Il serait inutile d'imaginer que ce film n'est qu'un produit de série, du cinéma jetable. Projet adapté d'un comic Marvel, longtemps avant que cet éditeur ne devienne un "studio", il a été conçu par ses producteurs Walter F. Parkes et Laurie MacDonald comme un mélange obligatoire entre pulp et comédie, et à ce titre, leur choix ne pouvait que se porter sur l'auteur de The Addams Family et Get Shorty. J'y reviendrai. Il bénéficie de beaucoup de contributions majeures, des acteurs Tommy Lee Jones, Rip Torn, Vincent D'Onofrio et même Will Smith dont avouons-le, on peut dire qu'il a trouvé le rôle de sa vie, au designer Rick Baker, en passant par les effets spéciaux d'ILM (Savamment dosés), et la musique de Danny Elfman. Spielberg a eu son mot à dire puisque c'est une coproduction Amblin Entertainment, mais son rôle est resté consultatif. Non, le patron, c'est Sonnenfeld, pour un film qui n'en finit pas de définir son style et son importance.
Faut-il revenir sur l'histoire? Sur le principe d'un gamin des rues de New York, devenu un excellent flic et qui se retrouve malgré lui confronté à une réalité presque parallèle et du même coup bombardé membre des "Men in black", ce groupement mystérieux qui fait tout pour éviter que les braves gens se rendent compte du fait que leur planète est envahie en permanence d'aliens... Non, ce sera inutile. En revanche, le ton qui s'en dégage est intéressant, permettant de rebondir sur la société Américaine contemporaine, sur la gestion de la différence (la première scène voit les MIB intervenir pour saboter une rafle anti-clandestins à la frontière Mexicaine, après tout), et le tout sans jamais donner le moindre crédit à une quelconque thèse conspirationniste: Men In Black reste une comédie de bout en bout, que nul ne pourra jamais prendre pour argent comptant.
Ouf.
Donc, Sonnenfeld: il s'amuse comme un fou, trouve constamment le bon rythme, avec un sens du cadrage et de l'économie, qui lui viennent en droite ligne de son idée de la comédie: sa façon d'utiliser les différentes couches d'un plan sont un héritage de Buster Keaton, comme le fragile équilibre entre le jeu à froid des uns, et les soudaines embardées du jeu des autres, qu'il aime à distiller au compte-gouttes: c'est à ce titre que Will Smith, pour une fois, est bon. Le montage est serré (Et même un peu trop parfois, tant on a le sentiment que Sonnenfeld déteste s'embarrasser de scènes inutiles) et sans temps morts. Le résultat est un manifeste de comédie, dont on pourra se plaire à égrener les temps forts: l'arrivée d'un alien dans une ferme, en un seul plan, l'anecdote du "costume d'Edgar", le chien, et le fameux accouchement qui dégénère en arrière-plan pendant que l'avant-plan nous montre une conversation banale... Un seul moment regretter selon moi: un embryon de conversation sérieuse entre Smith et Jones qui ne s'imposait pas. Tuée dans l'oeuf, elle ne gâche pas le film...
Et du même coup, Men In Black devient le film dans lequel Sonnenfeld aura su résumer son projet et son efficacité, tout en se situant exactement là ou il souhaitait être: après les comédies fantastiques The Addams family et Addams family values, après la comédie moderne For love or money et le faux noir pour rire Get Shorty, avant la récupération d'une série western Wild wild west, les retours à Men In Black (II et 3)les comédies familiales RV et Nine lives, ou le très malchanceux Big Trouble faisant feu de tout bois pour faire rire, Sonnenfeld est un militant de la comédie populaire, un petit soldat de l'entertainment, qui a eu le bon goût permanent de ne jamais trop se prendre au sérieux, et de faire son boulot avec une efficacité redoutable.
Gloria Swanson a probablement du apprécier le changement radical dans sa carrière que lui a apporté la décision de confier la réalisation de trois de ses films à Allan Dwan, le franc-tireur qui avait non seulement survécu aux années 10 (il a débuté en 1911) mais aussi à la prise de pouvoir par les studios! Miss Swanson aussi, en 1923, tient du vétéran: certes, elle n'a débuté en 1915, mais elle a eu sa période avec Mack Sennett, puis au moins deux passages importants à la Paramount; d'une part, elle a bien sûr été une actrice de tout premier plan chez Cecil B. DeMille (Male and female, The affairs of Anatol), puis elle a été dirigée vers l'unité de Sam Wood pour lequel elle a interprété des rôles dramatiques (Beyond the rocks) mais elle s'ennuyait ferme. Donc Zaza est l'un des premiers pas pour raviver une carrière qui menaçait de tanguer sérieusement...
Suite du premier film, pour laquelle on prend les mêmes et on recommence. C'est selon, en fait: soit on considère que dans l'exercice périlleux des suites, Sonnenfeld s'en est bien tiré en jouant la carte du jusqu'au boutisme sur l'oncle Fester (Confronté à la joie de l'amour, mais aussi et surtout à des risques sérieux) et sur Wednesday et Pugsley, les deux enfants Addams (Confrontés quant à eux d'une part à l'arrivée dans eur vie d'un petit frère, mais aussi à la réalisation qu'une intrigante veut supprimer leur oncle): du coup, il réussit à prolonger le premier film et l'univers de Chas Addams, tout en développant quelques contours... Soit on considère que le film ne s'imposait pas et n'est, en dépit d'une prestation hilarante de Joan Cusack, pas un renouvellement profond de tout ce qui était déjà dit dans le premier film.
C'est donc dans le sillage d'une série à succès, créée pour la télévision, que le producteur Marc Du Pontavice et le metteur en scène Olivier Jean-Marie ont lancé ce projet de long métrage, qui s'il n'a pas forcément rencontré le succès escompté, est probablement la plus réussie de toutes les adaptations du personnage de Lucky Luke au cinéma. La série était déjà une relecture de l'oeuvre, entièrement dédiée à des scripts originaux et à une adaptation des codes graphiques de Morris, qui pour moi est l'un des plus importants graphistes de son temps: un génie. Il avait d"ailleurs, selon la légende, donné son accord au projet de série avant de décéder.../image%2F0994617%2F20241231%2Fob_04b9a8_18768027.jpg)
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Les intentions ne pouvaient pas être plus claires: personne, à Paramount, n'avait semble-t-il bougé le petit doigt pour se lancer dans une suite d'un de leurs films les plus populaires de la décennie, celui qui avait lancé une bonne fois pour toutes la star Valentino. Il est vrai que ses contrats successifs étaient plutôt pour des films uniques, et que le studio avait préféré jouer la diversité. Mais Valentino, devenu indépendant, a tout de suite après l'excellent The eagle (Clarence Brown, 1925) mis en chantier ce retour inattendu, en forme de séquelle téléphonée, un principe dont Douglas Fairbanks, en panne d'imagination lui aussi, venait de sacrifier avec Don Q, son of Zorro l'année précédente...
C'est sans doute avec ce film que les choses vraiment sérieuses commencent pour Germaine Dulac... Elle qui a expérimenté avec les formes établies du drame bourgeois (Voir La fête Espagnole ou La cigarette), rêvait de s'affranchir de l'intrigue pour placer l'intérêt sur la transcription visuelle des émotions et des impressions, et c'est ce film qui va lui permettre de faire exactement ce qu'elle souhaitait.
On l'aura compris: si le film est essentiellement une étude psychologique en surface, il n'en reste pas moins que ce dont il est question ici c'est d'amour physique et de frustration, celle de ne pas pouvoir se laisser aller à la passion...
Si on juge un metteur en scène à son premier film (Ce qui n'a rien d'idiot, après tout: prenez Welles et Citizen Kane!) Sonnenfeld apparaît définitivement comme celui qui ne fait rien comme tout le monde, avec une oeuvre extravagante et totalement burlesque, dont les censeurs, et autres maniaques du classement logique, ne doivent pas savoir quoi faire: le mauvais goût y est omniprésent, élevé glorieusement au rang d'ingrédient essentiel. Le comportement psychopathique de ce petit monde, et son installation au coeur de notre société sont la clé d'une histoire de toute façon impossible. Bref, c'est du cinéma qui joue à fond son rôle de ne pas refléter la réalité, et le fait avec un humour féroce et permanent.
Rappelons donc puisque je viens d'y faire allusion, l'intrigue du film: la très riche famille Addams, qui habite une immense et bien glauque maison, vit tranquille, absolument pas intégrée dans sa petite communauté, et chacun passant les journées à accomplir une série de tâches parmi lesquelles magie noire, torture, et autres bizarreries font toutes bon ménage. Les enfants jouent à se tuer mutuellement, et les adultes, Gomez et Morticia, s'aiment au point de se séduire en permanence, au mépris de ce qui les entoure. Mais il y a une ombre au tableau: le frère de Gomez, Fester, a disparu vingt-cinq années auparavant, pour ne jamais plus donner signe de vie, suite à une querelle. Un avocat véreux (Dan Hedaya) qui souhaite mettre la main sur la fortune des Addams, découvre un sosie (Christopher Lloyd, et un stratagème se met en place...).
Il y a les films muets classiques et incontournables, ceux que des armées d'historiens, d'archivistes et de passionnés nous ont aidés à conserver, voir, revoir et apprécier, de The general à Metropolis, de Sunrise à Ben-Hur, de Greed à The thief of Bagdad... Et il y a les obscurs, ceux qui ont existé mais dont on ne se souvient pas, parce qu'on vient de les retrouver dans une fosse en plein Alaska, ou dans un grenier sec et frais, et que des copies attendaient qu'on les retrouve: les films Thanhouser, par exemple, ou tant de productions locales, ou de petits studios qui n'ont pas eu la chance de survivre pour raconter leur propre légende.
En Afrique du Nord, la belle et hautaine Lady Diana (Agnes Ayres) est fascinée par les coutumes étranges d'un potentat local, le Sheik Ahmed Ben Hassan (Rudolf Valentino). Mais elle s'approche trop près, et le Sheik la fait enlever, et elle devient sa prisonnière. Contre son gré, oui, à moins que... les semaines passent, et la confiance s'installe. Confrontée à la vie du prince du désert, Diana rencontre ses amis, dont le Français Raoul (Adolphe Menjou), par lequel elle va apprendre à apprécier Ahmed de plus en plus. Mais tous les hommes du désert ne sont pas aussi gentils qu'Ahmed... Surtout le dangereux Ohmair (Walter Long), un homme qui en plus convoite depuis longtemps ce qu'il n'a jamais eu: une femme blanche.
