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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 15:43

Commencé dans l'ombre envahissante de Robert Flaherty, engagé par la Metro-Goldwyn-Mayer pour répéter ses succès de Nanook et Moana, et devenu trop encombrant par ses méthodes qui n'acceptaient ni collaborateur, ni ingérence de quelque studio que ce soit, ce film a heureusement été tourné par Woody Van Dyke: heureusement, parce que "One-take" Woody était l'un des plus économiques ET efficaces des metteurs en scène, mais aussi parce que le résultat final est l'un des films les plus intelligents de son genre... Contrairement à la légende (La même qui l'attribue encore aujourd'hui à Flaherty, d'ailleurs) le film n'a rien d'un documentaire, ce que tendrait à démentir certains mots du générique: alors, oui, il a bien été tourné sur des îles des Mers du sud, mais l'expression "recorded for camera" qui nous fait imaginer que le metteur en scène s'est contenté de poser son matériel par terre et d'attendre que l'action vienne est on ne peut plus trompeuse. Van Dyke a bien mis en scène une histoire, qui implique un homme, joué par Monte Blue (L'acteur de The marriage circle et So this is paris de Lubitsch), qui est éloigné d'une île par des hommes blancs qu'il gêne, passant son temps à dénoncer leur manie d'exploiter les îles et leurs habitants. Laissé à l'abandon sur un bateau, il survit à un typhon, et s'installe sur une île paradisiaque, à l'abri de l'homme blanc; après avoir été un temps saisi de la folie des perles, il finit par se laisser aller à l'amour (Avec la jeune Raquel Torres) et l'indolence du lieu, lorsque d'autres hommes blancs arrivent...

 

La redoutable rapidité de Van Dyke ne l'a pas empêché de trouver des images définitives, et si le propos du "paradis perdu" (Qu'on retrouve dans Tabu de Murnau, et dans tant d'autres films du même genre) est daté, pour ne pas dire embarrassant, la dénonciation de l'exploitation de la Polynésie par les blancs possède de fait un fond de vérité. Mais peu importe: on se laisse aller à une histoire superbe, à cette poésie des lagons et d'images sous-marines (évidemment dues à Clyde De vinna, déjà le spécialiste du genre) et à cette construction rigoureuse du film, joué d'une façon impériale par Monte Blue, sale, mal rasé, mal habillé, mais totalement convaincant dans un rôle d'homme qui est dégouté de ses semblables. Son énergie emporte l'adhésion, et de fait notre indignation est réelle... D'autres films de ce genre suivront, dont certains seront beaucoup plus mélodramatiques et conventionnels (Van Dyke lui-même y a sacrifié, avec The Pagan) mais celui-ci est sans doute le meilleur de tous, aux côtés de l'indétrônable Tabu...

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Published by François Massarelli - dans Muet 1928 Woody Van Dyke *
3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 10:05

C'est en plein milieu de son contrat avec la MGM que Borzage a été prêté à la Paramount pour tourner ce film, adapté d'un roman à succès, et qui porte en lui tellement de touches proches du metteur en scène qu'on voit mal comment un autre s'en serait tiré; pour tout dire, la dernière phrase prononcée est "I guess you could call it a... miracle." Le film se situe en effet au milieu d'un combat cher à l'auteur: le conflit entre le devoir, incarné par le travail de l'homme (Ici, un médecin) et l'appel irrésistible de l'amour fou: John Beaven (John Howard) est un étudiant en médecine, qui durant ses études va affronter un redoutable démon, le dr Forster (Akim Tamiroff), un vieux grincheiux génial mais misanthrope et aux vues austères. Acquis aux principes de son mentor, qui n'envisage la médecine que comme un abandon total de soi, il devient un excellent médecin; il est amené à rencontrer une jeune femme, Audrey HIlton (Dorothy Lamour) d'origine Américaine mais élevée en Chine; ils tombent amoureux, et Forster de peur de perdre son meilleur assistant, les sépare en éloignant la jeune femme...

 

Souvent démonstratif, le film tranche sur la production contemporaine de Borzage, nettement plus ancrée dans la réalité (Big City, Three comrades); une certaine tendance au dialogue excessif, aux éditoriaux clamés par un Akim Tamiroff qui fait parfois penser à une imitation de Edward G. Robinson peuvent irriter; reste que Disputed passage est une nouvelle fois un film dans lequel Borzage donne à voir un conflit intérieur... John Howard est tout à fait acceptable en médecin ambitieux pris au piège de ses propres renoncements, et le dernier acte est du Borzage typique: venu en chine pour rechercher la femme qu'il aime encore, le docteur Beaven sauve des vies au risque de perdre la scienne, jusqu'à un point qui a failli être de non-retour; seule l'intervention du Dr Forster le sauvera. Ces séquences se situent dans un hopital de fortune, sous un bombardement: fidèle à sa conviction et son horreur de la guerre, Borzage a réussi à l'évoquer, en pleine coeur d'un conflit, sans la montrer. Et c'est au pied d'un lit dans lequel un homme risque de mourir que la vérité semble se révéler aux yeux du vieux misanthrope, grâce à l'amour d'une femme.

 

Finalement, on devrait être assez satisfait de ce film, qui porte en lui le délire propre à ces situations typiques des films du metteur en scène. Après tout le film est moins exagéré que par exemple Strange cargo... Mais il y a dans ce film un je-ne-sais-quoi d'irritant, un côté "soap opera" excessif et pesant, comme si le metteur en scène se caricaturait lui-même; et en plus l' interprétation de Dorothy Lamour est embarrassante: elle est absolument ridicule en fausse Chinoise...

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Published by François Massarelli - dans Frank Borzage
3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 09:38

En Irlande, Sir Miles O'Hara (Louis Payne) est au bord de la ruine; il tente bien de vendre sa seule richesse, le cheval dark Rosaleen, mais heureusement pour sa fille, Sheila (Janet Gaynor), il n'y parviendra pas; l'acheteur potentiel (Orville Finch, inteprété par Willard Louis) ne partira pourtant pas les mains vides, repartant aux Etats-Unis avec un des employés, Neil Ross (Leslie Fenton), dont la démonstration des talents de cavalier a particulièrement plu à Finch, qui envisage de le faire courir pour lui. Ross part aux Etats-Unis, et la famille O'Hara va le rejoindre avec Dark Rosaleen pour une course importante, mais Neil a eu un accident très grave, qui l'empêche désormais de courir...

 

L'Irlande et John Ford, c'est finalement une histoire plus compliquée qu'il n'y parait: le metteur en scène n'a jamais perdu une occasion de rappeler ses origines, et de donner des gages d'Irlandisme en référant à sa naissance (Qui a eu lieu en fait dans le Maine), sa culture (La même que celle d'un John Wayne ou d'un Raoul Walsh, mais probablement racontée avec plus de digressions...) et des opinions politiques qui tiennent plus du folklore que de la vraie réflexion; si The quiet man (1952), qui reste un admirable film, montre bien le coté conte de fées de ses vues sur l'Irlande, relayé par l'inoffensif (Et assez ennuyeux) The Rising of the moon tourné sur place, on peut aussi voir de quelle manière la cause Irlandaise a donné lieu à des films aux fortune artistiques variées durant les années 30: The informer (1935) et The plough and the stars (1936). Pour le reste, Ford a surtout insisté sur les personnages d'Irlandais, toute sa carrière, dans les films de cavalerie notamment, avec l'inévitable Sergent Quincannon de Victor McLaglen, et a beaucoup poussé le bouchon du sentimentalisme imbibé de whisky... Dès les années 20, J. Farrell McDonald jouait inavariablement des Irlandais alcooliques au gand coeur, dans The Iron Horse ou Three bad men...

 

Durant la période muette du réalisateur, à la Fox, trois films pourtant sont là pour témoigner d'une tentation déjà vivace de tourner des sujets Irlandais; l'un est artistiquement remarquable, The hangman's house sous la nette influence de Murnau, l'autre est une aimable bluette, ce film; il est difficile de rendre compte du troisième, Mother Machree, mutilé et préservé dans d'abominables copies incomplètes. Ce film est donc, en 1926, l'une des premières incursions de Ford dans l'Irlandisme de pacotille qui dominera son oeuvre; on note qu'après tout la principale leçon du film reste qu'une fois arrivés aux Etats-Unis, les différences sociales entre "Sir" O'Hara et son employé Con O'Shea (J. Farrell McDonald) disparaissent au profit d'une vraie égalité, qui n'empêche ni l'affection ni le respect de l'employé à son patron. On voit aussi que le passage par les Etats-Unis, puisque tous en reviennent riches, est une façon de grimper l'échelle sociale à coup sur. Le film est charmant, drôle, avec de nombreux gags à connotation raciale, mais rarement méchants, souvent autour de la légendaire inimitié entre les Juifs et les Irlandais; Leslie Fenton y est un héros assez pale, et Janet Gaynor, encore bien jeune, est sous-employée... Ca ne durera pas, heureusement. On voit ici un thème cher à Ford, le plus souvent montré sous une lumière dramatique, celui d'une entraide assumée par un groupe en proie aux difficultés; ces difficultés sont ici économiques, le groupe étant une écurie de course, dont les membres sont soudés autour de leur champion. Finalement, ces 66 minutes passent comme un petit nuage...

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Published by François Massarelli - dans John Ford Muet 1926
1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 17:42


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Bien qu'il ait pu bénéficier pour cinq de ses films indépendants d'un accord de distribution avec la MGM, à la suite de celui que Joe Schenck avait négocié avec la Metro pour les longs métrages du comédien en 1923, c'est en 1928 que Keaton fait officiellement son entrée à la MGM: ses trois derniers films ont été distribués par United artists, il n'est plus crédité en tant que metteur en scène deuis le désastre financier immérité de son chef d'oeuvre The General en 1926. De fait, sur les deux derniers films muets, Keaton fera, avec la complicité de Sedgwick, metteur en scène en titre, exactement comme il l'avait toujours fait, et The cameraman, tourné en liberté dans les rues de new York et Los Angeles, est un de ses meilleurs films: le studio avait préparé des mémos et un script, pour prouver au comédien leur efficacité; celui-ci les a mis à la poubelle, a fait son film comme il l'entendait, et le résultat final a été un succès... Automatiquement revendiqué par la MGM. Puis la déchéance et l'alcoolisme ont fait leur oeuvre, hélas.

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avec le splendide slapstick millimétré de The navigator, la puissance de la construction de Seven Chances, Ces deux périodes correspondent malgré tout à des moments de grands succès pour le comédien, qui restaut malgré tout constamment derrière Chaplin et Lloyd en terme de box-office, ce qui explique sans doute la façon dont il a été traité aussi bien par son "ami" Schenck, qui s'est débarrassé de lui après Stealboat bill Jr, que par le studio qui ne savait pas faire de la comédie à sa façon... Et bien sur, les crédits différents d'un film à l'autre ne doivent pas nous tromper: sur le plateau d'un de ses films, Keaton était le patron; certains ont essayé de prétendre avoir fait les films tous seuls (Crisp, notamment), mais il n'y a pas moyen de s'y tromper...

Sherlock Jr (1924) Buster Keaton
The Navigator (1924) Buster Keaton & Donald Crisp
Seven chances (1925)Buster Keaton
Go West (1925)Buster Keaton
Battling Butler (1926)Buster Keaton
The cameraman (1928)Buster Keaton &Edward Sedgwick
Spite Marriage (1929)Buster Keaton & Edward Sedgwick

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Published by Allen john
1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 15:59

Revoir enfin Sparrows dans une copie restaurée nous permet de conclure inévitablement que c'est non seulement le meilleur film disponible de Mary Pickford, mais c'est aussi une oeuvre essentielle du cinéma muet: cette histoire d'orphelins exploités, martyrisés, pourchassés alors que la plus âgée d'entre eux veille sur eux, le tout dans un marais menaçant, aurait pourtant tout pour appartenir au pire mélodrame, mais le goût dont ont fait preuve les auteurs (Beaudine et Pickford, productrice et comme elle se définissait elle-même, et propriétaire de ses films, comme Douglas Fairbanks) et le savoir-faire des techniciens et acteurs font merveille de bout en bout...

Une baby-farm, dans les années 20: un lieu ou des orphelins ou des enfants fugueurs sont vendus ou placés (Notamment par des filles-mères), et exploités sans vergogne par des gens sans scrupules. Ici, les "Thénardier" sont M. et Mme Grimes (Gustav Von Seyffertitz et Charlotte Mineau), et avec eux leur fils Ambrose (Spec O'Donnell). La ferme est située dans un horrible marais quelque part dans le bayou, infesté d'alligators, et pour veiller sur les enfants, il y a la petite Molly (Pickford), surnommée Mama Molly par les plus jeunes... Impossible de s'évader, les marais en sont la meilleure garantie, et du reste les enfants sont trop jeunes, surtout la petite Amy, le bébé, qui est bien malade... un jour, pourtant, les Grimes accueillent un enfant de riches, une petite fille qui vient d'être kidnappée... La mission est de garder la petite au chaud sans trop poser de questions, pendant que la demande de rançon s'effectue...

Comme toujours, la production de ce film a été particulièrement soignée, avec le retour derrière la caméra de William Beaudine, qui avait déjà tourné Little Annie Rooney pour Pickford. La photographie était signée de trois génies, Hal Mohr, Karl Struss et Charles Rosher: celui-ci avait préparé le tournage en se rendant en Allemagne pour observer le plateau de Faust, et allait ensuite, en compagnie de Struss, prendre en charge l'image de Sunrise, ce qui situe quand même bien le niveau de qualité. L'ensemble de la distribution est splendide, et le film, précurseur de Night of the hunter, aurait fait un scénario parfait pour un long métrage d'animation Disney du meilleur tonneau. Totalement convaincant, et prenant de bout en bout, le film réussit à tous les niveaux à faire exactement ce que voulait Mary Pickford: ne pas (trop) prêcher, distraire... Et inquiéter aussi, car ce conte gothique se situe quand même dans un environnement cauchemardesque à souhait, et Gustav Von Seyffertitz, absolument impeccable dans son rôle, compose un personnage à la Nosferatu.

Bien sûr, comme tant de films de l'époque, une dose de religion fait son apparition, par exemple une scène difficile de prime abord (la mort d'un enfant), mais vue à travers les yeux d'une enfant (Ou d'une adolescente): elle rêve de l'apparition du Christ qui vient délicatement lui prendre l'enfant des mains... Le point de vue de la jeune fille, qui lisait quelques heures auparavant un livre illustré sur la vie du Christ, permet de faire passer en douceur l'image, sans pour autant en imposer la vision religieuse au public... et le film est tellement beau à voir, que cette scène passe toute seule. A plus forte raison dans la superbe restauration effectuée par la bibliothèque du Congrès, publiée en Blu-ray par Milestone...

La force de son histoire, la dose savante de suspense, et le savoir-faire de toutes les personnes concernées n'ont pas empêché ce film d'être un relatif échec au box-office. Les adieux de Pickford aux rôles d'enfants (Elle avait, après tout, 33 ans au moment du tournage de ce film) ne déboucheront donc pas sur l'adhésion publique escomptée. C'est dommage, mais on peut comparer cette relative déception avec celle de la sortie de The black pirate, le film contemporain de Fairblanks, qui n'a pas non plus drainé les foules... les deux films ont été présentés en même temps, lors de la même soirée... Bon, on se l'invente, cette machine à remonter le temps?

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1926 Mary Pickford **
1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 12:16

quelques réalisateurs et quelques débâcles... 1925 - 1929

En épluchant la filmographie du studio à l'époque muette, on a la surprise de trouver, au détour d'un titre, le nom d'un réalisateur mythique... Ou qui aurait du l'être. C'est souvent un import, un de ces Européens flamboyants qui a été contactés afin de tenir à la MGM le même rôle que Lubitsch à la Warner, ou Murnau à la Fox. C'est parfois un jeune prometteur, qui sera ensuite viré manu militari lorsqu'il n'aura pas fait ses preuves; enfin, c'est aussi ces réalisateurs de passage, qui iront construire leur légende ailleurs, mais dont le passage à la MGM ne se remarquera pratiquement pas... J'ai écarté de cette liste Lubitsch, qui est venu à la rescousse de la MGM entre son contrat Warner et le début de sa longue période à la Paramount, accueilli en grande pompe sur un film (The student prince in old Heidelberg), et Feyder, qui arrive à la fin du muet, ne dirige qu'un film (The Kiss)avant de tourner quelques parlants, et de repartir comme il était venu. Tout ceci trahit un certain esprit d'expérimentation louable de la part du studio et de Irving Thalberg, ainsi qu'une certaine tendance au rétropédalage...

Mauritz Stiller
Symboliquement, Mauritz Stiller sera l'un des "imports" les plus vantés dans l'histoire de la MGM, qui tenait là une légende vivante, le réalisateur de La saga de Gösta Berling... Et accessoirement l'actrice Greta garbo. Quelques semaines plus tard, Stiller était viré du plateau de The temptress, jugé complètement fou, et remplacé par Niblo... Et Garbo était en route vers une carrière notable... Stiller découvrait ainsi la différence entre le studio system et le cinéma Européen. Il ne reste sans doute rien de ce que Stiller a tourné sur le film.

The temptress (1926)

William Wellman
C'est inattendu, mais Wellman a été viré après son unique film muet pour le studio, un étrange film au slapstick affirmé, qui met en scène la nouvelle recrue du studio, le comédien Anglais George K. Arthur, ainsi que dans un petit rôle Lucille Le Sueur a.k.a. Joan Crawford. un film pour le moins embarrassant pour le studio, pour le réalisateur (Qui admettait avoir été saoul durant la plus grande partie du tournage) aussi, et même pour ses fans: ainsi, après l'avoir vu (Oui, le film a été conservé, il est même disponible en DVD), Kevin Brownlow a ironiquement donné raison aux employeurs...

The boob (1926)

Maurice Tourneur
Réalisateur survivant des années 10, Tourneur a donc été amené à travailler à la MGM à la fin de sa carrière Américaine. Après un film complété pour le studio, Never the Twain shall meet, il a entamé le travail sur The mysterious island, une production à gros budget qui aura manifestement sa peau -et celle d'un autre Européen. Lassé de travailler pour d'autres, le metteur en scène quitte le plateau et retourne en France...

Never the Twain shall meet (1925) réputé perdu
The mysterious island (Non crédité, 1929)

Dmitri Buchowetzki
Import Européen qui a transité par la Paramount, il tournera un film pour la MGM, Valencia, et commencera le tournage d'un autre... il en sera écarté au profit d'Emund Goulding, qui retournera la pluaprt des scènes: Buchowetzki dirigeait Garbo et ... Norman Kerry, mais Goulding aura la tâche de remplacer Kerry par John Gilbert. C'est mieux... Quant à Buchowetzki, il continuera dans d'autres studios, participera comme l'autre russe Lewis Milestone au tournage de Tempest pour la UA (Signé par Sam Taylor), et finira comme réalisateur de versions étrangères avant de décéder prématurément en 1932. Pour revenir à Love, on aimerait quand même, dans un esprit Monty Pythonien, voir le résultat de la rencontre entre Garbo et ce brave Norman Kerry...

Valencia (1927) Perdu?
Love (1927)

Frank Borzage
Juste avant de faire la carrière que l'on sait à la Fox, Borzage est donc passé par la case MGM, et en gardera un souvenir mitigé... deux films seulement en sortiront, Daddy's gone a-hunting (Une copie a été retrouvée à Prague) et le plus connu The circle, l'un des films les plus impersonnels parmi ses muets, bien qu'il possède ses avantages (Eleanor Boardman, et une courte apparition de... Lucille Le Sueur!).

Daddy's gone a-hunting (1925)
The Circle (1925)

Josef Von Sternberg
Particulièrement frustrante, la participation de Sternberg au studio se chiffre à deux films... aucun ne sera fini par lui: The exquisite sinner sera partiellemnt retourné par Phil Rosen, et Christy Cabanne terminera et signera The masked bride, en l'absence de Sternberg parti à la Paramount. Le deuxième était un mélodrame sans doute assez proche du type d'intrigue dont le metteur en scène allait tirer des joyaux dans les années 30, mais Mae Murray était décidément insupportable... Les deux films sont sans doute perdus, même si les rumeurs persistent sur The exquisite sinner...

The exquisite sinner (1925) perdu?
The masked bride (1926) perdu?

Benjamin Christensen
Monté en épingle par le studio à l'époque ou on essayait d'acquérir le plus de prestige possible, la contribution de Christensen à la MGM sera particulièrement peu intéressante, le réalisateur étant corseté par le studio; comment et pourquoi Louis B. Mayer a pu imaginer engager l'auteur de Haxan, ça ne s'explique pas, mais on lui a confié des films quelconques en espérant qu'il les rende exceptionnels... Ce quil ne fera pas, et il partira comme tant d'autres vers d'autres cieux, en l'occurence la Universal ou il fera des films quelconques, qu'il rendrait sinon exceptionnels, en tout cas notables. Pour revenir à nos moutons, son Mockery, avec Lon Chaney, est un film poussif, ennuyeux, et Chaney y est sérieusement gâché... Christensen partage avec Tourneur un non-crédit à la réalisation de The mysterious Island, qui sera finalement signé par Lucien Hubbard.
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The devil's circus (1925)
Mockery (1927)
The mysterious island (1929)

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Published by François Massarelli - dans Muet
1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 12:15

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Ingram fait partie des meubles au moment ou la Metro devient la MGM; mais son histoire qui jusqu'ici s'apparente à un conte de fées (Le réalisateur est l'un des plus connus à Hollywood, et l'un des plus respectés par le public aussi) va être gâchée par un ressentiment féroce à l'égard de Louis B. Mayer, qui va pousser le réalisateur à s'expatrier, allant tourner ses films, à partir de Mare Nostrum, à Nice... Son style flamboyant et ses intrigues rocambolesques jusqu'au baroque n'appartiennent qu'à lui, mais on notera qu'il s'essouffle après les grands succès de 1921 à 1923; après avoir révélé Rudolf Valentino et Ramon Novarro (Qui volera de ses propres ailes après The Arab), le metteur en scène manquera peut-être cruellement de nouveaux acteurs à façonner, Antonio Moreno (Mare Nostrum) ou Ivan Petrovitch (The magician) ne se révélant pas à la hauteur... Sinon, la fidélité d'Ingram à son épouse Alice Terry poussera cette dernière à le suivre dans sa fuite, et à interpréter les multiples visages de la femme idéale dans des films toujours plus fous: Mare nostrum et son intrigue d'espionnage qui se vit comme un rêve, The magician et son démarquage de film d'horreur sous influence Germanique (Avec Paul Wegener, M. Golem soi-même)... The garden of Allah marque aussi une nouvelle étape dans la fascination du cinéaste pour le monde Arabe, qui se prolongera sur le reste de sa vie. Après ce dernier film, il quittera la MGM, et ne tardera pas à déposer le bilan en même temps que le mégaphone. Dommage...

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The Arab (1924)
Mare Nostrum (1925)
The magician (1926)
The garden of Allah (1927)
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Published by François Massarelli - dans Muet
1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 12:13

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Niblo est bien sur connu pour Ben-Hur, dont il a signé la réalisation, bien qu'il n'ait pas été le seul metteur en scène, succédant à Charles Brabin; la tâche était lourde, puisqu'il fallait à la fois finir le tournage, le film, et sauver le studio mis en danger par les égarements de l'équipe précédente, le film étant un héritage de la Goldwyn. Mais il a aussi signé deux films avec Greta Garbo, dont The temptress sur lequel il a eu la lourde tâche de succéder à Mauritz Stiller, engagé en grandes pomes mais jugé incapable de mettre en scène un film à Hollywood. Il a également dirigé Lillian Gish dans The enemy, et joué les metteurs en scène dans une séquence de Free and Easy, le premier Keaton parlant. Mais Niblo est loin d'avoir été une exclusivité MGM, metteur en scène depuis 1916 pour à peu près tous les studios possibles et imaginables, avec Fairbanks en 1920 (The mark of Zorro) ou même Rudolf Valentino à l'aube de sa gloire (Blood and sand). Il a donc la réputation d'un solide artisan, mais pour moi il est surtout l'auteur complet (Script et mise en scène) du merveilleux Red Lily, mélodrame dickensien absolument parfait, qui inaugure d'ailleurs son contrat à la MGM, ou il ne fera sans doute pas mieux, même si bien sur Ben-Hur mérite le détour, et The mysterious Lady (1928) est l'un des meilleurs Garbo muets à mon humble avis...

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The Red Lily (1924)
Ben-Hur, a tale of the Christ (1925)
The Temptress (1926)
The Enemy (1927)
The mysterious lady (1928)
Dream of love (1928) perdu?

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Published by François Massarelli - dans Muet
1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 12:12


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Vidor est pour la MGM un héritage de la Goldwyn et de la Metro, les deux studios pour lesquels il a tourné entre 1922 et 1924, principalement des films mélodramatiques dont ceux qu'on peut encore voir aujourd'hui sont plutôt impressionnants. Le metteur en scène avait un flair pour le drame, et ses ingrédients, qui se retrouveront bien sur dans ses films parlants pendant pusieurs décennies... mais au-delà du mélodrame flamboyant, le Vidor qui semble se dégager de ses meileurs films muets est principalement le metteur en scène qui approchera Irving Thalberg et obtiendra sa confiance pour deux projets particulièrement chers à ses yeux: The big parade et The crowd, le succès du premier sur la guerre rendant de fait le tournage du second, un film particulièrement peu commercial, possible. Vidor était un artiste ambitieux, génial, il avait la confiance de ses employeurs, et le cinéaste visionnaire a su coller à on époque (A ce titre the crowd est un film de la trempe de Lonesome, de Sunrise...), acceptant parfois une commande d'un film plus léger (La Bohème, Bardelys the magnificent) qui lui permettait ainsi ensuite de mener à bien ses projets personnels... découvreur de John Gilbert (Parade, Bohème, Bardelys) Vidor est aussi celui qui a permis à Marion Davies de faire son vrai coming-out en tant qu'actrice de pure comédie, avec Show People et The patsy, et en prime les deux films sont irrésistibles, le premier étant le meilleur des films muets qui traient de la vie à hollywood sur les plateaux de cinéma...

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Si la firme a longtemps mis en avant The big parade dont Thalberg était probablement (A juste titre) aussi fier que son metteur en scène, celui-ci était certainement l'atout principal de la firme en ces années muettes. Profondément Américain (Ses films ambitieux mis bout à bout, forment un remarquable portrait de l'homo americanus), humaniste et doté d'un flair sans pareil pour les scènes à hauteur d'homme, Vidor était celui qui réussissait au mieux à faire la jonction entre un cinéma artistique et ambitieux, et le succès public, ce qui allait se prolonger durant le parlant... Ars gratia artis.

Wine of Youth (1924)
His Hour (1924)
Proud Flesh (1925)
The Big parade (1925)
La Bohème (1926)
Bardelys The Magnificent (1926)
The crowd (1927)
Show people (1928)
The patsy (1928)

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Published by François Massarelli - dans Muet
1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 12:11


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La présence de Stroheim à la MGM est un paradoxe: il a fini au studio parce qu'il cherchait son indépendance... Et l'a obtenue, en 1923. Après d'être isolé durant de nombreux mois pour monter son film extravagant, Greed, il lui a fallu apprendre que les commanditaires de son film n'existaient plus, et qu'il devait désormais répondre à Irving Thalberg et à la MGM, nouveaux propriétaires de son contrat et de son film... je ne reviens pas sur ce film, bien connu, ni sur son histoire unique (Du reste, j'en parle abondamment ici: http://allenjohn.over-blog.com/article-greed-erich-von-stroheim-1924-65605963.html)...

Ensuite, Stroheim a du tourner un film, The merry widow (

http://allenjohn.over-blog.com/article- ... 21028.html

) pour la MGM, avec les techniciens MGM, les acteurs MGM, dont il a toujours dit que c'était un navet. C'était faux, mais les légendes ont la vie dure, c'est devenu quasiment officiel... Les deux films sont relativement visibles aujourd'hui, mais on aimerait qu'une édition digne de ce nom de Greed voie le jour. Stroheim, paradoxalement, est presque devenu avec le temps l'un des piliers de cette exemplaire production muette de la MGM, lui qui n'a fait qu'y passer, y pousser deux ou trois colères, et... y tourner deux oeuvres essentielles.

Greed (1924)
The merry Widow (1925)

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Published by François Massarelli - dans Muet