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6 novembre 2022 7 06 /11 /novembre /2022 11:10

Satan torture un vieillard en utilisant un vitrail magique, représentant une jeune femme qui va devenir réelle, se multiplier, promettre, et... faire tourner le vieil homme en bourrique...

Le film est l'un des deux qui nous restent, semble-t-il, de Méliès pour l'année 1911. C'était désormais Pathé qui contrôlait la production de la Star-film, et commandait donc au cinéaste des courts métrages... Sachant qu'il était quand même bien loin de pouvoir rivaliser avec la production de l'époque, on peut se demander pourquoi on avait fait appel à lui, mais il est sûr que le nom de Méliès même valait encore quelque chose...

Mais le film, bien qu'il repose sur un grand nombre d'effets spéciaux, est bien poussif, et on sent que Méliès a du mal à se motiver... 

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 15:53

A Pago-Pago, Samoa, un bateau fait escale; à son bord, deux couples très dignes, un révérend d'une part, et un médecin progressiste d'autre part, avec leurs épouses. Parmi ceux et celles qui débarquent, se trouve également Sadie Thompson (Joan Crawford), une prostituée qui fuit la vie de San Francisco ou d'Honolulu. Sous le regard désapprobateur du docteur, et de Joe (William Gargan), un sergent bientôt démobilisé, le pasteur Davidson (Walter Huston) commence à s'intéresser à la rédemption de miss Thompson...

C'est la deuxième adaptation de la pièce de Somerset Maugham; la première (Sadie Thompson, 1927), également produite par Joseph Schenck, était muette et entièrement taillée pour Gloria Swanson, accompagnée de Lionel Barrymore dans le rôle du révérend fasciné au-delà du raisonnable par la dame de petite vertu! Raoul Walsh, qui réalisait le film, complétait le casting dans le rôle du beau sergent. On comprenait que la belle puisse envisager de tout quitter pour lui. Ici, c'est moins clair... Le personnage, assez falot, reste en dehors du véritable enjeu, la confrontation entre Sadie, et l'abominable manipulateur, réformateur (c'est-à-dire fondamentaliste et empêcheur de tourner en rond) jusqu'au bout des ongles, Révérend Davidson... Walter Huston est superbe, Joan Crawford aussi, dans l'un des plus beaux rôles de sa carrière...

Mais le film, tout en étant confié à un maître qui a eu les coudées franches (ses jours en tant qu'artiste étaient pourtant comptés), reste une adaptation d'une pièce de théâtre, dans laquelle le dialogue prend une place considérable. La tension accumulée par l'image dans la version muette, est ici principalement véhiculée par le dialogue... Et c'est plus conventionnel. Pourtant, on n'a pas lésiné: une photographie souvent nocturne, une partie du tournage à Catalina, des seconds rôles (Guy Kibbee!!) parfois savoureux, et un ton provocateur... Le film, surtout comparé à l'adaptation précédente, me semble quand même être moins bon que The front page et All quiet on the western front, les deux plus importants films de Milestone.

 

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Published by François Massarelli - dans Lewis Milestone Pre-code
5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 11:36

Avec deux assistantes, et un compère, Méliès grimé en illusionniste s'amuse cette fois à nous faire croire qu'il fait apparaître un papillon et une araignée (ce sont les deux jeunes femmes)...

Le film est incomplet, et c'est dommage, car on a assez peu, aujourd'hui, des films de Méliès de cette année 1909. La production s'est vite tarie, et le public n'avait plus envie de ces bandes très courtes qu'il identifiait comme étant d'un autre âge...

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 11:32

Alors que l'étau de la concurrence se referme sur lui et qu'il doit bientôt déposer le bilan de sa société, Méliès effectue quelques films pour survivre, et garde intact son style des débuts: celui-ci est clairement un retour à l'inspiration qui ne l'a jamais vraiment quitté, celle des scènes où il se livrait à l'illusionnisme. 

Avec un compère et une charmante assistante, il livre donc quelques numéros, quelques pirouettes et quelques gags, en profitant comme il savait le faire pour littéralement sortir par la boîte et revenir par la porte...

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 11:19

En 1909, Georges Méliès cessera de tourner, en pleine banqueroute. Etranglé par la concurrence avec laquelle il accepte de travailler (ses derniers films de la marque Star Film seront distribués par Pathé) avant de directement travailler pour eux... à la toute fin, quand il reviendra en 1911...

Mais certains de ces films montrent Méliès en forme, et celui-ci, une petite merveille particulièrement soignée (et ça faisait longtemps!), en fait clairement partie: un locataire mystérieux (Méliès) loue une chambre totalement vide, et la meuble à partir de ses bagages, dont il sort non seulement du mobilier, mais aussi des gens! Les propriétaires, on les comprend, s'émeuvent...

Le réalisateur-magicien, ici, renoue avec la veine exubérante de ses plus belles comédies à trucs, et le film, tout en recyclant des idées qui viennent de Satan en prison, sorti en 1907. Mais s'il n'est pas Satan, le locataire (donc, diabolique) est un esprit particulièrement malicieux, dont le premier geste en prenant possession des lieux sera de congédier l'ouvrier qui finit la chambre, en e jetant littéralement par la fenêtre... Et Méliès s'amuse comme un gosse avec toute une batterie d'effets spéciaux qu'il maîtrise totalement... Pour notre plus grand plaisir.

 

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
4 novembre 2022 5 04 /11 /novembre /2022 18:25

Camille (Noémie Lvovsky) est quadragénaire, divorcée et alcoolique: ces deux derniers faits sont liés... Eric (Samir Guesmi) précipite les choses, et ça fait mal. Ils ont une fille, née de leur amour de jeunesse, et Camille, actrice spécialisée dans les apparitions éclair, en a gros sur la patate, comme on dit. Un soir qu'elle retrouve ses copines de lycée, elle s'évanouit et se réveille... en 1985. Elle n'a pas encore rencontré Eric, ses parents (Yolande Moreau et Michel Vuillermoz) sont toujours vivants, et elle aimerait bien changer le cours des choses du futur... Mais comment résister à Eric?

Ce n'est absolument pas Retour vers le futur, qui par ailleurs a le droit à toute l'affection sans bornes qui lui est prodiguée depuis sa sortie, justement, en 1985! Le film de Noémie Lvovsky ne s'appuie sur aucune pseudo-science, i aucune logique narrative qui viendrait expliquer le passage par le passé. ON nage en pleine allégorie, dans une certaine mesure, avec l'expérience fascinée d'une femme de 40 ans qui se glisse avec délices, et appréhension, dans ses 16 ans!

Délices, parce qu'elle peut revivre ses années lycée sans complexe, et se retrouver avec ses parents qui lui manquent. Appréhension, parce qu'elle sait comment certaines choses vont finir, notamment le fait que deux mois après son arrivée en 1985, elle tombera enceinte et sa mère décèdera... L'attitude de Camille est un mélange constant d'hédonisme et de responsabilité, que Noémie Lvovsky négocie avec un aplomb phénoménal! Elle qui joue si souvent les mères envahissantes, a pris un plaisir évident à se glisser dans la peau de la fille de Yolande Moreau, et de jouer la scène d'un adieu émouvant qui ne dit pas son nom... 

Le film oscille entre le farfelu, la comédie de caractères (les copains et copines, mais surtout Samir Guesmi, sont tous excellents), et conte philosophique. La morale? Tout est inéluctable, la mort... comme l'amour, et la fin d'une romance. Elle va apprendre à les accepter... Noémie Lvovsky a pris le parti de jouer le rôle de Camille à seize ans, et que Samir Guesmi ferait la même chose pour Eric. Elle est une adulte soudain transportée dans la peau d'une ado, mais lui... Il EST un ado. Les deux sont drôles, touchants, lui est aussi profondément farfelu... Mais toujours bouleversant. Parfois loufoque, souvent sensible, toujours intéressant, ce film est un OVNI bienvenu!

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Noémie Lvovsky
4 novembre 2022 5 04 /11 /novembre /2022 16:13

On était prévenus, finalement: Roger Waters, lassé de l'économie classique d'un groupe de rock (Studio, album, promotion, tournée, studio...) avait décidé que son grand oeuvre serait non seulement un album (double), mais se déclinerait ensuite en un spectacle aux accents théâtraux, puis un film afin de donner toute sa mesure à la chose...

Pink est une rock star, qui a grandi privé de son papa, et sous la domination d'une mère plus qu'envahissante. Il est tombé dans tous les excès possibles et imaginables du rock 'n roll, et a construit autour de lui-même un mur psychique qu'il alimente et a alimenté de tout ce qu'il a subi: la frustration de la mort de son père en 1944, la puberté compliquée par sa mère, le mariage qui flanche, les drogues... Il fait une overdose qui va avoir des conséquences désastreuses, non seulement sur sa vie, mais aussi sur le cinéma, au vu de ce qui se passe dans les 30 dernières minutes de ce long métrage...

Le disque est une cause célèbre, car si on avait été impressionné à l'époque (retour éclatant de Pink Floyd au devant commercial de la scène avec Another brick in the wall part II, leur premier single depuis... 1968, quadriphonie, double album, concept esthétique particulièrement intrigant, son extraordinairement travaillé avec le producteur Bob Ezrin), il faut aussi dire que The wall porte en lui les stigmates de tout ce qui n'allait pas à l'époque dans Pink Floyd: en particulier, la prise de pouvoir par Roger Waters, qui y racontait sa vision de lui-même. 

Oui, s'il y a un moment dans l'histoire du rock où le "je" devient le centre, le nombril (pour ne pas dire le trou du c...) du monde, c'est avec cet album. Je lui ai déjà taillé un costard, en lui reconnaissant quand même quelques qualités, sur ce blog: 

http://spiral.over-blog.com/2022/10/pink-floyd-the-wall-harvest-emi-1979.html

Consacrons-nous donc au film, qui a échoué sur les genoux d'Alan Parker, touche-à-tout Anglais, et cinéaste furieusement attaché à l'idée d'être et rester à la mode (Midnight express, Bugsy Malone, Fame, Birdy, Mississippi Burning...). Il consiste en un mélange constant de visions esthétiques inspirées des chansons, véhiculant ou non une histoire cohérente avec Bob Geldof dans le rôle de Pink, de séquences d'animation inspirées des illustrations de Gerald Scarfe, et de tout ce qui passait par là. En matière de cohérence, c'est un clip géant, c'est-à-dire que, comme à l'opéra, il vaut mieux avoir le livret sous la main si on veut bien comprendre, et sinon le film propose des versions parfois recréées de certaines des chansons. Notons pour finir que Waters, déjà auteur des paroles de Pink Floyd à 100% depuis 1973, a en plus ici écrit le scénario tout seul... Des fois qu'on n'aurait pas compris qui était l'auteur.

Et justement, l'auteur... Le problème, c'est que si on met de côté cette entité laissée pour compte qu'est Pink Floyd, justement (dont les musiciens sont devenus au mieux les assistants, au pire les employés, de Waters), on se retrouve avec un scénariste-auteur-parolier-chanteur (Waters) particulièrement ombrageux, un réalisateur exigeant (Parker) et un graphiste dingo (Scarfe) qui a dû faire des pieds et des mains pour transcrire sa vision de l'univers de l'opéra de Waters. Et tout ça a du faire bien des étincelles...

Le propos du film, qui part d'une idée simple (tirée d'une anecdote qui a inspiré la chanson Have a cigar: quand le groupe a rencontré un producteur Américain qui leur a demandé lequel d'entre eux était Pink), est quand même bien obscur, et surtout totalement centré sur une personne, qui règle ici ses comptes avec sa mère, les femmes en général (dire du film qu'il est misogyne est très en dessous de la vérité), l'éducation trop rigide, le monde du rock (tous des fascistes), les fans (tous des cons), avec l'humanité toute entière enfin qui l'a privé de son père. On ne sait plus s'il se représente en bourreau, ou en victime, ou... probablement les deux. Comme l'album, le film, et ce sera le mot de la fin, est inutile, excessif, souvent ridicule et encore plus souvent boursouflé. 

Et en plus il est copieusement mal foutu...

 

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Published by François Massarelli - dans Alan Parker Musical
3 novembre 2022 4 03 /11 /novembre /2022 17:40

Pour son premier film identifié de 1909, Méliès va avoir une idée formidable, et en tirer un film qui combine habilement une situation de comédie (pas de ballet donc comme dans ses fééries, et c'est tant mieux), et une intrigue à effets spéciaux... Et il va faire monter le suspense, jusqu'à un gag particulièrement exagéré où son sens de l'absurde explose...

Un homme obèse, s'adresse à une clinique spécialisée, pour un traitement de choc. Le médecin (Méliès), aidé de ses assistants, va lui infliger, en effet, une thérapie particulièrement drastique dont il sortira... changé.

Le film est un rescapé, trouvé il y a peu, et pas dans un état très engageant! Mais l'énergie dépensée, la clarté aussi du récit (ni intertitres, comme d'habitude, ni boniments ne sont fournis), et l'absurde joyeusement anarchique de la situation font merveille, et on appréciera l'explosion loufoque, avec une utilisation très maîtrisée des arrêts de caméra, pour montrer Méliès récupérant au quatre coins de la pièce les membres de son infortuné patient!

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Published by François Massarelli - dans Muet Méliès
3 novembre 2022 4 03 /11 /novembre /2022 17:31

La princesse est particulièrement méchante et refuse à la bergère de fréquenter son fils... Elle se lamente, mais une bonne fée qui passait par là intervient et mène la vie dure à la princesse... Façon Méliès, bien entendu.

Pour l'un de ses derniers films tournés en 1908, Méliès reprend les rênes avec un conte dans le ton de certaines de ses réussites... mais ne n'en est toutefois pas une! Le film est trop long, et toute l'exposition traine en longueur. Ca prend un peu d'intérêt avec un déchaînement d'effets et d'apparitions en tous genres, et là Méliès retrouve son style après de bien médiocres comédies sans imagination, mais... le film tourne quand même un peu, mécaniquement, à vide!

Et la machine à remplissage tourne à plein rendement avec des ballets très fin de siècle, le XIXe. Mais problème: on est, au moment du tournage de ce film, à la fin de la première décennie du XXe: Méliès saura-t-il s'y adapter? Hélas, je connais la réponse...

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Published by François Massarelli - dans Muet Méliès
2 novembre 2022 3 02 /11 /novembre /2022 19:07

Faut-il que je l'avoue? Privé de boniment, et privé de cartons, souvent aussi privé du moindre intérêt visuel (uniquement du recyclé, de la récupération), je n'ai donc rien compris à ce film, si ce n'est qu'il concerne une pharmacie où il se passe des choses bizarres: apparitions, disparitions, fantômes...

Je vais m'empresser de mettre ce film au pertes et profits, et en considérant sa gaucherie monumentale, l'attribuer à Manuel, le second du studio. Les effets spéciaux trahissent un peut-mieux-faire de toute façon!

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet