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5 janvier 2023 4 05 /01 /janvier /2023 18:16

Léontine part en vacances chez son oncle: peut-être la soeur de ce dernier, soit la maman de la jeune et frêle (?) enfant, a-t-elle pensé qu'elle avait besoin de voir sa famille... à moins qu'elle n'ait profité de l'occasion de se débarrasser un temps de sa fille, encombrante par l'énergie qu'elle dépense à tout casser, et commettre atrocité sur atrocité... C'est exactement ce qu'elle va faire, et l'oncle rendra la petite avec la note.

Ce film, le premier ayant survécu qui soit doté d'un crédit de mise en scène, tranche sur les trois précédents films de la série Léontine que j'ai pu voir. Ce serait trop facile d'en déduire qu'il s'agit ici d'un nouveau réalisateur, car en l'absence de nom de metteur en scène sur ceux qui précèdent, toute hypothèse est plausible, y compris Bosetti lui-même qui partageait son temps entre Pathé et Gaumont au tournant des années 10... Seulement ici, non seulement Léontine est Léontine, c'est-à-dire qu'elle accumule les horreurs sciemment: contrairement à Gaston, par exemple, elle ne gaffe pas par distraction ou par erreur de jugement: elle veut, complètement et sans aucune équivoque, faire le mal...

Mais ce qui change c'est par exemple les victimes de Léontine, une fois débarrassés d'elle du moins le croient-ils, qui sont montrés tentant de reprendre le cours de leur vie... Il y a tout un univers cohérent dans ce film, dont Léontine n'est pas le centre, du moins au début. Mais il est fascinant de la voir escalader un mur, s'introduire par une fenêtre et évaluer la situation pour voir quelle catastrophe elle va pouvoir déclencher...

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Published by François Massarelli - dans Muet Romeo Bosetti
5 janvier 2023 4 05 /01 /janvier /2023 18:03

Un représentant de piles électriques surpuissantes fait une démonstration, envoyant un choc électrique à tous les passants qui suivent son boniment. Passant par là, l'incorrigible Léontine ne peut résister à un tel objet, qui représente pour elle des heures d'amusement: de quoi électrifier la terre entière, à sa guise... Poursuivie par une horde de victimes de plus en plus remontées contre elle, elle se lance dans un périple électrisant...

C'est parfait: quel que soit le réalisateur ou la réalisatrice de ce court métrage, elle ou il a tout compris à Léontine: il suffit de lui donner une incroyable bêtise à faire, des victimes (si possible des braves gens bien honnêtes, en bande) et... agiter le tout sans ménagement! Le film, jouissif (de par le sadisme incomparable de son héroïne) repose en grande partie, non seulement sur l'accumulation de poursuites idiotes, mais aussi et surtout sur des scènes d'électrocution tournées en pleine rue, durant lesquelles l'actrice jouant Léontine se tient immobile, et les autres acteurs sont filmés de manière à défiler en hyper-accéléré... Effet garanti.

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Published by François Massarelli - dans Muet
5 janvier 2023 4 05 /01 /janvier /2023 17:56

Tout aussi anonyme que le premier film de la série a avoir survécu (Léontine devient trottin, 1909), ce deuxième film obscur est comme d'autres "Léontine" une sacrée découvertes: il y est une fois de plus question d'une enfant sans la moindre retenue, qui prend son plaisir à la fois dans l'élaboration de blagues douteuses, et dans le fait de retourner les braves gens contre elle...

Cette fois, elle accomplit sa mission avec des cordes et des ficelles, afin de faire tomber les gens. Par principe, Léontine reste souvent, cachée ou non, sur les lieux de ses méfaits (sur le photogramme reproduit plus haut, on la distingue se cachant sous l'étalage d'un marchand), comme pour indiquer que son péché mignon, la farce physique, n'est pas sans délectation: il lui faut juger sur les infortunées victimes de l'effet produit... Et sinon, comme toujours, les victimes en question sont des adultes, des personnes âgées, des représentants de la maréchaussée... 

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Published by François Massarelli - dans Muet
5 janvier 2023 4 05 /01 /janvier /2023 17:31

Léontine, une jeune fille plus que délurée, devient "trottin", c'est-à-dire qu'elle est employée chez un marchand de chapeaux... On lui confie une tâche bien au-dessus de ses forces: livrer un chapeau ridiculement immense à une dame très comme il faut. Mais confier à Léontine un chapeau, et s'imaginer qu'elle ne tentera pas de le porter, c'est impossible. Elle ira plus loin, défiant sans vergogne la morale bourgeoise, pour son plus grand plaisir...

On ne connaît pas grand chose de ce film, si ce n'est qu'il est identifié comme un court métrage Pathé (fortement réduit au moins de moitié, sauvegardé en 9.5mm): alors que d'autres films de la série Léontine sont aujourd'hui attribués sans contestation possible à Romeo Bosetti, celui-ci est orphelin de tout crédit de mise en scène; et par-dessus le marché, on ignore à l'heure où j'écris le nom de l'actrice qui interprète Léontine.

Et c'est bien dommage, d'autant que premièrement, c'est une femme: certes elle joue une petite fille espiègle (pour faire court) mais elle ne trompe personne: sous cette invention de chaque instant pour emm... le bourgeois, c'est bien une femme, énergique, inventive, (ô combien) délurée, et dont le sadisme assumé ressemble à une profession de foi; car on le verra, dans ses films, Léontine sème la pagaille pour rester poli, et s'en tire toujours, car ce ne sont pas des films Gaumont, dans lesquels la morale triomphe. La morale? Ici, elle souffre...

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Published by François Massarelli - dans Muet
5 janvier 2023 4 05 /01 /janvier /2023 17:16

Yolande, une jeune fille fantasque, est en admiration devant l'horloge que son grand-père vient de finir. Il la prétend magique, et lui dit que les automates qui la peuplent racontent une histoire, celle d'un royaume dans lequel la princesse volage hésite constamment entre le preux chevalier Bertrand, voué à un destin tragique, et un ménestrel... Prise dans l'intrigue, et amoureuse de Bertrand, Yolande casse la pendule... Mais en rêve, elle reprend le fil de l'intrigue, en s'introduisant dans le royaume de l'horloge, pour y sauver Bertrand.

C'est un conte original, imaginé par les Starewitch, Ladislas, sa fille Irène mais aussi son autre fille Jeanne, celle qui joue Yolande sous le pseudonyme de Nina Star; tout le monde a mis la main à la pâte et une fois de plus Starewitch a mélangé adroitement, en multipliant les idées techniques, prises de vues réelles et animation de marionnettes. Il y recycle tout son univers, et on sent que la famille y a passé du temps... Non seulement le montage est aussi soigné et dynamique qu'il était dans La reine de papillons et La petite parade, mais en plus le metteur en scène a une nouvelle fois innové en intégrant dans son animation des photos tirées de films de sa fille Jeanne: ainsi, il a aussi pu animer une figure de l'actrice tout en ayant des attitudes réalistes, qui ne tranchent pas avec l'animation. 

Celle-ci est d'une précision et d'une vie incroyable, seul Willis O'Brien pouvait rivaliser avec Starewitch. Mais l'animation des dinosaures de l'Américain n'arrivait pas à la cheville de ce que fait le Polonais: pas avant 1933 en tout cas. Il est facile et agréable de se laisser emporter dans ce royaume cinématographique, onirique, baroque, et souvent pince-sans rire, pour 35 minutes de dépaysement...

 

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Published by François Massarelli - dans Ladislas Starewitch Muet Animation 1928 *
4 janvier 2023 3 04 /01 /janvier /2023 17:48

Sur bien des points, ce film extrêmement inventif et soigné tranche sur la production de son auteur lui-même, qui aimait à se lancer dans l'image sur des digressions plus que variées, entraînant parfois pour le spectateur, petit ou grand, un souci de lisibilité. Pas ici: Starewitch s'en tient à son argument initial et raconte... un conte de fées, tout simplement...

Une petite fille joue dans les fêtes foraines de la clarinette, et s'émeut d'entendre un virtuose. Celui-ci lui propose d'apprendre le violon. Elle trouve une chenille et lui sauve la vie... En rêve, les insectes, en rétribution, la nomment reine des papillons au pays de la musique. Mais la guerre avec les arachnides menace...

Ce qui frappe, c'est bien sûr la qualité de l'animation, et une fois de plus la fluidité des transitions avec le monde réel et les humains (dont Nina Star dans le rôle de la petite fille) et celui des insectes: dans le prologue, seule la chenille est animée, mais c'est d'une grande subtilité. Une fois Nina au pays de la musique, devenue reine des papillons, l'animation prend évidemment le dessus, et on notera l'effort inouï pour intégrer la petite fille, dont des photos ont été utilisées pour doter sa marionnette d'expressions authentiques! La montage est serré, et plutôt rapide, donnant même lieu à des mouvements fulgurants des insectes, en particulier dans les scènes de bataille (et il y en a!!). On va donc poser la question, inévitable:

...Mais comment Starewitch et sa fille Irène (son assistante) ont-ils fait?

 

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Published by François Massarelli - dans Ladislas Starewitch Muet Animation
2 janvier 2023 1 02 /01 /janvier /2023 14:34

La deuxième version de ce conte, tel que La Fontaine l'avait conçu mais revu, corrigé et complété par Starewitch, écrase la première (de 1912) de sa supériorité évidente: dans un premier temps, les intertitres font passer toute la fable, avant de laisser les images parler d'elles-mêmes... 

Starewitch invente donc un contexte propre au film, et nous donne à voir le contraste entre l'insouciance (propre au "jazz age") de la cigale et des autres insectes qui passent leur temps à danser, pendant que la fourmi trime, économise, range, souffre. UN conte cruel, dans lequel le destin, de toute façon, est inéluctable: décidé par le sort, la nature, les auteurs...

C'est une oeuvre qui tranche sur les autres courts adaptés de La Fontaine, généralement assez rapidement finis. Ici, le film dure 16 minutes, et Starewitch a multiplié les décors et les personnages...

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Published by François Massarelli - dans Ladislas Starewitch Muet Animation
2 janvier 2023 1 02 /01 /janvier /2023 14:29

La fable de La Fontaine, extrapolée dans les années 20 par Starewitch: dans son film, la rencontre entre les deux rats se fait parce que le citadin a eu un accident de voiture et il sera ramené par le rat des champs. La fiesta improvisée sera largement tributaire de l'image de la bonne société, toujours en fête, telle que le cinéma la propageait à l'époque...

De fait, et grâce à cette personnalisation du film, c'est éblouissant; le talent de Starewitch n'est pas tant dans l'illustration que dans ses extrapolations, et par l'image il donne à voir sa version des faits. Il devait être fier de ce film, qu'il a pu ressortir dans les années 30 dans une version sonorisée.

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Published by François Massarelli - dans Ladislas Starewitch Animation Muet
2 janvier 2023 1 02 /01 /janvier /2023 14:18

Nina Star joue dans le jardin, et elle est perturbée par l'apparition d'un rossignol, qui chante superbement, mais semble aussi doté de pouvoirs étranges... Elle le met en cage plus ou moins malgré elle, et va recevoir en rêve une explication étonnante du comportement de la bête...

Starewitch semblait utiliser des acteurs dans ses films de court métrage, en France, pour deux raisons: l'efficacité, et le fait de pouvoir aller plus vite, d'une part, les prises de vue réelles étant quand mêmes bien plus rapides à tourner; d'autre part, je l'ai déjà dit, l'amour paternel pour sa fille Jeanne qui tournait ainsi en tant que "star" sous le pseudonyme approprié de Nina Star...

Mais dans ce film (colorié au pochoir, mais seulement certaines portions de la copies le sont encore), il apparaît aussi que le recours aux deux techniques permet grâce au montage d'unifier le film, et de donner de la véracité aux parties animées, qui sinon manqueraient de crédibilité. 

Pour le reste, c'est l'univers de Starewitch, fait d'une foule de choses qui se passent sous nos yeux, si on les capte... Un univers de l'infiniment petit, fait avec soin dans un modeste atelier, qui n'en finit pas de surprendre un siècle plus tard.

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Published by François Massarelli - dans Ladislas Starewitch Muet Animation
1 janvier 2023 7 01 /01 /janvier /2023 18:56

Un homme (Christopher Plummer) est mort, il s'est tranché la gorge... La nuit était pourtant belle, il venait de passer la soirée en compagnie de sa famille... Oui, mais voilà, si l'enquête semble de routine, le mort ayant été retrouvé la gorge tranchée, la main sur l'arme, et aucun indice ne pouvait donner à croire qu'une autre personne était présente, pourquoi un anonyme a-t-il fait appel à Benoit Blanc (Daniel Craig), détective privé, le limier des enquêtes les plus extraordinaires? Et que cache Marta (Ana de Armas), la petite aide-soignante d'origine Equatorienne qui semble si incapable de mentir? ...Ca la fait (littéralement, et l'adverbe est cette fois très bien utilisé) vomir...

Un whodunit... Dans un premier temps, l'esprit s'agace, comprenez-vous: ce type d'histoire dans laquelle un crime est commis, personne ne sort, et un invité présent qui se trouve être le fameux détective machin, qu'il soit Belge, Londonien de Baker Street, ou comme ici, Sudiste de basse extraction avec l'accent pour le prouver, va déjouer tous les pronostics et trouver le coupable... en moins de 200 pages, ou en moins de 120 minutes. Rien qui puisse créer du suspense (puisqu'à partir du moment où on ne sait rien, il n'y a pas de suspense possible, je le rappelle!), rien qui puisse a priori nous faire revenir sur nos pas et revoir le film, puisqu'on s'imagine qu'on a déjà éventé son intérêt.... 

Et certes, on a tort. On voudrait faire son malin, et rester fermement au côté  d'Hitchcock dans son refus du genre, mais même lui, d'une certaine façon, en a fait... A leur façon, The lodger, Blackmail, ou encore Psycho (mais oui!) étaient tous des whodunits maquillés... Non, ce qu'on voudrait éviter, c'est bien sûr le côté mécanique, gratuit, du genre... Quoique...

D'une part, ça a son charme, à condition qu'on y trouve de quoi y retourner... Et d'autre part même Agatha Christie, peut-être même sans en être consciente, profitait du genre pour égratigner avec sa plume pas si neutre la bonne société, ou pire: ses parvenus, les cibles qu'elle préférait... Et remontons à Clouzot, dont Les diaboliques est un des plus beaux whodunits de toute l'histoire du cinéma, sauf qu'on ne le sait pas quand on le voit (donc si vous n'avez jamais vu ce chef d'oeuvre, oubliez ce que je viens d'écrire): une fois qu'on l'aura vu et qu'on connaîtra la solution, un film de ce genre devient une occasion de lire une mise en scène, celle d'un coupable ou celle d'un détective, voire les deux.

Et c'est de ça qu'il est question, dans ce film parfaitement efficace, qui ne ménage ni son humour, ni es acteurs, et actrices, et qui tape avec un plaisir évident sur un groupe de riches particulièrement ignobles, qui s'en prennent à une pauvre immigrée dont pas un n'est capable de se rappeler la provenance. Ana de Armas est excellente, Daniel Craig aussi, et... le reste de la troupe? Toni Collette, Chris Evans, Michael Shannon, Jamie Lee Curtis, Don Johnson, Jaeden Martell... Le détective est une variation sur Hercule Poirot, et Daniel Craig ne peut absolument pas en faire un type qu'on n'aimera pas (au contraire de Poirot, d'ailleurs); je parlais de mise en scène, mais dans cette bonne société tout le monde avance ses pions, et ça vire vite au jeu de massacre... Bref: du plaisir? Oh que oui! A revoir? certainement! Mission accomplie, donc...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Whodunit Rian Johnson