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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 11:38

Tout le petit monde est en place, lorsque Sennett sort ses premiers films sous le label Keystone. Il est encore acteur et n'a pas encore délégué la place de réalisateur comme il le fera si souvent, et il est bien entouré: Ford Sterling est de la partie, et Mabel Normand aussi. Elle était indispensable, car dans les derniers Biograph réalisés par Sennett, elle était déjà identifiée par le public. Elle avait d'ailleurs une image de sportive, ce qui allait avoir des conséquences aussi bien sur ce film, que sur l'histoire des films Sennett...

L'intrigue est réduite à sa plus simple expression: Sennett joue un jeune homme amoureux qui s'apprête à présenter sa petite amie Mabel Normand à ses parents. je ne sais pas qui est la maman, mais le père est joué par Sterling et il vole la vedette à tout le monde... Il va à Coney Island, y perd de vue son épouse et en attendant son fils qui ne devrait pas tarder, il flirte avec une jolie fille qui semble largement poser en maillot de bain pour la caméra... Et bien sur c'est Mabel Normand.

Celle-ci est donc en maillot de bain 1912 pour une large partie du film (Tourné dans l'est, car Sennett n'avait pas encore relocalisé son studio dans l'ouest), et doit faire des démonstrations de plongeon, l'une de ses spécialités (même si la scène est filmée à une certaine distance et il est fort probable que ce n'est pas elle). Mais d'ici quelques années le studio allait surtout se concentrer sur le maillot de bain, et en faire un argument de vente imparable...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Nabel Normand
21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 18:32

S'il est un film qui est célèbre pour des raisons inattendues, c'est bien celui-ci: un acteur inconnu y faisait l'une de ses premières apparitions à l'écran, la plus courte et la plus obscure en réalité. Et c'est pour cette raison et cette raison seule que la découverte de ce film très moyen, dont l'intrigue est très très ténue, est en réalité un événement majeur!

Les policiers poursuivent une bande de malfrats, mais le pauvre Ford Sterling est pris entre deux feux: pris pour un bandit par les pandores, et poursuivi par les voleurs parce qu'il les a vus. Bref, c'est un peu David Vincent.

Allez, on va le dire quand même: c'est Chaplin, et il a beau n'être vraiment visible sur l'écran que durant 25 secondes en tout, il marque. Ce garçon avait du talent, quand même... Et bonne mémoire: il se rappelait en effet avoir participé à un film Sennett dans lequel il avait été un Keystone Cop: eh bien, la preuve est faite.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin
21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 18:26

Il y a semble-t-il débat, pour savoir si oui ou non ce film est la naissance d'une immense légende, celle des "Keystone cops", ces policiers ineptes qui courent dans tous les sens en sautant en l'air. Et en fait, non, et puis c'est anecdotique. L'important, c'est de savoir que le studio de Mack Sennett tournait sans jamais s'arrêter des film dans lesquels la frénésie (la plupart des acteurs ici en fait) côtoyait parfois la grâce, situés dans un monde si souvent rural ou le grotesque (Fred Mace et sa barbiche improbable) n'était qu'un reflet à peine déformé de la vie, la vraie. 

Après, si vous me demandez de résumer ces six minutes de comédie, je dois bien avouer en être incapable...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mabel Normand
21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 11:16

Tout commence en 1979, quand une excavation dans la petite bourgade de Dawson City, Klondike (Canada) révèle la présence d'environ 500 bobines de film nitrate sous ce qui fut auparavant une patinoire. Les films dits "nitrate" sont sur un support hautement combustible, dont la durée de vie est très limitée, et qui est dangereux à manipuler. 

Trois choses sont à mettre au clair: mais qu'est-ce que ces bobines font là? Quels sont ces films? Peut-on les sauver? ...et bien sûr, on peut aussi se poser la question: faut-il les voir, dans l'état où ils sont?

Le film de Bill Morrison, utilisant beaucoup les images des films en question pour raconter son histoire, répond bien sûr à la première question en longueur, en en profitant pour raconter aussi l'histoire de la ville. On apprend ainsi comment lors de la ruée vers l'or de 1898, la ville de Dawson City s'est créée car des spéculateurs savaient qu'il y aurait une fortune à faire sur le dos de ceux qui allaient la chercher dans leur tamis... Donc une ville s'est créée mais pour dix années seulement. Le fait qu'elle ait survécu n'était pas forcément prévu! Mais une ville, ce sont aussi des gens, et les gens ça aime se distraire, d'où l'arrivée inévitable du cinéma à Dawson City. La région était la fin du voyage pour un grand nombre de copies. Et un jour ou l'autre, suite à des incendies à répétition dus à l'auto-combustion de bobines, il a fallu se débarrasser des copies: certaines ont été brûlées. D'autres, jetées dans la rivière Yukon. D'autres, enfin, ont été utilisées pour boucher des trous...

La deuxième question est inévitable, et c'est la plus intéressante, car les statistiques peuvent nous aider à comprendre l'intérêt de cette trouvaille. Le gros de l'exploitation des cinémas de Dawson s'est fait sur un vivier de cinéma Américain, des films produits entre 1905 et 1928, généralement projetés avec un certain décalage, parce que Dawson City, c'est vraiment le bout du monde! Or, quand on s'intéresse au cinéma muet, on apprend très vite que cette période a été très mal conservée, avec pour le cinéma Américain un chiffre de perte plus proche de 80% que des 70% estimés pour la perte des films du monde entier sur la même période. Donc dans ces films, retrouvés d'un coup de pelleteuse, il ne pouvait qu'y avoir des oeuvres fondamentales ET perdues. Des noms?

The Exquisite Thief (Tod Browning, 1917)

The half Breed (Allan Dwan, 1916), avec Douglas Fairbanks

Brutality (D.W. Griffith, 1912)

Polly of the circus (Charles Horan, Edwin Hollywood, 1917), le premier film Goldwyn, avec Mae Marsh.

A girl's folly (Maurice Tourneur, 1917)

Et même Balaoo (Victorin-Hyppolite Jasset, 1912)!

Etc...

En tout, plus de 300 films ont été identifiés. Car bien sûr, on peut les sauver. Ce n'est toutefois pas le propos de ce film documentaire, qui nous montre essentiellement de quelle façon on a tout fait pour qu'ils soient détruits! Mais les films ont été particulièrement bien conservés, si ce n'est une fâcheuse tendance de l'eau à détériorer les côtés de chaque rouleau de pellicule, ce qui donne à chacun des films une marque caractéristique qu'aucune restauration ne pourra jamais enlever.

Voilà, au final, le film obtenu est étrange, assez envoûtant, mais frustrant sur bien des points: on finit par se demander s'il s'agit de raconter la ville, si c'est le cas, c'est très réussi (Morrison détourne avantageusement les films retrouvés à Dawson, pour raconter non seulement l'histoire des copies mais aussi les avatars de la ville et principaleent de ses cinémas, constamment brûlés puis reconstruits sur près d'un siècle) ...ou si ce long métrage documentaire se concentre vraiment sur la découverte des films et leur destin. Et à ce niveau, on est un peu déçu: les films sont ils complets? Exploitables? Visibles? Va -ton pouvoir enfin voir The half breed? Quels sont les plus belles trouvailles? Autant de questions que de curieux, sans doute. Une autre question, bien sûr, s'impose: on le sait, manipuler du film est dangereux, et ça nous explique pourquoi la médiatisation dont fait l'objet cette découverte ces dernières années (notamment à travers ce film) ne vient que près de quarante ans après la découverte des bobines. Mais y aura-t-il un autre Dawson City? Rien n'est moins sur, le temps ne joue décidément pas en la faveur du cinéma des pionniers.

En attendant, on pourra toujours se précipiter pour voir ce film d'un artiste fasciné par les vieilles bobines au point de leur consacrer tout son art: il est aussi l'auteur de Decasia, et de courts métrages dont The letter, autant de films qui recyclent précisément des extraits de films perdus, ou retrouvés dans des états lamentables... Des images fascinantes, soudain regroupées dans de nouveaux arcs narratifs et se trouvant dotés d'un nouveau sens. Une oeuvre confidentielle mais dont le propos me semble attachant, dans la mesure où Morrison inscrit sa démarche en marge des films au lieu de leur substituer sa vision, comme le faisaient les compilateurs, comme Robert youngson, qui en racontant l'histoire du cinéma à partir d'extraits, détruisaient littéralement les films qui étaient la source... Morrison, lui, les laisse se préserver.

 

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Published by François Massarelli - dans Documentaire Muet
20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 17:49

Tiré de l'oeuvre Biograph de Sennett, ces films qu'il a tournés pour la firme de Griffith, dans un genre auquel l'aristocratique metteur en scène ne daignait pas s'adonner, ce court métrage surprend: il est clair, subtil, et évite de prendre le chemin de la frénésie qu'on connait tant chez Sennett. Ce dernier y interprète un rôle posé, qu'il joue avec clarté mais sans forcer les effets. 

L'intrigue conte un épisode de la vie d'un barbier, qui a engagé une manucure (Vivian Prescott). Elle est aimable avec les clients, les attire même dans la boutique, mais elle a un défaut: le barbier (Sennett) est fou amoureux d'elle... Et non seulement il tombe dans une grave crise de jalousie à chaque fois qu'elle sourit à un client, mais en prime, elle n'a rien à faire de lui. Le barbier, timide et complexé, va tenter le tout pour le tout dans une scène inattendue...

C'est un petit film qui s'éloigne donc des canons de la comédie tels que Sennett les avait déjà posé chez Griffith, sous l'influence des européens. On est dans une narration basée sr la richesse des personnages, c'est indéniable, et le metteur en scène ne perd jamais de vue que nous devons être avec son barbier, contre son rival (Edward Dillon). Ce qui se fait sans problème...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie
20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 14:00

Encore un chaînon manquant! Mack Sennett, premier producteur-réalisateur vraiment spécialisé dans la comédie aux Etats-Unis, a toujours revendiqué un double héritage: celui du burlesque Français (En particulier les films Pathé des temps héroïques), et celui du maître David Wark Griffith, qui était à la Biograph son employeur principal. On voit ici la jonction des deux, dans l'un des premiers films non seulement interprétés, mais aussi écrits, par Sennett.

Il y interprète un personnage de dandy (Dont les historiens pensent qu'il serait un hommage appuyé à Max Linder, ce que le nom Français du personnage dans le script semble devoir confirmer) qui a cassé une tringle à rideau chez des amis et qui va se mettre en quatre pour la remplacer, déclenchant au passage le chaos dans les rues où il passe. Ce qui commence comme une comédie domestique se termine par une course poursuite délirante impliquant au moins une cinquantaine de passants...

Le film a été un gros succès, et est très réussi. Il porte en plus la marque des grands Biograph: une invention formelle qui se manifeste dans deux plans spécifiques; un gros plan appuyé sur un personnage à la fin, et surtout un plan dans lequel on suit de gauche à droite un personnage qui sort de chez lui, dans un mouvement de caméra dont Billy Bitzer était pourtant avare à cette époque. On comprend maintenant que Griffith, qui détestait la comédie et avait dû être affligé par le résultat de ce tournage aussi réussi soit-il, ait ensuite confié la direction des comédies à une autre: Frank Powell, puis Mack Sennett justement à partir de 1911. Et le monde du cinéma en a été durablement influencé...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie David Wark Griffith
16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 16:07

Etienne Arnaud est l'un des pionniers du cinéma Français, tous ces premiers cinéastes qui sont passés par les compagnies Pathé, Gaumont ou Eclair. C'est chez Gaumont qu'il a fait ses films les plus connus, sous le haut patronage de Louis Feuillade, mais c'est en compagnie d'Emile Chautard et de Maurice Tourneur qu'il est parti, mandaté par le studio Eclair, à Fort Lee dans le New Jersey: le but, bien sur, était de lancer une production locale. C'est à ce titre que le metteur en scène a réalisé ce petit film, dans lequel on reconnait l'acteur vétéran Alec B. Francis, qui allait souvent jouer pour Tourneur.

Il raconte une sombre histoire de rancoeur et de soupçon d'adultère qui tourne bien mal, et débouche sur trois vies gâchées: un homme qui soupçonne à tort son épouse d'infidélité provoque sa mort d'une crise cardiaque en la confrontant. Une fois le deuil consommé, il éloigne leur fils en l'envoyant en Californie. Mais apprend vingt années plus tard qu'il s'était trompé... Il souhaite donc revoir son fils qui a bien sur bien grandi.

Pas grand chose à dire, sinon que n'est pas Tourneur qui veut: ce film est assez plat, desservi par une mise en scène limitée au fait de placer la caméra avant de demander aux acteurs de faire deux trois mouvements. Le sujet sombre aurait en revanche beaucoup inspiré Tourneur... C'est dommage; ce dernier était le troisième à partir et se trouvait encore en France au moment de la sortie de ce petit film.

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Published by François Massarelli - dans Muet
16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 09:10

Gloria Swanson a probablement du apprécier le changement radical dans sa carrière que lui a apporté la décision de confier la réalisation de trois de ses films à Allan Dwan, le franc-tireur qui avait non seulement survécu aux années 10 (il a débuté en 1911) mais aussi à la prise de pouvoir par les studios! Miss Swanson aussi, en 1923, tient du vétéran: certes, elle n'a débuté en 1915, mais elle a eu sa période avec Mack Sennett, puis au moins deux passages importants à la Paramount; d'une part, elle a bien sûr été une actrice de tout premier plan chez Cecil B. DeMille (Male and female, The affairs of Anatol), puis elle a été dirigée vers l'unité de Sam Wood pour lequel elle a interprété des rôles dramatiques (Beyond the rocks) mais elle s'ennuyait ferme. Donc Zaza est l'un des premiers pas pour raviver une carrière qui menaçait de tanguer sérieusement...

Et on se rappelle de quelle Peggy Pepper, devenue Patricia Pépoire, dans le film Show people de King Vidor (1928), se voyait rappeler la comédie, ce milieu dont elle venait, au moment ou elle n'en finissait pas de devenir hautaine et méprisante: il y avait, bien sûr, du Gloria Swanson dans ce portrait amusé effectué par Marion Davies; et Zaza, c'est un peu la quadrature du cercle pour Miss Swanson...

Le film provient d'une pièce à succès des music-halls Parisiens, vaguement inspirée elle-même par Nana dont ce film devient un peu une version "rose", édulcorée et centrée autour de la comédie. A paris, le théâtre Odéon a une vedette incontestée, qui a la première place dans le coeur du public: Zaza (Gloria Swanson) se comporte d'ailleurs comme une insupportable diva capricieuse, ce que l'actrice Florianne (Mary Thurman) a bien du mal à supporter dans la mesure où elle était auparavant la star... Mais si Zaza a bien le comportement détestable d'une actrice imbue d'elle-même qui revendique un traitement à part, elle est aussi folle amoureuse d'un homme, le diplomate Bernard Dufresnes (H. B. Warner) qui vient fidèlement la voir tous les soirs. Il y a un peu de rivalité avec Florianne pour le séduire, mais ça ne durera guère: Dufresnes n'a d'yeux que pour Zaza. 

Seulement, il est marié...

Du coup, on a tout Swanson en un seul film! Dwan a su combiner avec bonheur les capacités de sa star, qui vampirise l'écran avec un bonheur rare! Elle échappe aux clichés en se livrant corps et âme à son rôle, aidée par un casting impressionnant (on décernera une mention spéciale à Lucille La Verne qui joue l'alcoolique mondaine qui recueille au théâtre comme dans les salons les confidences de Zaza) et une réalisation superlative: Dwan se joue de tous les écueils, de ces faux extérieurs tournés dans un studio, qui reconstituent une rue impossible d'un village Français sublimé, de ces scènes durant lesquelles il devra diriger la foule en sachant qu'on n'aura d'yeux que pour la star... Le film ne prend pas trop son temps (84 minutes), le ton est constamment léger, entre drame et comédie, et c'est un régal. 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1923 Allan Dwan Gloria Swanson
12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 07:18

Les intentions ne pouvaient pas être plus claires: personne, à Paramount, n'avait semble-t-il bougé le petit doigt pour se lancer dans une suite d'un de leurs films les plus populaires de la décennie, celui qui avait lancé une bonne fois pour toutes la star Valentino. Il est vrai que ses contrats successifs étaient plutôt pour des films uniques, et que le studio avait préféré jouer la diversité. Mais Valentino, devenu indépendant, a tout de suite après l'excellent The eagle (Clarence Brown, 1925) mis en chantier ce retour inattendu, en forme de séquelle téléphonée, un principe dont Douglas Fairbanks, en panne d'imagination lui aussi, venait de sacrifier avec Don Q, son of Zorro l'année précédente...

C'est désormais sous la bannière de la United Artists que Valentino se faisait distribuer, et le film tranche quand même volontiers avec le style de productions qu'ils mettaient sur le marché... The son of the Sheik est non seulement un retour à l'univers de The Sheik, mais aussi à un truc qui permet d'économiser des sommes importantes en ne construisant pas de décors: les dunes des déserts de Californie et quelques matte paintings du Sahara fournissent un désert Arabe d'illusionniste! Et l'intrigue revient à celle du premier film, permettant même de confronter Sheik et fils de Sheik! Pour information, dans ce nouveau film, on suit les aventures de Ahmed, fils d'Ahmed et Diana, un jeune homme impulsif, tout son père à son âge, qui tombe amoureux de Yasmin, une jeune danseuse d'origine Française qui voyage en compagnie d'une bande de fripouilles. Ce qu'il ne sait pas, c'est que la bande exploite volontiers la jeune femme pour ses mauvais coups, aussi quand il lui arrive des ennuis, il met tout ça sur le dos de la frêle enfant, interprétée par Vilma Banky. Il faudra l'intervention de sa maman, toujours interprétée par Agnes Ayres (Qui avait pourtant pris une retraite très anticipée) pour que le fougueux jeune homme voie clair.

C'est ridicule, et le moins qu'on puisse dire c'est que ça ne se prend pas au sérieux! C'était d'ailleurs le but, fournir de l'aventure au mètre, des décors exotiques, et bien sûr la marque de fabrique de l'acteur: son érotisme torride, ici représenté par une scène troublante, et qu'on ne retrouve pas dans toutes les copies: Ahmed a enlevé Yasmin, mais celle-ci n'est pas tout à fait consentante. Il la pousse vers le lit, et... il y a une ellipse. Comme dans le premier film, on joue ici  avec l'ambiguïté du viol, mais en allant aussi loin que pouvait le permettre la censure. Les spectatrices de l'époque, paraît-il, s'y retrouvaient. On peut éventuellement s'interroger... Mais l'amour des tourtereaux, semble-t-il, est aussi pur que possible, donc on se dirige vers un happy end!

Voilà,un film donc inutile, dans lequel Valentino rebat les cartes en rappelant les caractéristiques fondamentales de son personnage. Ce n'est pas un grand film, loin de là, mais il possède quelques moments intéressants, dont la confrontation entre Rudolf et Valentino... la réalisation est adéquate mais appropriée... Et les scènes d'action, de chevauchées, de poursuite, sont jouées à fond cette fois,sans encombrer le film d'un discours lénifiant et vaguement raciste. Bref, et j'ai attendu quatre paragraphes pour l'écrire: ce n'est pas un Sheik sans provision.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1926 Valentino
11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 11:07

C'est sans doute avec ce film que les choses vraiment sérieuses commencent pour Germaine Dulac... Elle qui a expérimenté avec les formes établies du drame bourgeois (Voir La fête Espagnole ou La cigarette), rêvait de s'affranchir de l'intrigue pour placer l'intérêt sur la transcription visuelle des émotions et des impressions, et c'est ce film qui va lui permettre de faire exactement ce qu'elle souhaitait.

L'histoire proprement dite est un petit argument qui semble par bien des aspects être un pendant "réaliste" de l'intrigue de La cigarette: une femme, mariée à un homme plus âgé et qui la néglige, se prend à rêver de mieux. Ces rêves viennent comme en écho à l'imagination  débordante du mari du film précédent, qui se voyait cocu parce qu'il réalisait que son épouse était trop jeune pour lui. Pourtant elle lui restait fidèle du début à la fin du film! En revanche, si Madame Beudet (Germaine Dermoz) avait pu, elle ne se serait pas privée! Et son mari (Alexandre Arquillère) ne se serait probablement pas aperçu du moindre problème.

Germaine Dulac choisit de privilégier le point de vue de l'épouse, souvent délaissée pendant que son mari travaille ou sort. Cette solitude n'est pas forcée: Madame Beudet n'a pas très envie, manifestement, de s'afficher avec son mari... surtout quand pour faire rire ses amis, il joue la comédie du suicide en public! Mais dès qu'il est absent, elle l'imagine remplacé par d'autres: Dulac utilise, lors d'une scène assez drôle, la surimpression d'un tennisman qui entre dans l'appartement du couple, et débarrasse Madame Beudet de son mari! Mais la rêverie débouche souvent sur l'impasse, car l'épouse lasse est bien obligée d'admettre que le seul qui franchira le seuil pour la rejoindre sera toujours M. Beudet.

On l'aura compris: si le film est essentiellement une étude psychologique en surface, il n'en reste pas moins que ce dont il est question ici c'est d'amour physique et de frustration, celle de ne pas pouvoir se laisser aller à la passion...

Afin de terminer son arc narratif, Dulac choisit de nous montrer une réconciliation en demi-teintes: Beudet comprend que son épouse est tellement déprimée qu'elle menace de se supprimer, et il lui fait comprendre qu'il ne peut pas vivre sans elle...

Ce qui clôt en effet l'intrigue sur une note positive. Ce qui en revanche n'empêche pas Dulac de nous montrer à la fin du film le couple marchant côte à côte dans la rue, à une certaine distance l'un de l'autre. Un intertitre dévastateur assène le coup final, nous expliquant qu'ils sont unis 'par l'habitude'...

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Published by François Massarelli - dans Muet 1923 Germaine Dulac