L'un des derniers films muets Chinois, La divine (Appelé The Goddess, soit "La déesse", en Anglais) est un pur produit du cinéma de Shangai: soigné, mélodramatique, et totalement sous l'influence des grands maîtres du cinéma Américain de la fin des années 20, Borzage en tête! Le film ne quitte jamais son environnement citadin, qui pourrait être Shangai by night: l'héroïne (Ruan Lingyu) est une jeune mère qui tous les soirs, s'occupe de son fils, le nourrit, le borde... avant de mettre une robe de soirée et de confier la garde du petit à sa voisine, parce qu'elle doit partir pour son travail. On se doute qu'elle n'est donc ni boulangère ni avocate, mais elle effectue son travail, jusqu'au soir où, pour fuir un raid de la police, elle doit se réfugier dans une habitation... Là, l'homme qui vit sur place accepte de la protéger contre la police le temps que la rafle se termine... Puis lui impose de passer le reste de la nuit avec lui. Elle est prise au piège, parce qu'il décidera de devenir son souteneur. Et surtout de se servir dans sa caisse dès qu'elle gagnera le moindre sou. Ce qui contrecarre prodigieusement les plans d'avenir d'une jeune mère qui se voyait déjà fournir une éducation décente à son fils... Elle va donc tenter le tout pour le tout, et fuir...
Le film entier est accroché à la performance de sa star, la grande actrice Chinoise Ruan Lingyu (1910 - 1935), dont la vie présente de façon troublante des échos de ce rôle, celui pour lequel elle est aujourd'hui encore reconnue. Ce sont précisément ces échos qui la décideront, suite à un scandale du à l'attitude indélicate de la presse (Qui aimait à la confondre avec ses rôles de prostituée!) mais aussi à celle d'un ancien amant. Mais justement, ce que le film montre, c'est le sacrifice absolu, total, d'une mère à son fils: elle sacrifie sa réputation, dans une scène perturbante, lorsque le directeur de l'école vient la cuisiner pour savoir si les rumeurs la concernant sont vraies, elle choisit de dire la vérité pour montrer justement qu'elle a tout donné pour son fils. Et elle va aller jusqu'à faire le plus ultime des sacrifices dans une scène inattendue, qui est le point culminant du film. On est confondus devant le talent de la dame, qui monopolise le regard de la caméra et le nôtre. Maintenant Yonggang a un oeil, et ce n'est pas un manchot: montage, cadrage, composition, mouvement... Il avait tout appris des meilleurs, et il avait tout retenu. Bref: un classique, un chef d'oeuvre... Foncez!

Quand une adaptation d'un roman débouche sur un ratage, les possibilités sont nombreuses. Eu égard à l'impression générale des autres films du scénariste de The Truman Show (Perfide, je sais), on aura tôt fait de désigner l'auteur Stephanie Meyer, la McDonald's du romantisme adolescent, comme la responsable de ce qui ne va pas dans ce film. Mouais. C'est facile. Pourquoi imputerait-on la débilité profonde des Misérables de Claude Lelouch à Victor Hugo? Après tout, le responsable d'un film est le réalisateur, à plus forte raison quand il a signé le script... Dont acte.
Ce film est particulier dans l'oeuvre de Niccol dans la mesure où il ne se conforme pas à sa vision habituelle d'un futur hypothétique (Gattaca, The Truman Show réalisé par Peter Weir sur un scénario de Niccol, The host, In time) ou d'un monde aux techniques tellement avancées qu'on vit en pleine science-fiction (Simone). Et bien sûr, Lord of war a été rejoint dernièrement par Good Kill, consacré à un sujet voisin: Good kill parle de la solitude d'un homme face à la facilité de tuer, et du tourment moral qui s'en suit. Lord of war présente le rêve Américain sous un jour infect: son héros vend des armes... Pas un petit armurier, en fait, plutôt un spécialiste de l'import-export de Kalashnikov par paquets de 10 000. Quant à ses clients? ...Il n'est pas trop regardant.



Nfissa vit dans une petite ville du bord de mer, en Algérie. La famille fait une sortie: la jeune femme va sur la plage avec ses deux enfants et sa maman, pendant que son mari doit se rendre à son travail. Lorsqu'elle lui demande de l'embrasser avant qu'il ne les dépose, Samir ne sait pas qu'il ne reverra pas sa femme, enfin pas telle qu'elle est maintenant... A la plage, les deux femmes restent à l'abri sous un parasol pendant que les enfants jouent, mais Nfissa a trop envie de se baigner pour se restreindre. Elle se jette à l'eau, avec sa robe afin de ne pas provoquer les hommes présents. Elle se laisse doucement porter, nage et profite du moment... jusqu'à ce qu'elle se trouve au milieu d'un groupe d'hommes. De tous âges, ils vont la tripoter, la traiter de tous les noms, l'agresser sexuellement, et finalement la noyer. Mais son corps n'est pas rejeté par la mer. Samir ne sait pas à quoi s'attendre... que sa femme revienne et qu'elle se prenne la gifle de sa vie, ou qu'elle soit morte? En lieu et place de ces deux optons, c'est sous la forme d'une femme-méduse qu'elle revient: décidée à assumer sa vengeance, en tuant tous ceux qui se trouveront sur son chemin, dans l'eau...
Voilà un petit film mystérieux, qui aurait tout simplement du passer entre les mailles des filets, en faisant comme 80% de la production Américaine muette: disparaître sans laisser de traces... Au lieu de ça, on a retrouvé une copie Européenne presque complète et avec quelques traces mineures de décomposition, qui a été sauvegardée par le musée Eye d'Amsterdam, et qu'ils viennent de mettre en ligne via leur chaîne Youtube. C'est un mélodrame assez banal mais qui présente une nature, comme on disait alors, "risquée", ainsi qu'un sujet qui faisait florès: la traite des blanches. Mais était-ce bien le sujet? D'une part le film accumule les retournements de situation et les digressions, d'autre part, je dois admettre que ma connaissance du Néerlandais est tout bonnement au point mort... ce qui rend la compréhension de ce film, au sujet duquel il existe assez peu d'informations, très difficile.
Une petite famille tranquille, rendue prospère par des années de business sans histoires, doit soudainement faire grâce à une série de crises majeures, dues à trois facteurs plus ou moins liés: le père, Peter Brent, a bâti sa richesse sur un truquage légal mais immoral quand il était avocat, et sa conscience le chatouille un brin; son associé, Balcom, a décidé de faire main basse sur ladite fortune, en utilisant un stratagème bien compliqué (Rendre son ancien ami fou en utilisant des bougies spéciales... Oui, oui.); et enfin, sous la maison, un souterrain et des repaires tortueux cachent les activités troublantes d'un étrange... robot. L'automate, particulièrement agile, est-il une machine, ou un homme se cache-t-il à l'intérieur? Quentin Locke, le secrétaire de Brent, mène l'enquête, et il lui faudra quinze épisodes pour venir à bout de l'infernal machin...