazar indiscipliné, qui louche volontiers du côté de Lubitsch et René Clair. Il faut avoir de l'ambition dans la vie.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Henri-Georges Clouzot