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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 17:58

Le deuxième film de la série des Zatoichi est un écho du premier, à tous points de vue: sorti six mois après, il met en scène non seulement Shintaro Katsu dans le rôle qui ne tardera pas à être mythique du masseur aveugle et surdoué aux jeux de sabre, mais aussi quelques protagonistes du premier film. Le titre anglais, plutôt fidèle à l'original, est sans ambiguïté: The tale of Zatoichi continues, soit La suite de la geste de Zatoichi... 

Un an après les événements du premier film, Ichi décide de retourner à Lioka, comme il l'avait promis, afin de rendre hommage à celui qu'il a tué, son égal, et l'un des plus grands regrets de sa vie. Mais il est suivi à la trace, d'une part par un mystérieux Ronin manchot et son apprenti, mais aussi par tout un clan, dont il a été amené à rencontrer le chef, pour un massage: celui-ci était plus ou moins dérangé, ses lieutenants ne veulent pas que ça s'ébruite. Mais à Lioka, Zatoichi est confronté à son passé local: le seigneur qui l'avait engagé n'a jamais pardonné au masseur d'avoir publiquement gagné le combat contre la bande rivale pendant que lui, le chef de clan, se terrait dans coulisses; et Otane, la jolie jeune femme qui l'aimait et l'a laissé partir, va se marier avec un jeune homme. L'arrivée de Zatoichi contrecarre ces plans...

Ca se complique, en fait. Au rythme indolent, au suspense unilatéral du premier volet, les scénaristes ici ajoutent des péripéties un peu dans tous les sens afin de multiplier les occasions de montrer des combats. Ceux-ci sont toujours brefs, et filmés à distance, sans artifices inutiles (notamment du ralenti), mais ils en deviennent un peu banalisés. Je ne pense pas non plus qu'il était si intéressant de faire revenir Zatoichi au pays qu'il avait quitté lors du premier film, et de le voir à nouveau méditer sur le sort de Hirate! Mais un élément important est l'arrivée de ce nouveau ronin mystérieux, reflet d'un passé encombrant pour Zatoichi, et qui promène avec lui le fantôme d'une femme: un secret  inattendu pour notre héros, qui contribue à le rendre toujours plus passionnant... C'est le dernier Zatoichi en noir et blanc.

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Published by François Massarelli - dans Zatoichi
12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 10:08

Et donc, un autre film de la série Porky Pig qui se déroule dans l'Ouest à l'époque des guerres indiennes! Clampett adorait se moquer des indiens, ou plutôt de tout le folklore que le cinéma, la littérature pour jeunes et la bande dessinée bourgeonnante véhiculaient. Il le prouve une fois de plus avec ce film qui est essentiellement une enfilade de gags, sur le mode "fort de la cavalerie assiégé par une tribu indienne"...

Mais il y a un avantage tout de même: pas ce pauvre Porky Pig, plus ou moins inepte et qui semble s'être une fois de plus trompé en venant s'installer dans un des films de sa propre série! Par contre il y est confronté à un redoutable général qui finit par faire basculer ce film moyen vers le n'importe quoi absolu, en avalant par mégarde toutes les munitions du fort, et en les recrachant de façon explosive. C'est Daffy Duck, on le reconnaît à son chapeau...

...De Napoléon. Vous savez, le chapeau à la con.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 09:59

Le pôle nord a toujours inspiré les réalisateurs des films d'animation du studio Schlesinger. On se souvient du film Penguin Parade, de Tex Avery, qui était un excellent exemple de la série des Merrie Melodies quand ces films 'éloignaient du modèle des Silly Symphonies de Disney. Clampett s'y est essayé parfois, mais comme le montre ce film, il hésitait tellement entre un film-revue, démonstratif à la Penguin parade, et une intrigue prétexte à gags, qu'il a fini par faire les deux...

Donc, c'est le matin au pôle nord, et le gardien des lieux, Porky Pig, se réveille. Il vit en parfaite harmonie avec les animaux, et tout le monde chante et danse... Quand un abominable chasseur arrive pour faire leur fête à tous ces manteaux de fourrure à pattes... Le bon droit triomphera, mais avant, on aura vu danser un grand nombre de phoques.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 17:24

La reine d'Espagne, Isabella, se laisse convaincre par Porkystophe Colomb du fait que la terre est ronde (il utilise une démonstration particulièrement efficace, avec une balle de base-ball) et finance son expédition vers l'autre bout de la terre... Et ce ne sera pas facile...

Cette relecture de l'histoire archi-connue (Et tellement transformée et simplifiée depuis 1492, que le terme d'histoire est quand même à prendre avec de sérieuses pincettes) de Christophe Colomb est un mélange entre l'inspiration d'un Tex Avery (Une histoire racontée avec un décalage entre narration et visuel) et celle d'un Bob Clampett (Gags absurdes et "physiques", poussés jusqu'au bout du loufoque). Et c'est merveilleux, tout simplement...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 17:11

J'ai si souvent et si farouchement affiché mes convictions concernant ces dessins animés des années 30, notamment les Porky Pig en noir et blanc, que je vais prendre un peu de recul avec celui-ci: il n'est réalisé ni par Bob Clampett, ni par Frank Tashlin, ni par Tex Avery, mais par le tandem Hardaway et Dalton, soit une équipe qui ne brille jusqu'à présent ni par son génie, ni par l'originalité. Et pourtant...

Le film est assez classique: Porky et son père tiennent une ferme, qui n'est pas riche. Le petit doit aller effectuer une vente, et revenir avec l'argent, mais il se fait avoir en chemin... Flanqué d'un cheval minable nommé Teabiscuit, il va essayer de gagner une course pour récupérer l'argent qu'il s'est fait escroquer.

On a déjà vu ce scénario, plus ou moins, dans le film Milk and money, de Tex Avery. Hardaway et Dalton le jouent au premier degré absolu, contrairement à un Clampett, par exemple, mais ils ont la bonne idée de multiplier les gags, dans une animation ronde et très soignée. C'est parfois disneyien, mais toujours dynamique. 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes
10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 10:40

Dans la galaxie Lautner, il y a un ton, global, et une envie souvent irrépressible de rigoler, qui est le plus souvent partagée par les spectateurs. Mais il y a aussi LES univers des scénaristes qui jouent. Ce film sorti en janvier 1973 est le premier exemple de la collaboration entre Lautner et Jean-Marie Poiré, nettement plus jeune que lui, et qui lui avait été recommandé par Audiard. Il y aura trois films en tout qui témoignent de cette collaboration entre le metteur en scène et son jeune scénariste, les deux autres étant Pas de problème et Est-ce bien raisonnable, ce dernier ayant la particularité d'être basé sur une collaboration entre Poiré et Audiard. Ces trois films partagent des traits communs...

D'une part, il faut bien reconnaître qu'ils sont quand même bien franchouillards, non? Ces vieux "ploucs" (le terme est prononcé à plusieurs reprises dans le film) qui se plaignent de ne pas avoir de tourisme dans leur village, et qui doivent soudain faire face à une invasion de hippies (Qui, forcément, se droguent, ne comprennent pas grand chose, ont recueilli un déserteur du Vietnam, se baladent à poil, et pratiquent allègrement l'amour libre en se gavant de riz complet. C'est un minimum) d'une part, et une invasion de gangsters dont André Pousse flanqué de deux dames au pedigree incertain mais résolument citadin... On n'est pas dans Shakespeare, on l'aura compris. Donc, entre Jean Lefebvre, Michel Galabru et Henri Guybet d'un côté, et les habituels André Pousse, Dalban ou les omniprésents Henri Cogan et Jean Luisi, à la fois seconds rôles et cascadeurs qui doivent être à peu près dans tous les films de Lautner, ça sent un peu la facilité...

D'autre part, ça vire vite au loufoque, une fois qu'on a admis les défauts (Le dialogue de Charles, hippie Américain, est incompréhensible ou irritant quand il dit avec difficultés de sa voix de basse 'Je vais mettre mon poing dans votre gueule', et le culte de la première prise, parfois, qui mériterait d'être déboulonné), et le décor est tout sauf désagréable... Loubressac, dans le lot, sur la Dordogne. On peut faire pire.

Enfin, Lautner reste lui-même jusque au bout et forcément ça devient baroque: une poursuite en voiture durant laquelle une DS est entièrement désossée pendant qu'elle roule, même si on voit les coutures, ça mérite d'être regardé; une scène durant laquelle Galabru doit livrer son corps à deux dames qui ne se privent pas de le déshabiller, et enfin une scène de morts violentes dans une grotte, avec les stalactites qui font de la musique au rythme des sulfateuses, ça nous rappelle qu'on est quand même en territoire connu.

C'est rassurant.

 

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Published by François Massarelli - dans Georges Lautner Comédie
8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 16:59

Zatoichi (Shintaro Katsu) est sans doute un masseur aveugle, mais c'est surtout un mercenaire de tout premier ordre: escrimeur de génie, il compense parfaitement la perte de ses yeux en développant tous les autres sens, et en faisant preuve d'une profonde intelligence... Les sens, nous les voyons tous en action, dès le début, car Zatoichi, s'il n'a pas besoin de cacher son handicap, a une façon surprenante de démontrer  qui en douterait qu'il ne faut pas seulement se fier au fait qu'il ne voit pas. Durant ce film, qui est le premier d'une série, le scénario installe un petit suspense... On entend beaucoup parler des prouesses dont est capable le héros, mais on attendra (Qu'il ait bien mangé, bien bu, bien écouté les conversations des autres, qu'il se soit fait masser même, et qu'il participe à une après-midi de pèche...) avant de le voir en action.

Zatoichi se trouve dans le village où se passe le film, car il a été invité par le maître d'un clan, à venir l'épauler. Et justement, le clan immédiatement voisin, avec lequel la guerre est inévitable, a engagé un samouraï: redoutable, mais déchu car il et alcoolique et tuberculeux, Hirate (Shigeru Hamachi), prend lui aussi son temps, et la rencontre, autour de cannes à pèche et au bord d'une rivière, est inévitable entre les deux hommes.

Zatoichi, qui n'aime pas les hommes qui sont des yakuzas comme lui, car il estime qu'ils ont sous prétexte de se mettre en dehors de la société laissé leur code de l'honneur de côté, ne cherche absolument pas à séduire ses "collègues" et employeurs; il est par contre fort civil avec les domestiques, ceux qui travaillent (Un cuisinier a tout son respect, d'autant qu'il confectionne des choses qui sentent très bon!), les femmes aussi qui sont elles, par contre, facilement séduites par la gentillesse et la force du personnage. Mais il garde pour Hirate une forte sympathie, et leur relation paradoxale va trouver son point culminant dans une confrontation dramatique, qui est courte, mais traitée à la fois comme une scène d'action... et une scène d'amour aussi. Non que le personnage de Zatoichi soit un étendard homosexuel, mais l'idée reste permise... Il a trouvé un égal et le tuer, pour lui, est à la fois nécessaire, et insupportable.

Le film est superbement construit, de bout en bout, et montage et mise en scène se conjuguent dans une efficacité narrative imparable. La tranquillité de Zatoichi, sa lenteur, sa sagesse, et bien sûr son humour, font beaucoup pour rendre le personnage irrésistible... Le film nous donne à voir un conte, dont nous concluons assez vite que l'humanité des Yakuzas, membres de clans, guerriers, mercenaires et autres porteurs de sabre à la petite semaine, ne sont finalement que des médiocres. Mais pas Zatoichi! Nulle surprise donc dans le fait qu'après ce film, il y ait eu une vingtaine de suites... Qu'on a diablement envie de voir.

 

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Published by François Massarelli - dans Zatoichi
5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 20:06

Le dyptique créé par Akira Kurosawa autour de l'énorme personnalité de cet "homme sans nom" qui se présente systématiquement comme Sanjuro (Homme de trente ans et plus), suivi du nom de la première plante qui lui vient à l'esprit, est célèbre pour tout un tas de raisons. Après le tout aussi célèbre film La forteresse cachée, Kurosawa voulait creuser un peu plus avant le sillon d'un cinéma d'évasion, avec des aventures situées dans un japon ancestral mais qui devaient autant au western. Par un juste retour des choses, la réappropriation de Yojimbo allait donner naissance à un nouveau style de western. Mais Toshiro Mifune est arrivé avant Clint Eastwood, et son personnage de bretteur ultra-rapide qui fait règner la justice sur des champs de ruine est devenu une icône furieusement jouissive...

Le jour ou Sanjuro, si c'est bien son nom est arrivé dans ce village, savait-il qu'il allait rétablir la justice en décimant les deux bandes rivales qui y semaient la terreur? probablement pas. La méthode? Faire semblant de se vendre au plus offrant, en favorisant les faibles, puis en passant de l'autre côté en distribuant châtaignes, coups de sabre, bourre-pifs et certificats de décès. Toshiro Mifune anticipe donc de trois ans sur le western-spaghetti de Leone qui lui rendra hommage, et ce film porte en germe un pan immense du cinéma à venir, avec humour et style. La façon dont Kurosawa met en scène la confrontation finale est absolument miraculeuse, après s'être amusé à situer tout un film dans une seule rue (Encore une fois l'empreinte du western), et après avoir délayé la violence tout au long d'une narration dense, mais ironique.

Les principaux apports de ces films de genre tiennent je pense dans la façon dont Kurosawa renouvelle le film de samouraïs, tout en développant une thématique simple. Yojimbo est un film tout en forme, avec des moments de pur contemplation jouissive. Ma préférence va au premier, mais d'une courte tête, surtout que dans les deux films, Kurosawa a demandé au même acteur, l'admirable Tatsuya Nakadai, de tenir tête à Mifune, et honnêtement, les deux rencontres font des étincelles.

 

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Published by François Massarelli - dans Akira Kurosawa Criterion
5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 20:00

La suite inévitable du film Yojimbo a été conçue dès son tournage par un Kurosawa qui avait envie de continuer un petit bout de chemin avec le nouveau personnage mythique créé avec Mifune. Son entrée en jeu est donc tournée vers le côté mythologique, avec un Sanjuro caché dans l'ombre qui a entendu tout ce que les protagonistes de la première scène ont dit.

Ils sont neuf, et ils sont mignons, ces braves fils de bonne famille qui s'apprêtent à combattre la corruption... en courant se réfugier auprès du chef des corrompus! Sanjuro donc a tout entendu, et il va prendre les choses en main pour faire triompher le bon droit... Avec ses propres termes et ses propres armes.

Le moment ou il sort de l'ombre est splendide. L'ensemble du film est largement dominé par l'humour, en particulier avec le décalage entre les personnages des "résistants"  aidés par Sanjuro qui sont neuf, mais se déplacent et réagissent comme une seul homme, ou avec les personnages des deux femmes qui sortent en permanence du sujet. La confrontation entre Mifune et Tatsuya Nakadai, en revanche, est impressionnante, leur jeu du chat et de la souris culminant dans une scène ou Kurosawa se plait à verser ouvertement dans le grand guignol...  dans une flambée de violence graphique inattendue pour qui connaît son cinéma.

Il y a nettement moins d'éléments dramatiques que d'habitude, le film est court, les scènes se déroulent dans un printemps idyllique: bref, le maître s'amuse. A la fin du film, on retrouve la flânerie vers nulle part de l'énigmatique Sanjuro...

 

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Published by François Massarelli - dans Akira Kurosawa Criterion
5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 11:49

Une fois de plus, Clampett installe Porky Pig à la tête d'une ferme, et une fois de plus, non seulement on abandonne quasiment le cochon en plein milieu du film, pour laisser le reste de l'environnement se dépatouiller (Face à un renard), mais surtout les poules et autres canards volent allègrement la vedette au protagoniste en titre...

Ce qui entraîne plusieurs constatations: d'une part, le personnage de Porky Pigne revenait décidément pas aux metteurs en scène de l'unité de production de Leon Schlesinger. D'autre part, les animateurs aiment la basse-cour (Voir la pléthore de films réalisés dans ce cadre par Tex Avery ou Frank Tashlin). Enfin, on s'imagine aisément se lancer dans un commentaire historico-sociologique sur l'importance de la ruralité dans la civilisation nord-Américaine d'une part, et dans l'oeil du public de cinéma d'autre part. 

Mais on ne va pas le faire...

Sinon, une fois de plus, Clampett donne un rôle important à un canard, mais il ne s'agit en aucun cas de Daffy Duck, qui désormais volait de ses propres ailes et n'avait nul besoin d'aller jouer le faire-valoir...

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett