Le titre a
beau sembler se conformer de façon directe et sans le moindre scrupule à la loi des suites et des séries, avec un parfum de roman de gare, ce film est l'un des joyaux du cinéma fantastique, et
l'une des oeuvres les plus importantes du cinéma Américain des années 30: souhaité par Universal, en raison de l'engouement jamais démenti du public pour les films fantastiques, d'horreur,
gothiques, d'épouvante, quelle que soit l'expression choisie, elle importe peu. Si Whale a avait dans un premier temps accueilli avec réserves la mission qui lui avait été confiée en 1931
d'adapter Frankenstein, on se souvient qu'il avait fini par y
trouver son compte, notamment pour y faire du cinéma en hommage aux Allemands; et ce nouvel opus fait mentir la tradition qui veut qu'une suite soit un film moins intéressant que son modèle:
Bride of Frankenstein surpasse le premier film à tous points de vue: il est meilleur, plus beau à voir encore, ne possède pas un gramme de graisse, dose avec intelligence premier
et second degré, les exigences du studio et les péchés mignons du metteur en scène, répond à tous les critères du cahier des charges du public, du studio, du public, et pour une large part des
acteurs qui y jouent, même si une certaine décision sera regrettée jusqu'à la fin de sa vie par un Boris Karloff qui n'acceptait qu'à contrecoeur de voir son monstre parler dans le film. Mais si
Karloff est un acteur respectable, on ne peut que lui donner tort: l'humanité blessée manifestée par la créature dans ce film est d'autant plus en évidence qu'il peut exprimer sa rancoeur avec
force...
Le film commence par un prologue qui renvoie à la
création littéraire de Frankenstein, dans une célèbre soirée d'orage durant laquelle Lord Byron, Percy Shelley et mary Shelley se sont livrés à
une bataille de contes, amenant à la création, par la jeune femme, de l'histoire originale. Lors d'une nouvelle soirée d'orage, les trois poêtes sont de nouveau réunis, et pressée par ses
compagnons, Mary raconte la suite de son Frankenstein. Ca permet au spectateur d'assister à un efficace résumé, dans lequel on développe un peu le
final du premier film; le destin de Henry Frankenstein en particulier, y est plus étendu, à un moment on le croit même mort (Prétexte à d'ironiques "He's alive!!", quand on s'aperçoit qu'il est
en fait encore vivant.). surtout, on y apprend que le "monstre" est lui aussi oujours vivant, et toujours aussi en colère contre les humains; du coup, la série de meurtres violents reprend. Mais
il s'enfuit, à la recherche de ce qui lui manque: un peu de tendresse... De son coté, Henry Frankenstein dégouté se jure, sous l'influence de la douce Elizabeth, de ne plus jamais se livrer à des
expériences de crétaion, mais un professeur extravagant, le Dr Pretorius, vient le tenter en lui proposant de s'allier pour créer une "fiancée" au monstre...
Si Frankenstein (Colin Clive) s'est un peu humanisé depuis le premier film, il faut dire que la présence du maléfique Pretorius est sans doute un intéressant moyen de
comparaison: il n'a aucun scrupule, et là ou Frankenstein souhaitait jouer à Dieu, Pretorius assume sans aucune honte le rôle du diable. Il ne manque pas de fantaisie, ni d'humour, et ses
méthodes sont radicales: il n'hésite pas à demander à ses serviteurs de lui amener des cadavres aussi frais que possible, quitte à tuer... Le rôle est joué par ernest thesiger, un acteur qui se
réfugie dans un style outré et excentrique à souhait, déja vu dans le film tourné par Whale en hommage aux films de Paul Leni, The old dark house... On peut toujours objecter que
le vieil acteur est un cabotin, mais il joue tel que Whale le lui a demandé... Et il apporte, avec son double maléfique, un éclairage intéressant à ce nouvel épisode
dans lequel Henry, assagi, souhaite ardemment se consacrer à son épouse et abandonner ses idées
extravagantes, mais Pretorius le tente en permanence. A une vie rangée mais stérile en compagnie d'une femme, Frankenstein préfère (poussé par les circonstances quand même) l'alliance avec
Pretorius, alliance féconde puisqu'ils vont créer la vie, mais une vie encore plus folle que la première fois; le sous-texte homosexuel ironique est bien sur entièrement assumé par Colin Clive,
Thesiger et Whale. Le film est structuré cette fois de manière à ce que le climax soit bien la création de la fiancée (La formidable Elsa Lanchester, soit Mary Shelley du prologue...). Ainsi les
images superbes du laboratoire bénéficient-elles de la montée de tension délirante établie sur toute la première heure, tout en étant aussi inoubliables que dans le premier film.
Mieux joué (Ou surjoué, tant l'esprit "camp" est présent sur tout le film), au rythme plus soutenu que Frankenstein alourdi par les
difficultés du parlant naissant, le film va aussi plus loin dans les provocations, étant beacoup plus centré sur Pretorius... La censure renforcée l'année précédente a eu du mal avec le film, qui
a d'ailleurs sonné le glas des productions Universal d'horreur jusqu'au très moyen The wolf man (1941). Souvent délirant, autoparodique (la façon dont Ernest Thesiger prend
son temps pour dire ...le titre du film en voyant Elsa lanchester marcher pour la première fois!), le film a aussi engendré tout un monde, avec l'apparition de scènes fameuses, dont bien sur
l'épisode de l'ermite aveugle, le seul vrai ami du "monstre"... celui-ci traverse le film avec de plus en plus de certitude de ne pas être à sa place. Il est souvent assimilé au Christ, de façon
évidente: lynché par la foule, ou montré près d'un crucifix, l'une des nombreuses trangressions imposées par cet incorrigible "contrebandier" de Whale. Le film est toujours aussi beau, dans un
noir et blanc fait d'obscurité et de maléfices, et il faut voir Thesiger sortir ses petites créatures, hommes et femmes de la taille d'une poupée, qui très vite montrent des vélléités d'échapper
à leur créateur fou... Comme d'habitude.
/http%3A%2F%2Fcdn.slashgear.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2012%2F05%2Faewgwer-580x328.png)

/http%3A%2F%2Fimages.doctissimo.fr%2F1%2Fcinema-television%2Fprometheus%2Fphoto%2Fhd%2F4444370444%2F19044349e7b%2Fprometheus-promethius-space-jockey-big.jpg)
Classique paradoxal, Dracula en 1931 inaugurait un cycle impressionnant de films fantastiques dont l'héritage serait indélébile jusqu'à nos jours, tout en concrétisant de façon éclatante les promesses de films muets gothiques (The phantom of the opera, Hunchback of Notre-dame, The cat and the canary, The man who laughs, Seven steps to satan) qui ont progressivement accoutumé le public à des ambiances fantastiques. La photo de Karl freund vulgarisait de façon éclatante le style virtuose des films Allemands du début des années 20, et la mise en scène de Tod Browning permettait à celui-ci d'expérimenter son talent pictural étrange... Tout en proposant un film plus que médiocre.
Crawford... Celle-ci interprète Olivia (De son vrai nom Maggie), une danseuse qui finit par accepter de se marier avec Henry, un riche fermier du Wisconsin. Il ramène sa femme chez lui, et un huis-clos va se jouer entre cinq personnages: Henry (Melvyn Douglas), conscient du fait que son épouse ne l'aime pas comme lui est amoureux; Olivia (Joan Crawford), embarrassée devant la difficulté de faire naitre en elle un amour pour Henry alors que son attirance pour le jeune frère David est évidente; David (Robert Young), marié à une amie d'enfance, et qui trouve en Olivia des désirs qu'il ne connaissait plus, Judy (Margaret sullavan), qui sait à quoi s'en tenir face aux sentiments de David, mais souhaite quand même aider sa nouvelle belle-soeur à s'intégrer, et enfin Hannah (Fay Bainter), la grande soeur des deux garçons, qui couve ses frères, a fini par accepter Judy qui ne représentait pas un trop gros risque pour elle, mais voit d'un très mauvais oeil l'arrivée de l'intrigante Olivia...


La forme cinématographique de tout film est indissociable du film lui-même, mais avec ce premier film d'Orson Welles, on ne peut absolument pas passer à coté. Ce qui explique sans doute l'impression d'hermétisme ressentie par les gens qui sont plus des consommateurs de film que des cinéphiles aguerris; cette histoire qui ne se raconte vraiment qu'une fois le film fini et refermé, ces informations qui nous apprennent plus sur le protagoniste dont le point de vue est donné que sur le personnage dont nous parle l'anecdote, sont autant de moyens pour Welles (Et le scénariste Herman Mankiewicz, ne l'oublions pas) d'asseoir son propos, l'insaisissabilité d'un homme, aussi connu et public soit-il; un homme public n'est pour nous ce que nous en pensons. Tel geste sera par exemple considéré comme une approche chevaleresque (la déclaration de principes" de Kane par exemple) quand son fidèle collaborateur Bernstein en relate les circonstances, il deviendra une preuve de la duplicité, de l'autoritarisme ou de quelque autre défaut de Kane dans les propos d'un autre, notamment Jed Leland, dont la vie aux cotés de Kane a été particulièrement mouvementée... 


/image%2F0994617%2F20230721%2Fob_fc7b10_yp6qc4kg4jljjqcndk8ravm8ek2qnr-large.jpg)

Tout en étant très classique dans sa mise en scène, et en possédant un scénario qui ne brille pas par son originalité, le film est plutôt intéressant pour les thèmes qu'il développe, tout en les fondant dans le tissu mélodramatique de l'ensemble.
Wayne y est le Colonel Kirby Yorke, en pleine campagne contre les Apaches, qui se sont unis contre le poste frontière, et passent leur temps entre le nord du Rio Grande (Soit les Etats-Unis) et le sud du Rio Bravo (la même rivière, mais coté Mexicain); comme un malheur n'arrive jamais seul, il voit débarquer son fils, qu'il n'a pas vu depuis quinze ans, et qui s'est enrôlé dans la cavalerie suite à son exclusion de West Point. Ils arrivent très vite à un accord: afin de laisser au gamin la chance de faire ses preuves, toute mention du lien de parenté sera bannie, mais il ne faut pas qu'il s'attende en retour à la moindre démonstration d'affection de son père. Et puis, tant qu'à faire, l'épouse de Yorke, Kathleen, qui est séparée de lui depuis 15 ans, débarque à l'mproviste pour récupérer le fiston... Pendant ce temps, les Apaches s'affairent...
Retournant à du matériau proche de ses préoccupations, le deuxième film de borzage pour MGM est superbe, illuminé par les prestations de ses deux stars, l'un comme l'autre des monstres sacrés: Spencer Tracy, avec lequel le réalisateur a déjà fait trois films, et Joan Crawford qui retournera à deux reprises avec lui. Dès le point de départ, Mannequin s'installe en marge du rêve Américain, dans les quartiers les moins reluisants de new York, mais bien loin des rêves de Chico dans Seventh Heaven, ou des vagabonds de A Man's castle: pour Jessie (Joan Crawford), le rêve est au début du film plus l'unique moyen de tenir debout qu'un véritable espoir. Non qu'elle n'essaie de s'en sortir, ou qu'elle cesse d'y croire: chaque jour à l'usine est un acte de foi. Mais elle n'est pas aidée: son père est un bon à rien à moitié gâteux qui joue de temps à autre au tyran domestique, son frère un incapable militant, et qui se destine sans doute à faire son trou dans la pègre pour s'en sortir, et sa mère souffre le plus en silence possible, mais demande quand même régulièrement à sa fille l'argent qu'elle a gagné pour satisfaire aux caprices des deux hommes de la maison. Afin d'échapper à tout ça, Jessie se marie avec son petit ami Eddie, mais c'est une mauvaise idée, il est aussi feignant que les deux autres réunis. C'est dans ce contexte que Jessie rencontre un homme qui a tout: J. L. Hennessy (Spencer Tracy), un armateur qui a construit une entreprise qui fonctionne très bien, un patron qui a la confiance de ses employés. Il a tout, il est riche, mais à compter du jour de sa rencontre avec Jessie, il va vouloir ce qu'il n'a pas: la jeune femme, en effet, dont il a compris qu'elle était mal mariée, et qu'elle ne pouvait que finir avec lui...
soudain, et brutal, changement de couleurs. On retrouve dans Pandora cette notion d'une oeuvre picturale qui est au centre du film, ou en cristallise certains aspects, mais elle s'insère bien plus dans l'étrangeté globale de l'intrigue, d'une part, et Lewin bénéficie en plus du talent exceptionnel de Jack Cardiff dont le talent pour la couleur permet au metteur en scène de pouvoir avoir le sentiment constant d'évoluer dans des tableaux... Autre constante de l'oeuvre ici dûment respectée, un narrateur choisi parmi les protagonistes s'adresse directement à nous, et va nous diriger sur l'ensemble du film, nous offrant parfois une grille de lecture souvent un peu décalée. Après Herbert Marshall et George Sanders, c'est à un autre Anglais, Harold Warrender, que cette tâche incombe.
Forcément, on reconnait les obsessions surréalistes, à travers cette histoire d'amour fou qui emporte tout sur son passage, à commencer par la logique. Et de fait, le film est entièrement soumis à cette lecture surréaliste du monde, aussi bien dans son intrigue que dans les efforts picturaux fascinants: on le voit dès le début, après que le prologue du film nous ait montré l'anecdote des marins: un plan de la plage montre un amas de filets dont émergent deux mains, qu'on croirait en bois, et qui sont toutes deux dirgées vers un livre ouvert... Hendrik Van Der Zee représente pour Pandora, fatiguée de n'éveiller le désir qu'à des hommes trop petits pour elle, un absolu qui justifiera tous les sacrifices, et elle ne s'encombrera de rien (Pas même de vêtements, d'ailleurs) le moment venu. L'oeuvre d'art qui est au centre du film, et qui en est la clé, semble être située à l'origine de toute cette histoire, tout en étant un aboutissement du film. D'ailleurs le tableau apparait dans deux scènes qui se font écho: la première rencontre entre Pandora et Hendrik, puis la dernière: les deux sont faites dans les mêmes circonstances, pandora arrivant nue sur le bateau, puis découvrant le tableau. La première se conclut par l'effacement des traits de la jeune femme du tableau, la deuxième par l'acceptation de son destin par la jeune femme qui a enfin compris qui elle était, et ce qu'elle venait faire là... Le retour à la réalité pour le spctaceteur s'effectue par le biais d'un plan de sablier qui éclate littéralement...
De plus, les anecdotes proches du rêve abondent: la mort d'un toreador qui est distrait parce qu'il vient de voir, dans le public, l'homme qu'il a tué la veille, ou encore les joyeux fêtards qui prolongent leur soirée arrosée avec jazz de circonstance (On est en plein à la fin des années 20) sur une plage au milieu de statues qui ont été repêchées et entreposées là, occasionnant des visions inattendues de musiciens qui jamment avec les statues... Le film joue beaucoup sur ces superpositions et collages inattendus, parfaitement dosés. Les interprêtes sont parfaits, James Mason en tête. Autant d'aspects qui facilitent l'adhésion pour le public, qui a d'ailleurs fait du film un véritable succès, le dernier de la carrière erratique de son réalisateur.
sait que les deux peuples doivent fonctionner ensemble. C'est tout le sens de son intervention au procès "Paradisiaque" de son ami Peter Carter. La dernière partie du film, qui voit reléguer Carter et June au second plan, est d'ailleurs une confrontation entre Reeves-Livesey, qui défend l'idée de laisser vivre le solat Carter, et Raymond Massey en Abraham/image%2F0994617%2F20230719%2Fob_819a3b_nglo5lutrszn3usofgwxtbafhtotgq-large.jpg)