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25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 10:56

Parlons, une fois de plus, de films maudits. Terry Gilliam, une fois lancé dans le monde impitoyable du cinéma, a eu sa dose : dès l’expérience, co-réalisée avec Terry Jones, de Monty Python and the holy grail, les ennuis ont commencé : le film n’avait aucun financier et ne se serait pas fait si un panel d’amis et de rock-stars assemblées autour du fidèle Beatle George Harrison n’avait secouru la troupe de comédiens et leur film. Time bandits a eu à peu près la même histoire, avec une nouvelle fois George en super-Beatle à la rescousse, mais on monte d’un cran ensuite avec deux films produits par des studios qui font tout pour stopper, couler, et enterrer le film eux-mêmes: Brazil et Münchausen. Avec Twelve monkeys, Gilliam a expérimenté les effets désastreux de sa propre insécurité sur un tournage, et depuis, il y a eu l’échec répété de nombreux projets avortés, dont Watchmen, la réception abominable (Et partiellement justifiée) de Fear & loathing in Las Vegas, le tournage en forme de conflit perpétuel de Brothers Grimm et par-dessus le marché l’équipée calamiteuse de The man who killed Don Quixote. Donc on est face à un spécialiste du film malchanceux. Et pourtant il tourne…

Oui, mais avec The imaginarium of dr Parnassus, Gilliam ajoute un nouveau chapitre, d’une part à son œuvre, parce qu’il est un film très personnel; ensuite à l’histoire compliquée des tournages qui se passent mal, parce qu’on parle ici de la mort d’un acteur de premier plan à 60% du tournage ; enfin un nouveau chapitre de l’histoire du cinéma, parce que l’idée retenue par Gilliam pour finir son film est tout, sauf banale…

Au commencement de ce scénario co-écrit par le revenant Charles McKeown (Son collaborateur sur Brazil et Münchausen), est le rêve: il n’est plus besoin de présenter ce vecteur de l’imagination libre, qui est pour Gilliam à la fois une source et un aboutissement de son art, dans lequel la première place est toujours laissée à l’imaginaire débridé, associé à toutes les émotions humaines, et opposé en général à la petitesse et l’étroitesse d’esprit des bureaucrates, militaires, autocrates et politiciens, figures autoritaires de tout poil. Ici, Christopher Plummer interprète le Docteur Parnassus, le propriétaire d’une attraction foraine, qui fait passer les gens de l’autre coté du miroir, où ils peuvent laisser libre cours à leur imagination et se promener dans un monde qui ressemble à leurs plus beaux rêves. Mais cela va au-delà, car Parnassus doit maintenir ce développement de l'imagination de tout un chacun afin de soutenir le monde et lui permettre de continuer son existence. Il voyage dans son « imaginarium » en compagnie de trois personnes, Percy (Verne Troyer), son assistant de petite taille; Valentina (Lily Cole), sa fille de presque 16 ans, et Anton (Andrew Garfield), illusionniste-compère, clairement amoureux de Valentina. Mais on apprend très vite que Parnassus est lié à un étrange pacte avec Mr Nick (Tom Waits), une figure diabolique: afin de lui garantir l’immortalité, Nick a imposé à Parnassus un marché, qui fait que tout enfant qui viendrait au « docteur » serait automatiquement la propriété de Nick passé ses seize ans. La date butoir approche, et Parnassus renégocie son arrangement avec le Diable : il vont entrer en compétition, et tous les « clients » de l’imaginarium vont soit laisser leur âme à Parnassus, soit à Nick. Celui qui gagne 5 âmes a gagné. Sur ces entrefaites, un élément perturbateur va arriver, sous la forme de Tony, un pendu secouru par Anton et Valentina, et qui fuit manifestement quelque chose, se faisant passer pour amnésique. Il va très vite devenir un élément important de l’attraction, compliquant en tous points la donne : Valentina l’aime, Anton en est jaloux, et Parnassus découvre vite que le jeune homme cache décidément beaucoup trop de choses…

Ca a l’air compliqué, mais en fait ça l’est réellement. Mais ce scénario délirant, qui fait une fois de plus la part belle à la construction chatoyante de mondes bizarres et comiques, a du changer afin d’oblitérer la mort par surdose de Heath Ledger qui joue Tony. Les effets de cette absence sont indélébiles sur le film, d’abord parce que les acteurs convoqués pour remplir le vide ne sont pas des inconnus, et ensuite parce que le jeune acteur n’avait pas fini, y compris les scènes dans lesquelles il a effectivement tourné. Il n’a pas pu non plus se livrer à la moindre postsynchronisation, et honnêtement cela se sent. Venons-en malgré tout à cette étrange idée qui fait certainement l’essentiel de la réputation du film: lorsque Tony entre de l’autre coté du miroir, il se passe quelque chose d’étrange : il ne se ressemble plus. Il n’est pas le seul, d’ailleurs. Un jeune homme, au début, est soumis à cette étrange transformation, alors qu’il entre lui aussi de façon imprévue dans la partie « délirante » de l’imaginarium. Ce jeune homme, saoul et agressif, dont le physique se transforme, permet au moins d’établir qu’une fois de l’autre coté, certains êtres, a priori malintentionnés, vont voir leur physique s’adapter aux circonstances. Heath Ledger étant décédé avant d’aborder le tournage des scènes d’imagination, Gilliam a demandé à Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell d’interpréter ses autres moi: chaque épisode est adapté à l’acteur... Depp, enfantin et fantasque, interprète le premier changement, celui de la découverte de l’autre coté du miroir, dont on peut dire que Tony ne s’y attendait pas, ce qui fait de lui presqu’un enfant ; Law, lui, interprète un passage dans lequel Tony passe volontairement de l’autre coté, car il est poursuivi par la mafia russe, et le passage, assez long, va imposer à Tony diverses épreuves, dans lesquelles le physique, toujours partagé entre flegme et inquiétude, de l’acteur Britannique, fait merveille. Enfin, le dernier passage qui va révéler la duplicité, la malhonnêteté, et pour tout dire le mal incarné par Tony, sied bien à Colin Farrell et sa petite tête de fouine mal embouchée. Bon, ceci dit, c’est quand même du bricolage, et ça nécessite de la part du public à la fois compréhension (Les gens sont ainsi faits) et adhésion...


Le film est, partiellement à cause de cette mort et de ses conséquences sur la production, à-demi raté ; mais franchement, si les images de l’ensemble, la réalisation des rêves et séquences oniriques, les idées qui se bousculent, réjouissent l’œil et nous rappellent au meilleur de Terry Gilliam, l’histoire est compliquée, et un peu trop personnelle, dans la mesure ou le metteur en scène, fidèle à son habitude, se fait d’abord plaisir à lui-même, avant tout. Il n’est pas trop difficile de le voir lui-même en un Parnassus soucieux d’assurer son immortalité, qui compose avec le diable à chaque fois qu’il le faut, mais perd plus que sa chemise plus d’une fois. Le Mont Parnasse, d’ailleurs évoqué dans la première séquence onirique, était dans la mythologie Grecque le siège de la poésie et de l’imagination, et il faut voir en Parnassus le créateur ultime, dont le « théâtre » donne à voir à toute personne un reflet de sa propre imagination. Tout y est, du créateur universel au rapport intime avec le cinéma. Par ailleurs, une telle histoire ne pouvait pas se finir autrement que mal, et Parnassus a un destin particulièrement méchant à son égard. Gilliam, en proie à tous les tracas du monde, s’est représenté en Parnassus, et le réalisateur a associé sa fille Amy, qui est productrice sur le film. Valentina, un autre clin d’œil? On ne peut pas lui en vouloir, et le degré d’implication personnel n’est pas un défaut, mais on a le sentiment que toute cette machine tourne un peu à vide: le film est très compliqué à suivre, jouant sur de multiples points de vue, eux-mêmes rendus tout sauf explicites lorsqu'un acteur se rend dans l'imaginarium et laisse son inconscient prendre le pouvoir. Et par la force des choses, comme Gilliam l'admettra compte tenu des circonstances particulières, ici les coutures se voient beaucoup. Fallait-il finir le film ? Oui, bien sûr. Mais il devrait être vu comme plus que ce mélange entre l’hommage envahissant à un acteur décédé (Que personnellement je n’apprécie pas outre mesure) et la complainte amusante mais maladroite d’un créateur frustré et goguenard. Une fois de plus, les circonstances ont extirpé de Terry Gilliam un rendez-vous manqué. Restent des images extraordinaires, dans lesquelles, allez, on sait qu'on ira se perdre à nos moments perdus, ne serait-ce que pour le plaisir de voir une escouade de policiers en tutus...

 

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Published by François Massarelli - dans Terry Gilliam
25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 10:45

Le film se situe dans le Kentucky, dans les années 30, autant dire que c'est inévitable: tous les clichés les plus joyeusement assumés sur les habitants des collines et des Monts Ozark vont y être plus ou moins présents: des gens ruraux, pas futés, à la gâchette facile, et une fois de plus occupés à se haïr entre voisins pour des raisons qui échappent à tous. Peu importe, l'important est de se battre...

Au milieu de tout ça, deux coeurs purs: Porky et Petunia, de deux familles ennemies, se désolent de la situation. Pour une fois le généralement inutile cochon va se rendre utile, et pacifier tout ce petit monde.

Clampett a clairement pris du plaisir avec son univers rural et un peu, disons, reculé... Mais on s'attendrait à plus de méchanceté (réalisés par Avery à la WB ou a la MGM, les films sur ce même sujet sont systématiquement censurés, sous couvert de mauvais goût ethnique!). Serait-ce que l'allégorie qui est au coeur du court métrage, soit à prendre pour argent comptant? Que ce Looney Tune de Bob Clampett, aurait en fait un massage pacifiste à nous faire passer? A coups de grenade, certes, mais...

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Published by François Massarelli - dans Bob Clampett Animation Looney Tunes
25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 10:11

Après The silence of the lambs, on n'attendait sans doute pas ce film... Jonathan Demme non plus, d'ailleurs. Il a mis cette nouvelle aventure en chantier à la suite de deux événements: d'une part, l'annonce par un de ses amis qu'il était atteint du SIDA, et d'autre part le fait que la communauté gay Américaine reproche au fabuleux thriller du metteur en scène, qui venait par ailleurs d'obtenir un succès phénoménal ainsi qu'un des plus mérités parmi les Oscars du meilleur film de l'histoire, un personnage qui pouvait être interprété comme une vicieuse image d'homosexuel criminel. Ce n'était pas l'intention, mais Demme a conclu qu'il était peut-être temps que le cinéma des studios fasse son examen de conscience et avance enfin, afin d'intégrer dans le bon sens l'homosexualité.

Oui, l'homosexualité, pas le SIDA: c'est l'un des atouts majeurs du film, de montrer que la maladie, à son arrivée, a été immédiatement assimilée à la communauté homosexuelle, et est devenue dans l'attitude du grand public une façon d'exprimer le rejet de ces gens différents; on se rappelle, et si ce n'est pas le cas, autant le redire, ce sera éducatif, d'un candidat à l'élection présidentielle de 1988 en France, qui avait mis dans son programme l'idée de rassembler les gens atteints de la maladie dans des camps. 

Prenant acte de la confusion entre homosexualité et SIDA, et de la nécessité d'un cinéma au plus près de la réalité, le metteur en scène a installé son petit théâtre dans la ville même de Philadelphia, et a investi les hôpitaux, tribunaux et cabinets d'avocats dans la "cité de l'amour fraternel", le surnom de l'ancienne capitale des tous jeunes Etats-Unis...

Andrew Beckett est un avocat brillant, doté d'un charisme et d'une énergie phénoménale. Il est promu d'une façon spectaculaire par ses patrons, et l'avenir ne peut que sourire... Sauf qu'il est séropositif, suite à une rencontre malheureuse dans les années 80, et qu'il a beau tout faire pour combattre la maladie, celle-ci tend à prendre le dessus. Et suite à un épisode malheureux (un dossier crucial sous sa responsabilité, qui s'est mystérieusement perdu), le jeune avocat est licencié. Il ne croit pas à la thèse de l'incompétence, pense tout simplement qu'il a été viré dans des circonstances illégales et entend attaquer son ex-cabinet pour discrimination: il est persuadé que son état de santé a fini par persuader ses partenaires de se débarrasser de lui, à partir du moment où ils ont vu et compris ce qu'il se passait. Tout ce qui précède nous établit Andrew Miller comme un avocat doué, réactif, et dynamique. En dépit ou à cause de l'épée de Damoclès qu'il se trimballe durant tout le film...

Andrew Beckett va faire appel à un avocat inattendu, Joe Miller, le contraire d'un ancien d'Harvard: un afro-américain, doué, mais mal dégrossi. Obsédé par sa propre publicité tellement il peine à se faire connaître, c'est un brave homme, un peu conservateur, et franchement homophobe. Il le reconnaît volontiers... Mais s'il y a  une chose qu'il n'aime pas, c'est bien la discrimination. Là encore, Miller est un personnage entièrement défini par ses actes, et par sa vie, sans aucun excès ni stéréotype.

Le début est sans équivoque: Demme place sa caméra dans les rues de Philadelphia, et filme les gens qui vivent, avancent, jouent, courent, marchent, travaillent... Le documentariste qu'il n'a jamais cessé d'être dispute avec une grande élégance la première place avec le réalisateur de fiction qui nous a donné un thriller impeccable juste avant. Mais il n'y aura jamais conflit, le film est aussi bien l'oeuvre de l'un que celle de l'autre... Et c'est sa plus grande force. car le but de Ron Nyswaner, scénariste, de Tom Hanks et Denzel Washington, acteurs (un duo qu'on suivrait jusqu'au bout du monde), et de Demme est d'inscrire leur histoire dans le monde de 1993, et de plonger le spectateur dans la lutte des gens qu'il dépeint pour qu'on accepte enfin la différence. Le film est truffé de références à la réalité, mais aussi à l'attitude des vrais gens, à travers les décors, les lieux, les séquences parfois inutiles au script, mais essentielles à l'atmosphère: le regard presque hypnotisé d'une personne sur les lésions présentes sur la nuque de Beckett, une engueulade entre le partenaire de Beckett et son médecin, et un plan qui voit le père d'Andrew quitter les toilettes avant de rejoindre la salle du tribunal: autant de moments qui nous rappellent qu'on est autant devant la vie que devant la fiction... 

Et les scènes de procès, qui font partie bien évidemment d'un genre à part entière, dont Philadelphia est l'un des plus beaux représentants, son passionnantes à elles seules, montrant les mécanismes internes, les compromis, les improvisations. A ce jeu, Denzel Washington est fabuleux, mais il ne faudrait pas oublier l'excellente prestation de Mary Steenburgen, qui joue un personnage d'avocate du diable, souriante (C'est Mary Steeenburgen vous dis-je!), admirablement charmante... et diaboliquement ironique, quasi-méchante. Sauf que... elle fait son métier, tout bonnement.

Et Tom Hanks, récompensé par un Oscar, là encore j'insiste, mérité, fait un boulot formidable: d'une part il forme à l'écran un couple avec Antonio Banderas qui a le bon goût d'être le reflet exact de ce que vous connaîtriez d'un couple, à moins que vous ne suiviez vos amis dans la chambre à coucher! Et Beckett souffre, physiquement. Hanks ne s'est rien épargné pour nous le faire savoir: maquillage, jeux de lumières, prothèses, mais aussi tonte intégrale des cheveux, ou encore perte importante de poids... Et reprise.

Au final, Philadelphia est un film d'une honnêteté jamais prise en défaut, qui choisit un moment de l'histoire pour montrer de quelle façon le progrès peut parfois s'imposer à nous, naturellement. Mais pour le faire, il nous donne aussi une expérience inattendue: l'idée de l'ensemble de l'équipe était de fournir, avec Andrew Beckett, un ami aux spectateurs, un ami qui allait mourir du SIDA, et de donner toute l'expérience au public. D'où un constat: une bonne mise en scène est toujours une affaire de faire le bon choix. C'est ce que Demme fait ici, pour deux heures d'une expérience émotionnelle qui a l'amabilité de se déguiser en un plaisant film tout public, et de ne jamais totalement nous prendre en otage...

 

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Published by François Massarelli - dans Jonathan Demme Denzel
22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 17:29

 

Après l'expérience Monty Python, mis de coté en 1975, Terry Gilliam était déterminé à passer définitivement à la réalisation. Toute son activité d’animateur allait dans le sens d’une expression exacerbée de l’explosion graphique; de plus, son goût pour les cinémas de Pier Paolo Pasolini, Federico Fellini et Akira Kurosawa lui donnait envie d’essayer des formes de narration baroques inspirées de ces géants. Après avoir insufflé son grain de folie personnel dans Monty python and the holy grail en 1975 (Co-réalisé par l’autre Python Terry Jones), Gilliam a donc sauté le pas et écrit un scénario, inspiré principalement par le monstre créé par Lewis Carroll pour Through the looking glass, et par l’esprit de Holy grail d’autre part: montrer le moyen âge de façon aussi réaliste que possible, tout en louchant d'une manière appuyée vers Pieter Brueghel et Hieronymus Bosch.

Dennis Cooper (Michael Palin), fils de tonnelier, est un esprit moderne : il veut faire avancer le concept des finances en un moyen âge tellement rétrograde que tout le monde le prend pour un benêt, y compris la famille de Griselda (Annette Badland) sa douce amie. D’un autre coté, la préoccupation principal du quidam moyen est de survivre, puisque un monstre atroce décime les campagnes. Il faut un champion pour tuer la bête… Lors de son voyage vers la grande ville, Dennis va être mêlé de près à cette quête, menée par le roi Bruno, dit le douteux (Max Wall).

La reconstitution, comme dans le film des Python, est impressionnante, et cette vie bouillonnante et souvent intime (On défèque et urine dans à peu près toutes les scènes, c’est peu ragoutant) doit beaucoup aux films coquins de Pasolini et à Bosch aussi bien sûr. L’esthétique "moyen-âge" indéterminée a son charme, et les décors choisis par Gilliam se marient bien avec son sens déjà fantastique du cadrage, et de la lumière. Visuellement, c’est comme Duellists, de Ridley Scott: le talent éclate et fuse de tous cotés, on sent que ce metteur en scène ira loin, et qu’on le suivra. Et il remplit son but dans ce petit film avec un certain talent: non seulement le décor, le grouillement de personnages, explosent dans tous les coins, mais le script, dû à Gilliam et Charles Alverson, est une préfiguration de tant d'autres films: une peinture d'une société en déliquescence, vue par le plus petit des vermisseaux, alors que le roi règne, sous la surveillance de commerçants qui utilisent l'ombre de la bête pour garder leur consommateurs près d'eux...

Par contre, pour rester fidèle à l'esprit de Lewis Carroll dont le poème a inspiré le film, il fallait un monstre. En ces temps reculé, l'animateur Gilliam a choisi de passer par du physique, du tangible. Donc une créature de caoutchouc, habitée par un figurant... Le résultat, contrairement à ce que fera le metteur en scène avec ses créatures géantes dans Time bandits et Brazil, est fort décevant.

Gilliam a commencé à développer avec ce film plus qu'honorable une œuvre personnelle, dont diverses obsessions sont d’ores et déjà bien présentes : dans ce moyen âge infesté par une humanité mal foutue, Dennis Cooper est un rêveur, un être doué d’une infinie pré-science, dont l’heure finira par arriver. Il préfigure de beaucoup les rêveurs futurs, sous toutes leurs formes, qui viendront peupler les films du cinéaste … celui-ci s’est fait plaisir avec la peinture d’un système bureaucratique en perdition, très inspiré de l’Angleterre des années 70. Ce système, nous le reverrons, en particulier dans Brazil. Enfin, l’amour de Dennis pour la solide Griselda est maudit, mais je n’en dis pas plus...

 

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Published by François Massarelli - dans Terry Gilliam Criterion
19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 18:18

Le troisième Zatoichi est aussi le premier des films à adopter la couleur. En dépit de la nouvelle palette, utilisée avec bonheur tout du long, c'est d'abord et avant tout un film très amer, qui était supposé clore la trilogie initiale en montrant les raisons qui feront que le héros, le masseur aveugle (et bretteur légendaire) Ichi (Shintaro Katsu), revenu chez lui, s'enfoncera désormais toujours plus avant dans la solitude, l'errance et bien sûr la violence...

Dans un premier temps, Zatoichi voyage, et comme dans les deux premiers films, il fait des rencontres qui testent sa légende: lors d'un séjour dans une auberge, il stationne en compagnie de la famille d'un ami, qu'il a rencontré par hasard, et qui l'invite à se rendre en sa compagnie vers leur village natal. Lors de la soirée, ils sont dépouillés par des bandits... Qu'Ichi retrouve le lendemain, réussissant à trouver les arguments (Sonnants, et trébuchants aussi!) pour persuader les voleurs de rendre leur bien aux paysans qu'ils ont détroussés...

C'est ainsi que dans un premier temps, on constate un glissement du personnage, qui n'était pas aussi "Robin des bois" dans les deux films précédents: il partageait le quotidien des petites gens, mais son "travail" de Yakuza le faisait plutôt s'associer, pour le meilleur et le pire, avec des chefs de clan. 

Mais lors de ce séjour "à la maison", le masseur croise son ancien maître. Tout va fort bien se passer entre eux, jusqu'à ce que le maître ne s'irrite de voir sa jolie soeur passer trop de temps avec son ami. Et le film vire à la confrontation, sous les yeux hagards de la soeur de l'un et de l'amoureuse de l'autre, entre le maître et l'élève...

Malgré la tentation du bien qui se fait insistante dans le film, Zatoichi va donc devoir ajouter de nouvelles sources de frustration à son avenir, lui qui déplore, tôt dans ce film, d'avoir tué trop de gens, qu'ils aient ou non mérité de mourir... 

La réalisation de ce nouveau film est en tous points efficace, confiée à un metteur en scène que je qualifierai volontiers d'illustre inconnu! Quant à Shintaro Katsu, il habite le rôle, toujours avec le même bonheur...

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Published by François Massarelli - dans Zatoichi
19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 08:54

Deuxième adaptation de Stanislas-André Steeman parmi les films réalisés par Clouzot, Quai des orfèvres est aussi un film policier qui fait date dans une volonté de réalisme particulièrement marquée, dans les décors, l'interprétation et la peinture de la vie des artistes. Réduire le film à son intrigue policière serait une erreur, Quai des orfèvres est beaucoup plus...

Suite à la sortie du Corbeau et à la marée de soupçons de collaborationnisme qui a suivi la libération, Clouzot s'est vu interdit de tournage, et frappé d'indignité nationale. Il a fallu une patiente campagne des amis du réalisateur pour le faire revenir au premier plan, et ce film en a résulté. On constatera que si le metteur en scène et dialoguiste ne se prive pas de décocher quelques flèches empoisonnées ça et là, et de jouer avec la censure tatillonne, il a accompli un film dans lequel le final est sans ambiguïté un happy end... une façon de conjurer le mauvais sort, de montrer patte blanche? Du reste, le recours à l'adaptation d'un roman de Steeman allait dans ce sens: attendu au tournant, Clouzot utilisait la même méthode que celle qui prévalait pendant la guerre, à savoir le fait de se réfugier derrière un film de genre, pour montrer cette fois qu'il n'était pas un idéologue d'extrême droite. Durant la guerre, le fait de tourner L'assassin habite au 21 était une façon là aussi de contourner les sujets qui fâchent...

Maurice Martineau (Bernard Blier), pianiste, est marié à Jenny Lamour (Suzy Delair), chanteuse. Il est d'autant plus jaloux que la jeune femme a de plus en plus de succès, et ne souhaite pas rester cantonnée au music-hall. La jalousie de Martineau est exacerbée lorsqu'il découvre que son épouse envisage pour avoir plus de publicité encore de travailler avec le vieux Brignon (Charles Dullin), industriel influent et producteur, mais aussi vieux cochon notoirement attiré par les jeunes femmes... Un soir, alors qu'il soupçonne (à raison!) son épouse d'aller chez Brignon en douce, il fait irruption dans le but de le tuer, et découvre l'homme assassiné. En voulant retourner au music-hall, pour parfaire son alibi, il se fait voler sa voiture, et lorsque l'inspecteur Antoine (Louis Jouvet) prend les rênes de l'enquête, il ne tarde pas à s'intéresser au pauvre Martineau...

L'enquête est bien sûr secondaire, mais Clouzot est un perfectionniste, ce qui veut dire qu'il confie clés en mains au public un petit whodunit. Mais le coupable est vite repéré; reste qu'il y a des doutes, pour Antoine d'abord: il se doute vite que Jenny a bien été chez Brignon ce soir là, il lui est très clair que Maurice s'y est rendu également, en dépit des efforts touchants qu'il a déployés pour son alibi; mais Dora (Simone Renant), la photographe amie du couple Martineau, a également fait un tour sur le lieu du crime: Jenny, qui était venue à la villa de Brignon dans le but de signer un contrat, n'a pas supporté les avances du vieux pervers, et s'est débattue; elle est persuadée de l'avoir tué. Dora, afin de rendre un service à Jenny, s'est ensuite rendue à la villa afin de récupérer des objets compromettants qu'elle y avait oublié. On ne saura pas, jusqu'à la fin, qui de cette silhouette de voleur (Robert Dalban), aperçu lors de la cavale de Maurice, ou de Jenny, a tué.

Donc l'enquête n'est qu'une politesse.... Ce qui compte, c'est le reste: la vie qui reprend ses droits après la guerre, et les artistes qui reprennent du service, voilà le sujet de la première séquence, qui commence dans le bureau d'un agent, ou des chansons sont essayées et répétées. Maurice Martineau, qui surveille son épouse du coin de l'oeil, nous permet de comprendre très vite à quel point il est jaloux. La chanson qui est ici entendue sert ensuite de fil rouge à une série de séquences qui détaillent son évolution, de travail du couple (Maurice au piano, Jenny au chant devant son miroir) en répétition avec orchestre, enfin en répétition générale dans un théâtre, pour finir par la création sur scène d'une chanson qui devient immédiatement un triomphe. En quelques plans, Clouzot a établi le milieu des héros, leur fonctionnement, les sentiments torturés de Martineau... Il a aussi établi le petit monde du music-hall, dans lequel il a souhaité transposer le roman (il se déroulait dans les milieux de l'art) car il voulait rendre hommage à l'univers du spectacle, dans lequel il avait passé une grande part de ses années de formation. Mais ce début permet aussi de montrer à travers Jenny Lamour et sa chanson la façon dont le désir façonne les rapports humains: le chansonnier Léo Lapara qui refuse de garder ses mains dans les poches, les artistes qui ne manquent pas une occasion ni un prétexte d'embrasser la jeune femme, Martineau... Et Dora, la photographe. Elle est leur voisine, est présentée comme l'amie d'enfance de Maurice: ils ont grandi ensemble, dit-elle. Mais leurs rapports sont tout sauf chaleureux, ils se vouvoient d'ailleurs, et de l'aveu de Dora quand ils parlent ensemble c'est toujours de Jenny. La scène au cours de laquelle celle-ci chante devant son miroir nous montre Maurice surveillant son épouse, tandis que Dora l'admire en silence. Le seul à repérer l'amour sincère, inconditionnel et sans espoir de la photographe pour Jenny, c'est l'inspecteur Antoine, qui a bien compris la raison pour laquelle Dora a risqué gros pour disculper la jeune chanteuse, mais aussi est prête à s'accuser du crime à sa place. Mais Dora n'est pas seule: une large partie de la première heure du film tourne autour d'un quasi-McGuffin, qui est le corps de Jenny, et le désir qu'elle inspire à Dora, à Martineau, à Brignon, et aussi à tout le personnel masculin du music-hall, ce que Clouzot souligne en multipliant les scènes de coulisses durant lesquelles Suzy Delair s'habille, se déshabille, se pare, telle cette séance de photo en habit un brin suggestif, "et si chaste", dirait Brignon...

Antoine est l'un des meilleurs rôles de Louis Jouvet; ce vieil inspecteur qui a tout vécu, revient des colonies flanqué d'un fils qu'il adore, et est un pragmatique à l'ancienne; il manie la langue avec un esprit permanent, a une intelligence vive, mais n'est en aucun cas un surhomme de la police. Il est habillé avec les moyens du bord, et son allure dégingandée contraste dans une courte scène avec la classe d'un bandit qui vient d'être arrêté (Raymond Bussières), tiré à quatre épingles, et dont une réflexion est sans ambiguïté: il n'aurait pas aimé être flic parce qu'il n'aurait pas aimé être pauvre... Autour de lui, le reste de la police est très réaliste, et on assiste au quotidien de ces hommes, à leur lot, ce qui revient de temps à autre à un sacerdoce, comme lors de cette veillée de Noël au cours de laquelle les affaires doivent continuer. De fait le film justifie pleinement son titre, le quai des orfèvres étant débarrassé de toute tentation glamour; bref, on n'est plus du tout en face de l'inspecteur Venceslas Vorobéïetchik, l'as de L'assassin habite au 21, joué par Pierre Fresnay...

Proche du réalisme, la peinture du vrai monde policier est aussi empreinte d'un grand humanisme, comme Antoine, et se rapproche d'un autre monde qui ne dort jamais, celui du music-hall. A l'exception des numéros de Jenny, le plus souvent captés en répétition, on n'en verra d'ailleurs que les coulisses. La comparaison est inévitable, et Clouzot aura démystifié d'un seul coup deux mondes qui sont pour beaucoup dans les faux semblants du cinéma Français... Sans pour autant les assassiner de son fiel légendaire; ici, les coups sont des petites escarmouches, des fins mots ciselés et réjouissants. Mais si on peut effectivement suivre le chauffeur de taxi anarchiste (Pierre Larquey) qui se plaint des méthodes d'intimidation de la police, on est aussi frappé par l'affection et la solidarité que se témoignent les policiers entre eux, par la sympathie naturelle (et parfois déplacée) manifestée par Antoine à l'égard de tout le petit monde des artistes, parlant comme tout le monde de tout, mais aussi de rien...  Et puis une fois sa journée finie, le policier retourne à son fils, qu'il a "ramené des colonies" ("ça, et le paludisme!"), un petit garçon noir et timide, qui assiste parfois à des interrogatoires musclés en s'endormant comme un bébé, mais reste sans doute l'indice le plus probant de l'humanisme profond de l'inspecteur...

Jouvet est admirable, donc, mais le film est dominé par la prestation extraordinaire de Blier, l'un des plus grands acteurs comme chacun sait; flanqué de son maître Jouvet (Lui même accompagné de son complice Léo Lapara dans un petit rôle, et de son propre mentor Charles Dullin) il n'a pas eu la partie facile, puisqu'il avait en prime Clouzot sur le dos, et comme la légende le rappelle souvent, le metteur en scène n'était rien moins que dictatorial, à plus forte raison s'il fallait exiger des prouesses d'un acteur. Mais le suicide de Martineau, avec sa mise en scène stylisée à rendre jaloux les cadors du film noir (La photo de Armand Thirard est constamment superbe), est illuminée d'un gros plan de Blier hallucinant de réalisme; celui-ci doit d'ailleurs porter un fardeau important sur les épaules, car il est là pour incarner le jaloux, et comme chacun sait en voyant les films de Clouzot, voilà un thème particulièrement important chez ce metteur en scène!

Bref, on est devant un chef d'oeuvre: le cheminement des personnages principaux, la jalousie absurde mais si réelle de Martineau, la reconstitution du Quai des orfèvres, la mise en parallèle des deux mondes, et la création quasi avant-gardiste d'un personnage homosexuel qui n'a rien d'un monstre, finissent par donner au film de Clouzot une place de choix au panthéon du cinéma Français, et à son metteur en scène la place qu'il méritait...

 

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Published by François Massarelli - dans Henri-Georges Clouzot Noir
18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 15:34

D'une part, à près de 9 minutes, ce film est nettement plus long que la moyenne des courts métrages Schlesinger. D'autre part, il présente d'immenses qualités, et des longueurs, des grands moments et de réelles déceptions... Seul dans son coin à confectionner des films en noir et blanc pendant que Tashlin, Freleng, Jones, Avery  avaient droit aux films de prestige en couleur, Clampett faisait ce qu'il voulait, donc, pour le meilleur et... pour le pire.

Au début, on a un exemple de la façon dont Avery et Clampett détournaient avec génie le style des films noirs de la WB dans leurs courts métrages, mais c'est pour annoncer un autre genre: l'agent Porky apprend qu'il doit se rendre dans une maison hantée... Et effectivement, il y a un fantôme, au demeurant assez sympathique, contre lequel le héros ne fait pas le poids...

On pourrait comptabiliser les inventions, comme cette merveilleuse scène de l'escalier en colimaçon, ou l'inventivité du fantôme (qui est doublé non par Mel Blanc, mais par Pinto Colvig, la voix de Goofy, ce qui ne peut que le rendre encore plus sympathique)... D'autres gags ne mènent nulle part, hélas, et le flm se termine sur une énième allusion raciale, quand le fantôme, noirci par les émanations de la voiture de Porky Pig, adopte l'accent typique d'un habitant de Harlem: une probable allusion à l'acteur Eddie Rochester Anderson...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 15:24

A cette époque, les Looney Tunes se réduisent à Porky Pig. Tout le reste des films produits par Schlesinger sont des Merrie melodies, et sont en couleurs; seul les films autour de Porky restent en noir et blanc. Et l'année 1939, pour cette série de courts métrages, est dominée par Bob Clampett... Ce qui explique le fait qu'ils ne sont pas tous au même niveau.

Du coup, celui-ci déçoit... A Donut Hole, une petite bourgade clairement (avec un nom pareil!) sise au milieu de nulle part, Porky Pig attend dans son hôtel vide, qu'un client daigne arriver... Et c'est à ce moment qu'une immense voiture s'arrête, et une chèvre (qui répond au nom de Gabby, nouvel avatar d'un personnage irritant qui n'a jamais réussi à s'imposer) en sort: affligé de la goutte, le personnage demande du calme avant toute chose. Mais ce sera difficile, puisque un petit canard, qui ressemble plus à une version rajeunie de Donald qu'à Daffy Duck, va lui mener la vie dure.

Il n'y a pas grand chose à dire: une fois de plus, le fauteur de trouble vole la vedette à Porky Pig, et agit avec une grande dose de sadisme; par ailleurs, fidèle à une tradition qui court dans tous les dessins animés depuis 1931, ce court métrage recycle une chanson d'un film WB. Honeymoon hotel, entendue dans Footlight parade, de Lloyd Bacon, devient ici 'The Porky Pig Hotel'...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 09:48

Daffy Duck, en 1939, était particulièrement cinglé. Et plus encore sous la responsabilité de Clampett. Mais ça ne l'empêche heureusement pas d'être aussi un père de famille... Dans la ferme, Porky Pig apprend donc que la famille va s'agrandir, et se réjouit pour son ami. On ne verra presque plus le cochon-héros en titre du film, dédié d'une part au trouble du canard, et ensuite, mais oui, à un acte d'héroïsme qu'il va acomplir!

Le film est très drôle, et permet à Clampett de faire des variations sur un certain nombre de ses obsessions:

d'une part, la nichée de canetons est composée de trois petits rigoureusement disciplinés, et d'un quatrième plus lent, et qui a l'air beaucoup plus intéressant que les autres. C'est de lui que viendra le trouble (repéré par une bande de buzzards), et c'est lui qu'il faudra sauver. Mais quand les oeufs éclosent, il reste coincé dans sa coquille et se déplace avec, une figure qu'on a déjà vue...

ensuite, Daffy Duck est tellement nerveux d'attendre des petits qu'il se saoule, et ce avec une application qui forcerait volontiers le respect... Et ce sera un fil rouge du film. En attendant, le Daffy cinglé de 1939, saoul comme 36 cochons, est un spectacle navrant certes, mais c'est drôle. Très drôle...

enfin, le metteur en scène profite de la présence de l'incontrôlable Daffy Duck pour varier le rythme en permanence, se permettant aussi des digressions qui n'appartiennent qu'à lui, comme ce chien inutile à l'histoire qui écoute Porky nous indiquer sa joie d'apprendre que son copain va être papa, et qui une fois Porky parti, se tourne vers nous et d'un air incrédule, nous dit, sans sourciller "Amazing!" de la voix de Mel Blanc, dans le registre le plus grave qu'il pouvait mobiliser...

L'animation est superlative, le film sans temps morts, le scénario irrésistible, c'est drôle, c'est aussi tendre et on a si on procède à des arrêts sur images des surprises mémorables. Bref, ceci est un grand film de Bob Clampett.

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett
18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 09:42

Ca sent un peu la routine: Porky vient chez sa petite amie Petunia (qui a bien changé depuis la dernière fois qu'on l'a vue; c'était un vamp, maintenant c'est la cousine de Minnie Mouse...) et la convie à un pique-nique. Tout va bien, sauf que Pinky, le petit frère de Petunia, s'invite, et va se révéler une vraie peste.

on, une fois de plus, ni ce pauvre Porky, ni Petunia, ne seront les héros du film; on se rappelle d'un autre film, Porky's naughty nephew, paru quelques temps avant celui-ci, dans lequel Porky se rendait à la plage en compagnie de Pinky, et c'était à peu près le même script. Par contre, Clampett multiplie les opportunités de mettre son monde en danger: visite des fauves au zoo, train lancé à toute allure, etc...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Bob Clampett