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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 10:58

La cantatrice La Polenta (Berthe Dagmar) a perdu le collier que son admirateur le vicomte de Vieillenoix lui a offert. Elle fait donc appel à une agence de détectives... Deux limiers pas très fins, l'inspecteur Zigoto (Lucien Bataille) et l'inspecteur Stout, enquêtent... 

C'est l'âge d'or des premiers serials, que l'Eclair produit avec en particulier les films formidables de Victorin Jasset. Durand était-il chargé par Gaumont de les parodier? C'est bien possible, d'autant que ce film finit par utiliser le chemin de fer, LE moyen de locomotion du suspense dans les aventures de Nick Carter... Sinon sans grande surprise, un peu de destruction (le sabotage méthodique de la scène de crime par Lucien Bataille qui finit par relever ses propres empreintes), beaucoup de n'importe quoi, et une résolution aussi foutraque que possible...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet Jean Durand
20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 08:55

Santi (Vincent Elbaz) est un commissaire exemplaire, mort en héros, et qui laisse derrière lui deux personnes bien tristes: son épouse, elle-même lieutenant de police, Yvonne (Adèle Haenel) et son fils Théo, qui gère le deuil comme il peut, en particulier en demandant chaque soir avant de s'endormir un récit héroïque des activités de son papa: Yvonne s'exécute de bonne grâce... Jusqu'au jour où elle apprend que le flic exemplaire était un policier corrompu au dernier degré, et qui avait en particulier monté une escroquerie à l'assurance avec une bijouterie locale dans laquelle on avait fait porter le chapeau d'un casse fictif à un pauvre type totalement innocent...

Yvonne décide donc de s'intéresser, malgré les conseils de son collègue Louis (Damien Bonnard) qui en pince pour elle depuis toujours, à la vie d'Antoine Parent (Pio Marmaï), victime des manigances de son mari, et qui justement sort de prison après huit années pour rien... Et ça ne va pas être de tout repos, car l'innocent a vraiment envie de trouver a posteriori des raisons d'avoir passé huit ans au trou!

On avait quitté Salvadori sur Dans la cour, un film douloureux qui faisait glisser inexorablement la comédie grinçante vers le drame; c'est le contraire qui se passe ici, et dès le début: le drame du deuil, par exemple, est traité avec énormément d'humour à travers l'improbable équipée légendaire du commissaire Santi, racontée avec des variations par Yvonne, et illustrée en images. Selon l'humeur du moment, elle ajoute des éléments pour charger feu son mari, ou atténuer le choc à venir de la révélation à faire à son fils qui idolâtre son père! Et retrouvant les accents de Cible émouvante, Les apprentis ou Comme elle respire, Pierre Salvadori va lancer dans les bras l'un de l'autre, les deux héros, improbables alliés dans une quête presque identitaire qu'ils ne comprennent pas bien ni l'un ni l'autre... Mais dans la franche hilarité quand même!

On pourra en particulier apprécier un running gag qui aurait pu être plus que douteux avec ce petit monsieur qui vient confesser un crime abominable à un policier distrait qui ne l'écoute pas, et lui conseille de "voir ça lundi, là j'ai pas le temps" alors que l'autre vient de lui avouer qu'il avait tué sa tante, l'avait entièrement démembrée, puis mangé ses yeux (...allusion?), preuve à l'appui puisqu'il a des sacs en plastique avec lui: "quand on ouvre, ça sent un peu fort"... Il y a aussi l'interrogatoire collectif d'une série de braves gens en cuir (merci, mon père, ce sera tout) après le raid d'un tripot sado-maso clandestin qui donnera son lot de rigolade.

Du coup, le malaise et la mélancolie propre à tous ses films passent d'autant mieux. Ici, c'est sans doute Audrey Tautou, en épouse dépassée par les événements d'un brave type qui a fait de la prison pour rien et en est sorti complètement transformé, qui permet à cette gravité d'être présente... Tout en favorisant la comédie, notamment une scène dans un taxi, avec une conversation dans laquelle elle accuse son mari d'être un psychopathe, est entièrement vue par les yeux de plus en plus en plus paniqués du chauffeur qui les véhicule, une scène purement Lubitschienne. Ce petit film à la poésie décalée, et essentiellement cinématographique (puisque tout le monde ment pour protéger les autres) a un plus d'un tour dans son sac...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pierre Salvadori
19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 17:15

Couvée par sa maman très (trop) Catholique, la belle Andalouse Mercédès (Alice Roberte) qui se destine la mort dans l'âme au couvent, se trouve dans une situation inattendue: un fringant Parisien, venu pour affaire dans l'Andalousie de ses ancêtres, a eu un accident et doit trouver le repos chez elle. Ils tombent amoureux, et Angel (Charles Vanel) repart donc à Paris avec celle qui va devenir sa femme.

Sauf qu'à Paris, il y a Suzanne (Arlette Marchal), qui fut longtemps la maîtresse d'Angel, et qui ne savait pas qu'elle allait être supplantée... Elle va donc tout faire, au nez de Mercédès et et la barbe d'Angel, pour reprendre celui qu'elle considère à elle... Pour sa vengeance, elle a décidé de mettre Mercédès dans les mains d'Harry (Harry Pilcer), un danseur TRES séduisant.

Avant-dernier long métrage de Durand, La Femme Rêvée est un peu son va-tout, sa presque dernière chance. Le metteur en scène, après la première guerre mondiale, n'a jamais vraiment retrouvé son enviable position de 1914, quand il était le prince de la comédie de destruction et le paradoxal roi du western Camarguais... Remis en selle par Perret en 1925, il entendait avoir du succès avec ce film, mais il est resté confidentiel.

Et pour cause: de salon en casino, de scènes bien réglée et rangée en conversation mondaine qui bien que muette nous est donnée in extenso, on attend longuement, avec de moins en moins de patience, qu'il y ait un peu de cinéma là-dedans. Quand enfin le film s'emballe, à une demi-heure de la fin, on est ravi, mais c'est trop tard: on a déjà assisté à l'ennuyeux drame bourgeois dans lequel Charles Vanel et sa subtilité, Arlette Marchal et son jeu dune grande sobriété, doivent servir de faire-valoir aux scènes entre Pilcer (assez quelconque, pour résumer) et Roberte (pas convaincante, en tout cas bien moins que dans son rôle magnifique dans un film de Pabst tourné juste après); un comble!

Bon, au moins dans cette dernière demi-heure, avons-nous un Vanel qui prend enfin le taureau par les cornes, des scènes Espagnoles d'une grande beauté qui rappellent un peu l'univers des westerns Camarguais de Durand, un accident de voiture, du suspense, et enfin une tempête et un orage aussi spectaculaires que métaphoriques, pour lesquels une vraie bourrasque a servi d'intermédiaire, et des truquages très accomplis ont permis d'ajouter de bien inquiétants éclairs...

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Published by François Massarelli - dans Jean Durand Muet 1928 **
19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 14:21

Et si, tout bien considéré, ce Way out west était le meilleur long métrage de Laurel et Hardy? Connu, populaire, il regorge de moments de bonheur. Bien sûr, les coutures sont parfois apparentes, et la fin est expédiée, mais l'essentiel du film est plus que plaisant, bien plus qu'une bonne surprise, et se revoit toujours avec bonheur, comme beaucoup de leurs courts. on ne tranchera pas, et il me reste des films à revoir, ou même pour certains, à voir tout court, mais quand même... C'est tentant.

A nouveau, Roach confie symboliquement les rênes à Laurel d'une "Stan Laurel Production" dont le metteur en scène est le toujours fiable James Horne, et le film bénéficie d'une équipe de scénaristes dans lesquels les noms de Charley Rogers et de James Parrott nous font aborder un tel film avec confiance: on est en famille. L'intrigue connue de ce film a beau être d'abord et avant tout un pastiche d'un genre archi-codifié, cela n'empêche nullement nos deux (Anti-) héros d'y être vraiment à leur aise: deux hommes se rendent dans l'ouest pour exécuter la dernière volonté d'un homme, chercheur d'or; avant de mourir, il a trouvé un filon, et sa fille, la jeune et fragile Mary Roberts, doit en hériter. celle-ci est exploitée par un couple, lui patron d'un hôtel-saloon mal famé (Finlayson), elle chanteuse dans le saloon en question. Finlayson et sa dame vont tout faire bien sur pour mettre la mains sur le magot.

A partir de là, le film coule tout seul, sans aucun accroc, et les gags bien placés se succèdent, pas à un rythme d'enfer bien sur, on est toujours dans un Laurel et Hardy, donc cela prend son temps... Au passage, on sait que les digressions burlesques ont été la seule consolation des fans sur certains films, mais elles sont ici bien représentées, moins chargées toutefois dans la mesure ou elles n'ont pas la pesanteur abominable d'un film à soutenir. On ne peut pas ne pas mentionner les deux grands moments musicaux du film, "At the ball, that's all", durant lequel les deux compères dansent à nouveau ensemble, Hardy visité une fois de plus par la grâce, et le célèbre "Trail of the lonesome pine" durant lequel Laurel chante alternativement avec une voix de basse et une voix de soprano. D'autres passages désormais obligés s'intègrent sans problèmes à l'ensemble, notamment les nouveau gags physiques: Laurel et son pouce-briquet d'une part, et la scène au cours de laquelle la tète de Hardy, coincée dans le plancher, est soumises à d'atroces contorsions. Enfin, l'interaction avec Finlayson est ici à son maximum, l'acteur étant très présent. Que demander de plus???

Par ailleurs, si le film n'est pas, loin de là, la première parodie de western due aux grands du burlesque (En vrac, tous les autres y sont passés, de Stan Laurel en solo à Buster Keaton, en passant par Chase, Lloyd, et même Chaplin dans certaines séquences de The pilgrim), il est un peu anachronique, le western n'étant plus ou pas encore le genre roi qu'il est devenu depuis: Gold is where you find it, de Curtiz, sorti l'année suivante, puis Stagecoach de Ford, Destry rides again de George Marshall, Jesse James de Henry King et Dodge City de Curtiz (Tous en 1939) vont être parmi les films qui vont sortir le western de l'ornière des séries Z dans laquelle il était confiné depuis l'échec en 1930 de Billy the Kid (Vidor) et The big Trail (Walsh). Alors, coïncidence, ou... merci Laurel et Hardy?

 

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Comédie Western
19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 11:54

Déçus de ne pouvoir travailler dans un studio Américain (la Paramount pour être précis où ils étaient supposés mettre en chantier une adaptation d'An American Tragedy de Dreiser, qui revient à Sternberg), Eisenstein, le chef-opérateur Tissé et l'assistant et co-réalisateur Alexandrov mettent en 1931 le cap au Sud et décident de tourner un film qui sera une ode au Mexique, un pays qui a accompli sa révolution avant l'Union Soviétique... Le film prévu doit contenir quatre parties, un prologue et un épilogue: une sorte de parcours poétique dans un Mexique immémorial, à l'écart des plus grandes villes du Nord. 

Monté des années après la mort de son réalisateur principal, le film est resté inachevé pour cause de budget réduit, et de manque d'enthousiasme des éventuels mécènes. C'est resté une légende pendant de nombreuses années, avant qu'Alexandrov ne reçoive le feu vert pour monter le film en l'état, "selon les voeux" d'Eisenstein...

Le prologue installe le film dans une référence constante au passé Aztèque, entre les traditions et la pauvreté des populations. Eisenstein y inscrit ses "acteurs" (des paysans locaux choisis quasi systématiquement dans les populations indigènes) dans les paysages et les monuments du passé, en favorisant les contrastes saisissants entre bâtiments lointains et humains rendus gigantesques par illusion d'optique: un truc qu'il utilisera dans Ivan dans un plan célèbre. Il inscrit aussi dans ce prologue la tradition très solidement ancrée au Mexique de l'omniprésence folklorique de la mort...

Les trois parties présentées comme achevées sont consacrées dans un premier temps à un mariage, qui part du désir même, dans des images étonnamment sensuelles: celles-ci peuvent faire écho à la rumeur selon laquelle le réalisateur aurait vraiment découvert sa sexualité lors de cet intermède Mexicain! Cette première partie est lyrique et profondément documentaire dans l'esprit. La deuxième partie rappelle le cinéma Russe, avec une charge violente et lyrique contre la religion omniprésente; la troisième enfin dramatise une anecdote qui justifie la révolte, avec un couple de paysans qui son confrontés au viol de la jeune femme. L'acte de rébellion des paysans qui s'ensuit sera durement réprimé dans des images dures... Une quatrième partie envisagée, voyait Eisenstein s'intéresser à la révolution à travers le personnage héroïque d'un soldadera, une femme de révolutionnaire. Une partie dont aucune séquence n'a été tournée... L'épilogue célèbre l'esprit festif du Mexique d'après la Révolution, dans un recours à la fête autour de la mort, mais avec des costumes modernes...

Le film est mythique, et controversé: s'agit-il bien de ce que Eisenstein voulait faire? Peu importe, finalement nous savons qu'il était en pleine recherche (après son essai musical Romance Sentimentale qui en 1930 contrastait fortement avec les quatre films de long métrage qui le précédaient), qu'il était attiré par la collaboration avec Alexandrov, ce qui fait de ce dernier, bien qu'il ait été contesté, un maître d'oeuvre légitime pour finir la trace d'une aventure à laquelle il a lui-même participé. Et puis, il y a plus de beauté, de poésie, de lyrisme et d'invention dans ces 85 minutes, qu'il n'y en a dans tout son cinéma muet: le Mexique, dont il n'avait pas à faire la promotion, contrairement à ce qu'il avait du faire en Russie, avait clairement inspiré le metteur en scène...

 

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Published by François Massarelli - dans Eisenstein
16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 17:39

Max Cady (Robert Mitchum) sort de prison, et décide de devenir le pire cauchemar de l'homme dont le témoignage a été l'élément décisif pour le mettre huit années à l'ombre: l'avocat Sam Bowden (Gregory Peck). Dès la première scène, il se rend au tribunal où ce dernier est en plein procès et rentre de nouveau dans sa vie par la grande porte: il l'aborde et lui fait comprendre qu'il va lui faire payer son séjour en prison. Plus grave, il commence aussi à proférer des menaces à peine déguisées sur l'épouse (Polly Bergen) et la fille de Bowden. Venu chercher l'aide de son ami le policier Mark Dutton (Martin Balsam), Bowden aura vite la certitude qu'il ne peut pas faire grand chose face à un bandit qui non seulement connait la loi sur le bout des ongles, mais a aussi le plus souvent une avance sur les événements... 

Cape Fear arrive à une période doublement propice: le film noir est en pleine mutation en ce début des années 60, et il y participe grandement, parallèlement à d'autres films comme Experiment in terror (Blake Edwards), ou l'étrange Touch of evil de Orson Welles. Cape fear apporte en effet une sorte de redéfinition des canons du genre, dans lequel soudainement le héros est cette personne qui, bien qu'avocat, est démuni devant un sale type qui le harcèle, mais peut se permettre de porter plainte contre lui pour harcèlement, et l'emporter avec un bon avocat! Peck va donc jouer un héros qui doit sérieusement considérer le meurtre comme une possibilité de s'en sortir... Le film, dans un déroulement logique et impressionnant, rend la progression du personnage de l'avocat inévitable, et il s'enfonce de plus en plus vers la noirceur...

Evidemment, Max Cady est le centre de toutes les attentions, et le véritable personnage central du film. Mitchum le joue presque comme une réappropriation du pasteur de Night of the hunter, mais avec une dimension plus baroque encore, sans parler d'une obsession sexuelle particulièrement caractérisée. Le film est d'ailleurs assez clair sur ce sujet, ce que veut Cady, on finira par l'apprendre, c'est assumer sa vengeance sur Bowden par le biais de sa fille, une situation qu'une censure tatillonne rend possible d'évoquer, et que Thompson a traité avec justesse... en déplaçant le problème: afin de comprendre la menace sur la petite (qui a environ 13 ans), il nous montre une scène durant laquelle la brutalité du personnage est évidente, et il s'en prend à Nancy, l'épouse de Sam. Le spectateur sait désormais à quoi s'en tenir sur le risque couru par la petite...

Max Cady, d'ailleurs, est souvent ramené à son animalité, comme le pasteur du film de Laughton: Thompson utilise les mêmes moyens, de le placer en pleine nature, en ajoutant sa semi-nudité et ses déplacements dans l'eau. Mitchum, qui a du se baigner dans de bayous probablement infestés de sangsues, a payé de sa personne! Mais effectivement, c'est d'un animal qu'il s'agit, et il faudra aller jusqu'au bout pour s'en débarrasser, semble-t-il. L'enjeu pour Sam Bowden est de ne perdre ni son sang-froid, ni son humanité...

Je disais tout à l'heure que le film est arrivé à une période doublement propice, et j'ai parlé de ce renouveau du film noir qui était dans l'air. Mais l'autre raison qui le fait arriver à temps c'est qu'après 1960 et avant The Birds, Hitchcock était pour la première fois depuis son arrivée aux Etats-Unis absent des salles obscures. Du coup, Cape Fear joue à fond, et avec une impressionnante maîtrise, la carte du suspense qui vous fera agripper votre fauteuil! Et il le fait avec une belle cerise sur le gâteau: la musique de Bernard Herrmann dans une de ses meilleures partitions composées à l'écart de sa collaboration avec Hitchcock...

On n'en finirait pas d'énoncer les qualités de ce film qui revitalise à lui tout seul tout un pan du genre, tout en jouant en virtuose avec les nerfs du spectateur. Il est asse curieux qu'il ait été refait en 1991, et par Martin Scorsese en plus, avec Robert de Niro en Max Cady: un remake qui n'apporte pas grand chose, mais reste un film de qualité. Un film de qualité parfaitement inutile, cela va sans dire...

 

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Published by François Massarelli - dans Noir
14 octobre 2019 1 14 /10 /octobre /2019 13:23

Dans ce film qui fait suite à l'énorme succès largement mérité de Magnificent obsession, Sirk replace de nouveaux personnages interprétés par Jane Wyman et Rock Hudson dans les maisons d'une petite bourgade où en ces années dorées d'après-guerre qu'on a appelées les trente glorieuses, la principale préoccupation demeure "que vont penser les voisins?". Ca a même un nom en Anglais, on appelle ça "Keeping up with the Joneses"... Et c'est difficilement compatible avec le fait de vivre et d'assumer une passion amoureuse jusqu'au bout! Il est difficile dans ce cas de goûter à "tout ce que le ciel permet", si on regarde constamment derrière son épaule.

La preuve: Cary Scott (Jane Wyman) est une jeune veuve qui sort à peine de son deuil. Elle a deux grands enfants qui sont tous les deux à l'université, et qui sont tout à fait favorables à l'idée que leur mère puisse avoir une nouvelle vie amoureuse; ses amies la pressent de se mettre en quête, et certaines de ses relations, notamment un goujat qui s'appelle Howard, sont prêts à se sacrifier... Mais elle n'a personne. 

Et un jour elle sympathise avec le grand gaillard qui s'occupe de ses arbres: Ron Kirby (Rock Hudson) est jeune, beau, musclé, un brin ténébreux, un rien mystérieux... Le coup de foudre est réciproque. Mais quand il lui propose le mariage, Cary voit tout de suite la façon dont la situation va se jouer: les uns vont ricaner devant l'âge du blanc-bec, voire imaginer qu'il a demandé à Cary sa main dans le but de lui prendre son argent... Les autres vont s'imaginer qu'elle n'avait pas attendu le décès de son mari avant de fricoter avec lui. Et tous vont condamner cet acte de barbarie qui consiste pour une femme de la bonne société, de fréquenter un homme qu'elle a employé, et qui n'est pas de son monde. Et Cary recule, d'autant que ses amis, ses enfants même, lui reprochent ce qu'ils considèrent comme une indignité...

Une scène est frappante: Cary a réussi à persuader Ron de l'accompagner dans une soirée entre amis. Sur les lieux, on les attend de pied ferme, et les commentaires odieux vont bon train: vous croyez qu'ils oseront venir? Tout de même, un jardinier... C'est que Sirk a pris le parti, plus encore que dans son précédent film, de situer l'action dans les maisons, dans les cuisines, les salons; nous ferons toute la différence entre les habitations bohèmes des amis de Ron, et les maisons cossues du cercle dans lequel Cary évolue. Et les couleurs mobilisées par la photographie, traitées avec le son d'un peintre, sont frappantes, par le contraste qu'elles établissent entre les teintes jaunes, orange et rouillées de l'automne, ou le blanc hivernal d'un côté, et les couleurs primaires éclatantes créées par les hommes pour les gens les plus aisés: robes, voitures, meubles, tout se pare dans ces intérieurs de couleurs qui éclaboussent... Les couleurs de l'univers de Ron (généralement muni de sa chemise de bûcheron, et de bonnes grosses godasses d'un garçon qui travaille) sont plus complexes, plus riches, plus mystérieuses aussi. 

Et dans l'univers de Ron, on a une authentique ouverture sur la beauté du monde, littéralement: plutôt que d'accueillir des gens qui vont ramener tout à eux et se bousculer dans des soirées verbeuses, Ron a lui créé une gigantesque baie vitrée qui offre une vraie ouverture sur l'extérieur, la nature, et tout ce qu'on voudra bien y voir (philosophie, religion, amenez votre interprétation, le film s'en accommodera...): une façon de sortir de cette vanité stupide des apparences et des convenances, dont Cary a tant de mal à se défaire... Tout ce que ses amis ont pourtant à lui suggérer, c'est d'acheter... une télévision!

Le film est fascinant parce qu'il n'a, une fois de plus, pas peur de l'explosion des sentiments. Sirk joue ici une partition dont il est devenu un maître, à la suite de Stahl, de Borzage aussi, celle d'un mélodrame considéré comme un art de l'émotion cinématographique: il emporte tout sur son passage, comme le fait son disciple Almodovar... Et ce film, ramassé à une épure de 88 minutes, est un nouveau chef d'oeuvre.

 

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Published by François Massarelli - dans Douglas Sirk Criterion
13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 14:17

Mission impossible?

Sans doute, mais pourquoi ne pas le tenter quand même? Ce que Wyler doit faire, d'ailleurs, n'est pas tant d'adapter le roman d'Emily Brontë, que d'en proposer une version qui sied plus à son romantisme personnel. Et du coup, l'abréviation et la simplification à l'oeuvre dans cette adaptation produite par Samuel Goldwyn passent beaucoup mieux... Notons que si le film a été tourné en Californie, ça ne se voit absolument jamais, même si de toute évidence, il ne s'agit pas du Yorkshire non plus!

Un voyageur égaré, M. Lockwood, débarque en pleine tempête de neige dans la maison lugubre de Wuthering Heights, sur la lande désolée... Il trouve refuge sur place, sous la responsabilité du rude M. Heathcliff. Pendant la nuit, Lockwood entend un cri à l'extérieur, d'une femme qui prétend être "Cathy". Alerté, Heathcliff devient fou... Une domestique, Elle, explique à Lockwood le fin mot de l'histoire: Cathy, c'est Catherine Earnshaw, la fille de l'ancien propriétaire de Wuthering Heights; un jour, il a ramené à la maison un enfant trouvé, Heathcliff. Ce dernier a été élevé entre l'égalité (la complicité avec Catherine) et ordre de classe (toute la maisonnée, à la mort de leur maître, a remis Heathcliff à sa place à l'instigation du frère de Catherine qui était jaloux de lui. Et Catherine, amoureuse de Heathcliff mais désireuse de s'élever socialement, a été longtemps partagée sur la marche ç suivre... Heathcliff, pour finir, a été forcé de partir et déterminé à revenir en maître de la lande...

C'est en 1939 que le film est sorti, et on imagine bien que dans l'optique du vieux producteur indépendant, et de son metteur en scène, les personnages de la jeune soeur Brontë pouvaient bien faire concurrence à ceux de Margaret Mitchell. Si le roman a subi dans cette adaptation une simplification, et si le film divise un peu trop l'univers qu'il montre entre rugosité (Wuthering Heights) et richesse (la demeure des Linton), le metteur en scène retourne à son péché mignon, qui est de donner aux acteurs des scènes qui leur permettront de donner libre cours à leurs passions. Merle Oberon (Cathy) est sans doute à son meilleur dans ce film, où Wyler utilise beaucoup l'intensité de son regard, et Laurence Olivier (Heathcliff) a rarement été aussi juste dans un rôle, qui lui permet ici de jouer la carte des passions débridées. Si l'intrigue s'éloigne du roman, les scènes qui permettent à Wyker et ses acteurs d'y revenir sont nombreuses...

Donc, si je n'irai pas comme le font les actuels vendeurs de pellicule, jusqu'à qualifier ce film de chef d'oeuvre romantique, au moins ce raccourci nous permet-il de nous approcher, même à distance respectable, d'un immense classique probablement totalement inadaptable.

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Published by François Massarelli - dans William Wyler
13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 13:26

Pour une fois, regardons au-delà de cette étonnante capacité qu'ont les chaînes du câble et d'internet (Netfucks, HBO, etc) de tuer le cinéma à petit feu et de pousser les gens à ne plus rien faire d'autre de leurs journées que de regarder quinze épisodes d'une série: il fut un temps (qui semble disparaître à grande vitesse, et qui aura sans doute disparu avant le DVD et le Blu-Ray, ce qui est ironiquement une forme de justice) où ces lieux étaient pour les créateurs de la Télévision d'authentiques espaces de liberté: David Fuller, David Milch et d'autres y ont créé des séries mémorables, en toute liberté... Jusqu'à ce que le réalisme les rattrape; je ne sais pas exactement quelle a été la raison d'arrêter la série Deadwood en 2006 après trois saisons, mais je suis sûr qu'on a du invoquer le "réalisme économique" à ce moment-là. Et pourtant, la série avait du succès, du prestige et il est souvent dit qu'elle est à elle toute seule l'un des grands actes de l'histoire de la télévision, celui qui mène aujourd'hui à Game of thrones (bien sûr), Rome (qui a pris le relais sur à peu près le même créneau, et n'a existé que durant deux saisons) et certainement American Gods...

Deadwood, situé dans la riante petite bourgade située entre le territoire du Wyoming et le Dakota du Sud, à ses débuts (vers 1876 précisément), prenait comme toile de fonds l'histoire du lieu et sa légende, scrutant les esprits, les rivalités et les associations pragmatiques d'un ensemble de personnages, tous unis au delà de la frontière dans la volonté de créer à Deadwood un endroit qui aurait sa place dans les Etats-Unis à venir. Des hommes de loi, des bandits, des propriétaires venus de l'est, des aventuriers de l'ouest, des immigrants de bien plus loin, des prostituées et des politiciens, et des gens plus inclassables que tous les autres, parmi lesquels Martha Jane Cannary dit Calamity Jane (dont le surnom n'est jamais prononcé une seule fois dans la série) avait toute sa place... Bref: Deadwood en 36 épisodes insidieusement addictifs, proposait une nouvelle lecture de l'Ouest et de son histoire, la grande, celle d'un choc de cultures (l'arrivée inéluctable du progrès face à la résistance d'une certaine barbarie armée) et la petite, celle d'une constante survie rendue étrangement possible par la cohabitation entre tous ces ennemis potentiels: à ce titre, comment s'étonner que la série tourne autour du personnage par ailleurs historique de Al Swearengen, un immigra Anglais qui avait roulé sa bosse et dont le saloon, le Gem, était le centre de la ville, son quartier général et décisionnaire, son coeur et bien souvent le point névralgique d'une certaine résistance aux profiteurs venus de partout. Un centre qui était aussi un haut lieu de la prostitution, et d'une certaine façon du trafic de drogue!

David Milch, principal superviseur de la série, autorité morale unique de la production, et principal auteur, avait pris une décision radicale: celle de conter cette histoire dans la boue avec un langage qui serait doublement Shakespearien: un, il est souvent en vers à peine déguisés. Deux, il est facilement traduit en monologues intérieurs oralisés, permettant dans le flot de personnages, dans la foule compacte et permanente de ces rues sales, d'isoler plus sûrement un personnage, et de suivre l'action. Et si le décalage inévitable avec le western traditionnel se voit, il disparaît bien vite, tant on s'y fait...

13 années plus tard, à l'imitation de Serenity qui concluait la série Firefly de Joss Whedon, Milch a tout fait pour réunir son casting (ceux qui sont absents, la plupart du temps, sont morts!) et conclure son grand oeuvre en inscrivant le temps d'un long métrage Deadwood dans la modernité: là, en fait, où la production désirait se rendre. Pour trois occasions, qui auraient pu être traduites en trois épisodes, les personnages vont se retrouver:

Un: On célèbre l'entrée de la ville et du territoire du Dakota du Sud dans l'Union, en présence du sénateur George Hearst (Gerald McRaney). Celui-ci ne vit plus qu'entre la Californie où il s'est installé pour faire joujou avec la presse, une occupation qu'il léguera à son fiston William Randolph, et Washington où il va faire acte de présence à l'occasion. Si on accepte sa venue symbolique, il n'est pas forcément accueilli par des amis en raison de la façon dont il a fait fortune sur le dos de beaucoup, voire sur la peau de certains. Alma Ellsworth (Molly Parker), ancienne propriétaire locale, sait qu'elle a été escroquée de sa mine d'or par Hearst, et que celui-ci a ordonné la mort de son mari... Et justement, Mme Ellsworth est de retour elle aussi... 

Une deuxième occasion est liée à la première: Charlie Utter (Dayton Callie), un ancien compagnon de Wild Bill Hicock, décédé en 1876 (dans la série, c'était le cinquième épisode) qui a installé un commerce, l'un des pionniers de la communication avec un service postal, est retrouvé mort assassiné. On ne va pas tarder à trouver le coupable, et si vous avez lu le paragraphe précédent c'est facile! Mais au-delà de son enterrement qui réunit tous les notables, la mort de Charlie éclaire une fois de plus les enjeux, car selon la loi la propriété d'un mort doit être mise aux enchères. C'est une occasion pour la ville de s'unir contre Hearst, derrière les propositions d'enchères émises par le shérif Seth Bullock (Timothy Olyphant), son ami le commerçant et politicien Sol Star (John Hawkes) et d'autres. Ce sera Alma Ellsworth qui emportera le terrain, sauvant symboliquement la ville et son lien avec Utter.

Troisièmement: d'autres personnages, souvent authentiques, suivent le cours de leur vie. La prostituée Trixie (Paula Malcolmson), qui a joué un rôle important dans la résistance à Hearst dans la série, est en ménage paradoxal avec Sol Star, ancien maire. Ils ont même un enfant au début du film, et décident avant la fin du film de se marier. Mais il faut faire vite, car Al Swearengen (Ian McShane), autorité locale et "père de substitution" pour Trixie en même temps que son proxénète, est probablement mourant... et pendant ce temps, Hearst complote, Bullock se bat, et la vie continue à Deadwood.

C'est d'abord et avant tout une galerie formidable de personnages, qui ont acquis de la part du spectateur attentif ce changement interne de morale qui est absolument indispensable à la compréhension de la série. "L'intérêt supérieur" de Deadwood est ce qui tient tous ces personnages ensemble, donc. On est prêt à le croire, mais ce qu'on veut surtout, c'est retrouver ici tous ceux dont la verve, les manigances, la vivacité nous ont tant plu: le chinois Wu (Keone Young), haut dignitaire de sa communauté acquis à Swearengen (qu'il appelle Swedgin), et qui ne peut toujours pas au bout de vingt années de présence à Deadwood parler Anglais; Johnny, le barman et homme à tout faire du Gem, qui a un QI de betterave; E.B. Farnum (Williama Sanderson), l'historique hôtelier et maire honoraire, plus manoeuvrier que méchant, et qui est méprisé par tous (à commencer par lui-même), Jewel (Geri Jewell), la femme de ménage de Swearengen qui a un handicap physique lourd ainsi qu'une langue bien pendue, ou le Docteur Cochran (Brad Dourif), qui doit soigner tout un chacun et aussi se substituer à la conscience de beaucoup, ou encore Calamity Jane (ça y est, elle a enfin son surnom dans le film), qui est une adorable alcoolique (Robin Weigert), dotée d'un langage atrocement grossier et d'une poltronnerie qui la dérange en tant qu'ancienne compagne de route de Wild Bill Hickcok: la liste pourrait encore être très longue... mais ils sont là, tous là, pour notre plus grand plaisir, éclairant l'histoire ou offrant des variations fascinantes sur la vérité, mais tous plus Américains les uns que les autres.

 

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Published by François Massarelli - dans Western
11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 17:17

Un homme arrive dans l'ouest: Jim McKay, capitaine au long cours, a rencontré une jeune femme, et il l'a demandée en mariage. Fille d'un gros éleveur de l'ouest, elle n'a pas pensé un seul instant que ce serait à elle de déménager, et donc il accourt... Au départ, McKay a du mal à s'adapter: les moeurs locales sont un peu étranges pour lui. De plus on lui demande environ tous les quarts d'heure de prouver qu'il est un homme, et il a horreur de le faire sur commande. Enfin, la famille Terrill dans laquelle il est supposé entrer, est sous la coupe du père de sa fiancée, le Major Henry Terrill: celui-ci cultive depuis très longtemps une rivalité sanglante avec Hannassey, un autre éleveur, moins fortuné, mais tout aussi cabochard que lui.

McKay, c'est Gregory Peck, en héros très paradoxal de western: il est l'outsider, le pied-tendre, le Dude, comme on dit là-bas, et c'est tout sauf tendre... Très rapidement, il va s'attirer des ennuis et des ennemis: le père Terrill, qui ne comprend pas qu'on puisse envisager les choses autrement que lui ne le fait, pour commencer; la famille Hannassey, qui le considère comme un crétin venu de l'Est, ensuite; le principal collaborateur de Terrill, l'homme à tout faire Steve Leech (Charlton Heston), qui est jaloux de celui qui s'apprête à épouser celle qu'il aime; enfin, Patricia Terrill elle-même, qui ne comprend pas que mcKay ne pense pas exactement comme son père, voire qu'il pense par lui-même tout court. La demoiselle a des problèmes à régler avec son paternel, et du coup le couple ne durera pas longtemps...

La seule personne qui réussira à apprécier McKay a sa juste valeur (si on excepte le sympathique Ramon, un palefrenier avec lequel le capitaine va sympathiser dans une scène mémorable) est Julie Maragon (Jean Simmons), la propriétaire, symboliquement, du seul point d'eau de la région, véritable trait d'union entre les deux ennemis de toujours: son territoire est la clé de la paix fragile, où elle laisse les uns et les autres abreuver leur bétail. 

Comme on le voit, le film possède une galerie de personnages hauts en couleurs, auxquels il faut ajouter quelques précisions, concernant les Hannassey: d'un côté, le père, divisé entre sa haine de classe envers celui qui le déteste autant et qui lui a réussi, et une envie de retrouver une justice, qui s'exprime paradoxalement entre deux flambées de violence par un désir de fair-play (c'est lui qui règlera un duel entre son fils et McKay, en menaçant de tuer son propre fils s'il enfreint les règles): un personnage riche, déroutant, et qui a valu un Oscar à Burl Ives. De l'autre, son fils justement, Buck (Chuck Connors), caricature de méchant vicieux, alcoolique et violeur. Mais les deux psychopathes assumés sont-ils si différents de Terrill (Charles Bickford) et de sa fille (Caroll Baker) obsédée de l'honneur et de la puissance de son papa?

Dans un film qu'il traite à moitié en western Shakespearien, à moitié avec un oeil gentiment rigolard (ah, la scène durant laquelle pour son plaisir, McKay va en douce dompter le cheval au caractère difficile qu'on souhaitait lui faire monter par bizutage!!), Wyler affiche sans trop de complexe une tendance à exagérer avec gourmandise, sans pour autant rejouer la partition de Duel au Soleil... C'est un film qui se dévore sans retenue, et qui inaugure une époque de super-westerns, dont beaucoup (The magnificent seven, How the west was won) seront beaucoup plus insipides, et nettement moins distrayants... En 165 minutes, il prend son temps, à l'image de son héros qui refuse de se comporter en cliché de l'ouest et qui fait les choses quand et comment elles doivent être faites...

 

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Published by François Massarelli - dans Western William Wyler