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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 09:19

Dans ce qui est un assez bon film, Clampett s'amuse à faire la synthèse entre l'univers de Porky Pig et les parodies de "travelogues" qu'affectionnait Tex Avery. Porky est donc un explorateur qui s'enfonce une fois de plus dans l'Afrique profonde, avec une réutilisation du gag de l'évolution de Dark Africa vers Darker, puis Darkes Africa. Puis en chemin, les gags idiots de présentation d'animaux locaux se succèdent... Certains cellos sont des réutilisations, notamment de The isle of Pingo-Pongo de Tex Avery.

...On ne s'étonnera pas que le politiquement correct soit plus que malmené, c'est une habitude chez le metteur en scène qui adore l'humour ethnique, donc ça n'a rien de nouveau; mais une fois de plus, un gag récurrent nous laisse un peu sur notre faim, tant la référence à l'actualité culturelle, donc celle de 1939-1940, était importante pour Clampett: il y représente Spencer Tracy en Stanley recherchant avec insistance Livingstone, une série d'allusions au film Fox de Henry M. Stanley.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 14:16

Paul Sheldon (James Caan) est un auteur fêté, riche, accompli... du moins si on accepte qu'il ait quelques réserves quant à la source de son succès: la série de romans consacrés au personnage d'aventurière romantique de Misery Chastain lui a apporté la gloire, mais il n'en peut plus... Il a d'autres ambitions que de réaliser des succès faciles, et il entend bien s'y consacrer.

Au moment le plus mal choisi, il a un accident: en plein Colorado (Il est superstitieux, et vient systématiquement dans cet état en voiture, pour y finir ses livres), il a un accident de voiture grave. Selon toute vraisemblance, il en serait mort, s'il n'y avait eu l'intervention providentielle d'une femme, Annie Wilkes (Kathy Bates), infirmière de son état. Le hasard fait bien les choses, car Paul est amoché. Et aussi: Annie est une fan, une vraie... Elle va remettre Paul sur pieds, constater que celui-ci vient d'écrire un roman autobiographique qui ne lui plaît qu'à moitié, et alors que Paul se remet doucement, lire le "nouveau" Misery, tout juste sorti de presse. L'héroïne meurt, Annie voit rouge: elle annonce à Paul qu'il est coincé chez elle, et qu'il a intérêt à filer doux, car elle n'a prévenu personne de sa survie. Il est prisonnier de celle qui se déclare sa fan numéro un.

La réalisation de ce film est exceptionnelle, comme toujours avec Reiner au sommet de son art: c'est juste en permanence, et le film appelait un traitement hitchcockien, le metteur en scène ne se fait pas prier! Le suspense est impressionnant de maîtrise, et les occasions, dans ce qui est presque un huis clos (On sort un peu, grâce aux savoureuses interventions du shériff "Buster', homme de loi paradoxal interprété par Richard Farnsworth), ne manquent pas d'appuyer sur l'angoisse. Reiner cite même une scène de Psycho lors du dénouement de son thriller... On est dans une situation poussée à l'extrême, aussi bien par Reiner que par Stephen King, auteur du roman initial. Et le choix peu banal, de tourner dans une vraie maison débouche sur un réalisme saisissant dans ce qui aurait pu être un grand guignol un peu vain.

Et vain, ça ne l'est jamais: tout dans le film, comme dans le roman, insiste sur l'idée d'un auteur à succès, prisonnier de ses fans et de leur folie, de leur exigence, et au final, de leur mépris pour l'intégrité physique de leur auteur chéri. Et le portrait par Kathy Bates, magistrale (le rôle de sa vie, sans aucune contestation) de l'infirmière Annie Wilkes, est formidable de méchanceté à l'égard d'une catégorie de la population Américaine qui est aujourd'hui particulièrement bien représentée... jusqu'à la maison blanche.

Et après The Shining, autoportrait en forme d'histoire horrifique d'un auteur en voie d'aliénation, Misery vient à point nommé nous rappeler que l'art, ça vous mange tout cru, jusqu'à vous rendre prisonnier. De l'écriture, du public, ou, comme King en son temps, de l'héroïne. Le livre est un classique, oui, mais le film est magistral.

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Published by François Massarelli - dans Rob Reiner Noir Stephen King
3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 10:32

Revenir au western, pas une mauvaise idée: d'une part, contrairement à ce qui se passait au début des années 30, le genre a enfin réussi à redécoller, et le public marche. Et puis pour l'éternel showman qu'est DeMille, c'est une occasion de sortir tous ses atouts: histoire épique, décors grandioses, destins plus grands que nature, et gros sabots... Le tout mâtiné d'une influence certaine de John Ford, mais aussi d'un bon gros fond d'idéologie: la "destinée manifeste" souvent présente dans ses films, de Unconquered à ...The greatest show on earth.

Le destinée manifeste: c'est ce sentiment quasi-religieux qui naît dans l'Amérique entreprenante du 19e siècle, selon lequel les Etats-Unis auraient été créés justement pour s'étendre. Ce serait donc le destin de tout Américain de vouloir aller toujours plus loin vers l'ouest, et accomplir la mission divine. Bien sûr que c'est une vaste connerie, et bien sûr que ça justifie le vol des terres, les conflits territoriaux, et par dessus le marché le génocide des Amérindiens! Mais c'est aussi une sorte d'épiphénomène du progrès. Et ça n'a rien d'exclusivement Américain: le premier colonisateur venu qui a posé les pieds en Algérie ne pensait pas autrement.

Bref: un western, situé dans le cadre de la construction de la ligne de chemin de fer... La compagnie Union Pacific doit rejoindre la Central Pacific, l'une construisant l ligne depuis l'est, l'autre depuis l'Ouest. Le "général" Dodge, mandaté par Washington, est l'autorité bienveillante qui supervise la bonne marche des travaux, et il est assisté d'un homme droit et loyal, Jeff Butler (Joel McCrea). De son côté, le banquier Barrows qui a intérêt à ce que Union Pacific soit en retard, s'assure les services d'un bandit, Sic Campeau (Bryan Donlevy) assisté d'un 'gentleman de fortune, Dick Allen (Robert Preston). Leur mission est de tout faire pour retarder l'avancée du chantier. Mais d'une part Dick Allen et Jeff Butler sont amis. Et d'autre part ils vont vite tomber amoureux de la même femme, la jolie Irlandaise Mollie Monahan (Barbara Stanwyck).

Déjà, Stanwyck dans un western, on réserve sa place... Et si le film doit beaucoup (mais alors beaucoup) à The iron horse, et à son atmosphère épique, DeMille n'est pas Ford, et son sentimentalisme n'est pas de la même eau. Chez lui, c'est factice, et c'est évidemment l'aspect le plus irritant du film. Mais c'est aussi le seul, car si une fois de plus le showman n'a pas fait dans la dentelle, il faut bien avouer que ce Union Pacific de 135 minutes est un show; un western avec tout ce qu'on attend d'un western, à une époque où on redécouvrait le genre à la faveur des contours esquissés par John Ford avec Stagecoach. Bref: on s'amuse, on se distrait, et tout finit bien... Et c'est sans doute le meilleur film parlant de son auteur!

 

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Published by François Massarelli - dans Western Cecil B. DeMille Barbara Stanwyck
2 décembre 2017 6 02 /12 /décembre /2017 18:04

A la faveur de la sortie en Bu-ray de la mythique "version télévisée" du film de Richard Donner, enrichie de 48 minutes, faisons un petit voyage dans le temps, vers 1978, donc, inévitablement, vers l'enfance. Pas celle du cinéma, bien sûr, à cette époque le septième art est un digne octogénaire, encore propre sur lui. Non, par enfance, je voulais dire...

La mienne.

C'est sans doute pour ça qu'à l'heure de tenter une réflexion vers Superman de Richard Donner, ou Star Wars, de l'autre, toute distance critique m'échappe soudainement... Mais on va essayer quand même.

Pour commencer, en 1978 ce film de Super-héros était une révolution: on n'avait jamais traité cet univers au cinéma avec un budget conséquent, et autrement que comme un prétexte psychédélique à faire soit du serial crétin, soit de la série Z assumée. Et le pari des frères Salkind avait, derrière leurs gros sabots vaguement mercantiles, un peu de dignité: faire revenir les gens dans les salles en voyant grand, très grand. Même s'ils avaient parfois mauvais goût: confier Dumas à cet abruti de Richard Lester (qui reviendra à la fin de cet article, on n'est jamais débarrassé des escrocs), par exemple, c'était d'une rare crétinerie. Mais l'idée de redonner au cinéma du samedi soir une vraie allure, en fidélisant les spectateurs sur plusieurs séances, avait de quoi séduire. C'était le plan initial.

En effet, pour raconter avec panache l'histoire de Superman, il fallait bien quatre ou cinq heures; c'était donc le plan: un film en deux parties de deux heures et demie, mais unies par la même ligne narrative. 

Deux ans après le lancement de la production, pourtant, les circonstances ont décidé d'un changement de direction: Richard Donner était épuisé, le producteur Pierre Spengler ne pouvait plus le voir en peinture, et les distributeurs ne croyaient pas au film géant. La décision a donc été de faire subir à Superman exactement le même traitement que celui qu'a subi le film The wedding march, de Stroheim (Attention, je ne dis pas que Donner est le Stroheim des années 70, hein!): on sort la première moitié telle quelle, et on retouche le reste afin d'en faire un film indépendant... Sous la direction d'un imbécile. Le résultat, Superman II, est sans doute dans le Guiness Book des records, pour avoir été le festival de retakes les plus moches de l'histoire, et si vous coulez mon avis, je ne le reverrai de toute façon pas! Nous voici donc face à un film de deux heures et demie, qui devrait être déséquilibré, mais qui, miracle, ne l'est pas. C'est que donner a au moins réussi à obtenir  des Salkind de contrôler cette première moitié, et de lui donner de l'allure...

Quand on aborde un film pareil, il faut abandonner non seulement les habitudes prises devant les 1547 longs métrages jetables sortis par Marvel chaque année, mais aussi son âme d'adulte, raisonnable et réaliste. Toi qui entre ici, reprend donc ton âme d'enfant.

Quand je vous le disais!

Donc ce Superman possède des qualités, beaucoup de qualités: la naïveté indispensable à l'entreprise, une certaine dose de second degré, sans cynisme (Ce qui gène bien sûr aujourd'hui), et une sorte d'esprit comic-book particulièrement réussi; c'est sans doute le meilleur film de Richard Donner, un metteur en scène qui n'a pas vraiment à mon humble avis fait beaucoup d'étincelles, mais qui a pris un certain nombre de bonnes décisions ici. On aurait pu faire mieux (Margot Kidder, par exemple...), mais le film a su passer les années tel quel avec la tête haute. L'humour et le second degré sont d'autant plus poussés qu'ils sont essentiellement confiés à la bande de Gene Hackman, et franchement, l'opposition entre la mégalomanie de BD de Luthor, face à l'héroïsme premier degré de Christopher Reeve, pour moi, font merveille.

Le montage du film, tel qu'il est sorti, a donc été trituré à deux reprises: d'une part pour une director's cut très décente qui fait passer le métrage de 140 à 151 minutes (c'est la version montée par Donner pour les DVD en 2000), d'autre part, pour une 'extended version' montrée à la télévision à l'aube des années 80: le film y passe à 188 minutes; on s'attend à ce que ce soit trop long, l'idée essentielle étant d'allonger les scènes existantes. 

...Surprise: je trouve que le film en ressort grandi (sans jeu de mots), que le rythme qui aurait pu être poussif, en acquiert une certaine majesté. Bon, certes, ce n'est ni fast ni furious, mais... tant mieux, non? Et les trois heures sont élégamment divisées en deux parties égales pour permettre un visionnage en deux épisodes...

Et bien sûr, ça donne envie d'allonger la sauce en y ajoutant le remontage de Superman II par Donner, qui y a inséré ses scènes tournées avec goût, en enlevant tout ce que Lester y avait vomi. On va sans doute prolonger l'aventure, donc.

Comment ça, je n'aime pas Richard Lester? Et qu'en savez-vous, d'abord?

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction
29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 18:59

Avec un titre pareil, on s'attend à un western qui sera une variation sur la fameuse bataille de Little Big Horn, aussi nommée Custer's last stand... perdu! Le "stand" en question est une roulotte située à l'orée du désert, dernière station avant la disette. Porky y sert de quoi manger, bien sûr, notamment des hamburgers. ET c'est de là que viendra le problème, car le cuisinier (Daffy Duck) n'a plus de viande. Il lui faut donc envisager de s'attaquer au bétail, et quand on confond une vache avec un taureau on va forcément au devant des ennuis...

Ca se laisse regarder, et comme souvent avec ces films qui mettent en scène un Daffy Duck en liberté, la folie douce traverse l'écran, et se mue parfois en folie dure. Beaucoup de poulets aussi se font voir, un genre d'animal qui inspirait beaucoup l'auteur.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 18:53

Vrai, The film fan est une merveille... un de ces films dans lesquels Bob Clampett jette l'intrigue avec l'eau du bain, et s'amuse à promener Porky Pig, l'inutile star paradoxale de ces films en noir et blanc, au milieu d'anecdotes disjointes et propices aux jeux de mots les plus affligeants, un peu à la façon dont Tex Avery se payait allègrement la tête des travelogues, ces documentaires sur les voyages qui étaient souvent des bouche-trous dans les salles des années 30 et 40.

Donc, Porky Pig, qui est un petit enfant (mais oui), entre dans une salle de cinéma à la faveur d'une promotion exceptionnelle pour l'ouverture d'une salle, et nous assistons à la séance, entre des actualités idiotissimes, et un extrait d'un long métrage d'un vengeur masqué qui est une énième resucée de The Lone ranger (Et son cheval s'appelle Sterling, bien sûr). C'est souvent superbe, toujours complètement idiot. Bref, c'est beau...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 18:47

Je l'ai déjà souligné, les films de Hardaway et Dalton s'intègrent parfois mal dans le canon des Looney Tunes, surtout quand comme c'est le cas ici, ils sont en concurrence avec l'unit de Bob Clampett qui occupait le terrain... Mais ça n'empêche pas leurs films plus marqués par l'esprit Disney d'être parfois de grande qualité, et c'est le cas ici.

Ca commence d'ailleurs par une blague WB typique, avec une référence à l'équipe des Giants (Les Géants): toute ressemblance entre les Géants et les Giants, etc etc etc! Et ensuite on part bille en tête... Car même si le film est long (plus de huit minutes), on ne perd pas de temps. Notre Porky Pig médiéval se joint à une foule en armures pour aller faire la chasse au géant dans on château. Une fois sur place, Porky se retroue seul, et aux prises avec un bébé géant...

Il finira baby-sitter, bien sûr.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes
26 novembre 2017 7 26 /11 /novembre /2017 17:58

Preminger avait un tel sens de la provocation et de la publicité que la plupart de ses films sont naturellement louches... Mais celui-ci, une plongée dans la machine judiciaire d'un petit coin de campagne éloignée de tout du Michigan, est une merveille. La faute à un certain nombre de facteurs... Le scénario de Wendell Mayes est adapté d'un livre écrit par un avocat, Jonhn D. Voelker, qui a vécu une affaire similaire, et qui traduit les affres de la justice dans un univers compréhensible, en condensant un peu, mais surtout, en opposant de façon irrésistible les caractères. Par bien des côtés, le film ne se prive jamais d'être une comédie...

Deux avocats s'affrontent, deux côtés d'une même affaire: Frederick Manion (Ben Gazzara) a -t-il commis un meurtre de sang-froid, ou a -t-il dans une impulsion de folie irrésistible vengé son épouse qui avait été violée? Bien sur, le fait que la dite épouse (Lee Remick) ait un comportement constamment louche, et que l'accusé soit un incorrigible querelleur qui n'en était pas à son coup d'essai n'arrange pas les affaires de l'avocat de la défense, Paul Biegler (James Stewart). Mais ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces, et opposé au jeune loup du barreau George C. Scott, Stewart va mener de façon brillante le procès...

Le sujet de ce film, c'est bien plus la notion de vérité (Qu'on ne connaîtra jamais vraiment) bien plus que le crime. De quelles façons peut-on la mettre en scène, la triturer, la remodeler, et dans quelle mesure c'est moral, voilà quelques-uns des thèmes d'un film soigné, essentiel, dans lequel Otto Preminger fait de l'or avec pas grand chose... Et il continue à malmener la censure dans un film où l'on parle de rapports sexuels, de spermatogenèse, de viol, et d'orgasme. Ce qui en 1959 était quand même peu banal.

Mais Preminger est définitivement un showman, et il s'en rappelle à tous les niveaux: a confrontation déjà mentionnée entre les avocats d'une part, bien sûr, est du grand spectacle. Et le metteur en scène s'amuse à mettre en scène des plans de trois personnages dans son tribunal, qui appuient toujours ce qui est en train de se dire. Il joue sur la profondeur de champ pour intégrer les protagonistes dans l'écran. Le choix de confier la musique du film à Duke Ellington est une idée étrange, qui ne débouchera pas sur un score phénoménal, mais qui jouera beaucoup pour la publicité, aussi bien celle de Preminger que celle du Duke! Et cerise sur le gâteau, le musicien et son orchestre jouent dans le film. Avec cette bande originale, Anatomy of a murder reste donc une fiction stylisée, et ça atténue la portée scandaleuse des scènes du procès.

Quoi qu'il en soit, Anatomy of a murder est une grande date du film de tribunal. Et ça tient finalement à assez peu de choses. En deux mots? James Stewart.

 

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Published by François Massarelli - dans Otto Preminger Criterion
26 novembre 2017 7 26 /11 /novembre /2017 17:09

C'était inévitable, dans la Fance giscardienne, que la comédie, et le cinéma français dans son ensemble, s'emparent du porno. Mais pas comme les italiens: nos cousins transalpins, lors de l'avènement du porno, l'ont carrément intégré dans leur cinéma de grande consommation, alors que la libéralisation apportée par l'évolution des moeurs a surtout débouché, en France, sur une sorte de mode sans lendemain, pour un genre qui restait complètement dans sa cage, désormais marqué d'un X, et condamné à disparaître des salles à plus ou moins brève échéance. Lautner, toujours témoin de son temps, et Francis Veber, scénariste qui montait à l'époque, ont eu l'idée d'une comédie qui se situerait dans le milieu du porno, en choisissant des protagonistes qui lui sont étrangers: aussi bien Pierre Richard, Miou-miou et Henri Guybet, que Renée St-Cyr et Sabine Azéma, tous vont être mêlés au genre pornographique, et tous sont des novices. Ce qui nous permet d'entrer dans le film sans aucun problème.

Photographe professionnel, François Perrin (Pierre Richard) souhaite réaliser un film, basé sur un script qu'il a écrit en compagnie de son ami Henri Mercier (Henri Guybet). Mais si ce dernier, un idéaliste qui travaille par ailleurs dans les établissements Ferroni (On y fabrique des pâtes), rêve d'un film qui garde sa pureté, et qui soit un grand drame à message sans concessions, Perrin lui sait bien que des concessions, il va falloir en faire un certain nombre. Sans en avertir son copain, il signe un contrat avec le seul producteur disposé à mettre le film en chantier, Bob Morlock (Jean-Pierre Marielle). Sa spécialité? Le porno.

Les complications se multiplient: non seulement il faut cacher à Henri le plus longtemps possible que son film rêvé n'est pas du tout ce qu'il attend (le titre, pour commencer, n'est plus Les miroirs de l'âme, mais plus poétiquement La vaginale), non seulement il va falloir faire accepter à Christine (Miou-miou), la petite amie de François, actrice au Splendid, que son compagnon travaille dans la fesse, mais en plus Madame Ferroni (Renée St-Cyr), enthousiasmée par le projet de Henri Mercier, lui prête sa villa Tropézienne, et sa fille Claude (Sabine Azéma) pour jouer un rôle, celui d'une jeune femme dont évidemment elle ne sait pas qu'elle est dans la nouvelle version, disons, quelque peu malmenée...

Lautner met cette fois son art au service d'une comédie de moeurs, totalement dénuée de la moindre intrigue policière, et débouchant souvent sur du burlesque physique, très bien mené. Je ne sais pas quelle est la part de Pierre Richard dans cet aspect, mais par exemple, la première scène qui sert de fond au générique, nous montre le photographe à l'oeuvre dans son studio. Il doit doit prendre un cliché d'un parterre de fromages, pour une publicité, et est particulièrement concentré... Mais deux mouches se mettent à tourner autour du fromage. la scène prend son temps, et on se doute que l'acteur, à la fin, ne sera pas propre...  Le réalisateur n'oublie pas non plus son plaisir à démantibuler les voitures, comme en témoigne une scène très drôle qui fait intervenir Francis Lax. 

Mais une grande part de la comédie de ce film est bien sûr basée sur l'arrivée de tous ces candides dans l'univers de Bob Morlock (Jean-Pierre Marielle est parfait évidemment en producteur de films de fesse, on s'en doute) ou sur le plateau d'un film porno... Le décalage entre ces braves gens et le milieu qu'ils intègrent est admirablement saisi dans une scène qui se joue sur deux plateaux à la fois: à Toulon, Mercier, invité chez les Ferroni, parle avec passion de Les miroirs de l'âme, pendant qu'à Paris le scénariste Ploumenech (Gérard Jugnot), chargé de réécrire le scénario des deux amis, explique à Morlock et Perrin les changements entre le premier jet et la nouvelle version de La vaginale! On s'amuse beaucoup dans les allers et retours (j'ai hésité à écrire "va et vient"...) ou dans la "conversation" qui va se dérouler d'un lieu à l'autre! Et les scènes finales, lors des répétitions des scènes-clés, permettent de grands moment, la plus fameuse scène étant bien sûr celle de la confrontation entre la très très timide Claude, et l'acteur Slimane (Jean Luisi), dans le plus simple appareil.

Lautner et Veber ont adopté un ton juste, qui raille avec intelligence les excès du porno, mais toutes les scènes ne s'imposent pas. Le personnage de Marie-France, la secrétaire obsédée de Morlock, et son déshabillage me semblent de trop... Mais la dernière scène, qui combine le goût pour le baroque du metteur en scène et la nécessité pour les personnages de retrouver la pureté, est une belle idée: les amants se retrouvent dans une voiture immergée au fond d'une piscine, et tout ce petit monde corrompu de s'extasier devant ces deux amoureux qui restent habillés et se contentent de s'embrasser.

Le film est une comédie bien plus saine qu'on  aurait pu le craindre, et se revoit toujours avec plaisir. Pour moi, ceci est le sommet des films réalisés par Lautner dans les années 70.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Georges Lautner Al Dente
26 novembre 2017 7 26 /11 /novembre /2017 17:02

Porky Pig ou comment s'en débarrasser... Le cochon est un "joueur de flûte" à Hamelin, qui a débarrassé les citadins d'une invasion de rats, avec sa flûte. Quand on lui demande comment il a fait, un rat se manifeste, et tout recommence... Sauf que Porky fait faire le sale boulot par un chat, et qu'on ne verra donc plus le héros de tout le reste du court métrage...

Pas un chef d'oeuvre, non, mais les animateurs s'amusent avec ce chat qui change de caractère au gré de leurs envies... On peut noter une apparition d'un gag, avec les fameuses neuf vies du chat, qui sera recyclé maintes fois, dont une mémorable réappropriation par le chat Sylvester pour Friz Freleng. Une autre tendance très marquée chez Bob Clampett, celle d'intégrer dans ses films des allusions au jazz contemporain, passe par une scène où Porky joue... à la façon de Benny Goodman.

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Published by François Massarelli - dans Bob Clampett Animation Looney Tunes