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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 17:06

En cette fin 1938, Bob Clampett se retrouve souvent seul à faire fonctionner la machine des Looney Tunes consacrés à Porky Pig... Et il a plus ou moins carte blanche, comme en témoignent plusieurs chefs d'oeuvre: What price Porky en était déjà un; Porky in Wackyland aussi. Et enfin ce film paradoxal, dans lequel le metteur en scène et ses animateurs osent aller loin dans la déformation. Il est quasi irracontable: disons que dans une clinique (Dirigée par le Dr Quack, soit Dr Charlatan), on assiste à des opérations terrifiantes, sabotées par l'assistant Daffy Duck, en mode fou furieux...

Ca se terminera par une vision de Porky Pig (Le patient) et Daffy Duck après leur passage dans un poumon d'acier. Voir photos...

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 17:01

Avec un titre pareil, on se dit qu'on va voir les pyramides, le Sphinx... Eh bien pas du tout. Porky est un touriste qui est arrivé trop tard pour prendre le chameau collectif en direction du "tombeau de la Momie", il doit donc se contenter d'un modèle une place, mais cet animal (Le chameau, bien entendu) est tout sauf efficace, et ils se perdent dans le désert. Donc, mirage, et crises de folie à répétition... C'est à la fois typique de l'oeuvre en noir et blanc de Clampett, et un peu frustrant...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 16:54

Avec ce film, Clampett tente une nouvelle fois un élargissement familial de l'univers de Porky Pig. Et l'heureux élu est... une fripouille: le neveu particulièrement mal-intentionné du dit cochon, qui l'accompagne lors d'une sortie baignade au lac du coin... les gags abondent, et souvent ils ont un rapport avec la présence de maillots de bain. Oui, ces animaux qui se promènent sans pantalon en ville, ont tous besoin d'un maillot de bain, et l'absurde règle initiée chez Disney (Tout comme celle qui fait que Donald Duck qui là encore est cul nu en permanence, se sent obligé de se couvrir d'une serviette quand il sort de sa douche) est donc ici soulignée avec insistance. Sinon, il y a une course amusante, l'occasion pour quelques gags physiques, et un gag "risqué", comme on dit en anglais: un baigneur qui ressemble à Eddie Cantor aperçoit une bouée, et s'en sait en disant "Une bouée, enfin!" 

Et alors, me direz-vous? Eh bien, Eddie Cantor était gay, et bouée se dit Buoy en anglais, mais c'est prononcé plus ou moins comme "Boy". Si, si: dans un Looney Tune de 1938.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 00:10

Un cinéaste doué et inventif met son imagination débordante au service d'une histoire touchante et drôle, celle d'une personne inventive et farfelue, mais qui a besoin d'un petit coup de pouce dans la vie... Jeunet touché par la grâce, ce n'est pas la dernière fois, ce n'est pas la première fois... Mais on y revient avec joie.

Et pour commencer, à replacer ce film dans le contexte des longs métrages de Jeunet, il y a de quoi être surpris: les trois premiers films du metteur en scène sont systématiquement placés dans un contexte proche de la science-fiction, même si les deux premiers restent sérieusement mélangés à des bribes de réalisme poétique (Je sais pour l'avoir vu dans un documentaire, Jeunet a une affiche originale de Quai des brumes dans son bureau, ce n'est donc pas un hasard...), mais à un dosage différent. Et tout à coup, le metteur en scène a ressenti le besoin de resserrer les boulons, et de se reconstituer un univers plus personnel. Plus personnel en tout cas que le cauchemar logistique d'être aux commandes d'un film dont tout lui échappe (Alien Resurrection, 1997). D'où le retour à Paris, et aussi le retour de la "famille" Jeunet: désormais, le metteur en scène partagera sa plume avec Guillaume Laurant, et il fait appel à des gens qui ne sont pas des petits nouveaux. Acteurs, bien sûr: nombre d'entre eux sont déjà passés par là. Mais aussi Amélie Poulain consacre le retour de Bruno Delbonnel, le chef-opérateur des courts métrages...

Amélie, tout le monde la connait. ...Mais à l'en croire, personne ne s'intéresse à elle... Elle est serveuse au café des Deux moulins, à Montmartre. Et un jour, un hasard la met sur le chemin d'une vieille boîte oubliée par un gamin des années 50, dans l'appartement qu'elle occupe désormais. Elle trouve le moyen de la faire revenir à son propriétaire, et elle l'observe de loin. Sa réaction, une grande émotion, pousse la jeune femme à tenter de récidiver, et à améliorer un tant soit peu le quotidien de ses voisins, de son père, et d'autres quidams... Mais elle en vient très vite à la conclusion qu'il faudrait qu'elle s'aide un eu elle-même, d'autant qu'elle a presque rencontré un garçon dont tout porte à croire qu'il est fait pour elle et réciproquement. Tout est pour le mieux, alors? Non, car Amélie Poulain a un gros problème: se confronter à a réalité des choses lui est quasi impossible...

Cet univers est plus réaliste que celui de Delicatessen, c'est une version à peine revue et corrigée du monde contemporain, mais vu à travers une nappe à carreaux, une boîte à gâteaux légèrement poussiéreuse, ou une émission de télévision d'autrefois. Le décalage léger sied bien à Jeunet qui peut ainsi laisser ses acteurs véhiculer eux-même la poésie par leurs actions, leurs dialogues voire leurs principes. Des acteurs reviennent une fois de plus, dont Rufus en père soucieux, Ticky Holgado qui fait une savoureuse apparition, ou bien sûr Dominique Pinon en amoureux ombrageux. La encore, les micro-univers de tous ces gens se croisent, au fur et à mesure de la progression des manigances d'Amélie-Audrey Tautou. Le fin fond du film reste bien sur marqué par sa jolie histoire d'amour avec Nino (Mathieu Kassovitz), dont la serveuse Gina dit qu'il ne peut qu'être bon, puisqu'il connait ses proverbes... Tout le film est une fois de plus un kaléidoscope sur le droit de chacun au plaisir, fut-il d'orgueil (L'écrivain Hipolito, interprété par Artus de Penguern, jamais publié qui découvre au hasard d'une rue de Montmartre une citation signée de son nom sur un mur), d'amour (le fait d'indiquer avec un doigt naïf les endroits on l'on souhaite être embrassé), de collectionner les objets les plus hétéroclites (Cette tendance de Nino renvoie à un personnage de Foutaises, le "cousin de Gueugnon". Gueugnon est d'ailleurs cité dans le film, et c'est une tendre private joke pour Jeunet...). Et puis bien sur, il y a pour Jean-Pierre Jeunet resté trop longtemps en studio avant son quatrième long métrage, le plaisir de filmer Paris, les balades dans Montmartre, ou de s'asseoir sur les toits pour compter les orgasmes simultanés de quinze personnes...

Alors bien sûr, on est parfois tombé à bras raccourcis sur ce film, suspect parce qu'il a été un phénomène populaire, et qu'il a eu un énorme succès. Jeunet revendique d'ailleurs son cinéma comme étant ludique, par opposition à une frange intellectuelle de la critique française. Soit. Mais vouloir croire qu'on puisse limiter ce film au plaisir qu'on a à la voir, fut-il immense, c'est tout de même un peu court. D'une part parce que si Delicatessen était une sorte de définition de la direction dans laquelle Jeunet (Avec Caro) souhaitait aller dans la première décennie de son métier de metteur en scène établi, le moins qu'on puisse dire est que ce Fabuleux destin d'Amélie Poulain est un nouveau départ, qui anticipe sur tous les films qui ont suivi. Un nouveau Jeunet, donc? Pas si vite: d'une part, il y a entre Delicatessen et Amélie plus d'un point commun, et Amélie renvoie aussi à deux courts métrages, d'ailleurs tournés sans le concours de Marc Caro à la mise en scène: Pas de repos pour Billy Brakko, 1983, et Foutaises, de 1989. Au premier, Jeunet reprend une tendance éblouissante au montage virtuose (Image ET sons) qui va être très importante du début à la fin de ce nouveau film. Et à Foutaises, déjà cité plus haut, Jeunet reprend l'idée du "J'aime, j'aime pas", qui lui permet avec bonheur de placer des personnages dans son exposition, grâce à la narration de André Dussolier. Et si Jeunet s'est lancé en effet dans ce que les anglo-saxons auraient appelé un "feel-good movie", il n'en oublie pas les petites piques à ses semblables: les vieux couples qui s'engueulent, les parents trop prévenants qui sabotent le caractère d'un enfant et rendent leur fille totalement incapable de s'ouvrir au monde, les méchants (Représentés par l'affreux Collignon). Mais Amélie/Jeunet leur réserve des tours de cochon. Oui,car Amélie ne se contente, après tout, pas de faire le bien autour d'elle... Comme le fil rouge du film, Lady Diana, dont la mort signe le point de départ du film, Amélie doit se situer constamment sur le fil, entre faire le bien, et la préservation de sa vie privée... Bien maigre, cette dernière!

Et le film, qui peint le monde tel que Jeunet aurait aimé qu'il soit, nous apprend en deux heures de pur cinématographe, images et son, montage, musique, ralenti et accéléré, avec animation en 3D, regards caméra et autres brèches dans le quatrième mur, à cesser de vivre dans le passé, à en faire enfin table rase et à vivre tout court. Il repose sur une actrice qui a un lourd travail: incarner à la fois l'héroïne du film, et son point de vue permanent (Le nombre de fois qu'elle nous prend à témoin!). Et comme tout ceci se passe plus ou moins dans son ressenti, elle n'est définie que par ses actions et réactions, contrairement à ceux qui se présentent, comme M. Dufayel (Serge Merlin) et sa maladie, ceux qui sont présentés par les autres, comme le pauvre Lucien (Jamel Debbouze) qui s'en prend plein la figure, ou bien sur Nino qui est introduit par sa collègue. Mais Audrey Tautou est excellente, car elle utilise, comme les enfants que Jeunet sait si bien diriger, son instinct d'abord et avant tout. Et le film, d'anecdote en anecdote, file tout seul, parce qu'il joue sur tous les aspects du souvenir, et tous les sens. Je jure que dans ce film, on a tout: il y a des images, des sons, et... de la substance et même, même des goûts (Poulet, café) et des odeurs: celle des légumes traités avec amour par Jamel, par exemple. Ou encore celle des gares. Celle du café des Deux Moulins... On y retournera, comme on retourne vers Carné, vers Tati, ou Clouzot. Parce que Jeunet a trouvé certains secrets du cinéma éternel. Voilà.

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Published by François Massarelli - dans Jean-Pierre Jeunet Comédie
30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 17:10

Adapté d'un roman de Reif Larsen, intitulé The selected works of T.S.Spivet, ce film de Jean-Pierre Jeunet est sa deuxième aventure anglophone, mais là s'arrête la comparaison avec Alien resurrection! Sous le patronage de Gaumont, avec son complice Guillaume Laurant, son co-scénariste sur tous ses films depuis Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, en compagnie de ses collaborateurs attitrés, Jeunet a tout fait pour que ce long métrage Franco-Canadien tourné aux Etats-Unis, notamment dans le Montana, reste son oeuvre, porte sa marque. Bref, c'est un film de Jean-Pierre Jeunet du début à la fin. Même si on pense ça et là à un autre réalisateur, ce qui n'est sans doute pas un hasard, mais plus un profond lien, un véritable cousinage entre les deux artistes... j'y reviendrai.

Tecumseh Sparrow Spivet (Kyle Catlett), plus communément appelé T.S., est un enfant de dix ans qui a des capacités d'invention phénoménales. Depuis son plus jeune âge, il se passionne pour la science et ses possibilités. Au point d'en développer une certaine frustration, puisque les professeurs auxquels il est confronté dans son coin du Montana ne manifestent qu'un sentiment évident d'insécurité face à ce gamin qui les écrase tous de sa supériorité. Mais le simple fait de les écraser n'est pas son plaisir, non, il souhaite présenter ce qu'il sait faire, et à ce titre a envoyé en secret une invention au Smithsonian Institute de Washington.

Sa famille est assez pittoresque: son père (Callum Keith Rennie), "né 100 ans trop tard", veut absolument se contenter de la vie d'un cow-boy; sa mère (Helena Bonham Carter), entomologiste, étudie avec acharnement tous les insectes qu'elle peut trouver; sa soeur, Gracie (Niamh Wilson), souhaite ardemment partir du Montana par la plus grande porte qui soit, et voudrait participer à tous les concours de beauté imaginables, au plus grand désespoir de sa mère... Enfin, Layton (Jakob Davies), le frère jumeau de T.S., qui tenait clairement de son père, est mort. Et à ce sujet, T.S. a un secret, mais il ne va pas nous le déballer aussi vite, non.

Quand il reçoit une invitation du Smithsonian Institute à accepter un prix pour son invention, une machine à créer le mouvement perpétuel, T.S. comprend bien que ses interlocuteurs croient donner le prix à un adulte. Devant la possibilité d'un embarras, d'un malentendu dont la conséquence serait l'annulation pure et simple de sa participation au prix, il prend la décision inévitable: partir en douce pour Washington, avec l'ingéniosité qui le caractérise. Pour le reste, on verra bien...

Le film a donc choisi un point de vue et n'en dévie quasiment jamais. Mais T.S. n'est pas à proprement un narrateur omniscient, car le moins qu'on puisse dire est qu'il se fait un film, comme on dit souvent. Il vit dans une réalité altérée, souvent adoucie par rapport au grand drame de sa vie, et celui de sa famille: la mort de Layton. T.S. s'en sent responsable, comme on le verra quand il osera, pour la première fois, en parler... Mais il n'est pas différent des autres membres de sa famille, qui ont juste poussé un peu leurs intérêts respectifs (La vie à la dure dans l'ouest, l'entomologie, les concours de beauté) dans le but d'oublier... 

Pourtant, le film n'est pas soumis à un rythme mortifère, pas plus qu'il ne se contente d'être un "road-movie". Jeunet étant en contrôle, il n'est pas venu sans son univers bien particulier, qu'il doit ici adapter, c'est vrai, aux magnifiques paysages de l'Ouest! Et de fait, la partie du voyage durant laquelle T.S. est passager clandestin dans un camping-car véhiculé sur un train, contraste de façon impressionnante avec la poésie urbaine qui caractérise souvent les productions du metteur en scène. Mais si on a parfois un peu peur que le plaisir de tourner dans les grands espaces ait fait perde le sens de la mesure à Jean-Pierre Jeunet, on constatera que le voyage est émaillé de rencontres... dont une avec un vagabond interprété par Dominique Pinon, on ne se refait pas. Et T.S. laisse son imagination (galopante...) faire le reste, et c'est là que Jeunet s'amuse, avec des incrustations qui tiennent lieu de split-screen, un effet qu'on a déjà vu dans ses trois derniers films. Car Jeunet, ici, n'oublie jamais de triturer l'image à sa guise afin de nous inviter dans la tête de son héros. A ce sujet, une fois de plus on est impressionné par le travail de Jeunet avec un enfant, ce qu'il nous avait certes démontré plus d'une fois...

Et la partie située à Washington, sensée correspondre à l'accomplissement d'un rêve de T.S., est surtout l'occasion pour Jeunet de confronter son héros à un monde qui pourrait le corrompre en un clin d'oeil. Le rôle de "passeur" est confié à Judy Davis, qui reçoit le jeune homme au nom de l'institut prestigieux, et s'attache à tout faire pour l'exploiter purement et simplement. Elle est fantastique, comme souvent, même si elle ne fait pas dans la subtilité. Et à travers le personnage de ce garçon excentrique, invité à entrer dans "le monde normal", comment ne pas penser à Tim Burton? Le reste du film nous rappelle aussi à son petit monde, et en particulier à Big fish, peut-être son plus grand film... D'autant qu'Helena Bonham Carter est là aussi.

Mais cela reste fermement un film de Jean-Pierre Jeunet, qui nous montre une fois de plus des êtres engagés dans une vie parallèle, qui ne pourront pas être corrompus, parce que leur vie intérieure, leur imaginaire, ou ici leur univers de scientifique, leur sert à la fois de définition personnelle et de rempart contre le reste du monde. Le film nous conte certes une crise, la fugue d'un enfant, mais la morale, c'est que c'est un passage obligé dans lequel les choses à dire vont, enfin, être dites. Et la famille, sans que quiconque abandonne son obsession, va sortit grandie. Comme d'habitude, et bien qu'il troque des boîtes à gâteaux en étal contre des épis de maïs, Jeunet nous montre en images formidables qu'il faut savoir rester soi-même. Tout simplement.

Je suis d'accord.

 

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Published by François Massarelli - dans Jean-Pierre Jeunet
30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 14:14

Alors qu'il se rend à la messe, Porky Pig entame le dialogue avec un mauvais garçon qui fume un cigare. Ce dernier le met au défi d'en faire autant, et Porky fume un cigare... Jusqu'à en être tellement malade qu'il va faire un rêve très productif...

On n'attendrait pas Frank Tashlin sur le terrain de la moralisation... Et pourtant, il a fait ce film qui est un peu un message au premier degré, à la Disney donc, pour empêcher les petits garçons de fumer. Mais rassurez-vous! C'est vrai, généralement, que ce genre de message par ailleurs nécessaire fait tâche, surtout dans un studio aussi sainement malsain que l'était celui de Leon Schlesinger avant les années 40... Mais ce film est tellement inventif qu'on finit par oublier le message, et prendre du plaisir dans les variations délirantes du rêve, qui détourne à peu près toutes les marques de cigarettes et de tabac possibles. Pour un peu, ça donnerait envie de fumer...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes
30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 08:55

Mal-aimé de la saga Alien, et pas forcément apprécié, ni même parfois connu, des fans de Jeunet, ce film sensé plus ou mettre fin au cycle (Comme le précédent, Alien3) est en réalité situé au confluent de trois univers. Il ne peut être pris que comme une rencontre, donc, entre d'une part l'univers d'Alien (Ripley, les "Xénomorphes", l'ombre de Weyland-Yutani), d'autre part les thèmes chers au scénariste Joss Whedon (Buffy the vampire slayer, Firefly, Angel, Dollhouse, dont le péché mignon est de questionner la féminité dans un contexte de science fiction ultra-référencée), et enfin le monde de Jean-Pierre Jeunet, fait de bricolage, d'une efficacité narrative se reposant sur un enchaînement logique d'événements, et bien sûr son excentricité visuelle... 

Rappelons l'histoire, tout d'abord: sur un vaisseau spatial appartenant à un conglomérat terrien, en collaboration avec l'armée, on attend une cargaison particulière. Des scientifiques présents sur le vaisseau ont réussi, à partir de prélèvements effectués avant la mort de Ripley (Dans Alien3), à cloner cette dernière, interprétée une fois de plus par Sigourney Weaver, évidemment. Après 8 tentatives, ils ont obtenu de la "ressusciter', elle est l'alien qui est en gestation dans son abdomen. L'alien a été 'extrait' de façon chirurgicale, ce qui était le but de la manoeuvre, mais contre toute attente, Ripley a survécu... Un médecin (Brad Dourif) a donc décidé de la garder en vie, ce qui n'était pas prévu au départ, pour voir...

La cargaison attendue, donc, est un chargement d'humains frais, en hibernation: quand la "reine" Alien va être opérationnelle, elle ne manquera pas de pondre, et il faudra, pour chaque oeuf, un humain prêt à devenir l'hôte d'un petit. La cargaison en question est amenée par des commerçants d'un genre particulier, à la fois convoyeurs et mercenaires, ils sont des spécialistes des jobs difficiles, dangereux, qui dépassent allègrement les limites de la légalité. Ils sont 6: Elgyn, le capitaine du vaisseau (Michael Wincott), sa compagne et mercenaire Hillard (Kim Flowers), Christie, rompu au maniement des armes (Gary Dourdan), le grand costaud Johner (Ron Perlman), gros bras, gros flingue et petite tête, Vriess (Dominique Pinon), qui se déplace en fauteuil roulant, ce qui ne l'empêche ni d'être efficace, ni d'être dur à cuire, et enfin la petite nouvelle, Call (Winona Ryder). Autant le dire tout de suite, c'est un robot, nouvelle génération, ceux qui sont créés et maintenus par des robots. Et elle est sacrément militante: elle s'est introduite sur le vaisseau-cargo dans le but d'infiltrer la mission de recréation des aliens, car elle a une mission: protéger les humains contre leurs mauvais instincts...

Trois choses vont donc se passer: d'une part, quand on manipule des aliens, ça finit toujours de la même façon. Ensuite, Call va tenter d'intervenir, simultanément à l'évasion des aliens, qui échappent à leurs gardiens et se retrouvent en liberté totale dans le grand vaisseau. Et Ripey, qui est rappelons le un clone issu de la résurrection d'une Ripley AVEC une reine alien à l'intérieur, est, pour le moins, imprévisible! Lors de la pagaille monumentale qui s'ensuit, elle s'allie avec les "commerçants"... Mais jusqu'où?

"Pagaille", disais-je: c'est le maître-mot. Depuis Alien (Ridley Scott, 1979), on est habitué à la montée progressive d'un suspense de plus en plus étouffant. Mais ce qu'on a ici, c'est plus l'annonce d'un catastrophe qui se produit trop tôt, suivie d'une longue, mais alors logue agonie du film. On aimait l'alternance, d'un film à l'autre, entre une invasion d'un vaisseau, ou d'une planète (Alien3, David Fincher, 1991) par un seul individu, et la plongée des humains dans un nid, un nuage, une marée, un océan d'aliens (Aliens, James Cameron, 1985)... Mais ici, ça tourne au trop-plein: trop de bestioles, trop de possibilités, et... trop de gore, ça oui. Ca tourne même au ridicule absolu quand la reine, qui provient du même mélange que le clone de Ripley, accouche littéralement d'un être mi-humain, mi-alien, qui est d'une laideur inconfortable, et qui va rencontrer l'une des fins les plus dégueulasses qui puissent être. Voyez le film avec une cuvette à cet égard... Donc, si le film offre à Ripley une "fin" plus décente que celle que lui avait donnée Fincher, il tend à gâcher l'héritage en permanence.

La faute à qui? On a envie d'utiliser le dicton anglais "Too many cooks in the kitchen spoil the broth", dont vous irez si vous ne la connaissez pas chercher la signification sur internet, autant que ça serve ces petites machines. Comme tous les autres films de la saga, il y a eu du monde sur ce bébé-là, et... y-avait-il un capitaine? On sait qu'il y en avait un sur tous les autres films, y compris quand la Fox et Brandywine Productions mettaient des bâtons dans les roues de David Fincher. On sait aussi que sur un plateau de Jean-Pierre Jeunet, il est le seul maître à bord, engagé à 300% sur son film. Mais... le langage, peut-être? la timidité face à la tâche titanesque? Jeunet n'est pas à son aise, ni dans le genre, qu'il connaît bien en tant que fan, ni dans les règles imposées, qui sont habituellement imposées... par lui. Ici, le cahier des charges n'est absolument pas de sa responsabilité, et ça se sent. Alors on retrouve certains aspects de son oeuvre, des inventions inattendues comme le cube de whisky, des bricoleurs de génie comme la troupe de mercenaires, ou encore quelques moments qui reposent sur un enchaînement d'événements, mais... c'est assez peu. Reste son efficacité? Oui, mais elle est mise à mal par le souci du langage, et un script dont les dialogues possèdent peu de subtilité ('Die, you motherfucker'). Au final, on sait que c'est du Jeunet, tout de même. Il y a Dominique Pinon!

Et Joss Whedon dans tout ça? Même si ça ne sauve pas le film, on constate que dans ce script probablement conçu au début des années 90 par le jeune aspirant scénariste, on retrouve beaucoup, mais alors beaucoup de ses thèmes. La prépondérance des femmes, avec ici quatre figures de féminité, de la maternité carnassière (la Reine), à l'amazone fragile (La scène durant laquelle Hillard perd son amant est touchante), en passant par les deux bizarres: Call, le robot que certains mercenaires auraient bien mise dans leur lit, et bien sûr la Ripley-Alien, qui est au centre de toutes les interrogations. Elle a été au bout de l'enfer, et en est revenue, comme Buffy, ou Darla (Dans la série Angel). Et comme elles, elle est revenue... différente. une constante, là encore des personnages féminins de Whedon: Fred/Illyria, Cordelia Chase, Echo, Skye, River Tam... Mais ce qui frappe aujourd'hui, c'est à quel point Whedon avait en tête, des années avant, une équipée à la Firefly: un équipage de bras cassés revenus de tout, effectuant des livraisons légales ou illégales, dans un vaisseau cassé de partout et rafistolé, et tous rompus au maniement des armes. Bon, admettons quand même que Firefly est bien, bien meilleur, et de très loin, que ce film dans lequel une fois de plus un(e) héros/héroïne questionne son humanité, film sympathique, mais...

...raté.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Jean-Pierre Jeunet Joss Whedon Beeerk
29 octobre 2017 7 29 /10 /octobre /2017 15:06

On connaît assez peu cet aspect de l'univers de Jean-Pierre Jeunet, réalisateur de Delicatessen, Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, et Un long dimanche de fiançailles: l'animation. C'est pourtant ce par quoi il est arrivé au cinéma, ainsi du reste qu'à la publicité et au monde très particulier des vidéos musicales; Zoolook, de Jean-Michel Jarre, ou La fille aux bas nylons, de Julien Clerc, sont d'ailleurs de bonnes illustrations du fait que Jeunet "clippeur" reste à cet époque un animateur dans l'âme; et il utilisera l'animation en volumes dans Foutaises en 1989, et bien sûr la 3D dans Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, avec des éléments du décor qui prennent vie. Mais à l'origine, il officie dans le "stop-motion", comme le prouvent deux de ses courts métrages entièrement composés de cette manière: L'évasion, en 1978, et celui-ci qui nous est disponible sur internet.

Le générique nous annonce "des créatures de Marc Caro dans un film de Jean-Pierre Jeunet", ce qui montre à quel point la collaboration entre les deux hommes a pu prendre toutes les formes. Mais Caro, un plasticien certes, un artiste visuel en effet, n'est pas un animateur. Ici, c'est Jeunet qui a pris en charge tout le tournage, et l'atmosphère bien particulière de ce petit film...

Dont l'univers doit beaucoup à Caro, c'est indéniable. Des humains stylisés (Et soyons francs, assez moches, on est bien loin des créatures des studios Aardman!) désirent se rendre sur un manège. Le lendemain, ils y vont, et un enfant décroche le pompon. Il gagne... Une visite des coulisses, où il est désormais obligé, avec d'autres, de faire tourner le manège. Un final grinçant, certes, mais en harmonie totale avec le décor poisseux de banlieue sale et nocturne choisie par Jeunet. C'est bien froid, tout ça, et ce n'est évidemment rien comparé à ce que Jeunet et Caro allaient faire avec leur effarant Bunker de la dernière rafale, leur premier film "live-action" deux années plus tard. 

Quelle que soit cette impression de froideur, en tout cas, l'obstiné Jeunet (Car il fallait être obstiné en 1979 pour réaliser un film d'animation pour adultes de 10 minutes, avec les créatures de Caro!!) a obtenu un César en 1981 pour ce film. 

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Published by François Massarelli - dans Jean-Pierre Jeunet Animation
29 octobre 2017 7 29 /10 /octobre /2017 15:00

Réalisé en 1983, ce très court métrage (moins de cinq minutes) est « inspiré de la bande dessinée de Marc Caro, Pas de linceul pour Billy Brakko » selon le générique. Mais pour le reste, il est stipulé que le scénario, le montage et la réalisation sont de Jean-Pierre Jeunet. L'image est du complice Delbonnel, et Caro reste dans les parages, pour incarner le « héros » Billy Brakko... Ce dernier est une pure créature de fiction, qui existe à peine même dans ce film. C'est là qu'il me faut sans doute citer un collaborateur essentiel du court métrage, le grand Jean Bouise qui récite durant l'intégralité du film un texte que voici, (presque) in extenso :

Ca commence un soir d'hiver... Il achète le journal; qu'est-ce qu'il voit? Le célèbre Billy Brakko est mort ! Tu parles d'un choc : Billy Brakko, c'est lui. « C'est reparti », il pense. Encore fuir, toujours fuir... Le train ! L'avion ! Le bateau ! Ca fait deux ans que Billy Brakko fuit ; en fait, depuis qu'il a rencontré Julie... C'était suite à l'affaire Ripley, une sale affaire... Pour Brakko : trois ans fermes. Mais Julie l'avait attendu, il en était amoureux fou. Il lui disait « Julie, cet air printanier me donne envie de chanter ! », il aurait fait n'importe quoi pour elle, il aurait même essayé de lui expliquer la fin de 2001 si elle le lui avait demandé...

Seulement voilà, Julie était une espionne de l'Est. Et à l'Est, on avait besoin d'hommes comme Billy Brakko ! Malgré son amour, il lui dit « Julie, je ne peux trahir mon pays. Je dois partir. » Et il arrive à Berlin, ou à Zagreb, ou à Vienne, ou à Paris, tout simplement, et c'est là qu'il apprend sa mort par le journal. L'incinération doit avoir lieu le lendemain matin. Une nuit d'attente... Il va au cinéma. On y joue Eraserhead. Il est content, c'est un vrai film de cinéaste, de metteur en scène d'images, et pas seulement d'acteurs. Après il marche dans les rues toute la nuit. Car Billy Brakko ne dort jamais. « Je hais ces petites tranches de mort », dit-il. C'est une belle phrase, non ? ...tu parles, il l'a piquée dans un film avec James Mason.

Huit heures du matin. Dès l'ouverture, Brakko pénètre dans le moratorium. « Trop tard, opération terminée » lui dit le nécro-technicien. De Brakko il ne reste qu'un tas de cendres... Là, franchement, ce qu'il aimerait, c'est se réfugier dans son encrier, comme Koko le clown... Il retrouverait Betty Boop, elle lui chanterait « Poop-e-doop-e-doop-e-doop, poo-poo-pe-doo ». Seulement voilà, on n'est pas dans un cartoon. On est dans un vrai film.

Là-dessus, ça se précipite. Un inconnu aborde Brakko : « Rendez-vous à dix heures, en banlieue ! » Il arrive, son contact est bien là, le seul problème, c'est les trois balles qu'il a dans la tête . Brakko comprend, cette fois, ils l'ont retrouvé ! Il prend l'avion, Hambourg : trop tard ! Ils l'attendent ! Retour à (???????) : dans la rue, des pas derrière lui ; « Vite, vite, montez, les voilà ! »... Les deux tueurs l'emmènent dans un endroit sordide et désert. Curieusement, la dernière chose que Billy Brakko voit, c'est l'image d'un but marqué par un avant Brésilien...

Là dessus il meurt, et c'est fini.

Ou alors, si vous préférez, E.T. guérit de son doigt magique Billy Brakko, et la commission, présidée par Donald Duck, composée de Félix le Chat, Bimbo, Rapetou et Pettit Loup Gris, décide d'accorder exceptionnellement une dérogation à Brakko pour vivre au pays des cartoons... Là où les héros ne meurent jamais...

C'est la seule trame du film, dont la narration est en fait confiée à l'espace où co-existent les images, sans relation apparente entre elles, et le fil narratif contenu dans cet étrange monologue mené avec le ton parfaitement idéal de la belle voix de l'acteur. Parfois, ces images sont « jouées » par l'un ou l'autre des acteurs crédités, parmi lesquels Jeunet et caro bien sûr, mais aussi André Igual ou Bruno Delbonnel. Et parfois les images sont du pur recyclage, en relation avec le commentaire (Les anecdotes autour de 2001 de Kubrick, ou Eraserhead de Lynch), en cousinage plus ou moins proche (Quand on parle de l'Est, les images de propagande des années 30 défilent sur l'écran), et parfois assez éloignées (La mention de l'amour de Brakko par exemple est accompagnée d'un extrait d'un film de Tex Avery avec un loup qui devient fou). Il souligne doublement l'importance du montage en citant Eisenstein: quand Bouise dit "Cette fois, ils l'ont retrouvé", quelques images des jambes des soldats dans la fameuse séquence de l'escalier du Cuirassé Potemkine défilent à l'écran... Quelques fois on a le sentiment que les images illustrent le texte. Mais souvent, c'est clairement le contraire : ainsi, la phrase « Julie, cet air printanier me donne envie de chanter » est-elle directement visible à l'écran, dans une case extraite d'une bande dessinée animalière des années 30. C'est l'une des raisons qui nous font voir Billy Brakko comme un pur collage arbitraire et surréaliste...

...Tout en étant d'une rigueur exemplaire. Et en prime c'est drôle ! Mais surtout, en dépit de la référence à Marc Caro, l'âme damnée du metteur en scène, le collaborateur à l'univers noir et froid, ce film est un exemple, 6 années avant son film Foutaises, de l'art du montage selon Jean-Pierre Jeunet, qui s'amuse dans la juxtaposition d'un scénario de film noir poussé jusqu'à l'absurde d'un côté, et l'accumulation d'images récupérées un peu partout mais souvent dans la culture populaire (Football, Tintin au pays des soviets, les publications Walt Disney), et dans des domaines qui sont chers à Jeunet (Les films Fleischer, cités à travers les personnages de Koko, Bimbo et Betty Boop-également présente dans la bande sonore, ce n'est pas Bouise qui chantonne « Poop-e-doop-e-doop-e-doop, poo-poo-pe-doo », désolé si cela vous déçoit). Et comment ne pas penser à Amélie Poulain et ses délires éveillés, ou les dingues de la récupération tous azimuts de Micmacs à tire-larigot? Pas de repos pour Billy Brakko n'est pas qu'un irrésistible court métrage qui se regarde comme un rien, c'est aussi un film-matrice, élément-clé de l'univers d'un cinéaste qui a élevé la récupération au rang des beaux-arts, et qui reste un des cinéastes qui a le mieux compris ce qu'était le montage.

 

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Published by François Massarelli - dans Jean-Pierre Jeunet
29 octobre 2017 7 29 /10 /octobre /2017 11:56

Loin d'Audiard (Fâcherie? Bouderie?), avec Francis Veber, Lautner redéfinit considérablement son concept de la comédie policière. En douceur, pourrait-on dire, si la chose ne passait pas par un nombre assez jovial de bourre-pifs. Michel Constantin n'est pas Lino Ventura, mais décidément ce dernier ne souhaitait pas rééditer l'expérience de ses trois comédies avec le réalisateur. Donc, Constantin tout en étant un choix par défaut s'avère parfaitement adéquat dans cette histoire de flic flanqué d'une fausse famille le temps d'une infiltration, qui prendra bien sûr plus de temps que prévu, obligeant le bourru célibataire à cohabiter bien plus que de raison.

C'est que voyez-vous, Michel Constantin cohabite ici avec Mireille Darc, la femme désignée avec son fils Louis pour "figurer" la fausse épouse du vrai flic... Le genre criminel policier doit donc cohabiter avec les difficultés au quotidien de l'association inattendue entre petite famille tranquille et gros bras bas du front... 

Et si le film occupe un terrain double, à la fois celui de la comédie (En finesse) et celui du policier à la Française (Beaucoup de voitures, beaucoup de baffes), il le fait avec intelligence, et parfois avec style: un meurtre particulièrement, effectué à coup de litres de lait, s'ajoute à la déjà longue série de morts violentes traitées avec un goût certain pour l'inattendu par le metteur en scène. Le script policé de Veber sied à merveille aux façons de faire de Lautner, tout en efficacité matinée d'une subtile mais insistante dose d'excentricité. Et il ne lâche pas trop encore sur son péché mignon, qui deviendra vite une mine d'or (L'emmerdeur) avant de devenir une sale manie (Ses films avec Pierre Richard et un gros acteur blond dont le nom et le talent m'échappent): l'association imprévue entre deux caractères que tout devrait opposer.
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Published by François Massarelli - dans Comédie Georges Lautner