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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 11:37

Partant du principe que "tout le monde a deux personnalités en soi donc Onésime aussi", Durand nous montre les dédoublements du personnage créé par Ernest Bourbon en un être bon et un être maléfique... Des dédoublements qui sont propices à des truquages fort bien menés, et une séquence de poursuite dans les bois qui est délicieusement poétique...

Bourbon est à son meilleur quand il "dialogue" avec lui-même, quand afin de réussir le truquage, il lui faut être prudent pour chaque geste. C'est un petit film, mais il a de réelles qualités...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Jean Durand
20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 11:30

Onésime (Ernest Bourbon) va hériter... Mais dans vingt ans seulement, selon la décision de feu son oncle: en effet, celui-ci jugeait que le jeune homme est trop idiot. Il va néanmoins inventer un mécanisme d'horloger pour faire accélérer le temps et toucher son héritage en seulement quarante jours...

Voilà, c'est tout.

Comment ça, c'est tout?

C'est vrai que cette intrigue est plus que squelettique, et c'est un prétexte des plus transparents pour un déchaînement de gags liés à la vitesse extrême à laquelle, à l'inverse de ce que fera Clair dans Paris Qui Dort, Durand nous montre les parisiens. Avec une certaine dextérité, il a monté des vues documentaires des rues de la ville, accélérées, avec des séquences tournées spécifiquement: le mariage fou furieux dans lequel les deux mariés se secouent mutuellement, le nourrisson qui grandit tellement vite quand on l'agite qu'il en devient Gaston Modot, il y a de quoi marquer durablement, ce que le film a fait: à sa façon, c'est un des classiques de Durand...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Jean Durand
20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 11:26

Onésime (Ernest Bourbon) a un problème: il a bu pour 3 francs et soixante-quinze centimes, et il ne les a pas... Méphisto apparaît et lui donne une pièce de cinq francs... Contre une modeste contribution. Quelques minutes après, le diable vient chercher l'infortuné consommateur... Et l'emmène avec lui aux enfers.

Pour le reste, on est chez Méliès, et un Méliès fatigué: quelques acrobaties, trucs photographiques de transformation, et autres gags mous plus tard, on apprend que c'est un rêve: la belle affaire...

Bon, et sinon, pour les 3Fr.75?

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Published by François Massarelli - dans Jean Durand Comédie Muet
20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 11:19

Zigoto (Lucien Bataille) et sa nouvelle épouse (Berthe Dagmar) voudraient bien passer leur deuxième journée ensemble, et se font "des baisers, des promesses et des serments"... Mais trois copains (dont Bourbon et Grisollet) ont décidé qu'ils allaient passer la soirée avec eux.

D'un côté, les amoureux ne vont pas s'en apercevoir, mais de l'autre, les trois copains vont se battre, déclenchant une destruction méthodique et complète du mobilier, puis ils vont aggraver (avec l'aide des pompiers, aussi méthodiques qu'eux dans la sauvagerie) un incendie qui s'est déclaré dans la cuisine, provoquer l'abattage des murs, puis l'écroulement de l'immeuble: la logique de destruction des comédies de Jean Durand pouvait être fatigante, mais ici il s'en dégage une poésie inattendue.

...Qui se clôt sur une promesse inattendue (on est chez Gaumont, donc les bébés sont apportés par des cigognes) lorsque les deux amoureux sortent des décombres de ce qui est tout l'immeuble, et avisent avec ravissement un matelas.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Jean Durand
20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 11:11

Onésime (Ernest Bourbon), vaque à ses non-occupations quand une nourrice indigne (ce n'est pas moi mais le film qui le dit) lui jette sur les bras un nourrisson et part sans demander son reste... Le garçon essaie de s'en débarrasser, mais c'est difficile... Très. Et pas parce qu'il s'attache, non: le sale môme a du répondant!

Parmi les aspects qui font des films de Durand des précurseurs du surréalisme, il y a le traitement infligé aux bonnes moeurs, un comble quand on pense à quel point Léon Gaumont était un père-la-pudeur! Mais la liberté totale dont disposaient Durand, Bourbon et leurs copains leur permettaient occasionnellement de quitter le bon goût: ici, les méthodes pour se débarrasser d'un enfant non désiré sont expéditives, et dangereuses: le jeter à l'eau? Oui, mais il rebondit! Le donner à un aveugle? Il voit où vous voulez en venir et ne le voit pas d'un bon oeil... L'enfermer à double tour dans un coffre? On croira que vous êtes cambrioleur...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Jean Durand
20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 11:05

Les deux équipes s'affrontent à un jeu qui ressemble parfois au rugby, parfois à une course à pieds anarchiste...

Et il va y avoir de la destruction. Beaucoup, énormément, de façon un brin systématique, quand les deux équipes quittent le terrain pour s'affronter dans les rues, puis dans les cafés et les magasins, et enfin dans les appartements des quidams, dont le mobilier subit alors une destruction en règle...

Durand peut compter sur l'équipe habituelle de comédiens-acrobates, les "Pouitts", dont on reconnaît facilement, une tête de plus que les autres, le grand Gaston Modot. Ces gens ne respectent rien, n'ont peur de rien, et si on peut parfois soupirer devant le systématisme de cette comédie (qui se termine là où elle ne pouvait que conduire: à l'eau!), force est de constater que nous sommes en plein surréalisme, et que dans leurs intermèdes filmés, les Monty Python ne feront pas autre chose.

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Published by François Massarelli - dans Jean Durand Muet Comédie
20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 10:58

La cantatrice La Polenta (Berthe Dagmar) a perdu le collier que son admirateur le vicomte de Vieillenoix lui a offert. Elle fait donc appel à une agence de détectives... Deux limiers pas très fins, l'inspecteur Zigoto (Lucien Bataille) et l'inspecteur Stout, enquêtent... 

C'est l'âge d'or des premiers serials, que l'Eclair produit avec en particulier les films formidables de Victorin Jasset. Durand était-il chargé par Gaumont de les parodier? C'est bien possible, d'autant que ce film finit par utiliser le chemin de fer, LE moyen de locomotion du suspense dans les aventures de Nick Carter... Sinon sans grande surprise, un peu de destruction (le sabotage méthodique de la scène de crime par Lucien Bataille qui finit par relever ses propres empreintes), beaucoup de n'importe quoi, et une résolution aussi foutraque que possible...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet Jean Durand
20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 08:55

Santi (Vincent Elbaz) est un commissaire exemplaire, mort en héros, et qui laisse derrière lui deux personnes bien tristes: son épouse, elle-même lieutenant de police, Yvonne (Adèle Haenel) et son fils Théo, qui gère le deuil comme il peut, en particulier en demandant chaque soir avant de s'endormir un récit héroïque des activités de son papa: Yvonne s'exécute de bonne grâce... Jusqu'au jour où elle apprend que le flic exemplaire était un policier corrompu au dernier degré, et qui avait en particulier monté une escroquerie à l'assurance avec une bijouterie locale dans laquelle on avait fait porter le chapeau d'un casse fictif à un pauvre type totalement innocent...

Yvonne décide donc de s'intéresser, malgré les conseils de son collègue Louis (Damien Bonnard) qui en pince pour elle depuis toujours, à la vie d'Antoine Parent (Pio Marmaï), victime des manigances de son mari, et qui justement sort de prison après huit années pour rien... Et ça ne va pas être de tout repos, car l'innocent a vraiment envie de trouver a posteriori des raisons d'avoir passé huit ans au trou!

On avait quitté Salvadori sur Dans la cour, un film douloureux qui faisait glisser inexorablement la comédie grinçante vers le drame; c'est le contraire qui se passe ici, et dès le début: le drame du deuil, par exemple, est traité avec énormément d'humour à travers l'improbable équipée légendaire du commissaire Santi, racontée avec des variations par Yvonne, et illustrée en images. Selon l'humeur du moment, elle ajoute des éléments pour charger feu son mari, ou atténuer le choc à venir de la révélation à faire à son fils qui idolâtre son père! Et retrouvant les accents de Cible émouvante, Les apprentis ou Comme elle respire, Pierre Salvadori va lancer dans les bras l'un de l'autre, les deux héros, improbables alliés dans une quête presque identitaire qu'ils ne comprennent pas bien ni l'un ni l'autre... Mais dans la franche hilarité quand même!

On pourra en particulier apprécier un running gag qui aurait pu être plus que douteux avec ce petit monsieur qui vient confesser un crime abominable à un policier distrait qui ne l'écoute pas, et lui conseille de "voir ça lundi, là j'ai pas le temps" alors que l'autre vient de lui avouer qu'il avait tué sa tante, l'avait entièrement démembrée, puis mangé ses yeux (...allusion?), preuve à l'appui puisqu'il a des sacs en plastique avec lui: "quand on ouvre, ça sent un peu fort"... Il y a aussi l'interrogatoire collectif d'une série de braves gens en cuir (merci, mon père, ce sera tout) après le raid d'un tripot sado-maso clandestin qui donnera son lot de rigolade.

Du coup, le malaise et la mélancolie propre à tous ses films passent d'autant mieux. Ici, c'est sans doute Audrey Tautou, en épouse dépassée par les événements d'un brave type qui a fait de la prison pour rien et en est sorti complètement transformé, qui permet à cette gravité d'être présente... Tout en favorisant la comédie, notamment une scène dans un taxi, avec une conversation dans laquelle elle accuse son mari d'être un psychopathe, est entièrement vue par les yeux de plus en plus en plus paniqués du chauffeur qui les véhicule, une scène purement Lubitschienne. Ce petit film à la poésie décalée, et essentiellement cinématographique (puisque tout le monde ment pour protéger les autres) a un plus d'un tour dans son sac...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pierre Salvadori
19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 17:15

Couvée par sa maman très (trop) Catholique, la belle Andalouse Mercédès (Alice Roberte) qui se destine la mort dans l'âme au couvent, se trouve dans une situation inattendue: un fringant Parisien, venu pour affaire dans l'Andalousie de ses ancêtres, a eu un accident et doit trouver le repos chez elle. Ils tombent amoureux, et Angel (Charles Vanel) repart donc à Paris avec celle qui va devenir sa femme.

Sauf qu'à Paris, il y a Suzanne (Arlette Marchal), qui fut longtemps la maîtresse d'Angel, et qui ne savait pas qu'elle allait être supplantée... Elle va donc tout faire, au nez de Mercédès et et la barbe d'Angel, pour reprendre celui qu'elle considère à elle... Pour sa vengeance, elle a décidé de mettre Mercédès dans les mains d'Harry (Harry Pilcer), un danseur TRES séduisant.

Avant-dernier long métrage de Durand, La Femme Rêvée est un peu son va-tout, sa presque dernière chance. Le metteur en scène, après la première guerre mondiale, n'a jamais vraiment retrouvé son enviable position de 1914, quand il était le prince de la comédie de destruction et le paradoxal roi du western Camarguais... Remis en selle par Perret en 1925, il entendait avoir du succès avec ce film, mais il est resté confidentiel.

Et pour cause: de salon en casino, de scènes bien réglée et rangée en conversation mondaine qui bien que muette nous est donnée in extenso, on attend longuement, avec de moins en moins de patience, qu'il y ait un peu de cinéma là-dedans. Quand enfin le film s'emballe, à une demi-heure de la fin, on est ravi, mais c'est trop tard: on a déjà assisté à l'ennuyeux drame bourgeois dans lequel Charles Vanel et sa subtilité, Arlette Marchal et son jeu dune grande sobriété, doivent servir de faire-valoir aux scènes entre Pilcer (assez quelconque, pour résumer) et Roberte (pas convaincante, en tout cas bien moins que dans son rôle magnifique dans un film de Pabst tourné juste après); un comble!

Bon, au moins dans cette dernière demi-heure, avons-nous un Vanel qui prend enfin le taureau par les cornes, des scènes Espagnoles d'une grande beauté qui rappellent un peu l'univers des westerns Camarguais de Durand, un accident de voiture, du suspense, et enfin une tempête et un orage aussi spectaculaires que métaphoriques, pour lesquels une vraie bourrasque a servi d'intermédiaire, et des truquages très accomplis ont permis d'ajouter de bien inquiétants éclairs...

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Published by François Massarelli - dans Jean Durand Muet 1928 **
19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 14:21

Et si, tout bien considéré, ce Way out west était le meilleur long métrage de Laurel et Hardy? Connu, populaire, il regorge de moments de bonheur. Bien sûr, les coutures sont parfois apparentes, et la fin est expédiée, mais l'essentiel du film est plus que plaisant, bien plus qu'une bonne surprise, et se revoit toujours avec bonheur, comme beaucoup de leurs courts. on ne tranchera pas, et il me reste des films à revoir, ou même pour certains, à voir tout court, mais quand même... C'est tentant.

A nouveau, Roach confie symboliquement les rênes à Laurel d'une "Stan Laurel Production" dont le metteur en scène est le toujours fiable James Horne, et le film bénéficie d'une équipe de scénaristes dans lesquels les noms de Charley Rogers et de James Parrott nous font aborder un tel film avec confiance: on est en famille. L'intrigue connue de ce film a beau être d'abord et avant tout un pastiche d'un genre archi-codifié, cela n'empêche nullement nos deux (Anti-) héros d'y être vraiment à leur aise: deux hommes se rendent dans l'ouest pour exécuter la dernière volonté d'un homme, chercheur d'or; avant de mourir, il a trouvé un filon, et sa fille, la jeune et fragile Mary Roberts, doit en hériter. celle-ci est exploitée par un couple, lui patron d'un hôtel-saloon mal famé (Finlayson), elle chanteuse dans le saloon en question. Finlayson et sa dame vont tout faire bien sur pour mettre la mains sur le magot.

A partir de là, le film coule tout seul, sans aucun accroc, et les gags bien placés se succèdent, pas à un rythme d'enfer bien sur, on est toujours dans un Laurel et Hardy, donc cela prend son temps... Au passage, on sait que les digressions burlesques ont été la seule consolation des fans sur certains films, mais elles sont ici bien représentées, moins chargées toutefois dans la mesure ou elles n'ont pas la pesanteur abominable d'un film à soutenir. On ne peut pas ne pas mentionner les deux grands moments musicaux du film, "At the ball, that's all", durant lequel les deux compères dansent à nouveau ensemble, Hardy visité une fois de plus par la grâce, et le célèbre "Trail of the lonesome pine" durant lequel Laurel chante alternativement avec une voix de basse et une voix de soprano. D'autres passages désormais obligés s'intègrent sans problèmes à l'ensemble, notamment les nouveau gags physiques: Laurel et son pouce-briquet d'une part, et la scène au cours de laquelle la tète de Hardy, coincée dans le plancher, est soumises à d'atroces contorsions. Enfin, l'interaction avec Finlayson est ici à son maximum, l'acteur étant très présent. Que demander de plus???

Par ailleurs, si le film n'est pas, loin de là, la première parodie de western due aux grands du burlesque (En vrac, tous les autres y sont passés, de Stan Laurel en solo à Buster Keaton, en passant par Chase, Lloyd, et même Chaplin dans certaines séquences de The pilgrim), il est un peu anachronique, le western n'étant plus ou pas encore le genre roi qu'il est devenu depuis: Gold is where you find it, de Curtiz, sorti l'année suivante, puis Stagecoach de Ford, Destry rides again de George Marshall, Jesse James de Henry King et Dodge City de Curtiz (Tous en 1939) vont être parmi les films qui vont sortir le western de l'ornière des séries Z dans laquelle il était confiné depuis l'échec en 1930 de Billy the Kid (Vidor) et The big Trail (Walsh). Alors, coïncidence, ou... merci Laurel et Hardy?

 

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Comédie Western