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22 décembre 2024 7 22 /12 /décembre /2024 22:46

Une cigogne fait son travail, qu'elle aime particulièrement: elle apporte bébé après bébé, et on lui fait un merveilleux accueil, avec un petit verre par-ci et un petit verre par là... Pendant ce temps, chez daffy Duck on attend justement un heureux événement. Du moins madame (Daphné, en l'occurrence), pas monsieur. Celui-ci est clairement décidé à empêcher la venue de l'oiseau de malheur...

Au-delà du fait que le film repose sur la croyance infantile plus qu'enfantine de la légende de la cigogne apportant les enfants à leurs parents, c'est noir, très noir même! Car Daffy Duck, prêt à tout, ne veut absolument pas d'un nouveau bébé, et le fait savoir... Sa détermination nous rappelle de quelle façon il accueillait (avec la plus sourde angoisse) l'idée d'aller servir son payx dans un court de Bob Clampett. Plutôt que lâche et minable, au moins on l'aime assez facilement quand il est aussi vindicatif. L'animation est très adéquate...

Et puis il y a des crocodiles dans la cave. On n'en discute même pas l'implacable logique...

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes Daffy Duck
22 décembre 2024 7 22 /12 /décembre /2024 22:36

Enfonçons si vous le voulez bien une porte ouverte: Rear window est l'un des joyaux de son réalisateur, un très grand film de l'époque classique d'Hollywood, et ses cinq acteurs principaux sont tous fabuleux, y compris le méconnu Wendell Corey en détective irritable qui va s'investir dans cette enquête bizarre uniquement pour prouver à son copain qu'il a tort, y compris la grande Thelma Ritter en infirmière pittoresque. L'intrigue concerne comme chacun sait un photographe immobilisé par un accident qui est si désoeuvré qu'il n'a pas d'autre ressource d'espionner ses voisins, mais finit par tomber sur ce qui ressemble bien à un meurtre.

Le thême du faux coupable, si cher à Hitchcock, échappe à ce film, qui se concentre à la place sur un grand nombre d'autres aspects, tous aussi fascinants les uns que les autres, et qui ont toujours une résonnance à notre époque de voyeurisme. On pourrait dire sans trop exagérer que L.B Jefferies (James Stewart) est un ancêtre du zappeur, mais la perversité de la situation est troublante.

Un autre aspect qui découle de la multiplicité des appartements à voir par cette "fenêtre de derrière", c'est le fait que tout ce qui s'y passe parle d'amour, et non seulement renvoie à ce curieux couple formé par Jeff et Lisa (Grace Kelly), il commente en plus leur valse hésitation, la souligne, l'illustre ou la parodie...

Jeff utilise d'ailleurs consciemment cette analogie, ce qui pousse Lisa à participer à sa fascination pour ces fenêtres étrangères avant même d'être persuadée comme lui de la tenue d'un meurtre sordide en face de chez eux. Hitchock utilise d'ailleurs toutes ces fenêtres pour pousser le bouchon un peu loin, et le soupçon du sexe hors mariage entre Lisa et Jeff est plus que souligné du début à la fin. Sinon, le crime qui a eu lieu (Tout le monde le sait, s'en doute, on peut le dire sans révéler grand chose) est perpétré par un être humain, qui n'a rien d'un grand criminel, interprété par Raymond Burr, qui en fait un homme peu sûr de lui, manifestement réservé et brutal, timide et dangereux. Le tour de force pour Burr comme pour Hitchcock, c'est de faire cette caractérisation à distance, non seulement de Jeff, mais aussi du spectateur, et du micro: on l'entend très peu. Certaines scènes doivent beaucoup à son regard (Lorsqu'il aperçoit l'alliance de sa femme sur le doigt de Lisa, et qu'il surprend son geste, il jette un regard direct sur la caméra), et paradoxalement la confrontation finale, qui nous permet enfin d'entendre sa voix à la fois inquiète et menaçante, nous laisse voir un homme qui se sait brisé, condamné. Il fait pitié...

C'est que tout ce qui se passe autour de L.B. Jefferies, et de Lisa, semble renvoyer à eux d'une manière ou d'une autre: Hitchcock s'est efforcé de faire de presque chaque voisin soit un commentaire sur ce que sont les deux héros, soit un double de l'un d'entre eux. Burr, dans une de ses premières scènes, est d'ailleurs commenté par James Stewart, qui s'imagine dans la même situation que l'homme marié, et semble assez clairement le plaindre..

Le scénario est très cohérent, qui fait usage de tous les aspects du regard, personnifié par les objets du photographe, les objectifs et les jumelles, dans un jeu de regards et de points de vue remarquables, surtout que Hitchcock, fidèle aux défis les plus fous, ne sort pas ou presque pas de l'appartement...

Enfin, décidément, ce film est un hommage au cinéma, représenté par toutes ces fenêtres, qui renvoient une image muette, de façon perverse, puisque nous n'avons pas le droit de regarder ce qui se passe chez nos voisins, mais HItchcock semble nous dire: Au cinéma, on peut...

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Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock
22 décembre 2024 7 22 /12 /décembre /2024 17:18

Ralph Graves joue ici Lefty Phelps, un joueur de football qui a fauté: il a marqué contre son camp et est devenu la risée de l'Amérique. Il s'engage dans le corps des Marines pour oublier, avec l'intention de se tourner vers l'aviation... Il est plus ou moins pris sous l'aile du sergent instructeur Panama Williams (Jack Holt), qui l'a à la bonne jusquà ce que les deux hommes deviennent rivaux pour les beaux yeux de l'infirmière Elinor (Lila Lee)...

C'est un produit de pure consommation, en quelque sorte: suite au succès de Submarine, en 1928, Harry Cohn a demandé à Capra de reprendre sinon l'argument ou les héros, au moins le style de son gros succès dans un nouveau film: cette fois les deux hommes sont des pilotes...

Le film est donc parlant, et on sent le réalisateur enclin à tout faire pour éviter les écueils techniques. ses personnages ne parlent pas trop lentement, et il en ressort un certain réalisme, qui sied bien avec le côté "dur à cuire" des deux personnages principaux. Le dialogue est d'ailleurs crédité à Capra lui-même. Techniquement, le film est très adroit, l'efficacité du metteur en scène n'étant jamais prise en défaut.

Sinon, on sent la touche de Capra l'auteur à travers cette carrière de militaire qui nait d'une gaffe monumentale, préfigurant la naïveté des Deeds et Smith... Et le metteur en scène s'amuse d'un gag (autour de Ralph Graves, malade après son premier vol, et pris d'une sérieuse envie de vomir alors que les soldats sont unis dans un salut aux couleurs) dans lequel il contourne à la fois la difficulté et la vulgarité.

Mais ce qui me frappe le plus, c'est qu'après avoir laissé Submarine plagier (et surpasser) A girl in every port, Capra ici reprend l'argument sentimental de Tell it to the marines, et réussit à faire un film bien plus distrayant que... Hell's angels. Vous me direz, c'est très facile...

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Frank Capra
22 décembre 2024 7 22 /12 /décembre /2024 17:11

Une jeune voiture, contre l'avis de sa mère, voudrait être un taxi... Il fait l'école buissonnière et se mesure à un train... Mais il a un accident.

Apparté: je hais le film Cars, de John Lasseter, mais pour une raison toute personnelle. Je ne parviens pas à accepter cette idée stupide, de proposer une vision du monde dans laquelle l'humanité est remplacée par la civilisation de la voiture... Dans ce film, c'est presque pareil. Je dois dire qu'il est assez repoussant, mais là encore, c'est vraiment MON impression.

Mais au-delà, le film souffre surtout de son étrange fin, qui semble vraiment enfoncer le clou! après un accident, le petit véhicule fait exactement la même bétise, sans que le film ne soit résolu. Avery donnera dans les années 50 sa version de ce genre d'histoire, et ce sera à peine meilleur...

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Looney Tunes Animation
22 décembre 2024 7 22 /12 /décembre /2024 17:04

Sylvester (El Grosso Minetto) décide d'acheter un faucon pour venir à bout de Speedy Gonzales...

Les films des Looney tunes des années 1960, dans leur vaste majorité, sont l'ombre de l'ombre de leurs vertes années. Non seulement tous reposaient sur la répétition à l'envi des situations des films d'avant, mais en plus ils usaient d'une animation souvent indigente. L'idée n'était pas d'aller plus loin que de fournir de la pellicule au mètre qui serait ensuite sagement recyclée pour la télévision.

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
22 décembre 2024 7 22 /12 /décembre /2024 16:56

C'est la saison de la chasse... au canard. Elmer Fudd est bien décidé à participer, mais Daffy Duck, sans doute en mémoire de sa première apparition, est lui aussi bien décidé à s'opposer...

Le fait est entendu: passé 1948, Daffy Duck perd quasiment tout son intérêt, sauf quand il devient la proie de la méchanceté de Chuck Jones... Ici, il est donc ce mollasson qui rate tout, et c'est une trahison totale de l'esprit de la création de Tex Avery et Bob Clampett... Ce qui est d'autant plus paradoxal qu'on revient ici aux fondamentaux.

Il y a juste à la fin une allusion à l'irrésistible danse loufoque du personnage, mais qui ne cadre pas avec le reste. Pour finir de l'assassiner, je concluerai en disant qu'en plus c'est d'une laideur assez repoussante...

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Published by François Massarelli - dans Daffy Duck Looney Tunes Animation
22 décembre 2024 7 22 /12 /décembre /2024 16:51

Sylvester s'avise de la présence d'un pic-vert... Et il a décidéd'en faire son repas, mais ce sera difficile, d'autant qu'un chien, un bull-dog nommé Hector, ne l'entend pas de cette oreille.

C'est un film impeccable, qui date d'une époque durant laquelle Freleng créait encore beaucoup, et ne reposait pas que sur des automatismes! Le personnage de Sylvester n'est pas encore totalement cristallisé dans son graphisme, ce qui donne un vrai dynamisme au film. Et l'animation est vraiment très fluide, on ne s'ennuie pas un instant.

Notons qu'ici, Sylvester ne parle pas du tout, ce qui lui donne infiniment plus de poids...

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
22 décembre 2024 7 22 /12 /décembre /2024 16:46

Granny emménage avec son abominable canari Tweety... En chemin, le camion croise Sylvester, qui sent la présence de l'oiseau... et donc il va tout faire pour s'en emparer, mais l'animal est tellement maléfique qu'il n'y parviendra pas...

C'était encore clair, à cette époque, que le véritable héros (qui s'en prenait tant dans la figure, le pauvre) de ce dessins animés, n'était pas cet horrible piaf, mais bien sûr ce pauvre chat. C'est un dessin animé soigné, qui montre encore la verve un rien sadique de Freleng.

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
22 décembre 2024 7 22 /12 /décembre /2024 16:41

Daffy Duck se rend à la plage avec sa petite amie, Melissa: elle ressemble à Veronica Lake, je ne sais pas si Veronica Lake était encore dans les mémoirs en 1953... La jeune cane est épatée par un autre canard, un body-builder, ce qui met une pression phénoménale sur Daffy...

Il fut un temps lorsque Daffy Duck était un héros viable, ou pour le moins étrange... Il était comme son surnom le laissait entrevoir, particulièrement loufoque... Puis sans raison, il est devenu cette chiffe molle, ce loser même pas magnifique, qui doit toujours passer derrière les autres et faire preuve de mauvaise foi. ...L'ombre de Donald? 

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Published by François Massarelli - dans Animation Daffy Duck Looney Tunes
22 décembre 2024 7 22 /12 /décembre /2024 16:32

Babbit et Catsstello, deux souris, tentent de cambrioler une épicerie, mais il leur faut faire face à deux dangers: d'une part, le chat de la boutique, d'autre part le fait que Catsstello est une insupportable andouille...

J'abandonne: je n'ai jamais compris l'intérêt des acteurs Abbott et Costello, rassemblés dans des films de série Z et unis par le pire u pire: un humour verbal, basé sur des automatismes et des jeux de mots. C'était pourtant un tandem très populaire, dont ce film et d'autres se veulent une parodie affectueuse. Mais la parodie est au moins aussi ennuyeuse que l'original... 

Sinon le film date du moment où McKimson a repris l'unité de l'autre Bob, Clampett! Ce dernier lui avait laissé quelques films à finir, dont celui-ci qui par moments nous fera penser au graphisme de l'illustre animateur... qui lui-même adorait se livrer à des parodies populaires. Pas grand chose d'autre à dire...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes