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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 17:33

Sorti en février 1934, Honeymoon hotel est le premier dessin animé en couleurs de la série Merrie melodies (le pendant "noble" des Looney tunes) de la Warner. Contrairement au concurrent Disney qui expérimentait déjà avec un Technicolor trois bandes d'une grande finesse, Schlesinger s'était laissé tenter par le procédé Cinecolor, qui est assez peu glorieux... Mais aussi assez peu coûteux! Le film qui montre les frasques de bestioles qui se rendent à un hôtel dont la destinée première est d'accueillir des nouveaux mariés, recycle bien sur les chansons du film de Lloyd Bacon et Busby Berkeley Footlight Parade (1933), oeuvres de l'équipe Warren-Dubin, et il se vautre lui aussi sans complexes dans la gaudriole... Nulle surprise donc, à constater qu'aujourd'hui le dessin animé accompagne le film de Bacon sur le DVD que Warner a sorti.

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Animation Looney Tunes
15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 17:16

Ce film forme, avec 42nd street et Gold diggers of 1933, une trilogie du bonheur! des films qui marchent tous seuls, menés tambours battant, et qui vous requinquent comme un rien avec leur histoire de spectacle mal barré qui triomphe de l'adversité... Le bonheur vient du rythme Warner, pour commencer, incarné par une groupe d'acteurs dans des rôles un peu stéréotypées, quoique à l'époque on imaginait Cagney plutôt en gangster qu'en producteur de spectacles! Joan Blondell, Frank Mc Hugh, Ruby Keeler, Dick Powell, Guy Kibbee, Ruth Donnely, Hugh Herbert et bien sur James Cagney: un casting de rêve, qui sert un dialogue aux petits oignons.

Et puis il y a cette atmosphère d'urgence à Broadway qui faisait le sel de 42nd street, et qui habite tout le cinéma Rooseveltien de la Warner (A ce propos, l'image du nouveau président est utilisée dans un des ballets de Busby Berkeley qui termine le film, et elle n'a rien de subliminale!): on retrousse ses manches, on admet que la crise est bien là, mais tous ensembles on va lui casser la figure! Et l'en jeu, cette fois ci, est pour un producteur de contrer la mainmise du cinéma parlant et chantant sur le monde du spectacle, en produisant des prologues chantés et chorégraphiés, à présenter en avant-programme des films, et de le faire à échelle nationale... C'est James Cagney qui s'y colle, et il y a bien sur une ou deux intrigues sentimentales, dont l'amour inconditionnel, et apparemment ignoré (L'inconscient!!) de Joan Blondell pour James Cagney.

Enfin, du bonheur, car comme d'habitude c'est Busby Berkeley qui est aux commandes de la chorégraphie délirante, et ça part une fois de plus dans tous les sens... Et ça fourmille de sous-entendus et même de sur-entendus. Bref, on n'en fait pus des comme ça.

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Musical
15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 11:08

La deuxième saison de Buffy the vampire slayer est fantastique: c'est la véritable naissance de l'esprit de la série, et c'est là que se mettront en place les vrais thèmes de ce qui était jusqu'à présent une aimable bluette, métaphore des années adolescentes. Elle se transforme en un parcours qui vise désormais plus haut (La peinture de l'évolution d'une adolescente qui doit devenir une femme), et Joss Whedon jette ici les bases de tout un univers, dont certains développements attendront toute une saison... alors que d'autres attendront jusqu'à la septième, voire pour certains une autre série: Angel. Whedon et son équipe enrichie, et qui compte déjà en ses rangs des collaborateurs aussi cruciaux que Marti Noxon, David Fury ou David Greenwalt, se voient aussi allouer un budget conséquent, et le monde de Buffy est moins limité dans cette nouvelle saison. Nous verrons moins la boîte le Bronze, le lycée semble agrandi, certains appartements et maisons nous sont montrés alors qu'ils étaient ignorés dans la première saison: chez Angel, chez Giles aussi.

A côté de cette construction de nouveaux décors, la série détruit aussi: on prend une habitude, celle de voir le premier épisode d'une saison comme un jeu de destruction des acquis... Ca reviendra souvent. Et dans chaque série pilotée par Whedon, voire dans le deuxième film de la franchise The Avengers.

Et surtout, la série quitte à mon sens le tout-venant en lançant un personnage fabuleux, le genre de méchant que Buffy ne doit surtout pas tuer parce que sinon il manquerait trop! Il s'appelle Spike, est interprété par James Marsters, qui bien qu'Américain, lui a dégoté un fabuleux accent cockney, et il lance des répliques toutes plus drôles les une sque les autres. Et la cerise sur le gateau, c'est que dans l'ensemble, c'est juste un homme qui désire vivre aussi tranquillement que possible, en se battant à l'occasion, et en mangeant un humain ou deux. Le contraire des vampires mystiques de la première saison... Que Angel va devenir. Ce qui va pousser Spike à s'allier avec Buffy!

L'essentiel de l'intrigue de cette deuxième saison concerne pourtant un autre vampire: comme je le disais plus haut, le gentil Angel, vampire doté d'une âme, va la perdre et retomber dans le crime. Ca va aller loin, très loin, et ça passera par une thématique inattendue, car c'est lié à un motif permanent de la saison 2: les hormones! Ces jeunes gens ont 17 ans, et Buffy, Willow et Xander vont commencer à sentir des chatouillements là où il faut. Willow, après avoir attendu Xander tant d'années, se laisse tenter par une bluette avec le musicien Oz (Seth Green), un senior du lycée, laconique et intéressant (Voir plus bas); Xander succombe à l'inévitable: une idylle avec Cordelia Chase, celle qu'il prenait pour son ennemie naturelle, ce qui ne va pas les empêcher de continuer à se battre: enfin, Buffy concrétise ses amours avec Angel, et une nuit d'amour plus tard, s'en mordra sérieusement les doigts. Les adultes ne sont pas en reste, car d'une part Spike vit le parfait amour (Du moins pour un temps) avec la vampire folle Drusilla (Juliet Landau), les relations de Giles avec la belle Jenny se compliquent, et même Joyce Summers cherche l'âme soeur, dans un épisode mémorable.

Un apport significatif de la saison est le passage de témoin, de Jenny à Willow, qui va commencer à s'intéresser à la magie noire... Rétrospectivement, on sait maintenant qu'elle ne devrait pas! De leur côté, les rapports entre mère et file aussi se compliquent: Joyce a du mal à comprendre la vie de sa fille, dont elle finit par découvrir le secret à la fin de la saison. Et admettre à Giles qu'elle lui en veut d'avoir construit avec sa fille une relation père-fille bien plus complice que la sienne propre.

Certains personnages font un petit tour, d'autres resteront, et on apprend à y gérer de façon inattendue les rapports avec certaines créatures: un loup-garou s'avère être Oz, par exemple, ce qui oblige les humains à l'épargner; mais un ami peut aussi se transformer en ennemi, ce qu'indiquait déjà Xander dans un épisode de la première saison; ici, Buffy fait les frais de la transformation d'Angel en Angelus, mais elle subit aussi la trahison d'un ancien petit ami de L.A. Dans Lie to me. Enfin, on apprend dans cette saison riche que les personnages ne sont pas à l'abri. Kendra, une autre tueuse (Automatiquement “activée” par la mort de Buffy à l'épisode 12 de la première saison), mais aussi Jenny Calendar en feront les frais; de toute façon , toute la saison mène à une prise de décision douloureuse, liée à un choix dramatique, qui ne peut laisser tout le monde indemne...

Pour finir ce tour d'horizon, des personnages apparaissent, qui auront peut-être (ou pas) de l'importance plus tard: on appréciera en particulier les apparitions de Danny Strong, qui joue Jonathan Levinson, un petit lycéen râleur et souvent victime des circonstances, voire des monstres, dans certains épisodes: chaque apparition ressemble à un gag.

Pourtant...

1. When she was bad (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Le retour de Buffy s'effectue, naturellement, via la rentrée au lycée. Une scène d'ouverture sert non seulement à introduire l'épisode, mais aussi toute la saison, sa thématique, et... son atmosphère de surprises. Willow et Xander sont seuls, Buffy n'est pas encore rentrée de L.A. Et ils parlent. Un détail mineur, le fait que Willow a de la glace sur son nez, manque de les faire s'embrasser... Mais ils sont interrompus par un vampire, puis par Buffy, en pleine forme, qui tue l'importun. Le grand thème est donc installé, il sera question de la tentation, des désirs, du passage à l'acte... et des hormones, essentiellement. Pour le reste, Buffy promène sa mauvaise humeur durant tout l'épisode, en provoquant Xander de façon lamentable lors d'une danse plus que suggestive. L'idée était bien sur de rendre Angel jaloux...

Pour commencer une saison, on casse ses jouets : ici, c'est le squelette du « maître » qui en fait les frais, laissant derrière lui un gamin à la tête des vampires... Qui ne fera pas long feu.

C'est aussi la première fois que Whedon, pour agrémenter les soirées du « Bronze », la boîte de Sunnydale, fait appel à un groupe significatif. Buffy et Xander dansent donc sur la musique de Cibo Matto... à l'époque, le bassiste s'appelait Sean Lennon.

2. Some assembly required (Ecrit par Ty King et dirigé par Bruce Seth Green)

Un gamin a décidé de faire revivre son frère mort, façon Frankenstein. Mais le grand frère n'est pas satisfait : il veut une fiancée ! Il y a donc une menace sur Cordelia, une fois de plus... Outre l'hommage à Frankenstein, et le thème en continuité parfaite avec celui de la saison, cet épisode est une illustration de l'atmosphère qui s'éloigne de plus en plus du postulat adolescent de la première saison.

D'ailleurs, comme pour illustrer cette montée en grade, Giles commence une relation ouvertement amoureuse avec la jolie Ms Calendar... Celle-ci sera souvent contrariée... C'est le moins que l'on puisse dire !

3. School hard (Ecrit par Joss Whedon et David Greenwalt, et dirigé par John T. Kretchmer)

Episode crucial, School hard présente Spike, l'un des personnages les plus importants de la série, fait évoluer de manière significative la relation Joyce-Buffy, et permet à Whedon de finir de détruire son premier univers de vampires : avant, les sales bêtes sont organisées selon une hiérarchie vaguement mystique, avec un leader sentencieux, attaché à de vieilles reliques et des traditions antédiluviennes. Avec cet épisode, on fait table rase, pour donner à voir du vampire l'image essentiellement d'un charognard nomade, pas si éloigné du mode de vie solitaire et reclus de Angel, mais avec le mal en plus !

Joyce se rend donc à une soirée parents-professeurs au lycée, et découvre la vraie vie de sa fille, du moins certains aspects. Elle décide donc de lui laisser du champ, et de lui faire confiance, au gand dam du proviseur Snyder.

4. Inca mummy girl (Ecrit par Matt Kiene & Joe Reinkemeyer et dirigé par Ellen S. Pressman)

Un épisode moindre, mais une fois de plus relié à la thématique : Xander tombe amoureux de la correspondante étrangère de Buffy... Sauf que celle-ci s'avère être une momie Inca, qui se maintient en vie en tuant des jeunes hommes. Mineur, mais plaisant bien sur, avec la première apparition de Jonathan Levinson. Un autre personnage notable fait son apparition, le guitariste Oz, qui pour l'instant reste dans l'ombre, et repère Willow. Celle-ci l'intrigue beaucoup...

5. Reptile boy (Ecrit et dirigé par David Greenwalt)

Un autre épisode mineur, relié une fois de plus à la thématique du désir et des hormones : des étudiants kidnappent des jeunes femmes, dont Buffy et Cordelia, pour les offrir en sacrifice à leur dieu, le démon Machida, qui ressemble à une très longue quéquette. La blague est facile, mais la censure n'a rien vu venir ! Et l'épisode, qui montre Buffy quasiment charmée par Tom, l'un des étudiants, rappelle que le danger ne vient pas nécessairement des vampires... Jonathan et Oz reviennent.

6. Halloween (Ecrit par Carl Ellsworth et dirigé par Bruce Seth Green)

Un grand classique, avec l'apparition d'un personnage qui sert à éclairer le passé de Giles : Ethan Rayne est un ancien condisciple du Britannique, versé sur les arts occulte, mais qui a dédié lui sa vie au mal. Il lance un sort sur Sunnydale : pendant Halloween, les jeunes qui se sont fournis en déguisement dans son magasin vont devenir littéralement ce en quoi ils sont grimés: Xander un soldat efficace, Buffy une noble du XVIIIe siècle (Effrayée par un rien), et Willow un fantôme... Aperçue par Oz dans une scène en forme de running gag.

7. Lie to me (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

On monte d'un cran, avec un épisode grave, où Buffy s'interroge sur la finalité de ses relations avec son petit ami. C'est le moment qu'a choisi un ancien petit ami de L.A. Pour faire son apparition. Elle se verrait bien finir avec lui, mais Ford est en réalité de passage dans la série: il ne vient que pour attirer Buffy dans un piège. Il est mourant, et souhaite survivre en devenant un vampire... Il fait donc un marché avec Spike. A nouveau, on le voit, les relations amoureuses débouchent sur trahison, complexité, et déception. Et le thème du mensonge devient le fil rouge de l'épisode, qui nous rapporte une nouvelle dimension du personnage d'Angel et ses relations complexes avec ses semblables, mais aussi qui nous montre Buffy faire des choix de plus en plus difficiles.

8. The dark age (Ecrit par Dean Batali et Rob Des Hotel, dirigé par Bruce Seth Green)

Cet age sombre, c'est celui des vieux... dans cet épisode malin, on continue à jeter le trouble en s'intéressant une fois de plus au passé décidément étonnant de Rupert Giles : des amis à lui tentent de le contacter, et meurent, et ça le met dans des états pas possibles. On apprend que lorsqu'il était étudiant, il avait, avec quelques amis, fricoté un peu avec la sorcellerie, et ils s'étaient amusés à réveiller un démon... Qui ne les a pas oubliés, et vient désormais les tuer les uns après les autres. Il ne reste plus que deux d'entre eux, tous les deux condamnés à plus ou moins brève échéance : Giles, et... son étrange ennemi Ethan Rayne, qui revient donc montrer sa duplicité dans cet épisode. La métaphore du démon permet, pour une première fois, d'insérer une allusion aux déviances liées aux paradis artificiels : lorsque Giles parle de ses aventures avec la sorcellerie, le vocabulaire qu'il utilise est celui de l'addiction.

L'épisode éclaire la relation naissante entre Giles et Jenny d'une lumière troublante, d'autant que cette affaire de possession rejaillit sur la jeune femme, confirmant une des lois de la série : le mal atteint les autres, par ricochet. On le reverra bientôt de façon cinglante...

9. What's my line part 1 (Ecrit par Marti Noxon et Howard Gordon, dirigé par David Solomon)

10. What's my line part 2 (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par David Semel)

Tout ce qui arrive a une, ou des conséquences. Bon ou mauvais, tout incident dans la série aura des répercussions, bénéfiques, ou pas. C'est particulièrement rigoureux dans Buffy et Angel, et on le verra les scénaristes ne reculeront devant rien pour observer cette consigne à la lettre. Ces deux épisodes liés en sont la première preuve spectaculaire, introduisant un personnage inattendu mais logique : à la mort de chaque « tueuse », une autre apparaît pour prendre sa place. Ici, il s'agit de la Jamaïcaine Kendra (Bianca Lawson), qui est tout le contraire : elle a lu les manuels, ne passe pas son temps à autre chose qu'à son devoir, et manque cruellement de ressource dans certains cas. Elle manque aussi de distance, et bien sur manque de tuer Angel. La relation entre les deux tueuses est un ressort de comédie, mais fait ressortir aussi la spécificité, et la force (En même temps que le handicap), de Buffy : elle a des relations, des amis, bref, une famille !

On revoit Jonathan Levinson, pris en otage lors d'une tentative d'assassinat sur Buffy. De leur côté, Xander et Cordelia, isolés dans la maison de Buffy, en proie à une menace, se jettent l'un sur l'autre pour laisser lire cours à la montée de leurs hormones dans un baiser fougueux, il y en aura d'autres... Et Willow fait la connaissance de Oz, avec lequel elle sympathise. Elle va aussi, lors d'une scène, être sauvée par lui, qui prend une balle dans le bras à sa place... Ce qui le fait intégrer d'office le cercle des amis de Buffy, et on peut être sur qu'il va en souffrir. Willow comence à montrer des talents dans l'occulte, ce qui ne va pas s'arrêter là...

Spike et Drusilla, enfin, se révèlent un peu plus : ils sont venus à Sunnydale, pace que Spike est à la recherche d'une façon de soigner Drusilla, qui dépérit. Leur motif est finalement privé, ce qui les rend, surtout Spike du moins, relativement sympathique. Dans ce contexte, Buffy n'est pas une ennemie parce qu'elle lutte pour le bien, mais parce qu'elle les éloigne des chances de guérison de la vampire folle.

11. Ted (Ecrit par Joss Whedon et David Greenwalt, dirigé par Bruce Seth Green)

Ceci est un épisode de haute volée: Joyce Summers a été très occupée à son travail, et une conséquence intéressante : de plus elle a trouvé un petit ami, le sympathique Ted (John Ritter), qu'elle a décidée de ramener chez elle pour le présenter à Buffy. L'épisode tire donc parti d'un état de fait, et le scénario fait des merveilles avec... Ted, en effet, est tout sauf normal, et représente bien sur pour Buffy un danger potentiel qui aura sans doute des résonances chez tous les enfants de parents séparés. Et la relation qui s'établit entre elle et ce beau-père potentiel est un danger du quotidien, l'une des rares mais nécessaires intrusions de la série en terrain réaliste, avec même, dans un passage dramatique, une visite à la police, un signe que décidément la série peut nous surprendre avec un rien.

Par ailleurs, l'épisode contient aussi un nouveau développement de la relation entre Giles et Jenny, confirmant la thématique « amours adultes » de l'épisode. Mais pour faire bonne mesure, Xander et Cordelia continuent leur idylle secrète.

12. Bad eggs (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par David Greenwalt)

La responsabilité est sans doute l'un des mots-clés de l'univers de Buffy. C'est parce qu'elle est responsable que la tueuse doit veiller au grain, à la sécurité de toutes et tous, et à garder son secret en plus. Alors quand un professeur propose une expérience pour tester la responsibilité de ses élèves, dans le cadre de l'éducation sexuelle, et pour voir s'ils seraient capables de s'occuper d'un enfant, l'ironie fait que cette expérience dégénère avec des œufs bizarre, qu'on fait garder et surveiller par tous les élèves, et qui prennent possession d'eux. Et les seuls qui s'en tireront indemnes, seront Xander qui par feignantise a fait bouillir l'oeuf, et Buffy, qui va une fois de plus sauver la communauté sans que celle-ci s'en rend compte.

Jonathan Levinson refait une apparition désormais habituelle, sans pour autant qu'on lui accorde une importance quelconque, et Buffy et Angel parlent de leur engagement l'un avec l'autre, et même de l'avenir potentiel... Ce n'est jamais bon quand des personnages de cette série parlent d'avenir.

13. Surprise (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par Michael Lange)

…Et la confirmation de cette supputation n'attendra pas ! Surprise est le premier épisode d'un diptyque mémorable, décisif non seulement pour l'avenir de la série, mais aussi pour l'autre série qui en déculera, Angel. Il y est question d'une part des agissements de Drusilla et Spike pour se débarrasser de Buffy, ils ont cette fois contacté un mythique démon, le Juge, qui lutte contre le bien, et « qu'aucune arme forgée ne peut tuer », dit la légende. On y rappelle qu'Angel est un vampire dotée d'une âme, par la grâce d'une tribu de gitans qui l'ont ainsi condamné à l'éternel remords... Mais ce qu'on ne savait pas, c'est que Jenny en faisait partie. Ca restera un secret pour l'instant pour les autres personnages, mais ça jette le trouble, car on apprend aussi qu'une minute de bonheur pour le vampire annulerait le sort, et donc le priverait d'une âme.

Mais ce n'est pas le sujet : Buffy et Angel doivent en effet combattre Spike et Drusilla, et... dans le feu de l'action, se rapprochent de plus en plus. Ils vont passer à l'acte. Ils passent à l'acte. Et l'épisode s'arrête sur Angel pris de violentes convulsions...

Car le sujet, une fois de plus, est le désir, et le trouble né de cette impression que l'accomplissement du désir est inéluctable. La plupart du temps, cet accomplissement n'est que le début du bonheur...

14. Innocence (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Cet épisode concerne donc le lendemain de l'anniversaire de Buffy, lorsqu'elle vient de fêter ses 17 ans, et accessoirement de perdre sa virginité. Ce n'est en rien un détail, d'une part parce que les conséquences de l'acte seront cruciales (Angel redevient Angelus, car il a perdu son âme), et que le sous-texte de l'épisode est magistralement traité ; Buffy s'est faite avoir, et le garçon qui l'a possédée dans son lit la rejette. La douleur de la jeune femme est très impressionnante. A côté de ce drame si banal, les amis de Buffy ont aussi leurs problèmes : Willow découvre que Xander et Cordelia ont une petite intrigue secrète, et Giles comprend que Jenny leur a caché des choses. Enfin, cerise non négligeable sur le gâteau, Buffy contrecarre les plans des vampires en utilisant un bazooka, image certes un peu facile, mais ô combien efficace d'une revanche explosive sur la gent masculine. M'est avis que l'image de la frêle tueuse, portant ce symbole phallique et l'actionnant dans la galerie d'une supermarché, a du être un enjeu important pour l'équipe de geeks qui concoctent la série.

15. Phases (Ecrit par Dean Batali et Rob Des Hotel, dirigé par Bruce Seth Green)

Oz est un loup-garou, et à la fin, ce paradoxal avantage décide Willow a sortir avec lui... L'épisode est formidable, et nous rappelle un certain nombre de thèmes : derrière le mal, ou du moins les créatures maléfiques, il y a toujours des humains. Mais les humains en eux-mêmes ne sont pas forcément fréquentables, ainsi en est-il d'un chasseur de loups-garous qui lui est un super-connard. Sinon il est souvent question d'hormones, une fois de plus : Willow aimerait bien aller plus loin plus vite avec Oz, et Cordelia lance à Xander des appels du pied de plus en plus récurrents, de moins en moins discrets... qu'il ne repère jamais.

16. Bewitched, Bothered and Bewildered (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par James Contner)

Cordelia quite Xander parce qu'il est une entrave à sa popularité... Afin de se venger, il a recours à la sorcellerie. Il fait appel à Amy, la jeune fille victime des agissements surnaturels de sa mère dans l'épisode 3 de la première saison. Celle-ci lui concocte un petit sort supposé provoquer chez Cordelia un amour irrésistible pour lui, mais elle se trompe, et ce sont toutes les femmes SAUF Cordelia qui se trouvent affectées... Un épisode drôle, inventif, et plaisant, au terme duquel Cordelia prendra une décision qui l'honore...

17. Passion (Ecrit par Ty King, dirigé par Michael Gershman)

La “passion” du titre, c'est paradoxalement celle d'Angel pour Buffy, puisque pour se venger d'avoir eu des sentiments humains à son égard, il est décidé à lui en faire baver... Mais effectuera surtout un crime sans nom, immonde et qui prouve ne fois pour toutes que dans cette série on n'hésite pas à sacrifier des personnages importants. Introduit et conclu par la voix neutre d'Angel, cet épisode distille une poésie noire qui tranche définitivement sur l'atmosphère souvent légère de la série.

18. Killed by death (Ecrit par Dean Batali et Rob Des Hotel, dirigé par Deran Sarafian)

Un épisode mineur à la X-Files, qui voit Buffy quitter l'intrigue principale pour se rendre à l'hôpital, ou elle déjoue les plans d'un croquemitaine invisible...

19. I only have eyes for you (Ecrit par Marti Noxon, dirigé par James Whitmore, Jr)

Lors d'une soirée festive, des étudiants possédés par les fantômes d'un couple maudit (Un élève du lycée qui avait tué la prof dont il était amoureux, en 1955), rejouent un drame passionnel, jusqu'à ce que le fantôme du garçon n'en appelle à Buffy. On quitte l'intrigue principale avec un épisode franchement poétique et très maîtrisé dont une scène permet à Buffy et Angel de se réunir...

20. Go fish (Ecrit par David Fury et Elin Hampton, dirigé par David Semel)

Encore un épisode mineur, cette fois centré sur les agissements du coach d'une équipe de natation pour donner plus d'efficacité à se nageurs. On apprécie la comédie, principalement grâce à Cordelia.

21. Becoming part 1 (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

22. Becoming part 2 (Ecrit et dirigé par Joss Whedon)

Le premier épisode commence par un flashback, qui inaugure une série d'aller-retours sur la “vie” du vampire Angelus, de la rencontre fatale de l'humain Liam avec celle qui va le transformer, Darla (Julie Benz, déjà vue dans la saison 1, avant sa mort), jusqu'à l'arrivée du vampire désormais doté d'une âme à Los Angeles, pour veiller sur Buffy, avant son départ pour Sunnydale. C'est que Angel est véritablement le principal protagoniste de ce double épisode, qui voit la saison arriver à terme avec une surprenante noirceur... Car après avoir batifolé pendant 20 épisodes autour de ces désirs de jeunes et moins jeunes, l'heure est venue de prendre ses responsabilités, pour Buffy comme pour les autres: une tueuse de vampires doit tuer les vampires. C'est ce que lui rappelle Kendra, venue lui prêter main forte, mais elle ne survivra pas au premier épisode, tuée par Drusilla. Celle-ci passe de fofolle un peu folklorique, à folle furieuse, et particulièrement dangereuse... L'heure est venue aussi de former des alliances contre-nature: ainsi, pour contrer Angelus, Buffy doit-elle compter sur l'aide de Spike. Ce ne sera pas la dernière fois...

A la fin de la saison, Buffy a beaucoup appris, est devenue adulte: ça veut dire qu'elle souffre. On la reverra pour une troisième saison riche en promesses...

    Buffy the vampire slayer #2 (Created by Joss Whedon, 1997-1998)
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    Published by François Massarelli - dans Joss Whedon TV
    15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 09:56

    Avec ce film, nous abordons le dernier chapitre de la carrière d'Hitchcock, qui ne s'est peut-être jamais totalement remis de l mauvaise réception de The birds. La plupart des films qu'il va faire dans ce dernier tronçon de son oeuvre n'auront pas de succès public, et la critique va beaucoup trouver à redire sur eux, à l'exception notable de Frenzy. Marnie a essuyé beaucoup de reproches, et de fait, on peut y déceler des défauts: c'est un film long, souvent bavard, un peu trop démonstratif parfois. C'est aussi la deuxième fois, après Spellbound, que le metteur en scène base une intrigue sur la psychanalyse, mais cette fois on est en plein dans les années 60, et Hitchcock ne s'arrête pas à la porte de la chambre. C'est l'une des qualités de ce film, même naïvement, il aborde la sexualité d'une façon plus frontale que jamais, et le fait avec son style inimitable. C'est aussi la dernière fois que Bernard Herrmann et Robert Burks travaillent avec le metteur en scène, donc décidément, plusieurs pages se tournent.

    Le film commence par un carton joli mais austère, qui fait penser à un napperon, présentant le générique, accompagné par une musique passionnée, fougueuse, en trois parties, de Bernard Herrmann, suggérant passion, mais aussi refus et enfin abandon. Un beau, très beau motif, pour une héroïne paradoxale qui nous est ensuite dévoilée... ou presque, dans la première scène. D'abord, le silence règne sur le premier plan qui nous montre une femme avançant, de dos, sur un quai de gare, vers son train. Elle est brune, habillée de vert, porte d'élégants escarpins, et porte sous son bras un sac à main jaune pale: on ne risque pas de le manquer, puisque c'est en gros plan que nous le voyons au tout début du plan. Cet accessoire symbolisant si facilement à la fois la personnalité, le bagage, et les secrets d'une femme reviendra, bien sur, mais ce ne sera pas souvent le même, car Margaret "Marnie" Edgar change souvent: de sac à main, de couleur de cheveux, de vêtements, de carte de sécurité sociale, et de nom: elle en effet pour habitude de dérober des sommes colossales chez ses employeurs après quelques mois, avant de disparaître dans la nature. On découvre d'ailleurs son visage, celui de Tippi Hedren, au gré d'une de ces métamorphoses, lorsqu'elle se teint les cheveux en blond... Et ce, juste avant une visite à sa maman (Louise Latham) qui habite près des quais à Baltimore. Les visites sont amères pour l'une comme pour l'autre: Bernie Edgar trompe sa solitude en faisant du baby-sitting pour les enfants des voisines, et Marnie, qui donne beaucoup d'argent à sa mère, estime qu'elle pourrait se passer de cette activité. A la vérité, elle est aussi jalouse...

    L'intrigue est lancée lorsque la jeune femme vient pour répondre à une offre d'emploi à la compagnie Rutland, tenue par Mark Rutland (Sean Connery), un jeune patron qui a reconnu tout de suite la jeune femme comme cette mystérieuse voleuse qui a disparu de l'entreprise de l'un de ses partenaires après avoir dévalisé les coffres... Il l'engage, tout en se doutant qu'il va avoir des problèmes avec elle. Et assez rapidement, il tombe amoureux d'elle, elle le lui rendrait bien, si elle n'avait pas autant de réticences à laisser un homme la toucher. Car Marnie est totalement, farouchement décidée à ne pas se laisser approcher par les hommes, comme elle l'admet volontiers à sa mère, qui l'approuve totalement sur ce point. Marnie se rattrape de ce refus de la sexualité en aimant passionnément les chevaux: tout son argent lui sert à soigner un cheval, son principal compagnon. Mais Mark, qui sait désormais tout des activités illégales de Marnie, la piège en lui imposant le mariage. Il va donc devoir essayer de comprendre de quel traumatisme souffre la jeune femme, à partir de quelques indices récurrents, et va devoir le faire avant que sa belle-soeur Lil (Diane Baker), jalouse, ne flanque tout par terre...

    L'intrigue du film est dénuée, de façon intéressante, de la moindre confrontation avec la police, à l'exception d'une courte séquence de comédie, située au tout début; alors qu'on n'a vu Marnie que de dos, sous une épaisse chevelure brune, et se dirigeant mystérieusement vers son train, on passe à une scène au cours de laquelle Mr Strutt (Martin Gabel), partenaire de Rutland, reçoit deux inspecteurs pour leur faire part d'un vol; quand il lui demandent si il peut décrire la voleuse, il se lance dans une description détaillée, à tel point qu'elle en devient comique: Strutt, c'est manifeste, avait vraiment beaucoup regardé sa dactylo! Mais ce n'est pas pour la présence de policiers que la scène est intéressante. Elle établit d'une part le mode de fonctionnement de Marnie la voleuse, que nous verrons plus tard à l'oeuvre, tout en nous donnant à voir un personnage qui reviendra, et sera d'ailleurs accompagné d'une petite prouesse de mise en scène bien dans la manière d'Hitchcock. Donc, l'absence d'enquête de police dans cette histoire pourtant riche en matière criminelle, avec cette névrose obsessionnelle qui conduit Marnie à devenir voleuse, semble être un signe qu'il faut considérer que le vrai théâtre des opérations, ici, est d'ordre privé...

    Tout en étant assez austère dans sa mise en scène (Et on fait souvent le reproche à ce film d'être faible techniquement avec ses matte paintings statiques (Le quartier portuaire à Baltimore), ses transparences embarrassantes (La scène de la chasse, pourtant cruciale, en est purement et simplement gâchée, et qu'on ne vienne pas me dire comme on le lit parfois qu'Hitchcock a fait exprès de bâcler ses effets, c'est complètement idiot!), il y a (Outre l'ouverture intrigante et magistrale) quatre scènes qui retiennent l'attention: le vol chez Rutland dans lequel Hitchcock s'adonne à son péché mignon, nous donner à voir un criminel à l'oeuvre et nous mettre d'autorité de son côté, en introduisant un grain de sable. Ici, pendant que Marnie vole adroitement les sous de son employeurs, une femme de ménage s'affaire dans la pièce à côté... une scène silencieuse et bien menée. Ensuite, bien sur, la scène de la nuit de noces qui vient tardivement durant le mariage, et pour cause, Marnie avait des réticences. Mais comme elle en a toujours Sean Connery est obligé de se livrer à ce qu'on est en doit de considérer comme un viol. Hitchcock utilise le cadrage pour nous cacher bien sur ce qu'il n'a pas le droit de montrer, mais la scène est rendue inattendue par le silence, et l'immobilité complète de Tippi Hedren... Une réception chez les Rutland se transforme en scène à suspense car Lil, la belle-soeur jalouse, s'est renseignée sur la nouvelle Mrs Rutland, et a invité Mr Strutt. On le découvre dans un magnifique plan, un travelling avant en plongée, sur une porte qui s'ouvre, et Mr Strutt qui entre. Dans le cadre, Lil, la seule des personnes de la réception à porter une robe orange de couleur vive... Ce type de plan a déjà servi avec bonheur dans Young and innocent et Notorious. La dernière scène notable, parfois un peu gauche (Tippi Hedren montre ses limites lorsqu'il lui fait interpréter une femme adulte qui se prend pour une enfant de cinq ans!) est la révélation finale sur la source du trouble de Marnie, une histoire que seule sa mère peut rappeler. Un tour de force sur certains points, avec flash-backs, du sang, et Louise Latham qui est purement extraordinaire.

    Le film ouvre plus de portes qu'autre chose; la façon dont les personnages se saisissent du traumatisme et le résolvent, sans aide extérieure, est probablement naïve, l"idée aussi qu'un refus de la sexualité, donc de se plier à un diktat masculin, soit nécessairement du à un traumatisme, peut embarrasser ou faire sourire. Mais si on passera sur le fait que sans Mark Rutland, ni Marnie ni sa mère n'auraient été capables de résoudre l'énigme, il est gonflé pour Hitchcock de donner au jeune acteur un rôle risqué, qui pouvait tout à fait le faire passer pour un violeur. Mais Sean Connery n'a aucune difficulté à faire passer l'ambiguïté de son personnage, et Marnie ouvre ainsi une nouvelle page dans la liste des coups de boutoir à la censure perpétrés par Alfred Hitchcock, en même temps qu'il fournit un film attachant, ce que les deux suivants ne seront pas, mais alors pas du tout.

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    Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock
    14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 18:35

    Un célèbre critique Français dont le nom m'échappe a dit de ce film qu'il était une réminiscence évidente des comédies de Griffith, tournées entre 1918 et 1920, souvent situées en milieu rural et qui trahissaient souvent la tendresse du metteur en scène pour les petites gens qu'il nous montrait. Je pense que c'est assez juste, mais une autre influence me semble pertinente, d'autant que le metteur en scène Anglais était aux côtés de Ford son principal disciple: je veux parler de Murnau. Ce n'est pas tant dans l'atmosphère ou l'intrigue, mais plutôt dans la peinture des intérieurs de maison, des tablées, des cuisines et autres dépendances, qui jouent un rôle crucial dans ce film. Cela va sans dire, comme souvent avec les films muets d'Hitchcock, pas de crime ni de suspense, ici:juste une observation et une prise à témoin du spectateur souvent amené à partager le point de vue des domestiques.

    Le film est adapté d'une pièce à succès, écrite par Eden Philipotts et présentée à Londres pour la première fois en 1916. Elle était située dans le Devon, mais Hitchcock, sans nommer les lieux, a tourné les extérieurs de son film au Pays de Galles, manifestement dans le Sud-Est de la région. Quand le film commence, le fermier Samuel Sweetland (Jameson Thomas) sait que sa femme va mourir, et il assiste en compagnie de sa famille et de ses domestiques, aux derniers instants de Tibby. Celle-ci meurt après avoir donné ses dernières recommandations à Minta, la gouvernante de la ferme (Lillian Hall-Davis)... Mais la comédie reprend vite ses droits. Après quelques mois, alors qu'il vient de marier sa fille, Samuel Sweetland se décide à avouer qu'il lui faudrait trouver une nouvelle épouse afin de ne pas sombrer dans la solitude. Avec l'aide dévouée de Minta, et sous l'oeil désapprobateur de l'homme à tout faire de la ferme, Ash (Gordon Harker), il se met en chasse, et jette son dévolu d'abord sur trois vieilles partis : une veuve très active (Louie Pounds), une vieille fille toute en nerfs (Maud Gill) et une postière qui se croit encore jeune (Olga Slade); il ajoute même un nom à tout hasard, celui de la patronne d'un pub, interprétée par Ruth Maitland...

    Le film est sorti en France sous le titre de laquelle des trios, tant il est évident que l'essentiel de la comédie se passe dans le choix initial de trois femmes notables de la région. Mais il aurait pu s'appeler Laquelle de cinq, car je ne vais pas en dire plus, mais il suffit de toute façon de voir les dix ou douze premières minutes pour se rendre compte qu'il y a en effet un cinquième choix, et particulièrement pertinent de surcroît.

    Alors une fois de plus, que pourrions nous donc aller chercher dans un film d'Hitchcock sans meurtre, ni suspense, ni grand frisson inquiétant? Pose la question revient à ignorer le fait que le metteur en scène est d'abord un amoureux du cinéma, qui a pris l'opportunité de tourner un film qui n'était peut-être pas son premier choix, et en faire une petite merveille de mise en scène, justement. Et le film est rythmé par les allées et venues de Minta, son énergie positive, son sourire aussi. Lillian Hall-Davis était une grande actrice, il est dommage qu'elle n'ait pas vécu plus longtemps, elle illumine ce film; en contrepoint, et souvent dans les mêmes scènes, on a droit à la lenteur et l'inertie même de Churdles Ash, qui fournit la partie la plus traditionnellement Britannique de la comédie: on ne l'entend pas, et pour cause, mais il parle tout le temps, et on se doute que ce qu'il dit n'est pas à mettre entre toutes les oreilles... Mais c'est un homme dévoué, et au début, c'est de son pas lent qu'on entre avec lui dans la maison, avant qu'il ne sorte, et ne jette un coup d'oeil à son patron qui regarde dans le vide à la fenêtre de sa chambre. On sait alors qu'il se trame quelque chose... Harker en fait des tonnes, comme toujours. Mais c'est surtout Minta, montant et descendant les escaliers, comme Lucie Höflich en Dorine dans le Tartuffe de Murnau, qui donne son impulsion au film. Et comme elle, on s'assied bien sagement devant ce gentil film, à attendre que le patron ouvre ses yeux et regarde devant lui au lieu d'aller chasser les dames du coin...

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    Published by François Massarelli - dans Muet Alfred Hitchcock 1928
    14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 10:15

    Ce film provient de l'écurie Triangle Fine Arts, le "label" qui couvrait les productions de David Wark Griffith entre 1916 et 1918, et si c'était un label de qualité, Gretchen the Greenhorn était ce qu'on appelait un "programmer", comprendre "complément de programme", ces films de moindre durée sensés accompagner les productions prestigieuses. Dorothy Gish, jamais totalement reconnue à sa juste valeur, était souvent reléguée dans ces films courts, dont la plupart ont disparu. Les frères Franklin étaient à l'aube d'une carrière qui pour l'un d'entre eux allait être prestigieuse: Sidney, bien sur, a signé quelques films non négligeables, ce qui n'est pas tout à fait le cas de Chester. Les films Fine arts étaient, selon l'expression consacrée, "supervisés" par Griffith, et on reconnaîtra ici, outre la star, un grand nombre de ses acteurs fétiches...

    Gretchen (Dorothy Gish) est donc une immigrante Hollandaise, venue rejoindre son père Jan (Ralph Lewis) qui est un nouvel arrivant typique: accent à couper au couteau, mais des rêves pleins les yeux. Dans le petit monde, fait de braves gens d'horizons divers, où ils vivent, un voisin, Rogers (Eugene Pallette) va proposer une affaire à l'artisan Jan: mais c'est un piège, car sans le savoir, il va fabriquer de la fausse monnaie...

    Un Américain malhonnête, des immigrants vertueux et qui souhaitent rester du bon côté de la loi, jusqu'à ce que l'un d'eux, l'Italien Pietro (Frank Bennett), ne sauve sa fiancée Gretchen des mains des bandits. Certes, c'est schématique et naïf, mai à l'heure d'une vague anti-immigration sans précédent dans le monde entier, on aurait bien besoin de cette naÏveté et de ces bons sentiments dans notre société actuelle. Le film est un enchantement, construit tambour battant, sans les habituelles et irritantes notations de Griffith dans les inter-titres, et les acteurs font très bien leur travail. On ne peut que s'étonner qu'un film aussi soigné ait été réalisé dans le seul but de boucher des trous du programme dans les salles de 1916, alors que certains de ces acteurs apparaissaient dans Intolerance, produit au même moment. On ne peut que s'étonner et s'émerveiller aussi que ces cinq bobines aient survécu dans une aussi belle copie...

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    Published by François Massarelli - dans Muet 1916
    13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 16:44

    Forcément, on pense à Prévert, pourtant il est absent. Jacques Sigurd, scénariste et dialoguiste de renom, le remplace, et donne à Arletty des trésors de langage qu'elle transforme à sa façon en des moments d'anthologie. Pour le reste, on s'éloigne volontiers, en ces années d'après guerre, de ce réalisme poétique tant vanté, et que le poète et le cinéaste ont réussi à faire vivre, tant bien que mal, jusqu'au Portes de la nuit en 1946. Mais retrouver Gabin et Arletty dans un film qui s'appelle L'air de Paris, tourné par Carné, forcément ça attire... Et on ne s'attend pas vraiment à ce que le cinéaste s'embarque dans un film de contrebande, qui parle beaucoup d'amitiés viriles, de boxe, de sueur, et... d'amour.

    Victor et Blanche Le Garrec s'aiment, mais comme on dit aujourd'hui, c'est compliqué: elle l'a aimé boxeur, même si elle trouvait ça parfois difficile de l'attendre pour le voir revenir amoché, mais elle regrette qu'il s'accroche à son passé en maintenant une salle de sport qui ne rapporte rien, et qui l'éloigne elle de la romance, parce que Victor, la boxe, c'est 24h sur 24. Alors elle regarde avec un oeil maussade les jeunes qui se succèdent au club, et auxquels parfois Victor ne demande même pas de payer une licence. Jusqu'à André Ménard (Roland Lesaffre): celui-ci, Victor y croit dur comme fer, ce sera un champion; il veut lui imposer une vie monacale pour lui donner toutes les chances de gagner, mais ce n'est pas du gout de Blanche qui a l'impression que Victor est obsédé par André, et ce dernier qui fait la rencontre d'une jeune et jolie, et accessoirement inaccessible, mannequin (Marie Daems), ne trouve pas non plus que cette vie austère lui sied...

    Le film se passe dans le Paris populaire, celui de la gouaille, des cafés, des salles de sport et des halles... Gabin et Arletty y parlent vrai, très à l'aise, et leur couple, qui assume clairement l'âge, les rides de l'une et l'embonpoint de l'autre, est attachant, surtout quand ça passe par les phrases ciselées des répliques d'Arletty. Et la peinture du petit milieu de la boxe amateur, dans lequel les bourgeois condescendants viennent s'encanailler, donne à voir une scène de combat durant laquelle cinéaste comme dialoguiste se sont plus à filmer la foule et les nombreux "enfants du Paradis" qui regardent le combat de là-haut, en gueulant à tout va... Mais l'histoire d'amour entre le brave gars musclé Lesaffre, et la froide Marie Daems, sent bien fort la convention jusque dans des dialogues qui accumulent cliché sur cliché. Non l'intérêt est ailleurs, dans la peinture troublante de l'affection débordante de Gabin pour son poulain, vu par une Arletty à qui on ne la fait pas! Carné savait ce qu'il faisait ça oui; Arletty s'en doutait, c'est sur. mais Gabin? A-t-il vu au-delà du conte dédié à l'amitié masculine? Mystère...

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    Published by François Massarelli - dans Marcel Carné Jean Gabin
    12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 10:03

    Au moins, il y a des paysages merveilleux: par ordre d'arrivée, Monument Valley et ses environs, et bien sur les Alpes Suisses... Pour le reste, ce film a la désavantageuse réputation d'être l'une des pires réalisations de Clint Eastwood, et ma foi, c'est on ne peut plus exact. C'est un étrange mélange, dans lequel Clint incarne un professeur d'art, assassin à ses heures perdues pour ce qui est sans doute une interprétation psychédélique de la CIA, retiré des affaires à ce niveau précis, mais acceptant occasionnellement une mission parce qu'une collection d'art, ça coûte cher... Le bonhomme est accessoirement un alpiniste de renom, et je ne serais pas surpris qu'il soit également champion de tennis, pianiste virtuose, maître des échecs, chevalier Jedi et probablement collectionneur de timbres.

    Dans l'intrigue qui part dans tous les sens, de ce qui est un film d'espionnage à cheval sur les années 60 (Stylisation) et 70 (Excès, transgressions infantiles, allusions aux minorités), le professeur Jonathan Hemlock doit tuer des hommes qui ont tué un agent Américain. Le but est d'appliquer une sanction, ce qui est une nécessité dans le code des espions. On apprend à quarante minutes de la fin que tout cela n'est que du pipeau destiné à faire passer une information, et sinon l'essentiel du film est une ascension de l'Eiger, l'une des montagnes les plus difficiles au monde. La CIA sait que le traître que doit tuer Eastwood est un participant à une expédition, mais ils ne savent pas son nom! Le problème c'est qu'un film qui présente une ascension a à mon sens suffisamment de suspense sans avoir besoin d'en rajouter au niveau intrigue et espionnage, mais l'ascension (Cinématographiquement mal foutue, mais spectaculaire) est constamment entrecoupée de digressions liées à l'intrigue. C'est une faute de goût...

    Sinon, le film semble célèbre pour une scène, une seule: Clint Eastwood forcé de s'entraîner dans la nature fascinante mais aride de l'Arizona, et suivant toute la journée une jeune femme Navajo qui pour l'inciter à aller plus vite, court topless. Toute en finesse, quoi.

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    Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood
    11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 15:46

    La photo qui accompagne cet article est strictement une photo de plateau, et aucune scène n'y correspond vraiment. Par contre la voiture désossée est bien du voyage... On peut imaginer que Roscoe Arbuckle et Buser Keaton savaient ce qui se tramait en coulisse lors du tournage de ce film, qui donne l'impression de les laisser joyeusement brûler le studio avant d'aller voir ailleurs: Buser vers sa propre série, et Roscoe vers des longs métrages impersonnels avant d'affronter cette saloperie de destin. Quoi qu'il en soit, ce film jovialement destructeur, qui voit les deux comiques affronter le monde en tandem, à l'écran comme derrière, est réjouissant: une salve de gags sublimes, ou grotesques... Ou les deux.

    Nos deux héros sont donc les employés d'un garage, où ils font à peu près tout. Le patron (Dan Crimmins) est un vieux gâteux, dont la fille (Molly Malone) est fort avenante et du coup les prétendants se bousculent... Par exemple, Harry McCoy joue le rôle d'un type qui vient lui conter fleurette au garage, ce qui occasionne une scène durant laquelle le dandy particulièrement bien habillé veut offrir des fleurs à Molly (A droite de l'écran) pendant que les deux mécaniciens manipulent de la graisse (à gauche): le mélange des deux, comme le film du reste, est très salissant.

    Par ailleurs, les trois hommes du garage sont aussi pompiers, ce qui nous occasionne une fausse alerte incendie qui e pour conséquence... l'incendie du garage en leur absence! Inracontable, mais proprement irrésistible, le film multiplie les gags Keatoniens, liés donc à de la machinerie, de la mécanique, et beaucoup de prouesses physiques: il était prêt! Ce qui autorise un certain nombre de commentateurs à spéculer sur le fait que Buster ait co-dirigé ce film. Peu importe, après tout...

    Notons pour finir que des amis sont venus pour participer au film, sans y être crédités. On reconnaîtra Monty Banks qui avait remplacé Buster pendant que celui-ci était parti sauver le monde en France, et Polly Moran dans un gag idiot mais mémorable.

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    Published by François Massarelli - dans Buster Keaton Muet Comédie
    11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 15:41

    Difficile à croire, sans doute, mais toute l'attention du studio Roach, en cette année 1933, était concentrée sur ce film de 9 bobines, supposé à lui tout seul imposer Laurel et Hardy une bonne fois pour toutes. D'ailleurs, Hal Roach dans le rôle de réalisateur de long métrage, c'est le signe d'un film important pour le studio...

    Fra Diavolo, donc, devait être le titre Américain, de ce film, mais on l’a Anglicisé. D’autres modifications d’importance ont eu lieu, notamment un resserrement du montage, qui totalisait 11 bobines, faisant la part belles aux chansons et aux moments-Chantilly de ce qui reste, je le répète, une opérette. L'actuelle version de 9 bobines a été resserrée autour des deux vedettes, mais ce n'est pas suffisant. Fra Diavolo (Dennis King) est un bandit qui se cache en chantant à tue-tête des airs (de sa voix de baryton, si je ne m’abuse) dans lesquels il s’auto-dénonce en permanence, et il s’acoquine avec Stanlio et Ollio, deux bandits ratés, pour subtiliser les bijoux et l’argent d’un couple d’aristocrates joués par James Finlayson et Thelma Todd. Les moments-clés de l’opérette ne sont que rarement et moyennement drôles, mis en scène par Hal Roach. Le reste du film, c’est-à-dire dire l’épopée mal intégrée de Stan Laurel et Babe Hardy a été tournée par Charles Rogers, et sans doute largement supervisée par Laurel lui-même.

    Les moments de slapstick prennent leur temps, mais on ne s’y ennuie heureusement pas. Il est regrettable que Finlayson (Toujours aussi moustachu) et Todd (Toujours aussi charmante) aient eu peu d’occasions d’échanger avec leur collègues du studio, tant Dennis King, qui joue Diavolo, est tarte (A la chantilly, donc). Le plus drôle, c’est que ce film est considéré comme un classique en France, on le retrouve d’ailleurs en avantageuse compagnie dans le livre de Patrick Brion consacré à la comédie. Sans doute à cause des plaisanteries de Stan, qui pour passer le temps, fait des jeux de mains hilarants et assez virtuoses, en même temps que parfaitement inutiles. Ce dernier adjectif sied totalement au film.

     

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    Published by François Massarelli - dans Pre-code Hal Roach Laurel & Hardy