Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
1 mars 2026 7 01 /03 /mars /2026 18:15

L'historienne Lotte Eisner a longtemps été la principale autorité sur tout ce qui concerne le cinéma Allemand, mais ça, c'était avant: avant qu'on puisse disposer de certains films à la maison. Il me semble que l'oeuvre de sa vie a été de réécrire l'histoire glorieuse de Fritz Lang, à la lumière de ses souvenirs sur les films eux-mêmes, de ce que Lang en a dit, mais aussi d'un parti-pris malhonnête, qui lui a fait constamment prendre parti pour le metteur en scène de Metropolis contre celui de Nosferatu, car s'il y a un réalisateur qu'Eisner ne pouvait pas encadrer, c'est clair à la lecture de ses livres qu'il s'agit bien de Murnau. Quoi qu'il en soit, la thèse quasi officielle sur ce film, le dernier réalisé en Allemagne avant son exil Californien (en passant par Paris) par Lang, est qu'il s'agit d'une oeuvre géniale et anti-nazie, totalement visionnaire, dans laquelle Lang aurait mis les mots d'Hitler dans la bouche d'un fou criminel... Ce qui est faux. Car si le film est visionnaire, c'est qu'il anticipe sur le chaos, sans jamais en nommer les responsables, comme dans M et dans le Mabuse de 1922.

On passe sur les mensonges du cinéaste, qui se représente quasiment poursuivi par les sbires de Goebbels à la suite d'une entrevue avec le chef de la propagande d'Hitler: c'est vrai que Goebbels qui admirait Lang, et n'aimait pas du tout son dernier film, a néanmoins proposé au metteur en scène de prendre en mains la destinée du cinéma Allemand. C'est également vrai que Lang, décontenancé, n'a pas su quoi lui dire. C'est toujours aussi authentique que le metteur en scène est alors parti aux Etats-Unis, laissant derrière lui un risque sérieux lié à ses propres origines, mais aussi ses amis Thea Von Harbou et Rudolf Klein-Rogge, qui eux allaient se comporter en bons petits Allemands bien comme il faut dans les douze années à venir. Mais l'entrevue et la fuite n'ont pas eu lieu, comme le prétend le metteur en scène, le même jour, ni d'ailleurs la même semaine; le processus de départ s'est étalé dans le temps, sur plusieurs semaines. Ce qui est vrai en revanche, c'est que Seymour Nebenzal, de Nero Films, a bien laissé carte blanche en 1932 à Lang pour réaliser un film qui serait la suite de Dr Mabuse Der Spieler, son film emblématique de 1922; et pendant ce temps, l'auteur des romans d'origine Norbert Jacques devait lui aussi broder sur les mêmes idées que Lang et sa scénariste Thea Von Harbou, pour un "Testament" qui est parait-il fortement éloigné du film...

Dans ce film, on suit des péripéties autour de la découverte d'une mystérieuse bande de bandits au chef mystérieux, et de leur impressionnante faculté à déjouer les plans de la police. Lang et Von Harbou orchestrent leur intrigue autour d'un certain nombre d'éléments: la tentative de fuite d'un ancien policier (Karl Meixner) qui souhaite se réhabiliter, mais qui craint pour sa vie d'autant qu'il connait, lui l'identité du maître du crime; les aventures d'un bandit amoureux (Gustav Diessl) qui souhaite s'en sortir, mais va avoir du mal à rejoindre sa petite amie; la façon dont le commissaire Lohmann (Otto Wernicke) mène l'enquête à partir d'un puzzle... Le tout étant saupoudré de scènes liées au professeur Baum (Oscar Beregi), le directeur de l'institution mentale dans laquelle le criminel Dr Mabuse (Rudolf Klein-Rogge), a été enfermé lors de son arrestation. Baum, fasciné par le Docteur, prétend que les papiers que le criminel fou noircit jour après jour, sont le secret de son esprit...

A partir de ces éléments en apparence disjoints, Lang organise une histoire à l'unité indéniable, grâce en particulier au truc qu'il affectionnait tant depuis Mabuse: créer un lien entre deux scènes, deux espaces, deux séries de personnages en apparence sans rapports entre eux, par la simple grâce d'un mot, d'un geste, d'un montage précis. Chaque fois qu'nu personnage demande "qui est derrière tout ça?", le plan suivant nous répond. dans ces conditions, bien sûr, il est difficile de ne pas voir très vite qui est réellement derrière tous ces crimes, mais Lang, toujours dans la lignée de son maître Feuillade, n'est pas là pour l'énigme, plus pour le frisson du suspense, et bien sûr l'écheveau d'images, de signes qu'est son film. Il prend un plaisir évident à réaliser une oeuvre totalement distrayante, à la mise en scène parfaite... Sans pour autant, bien entendu, se contenter de réaliser un film de genre.

Les nazis ont interdit ce film: est-ce uniquement parce qu'il avait été produit par Nebenzal, ou y ont-ils vu les éléments dont Eisner prétendait qu'ils faisaient l'intérêt du film? Je pense que la vérité serait entre les deux: il n'y a finalement pas, dans ce film pas plus que dans M, du reste, de référence directe aux nazis, juste une atmosphère particulière: comme dans M, on nous montre une Allemagne en proie à la crise, mais dans laquelle la vie continue, et le commissaire Lohmann, limier fin mais débonnaire, a surtout envie qu'un jour on puisse le laisser aller au spectacle sans l'embêter avec un crime ou un cambriolage... Mais dans l'ombre, un criminel tisse une toile inquiétante, et d'une façon d'autant plus effrayante qu'il semble n'en rien retirer d'autre que le chaos. Au Mabuse de 1922, qui assurait sa toute puissance en s'installant dans l'esprit de chacun par l'hypnose, mais devenait riche au passage, le Mabuse de 1933 est plus ambigu encore. Les bandits le demandent, d'ailleurs: pourquoi on fait tout ça si ce n'est pour avoir de l'argent? 

Visait-il le nazisme, ou tout simplement voulait-il s'en prendre au mal dans toute son acceptation? Lang avait déjà fait en 1922 le portrait d'une Allemagne malade, qui se jette dans les bras ouverts d'une classe de profiteurs, qui gangrenait déjà toutes les couches de la société: policiers comme bandits y portaient les mêmes smokings. L'Allemagne de 1933, nous dit-il, est encore plus malade, et il met en garde de façon assez claire les gens sans conscience, les hommes trop faibles (Baum qui va être "envahi" par l'étrange prose de Mabuse) comme les quidams qui vivent leur vie sans se soucier des autres (n'as-tu pas un chèque tous les mois? Alors de quoi te plains-tu?): son film est un étrange conte, d'ailleurs, dans lequel tout revient sans cesse au point de départ, à un message qu'on a empêché un homme de délivrer à la troisième minute, qu'il réussit finalement à donner à son destinataire à la fin. Une sorte de boucle sans queue ni tête, presque, dont les scènes se succèdent par la grâce de liens logiques, mais aucun de ces liens n'est vraiment chronologiques...

...Sauf l'histoire de Lilli et Kent: ils sont bien mignons, d'ailleurs, ces deux-là. Mais si Lang les a intégrés à son histoire, c'est qu'il a décidé de donner du suspense à son public, à travers une formidable scène de tension dramatique. Car la très bonne nouvelle, c'est que si Lang est un cinéaste inquiet, désireux d'éveiller le public à son malaise, sans pour autant pointer du doigt vers le ou les responsables, il le fait avec génie, à travers une histoire riche en péripéties: poursuites, explosions, mystère garanti. Et il le fait aussi pour la dernière fois, car après ce film, Lang ne fera plus un seul film en totale liberté. Ni en France, ni aux Etats-unis, ni en Allemagne (où il ne tournera d'ailleurs que deux films d'une platitude affligeante, si vous me demandez mon avis)... Dans ces conditions, je pense qu'il était pertinent pour le metteur en scène de faire appel à Otto Wernicke, le commissaire de M: il lui permettait de faire se rejoindre son chef d'oeuvre formel de 1931, et sa grande fresque de 1922, en une seule et même oeuvre à tiroirs. 

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Noir Fritz Lang Criterion
28 février 2026 6 28 /02 /février /2026 23:06

Seule une poignée de films parmi les dizaines qu'il a réaliés au tout début de sa carrière de cinéaste (qui n'était pas loin s'en faut sa première carrière et encore moins hélas au vu de son destin, sa dernière) subsiste aujourd'hui: l'affaire est hélas connue, non seulement le temps n'a pas été tendre avec une oeuvre consignée sur des supports aussi fragiles, mais en plus le maître lui-même, de dépit, de rage ou de désespoir, a détruit une grande partie de ses films. Il en reste, probablement, moins de 30%.

Il est donc réjouissant qu'en 2026, on puisse encore trouver un film... Une oeuvre de 1897, réalisée par Georges Méliès alors qu'il n'avait pas encore été un "metteur en scène" pour un an. Une de ces oeuvres à transformation dans lesquelles un Méliès encore jeune et bondissant, maître théâtral de cérémonies, s'amuse à montrer un objet magique, ici un automate qui change à volonté de taille... Enlevé, vite fini et totalement en phase avec l'héritage théâtral de Méliès.

Le film a été retrouvé, comme de juste, dans une archive... Le temps des découvertes dans les vieux greniers, j'en ai peur, est bel et bien fini.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
27 février 2026 5 27 /02 /février /2026 16:00

A New York au début du XXe siècle, le Bowery est le quartier populaire par excellence: dans les cafés à la réputation douteuse, toute une faune vit d'expédients: M. Adolphe (Agostino Borgato) a un business lucratif, il fournit les mendiants en fausses bosses, machineries qui les transforment en cul-de-jatte, et toutes ces sortes de choses... Dans le milieu, il n'y a pas plus élégant que Charley (Percy Marmont), surnommé Easy Money pour l'aisance avec laquelle il obtient la charité des passants. Ils le croient manchot et difforme, alors qu'il est en pleine santé. Quand une jeune femme du quartier (Juliet Brenon) meurt à cause de la tuberculose, elle a confié à Charley la garde de sa fille. Il l'élève, et elle le rend heureux, mais... une fois adulte (Mary Bryan) elle a du mal à ne voir en lui que son tuteur, et il se rend compte qu'elle est amoureuse de lui. 

Pendant ce temps, la menace d'un concurrent de Charley, Whitey le faux aveugle (John Harrington), se précise: il sait le parti qu'il peut tirer de la réelle identité de Charley, l'homme du monde qui a construit son aisance sur un mensonge...

C'est un film remarquable, et qui ne ressemble à aucun autre: Brenon, sans doute, avait à coeur d'en faire une plongée dans un monde étonnant, celui des mendiants, monte-en-l'air et autres escrocs à la petite semaine. Bien sûr, il convient d'accepter ce que dit le film, à savoir que la quasi totalité des mendiants dans le quartier où se situe l'action seraient des escrocs... Mais on doit aussi reconnaître que le film choisit délibérément de prendre le point de vue d'un homme, Charley, qui de par son propre choix a trouvé un business lucratif dans ce qui s'avère être une escroquerie (probablement tolérée par la police qui semble avoir d'autres chats à fouetter, ou peut-être qui se fait avantageusement graisser la patte, comme on dit), mais reste malgré tout un brave homme à l'élégance morale évidente...

Une ambiguité soulignée par le fait que si Whitey est bien, lui, un très sale type, il bénéficie malgré tout du respect de Charley qui ignore qu'il est un faux aveugle, puisque seul Adolphe est au courant... Un paradoxe ironique, qui paie particulièrement à la fin du film, puisqu'il s'agit de la confrontation entre les deux hommes.

Le meilleur du film est probablement la recréation pittoresque du New York d'avant la guerre, de l'époque où quand un Américain faisait la manche parce qu'il était estropié, c'était pour d'autres raisons qu'une blessure de guerre... C'est un mélodrame vigoureux, plutôt avantageusement joué, sauf en ce qui concerne John Harrington, justement, qui en fait des tonnes. Il est vrai que son rôle est celui d'un homme insupportablement maléfique! A noter à ses côtés, dans la dernière bobine, l'apparition non créditée d'une jeune actrice qui effectuait ses premiers pas devant la caméra... Ces quelques minutes de Louise Brooks sont l'une des raisons qui ont sans doute permis la sauvegarde et la localisation de ce film, et c'est dans un bluray qui est consacré à l'actrice qu'on peut en voir une restauration. Maintenant, je le répète, on ne la verra que deux ou trois minutes...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans 1925 Muet ** Herbert Brenon Louise Brooks
26 février 2026 4 26 /02 /février /2026 17:44

Ce film est incomplet, et est une sorte de rareté: réalisé par Santell pour la First National, où Louise Brooks, dont la Paramount ne savait manifestement pas quoi faire, était en "location" pour un petit second rôle...

Jimmy et Scotty sont deux employés d'une maison de jeu, mais Jimmy (Jack Mulhall) décide de se lancer dans un vrai job; Scotty (William Collier Jr), par amitié, le suit... Il propose à son ami de lui présenter sa petite amie Diane (Louise Brooks), dans l'espoir que celle-ci lui présente une amie pour Jimmy. Quand ce dernier, qui est extrêmement méfiat à l'égard des femmes, rencontre Jeanne (Dorothy MacKaill), ça se passe très bien entre eux...

...Mais des péripéties, principalement situées en fin de bobine 4 et dans la bobine 5, soit des éléments perdus du film, vont leur mettre des bâtons dans les roues. Les fragments conservés sont splendides, une raison de plus de pester contre le sort qui s'acharne contre le cinéma muet américain... Mais si on s'intéresse à Louise Brooks, alors autant le savoir: sur les 33 minutes qui restent de ce film (manifestement mineur), elle n'en occupe que 4. Non, la vedette, clairement, était Dorothy Mackaill.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet 1926 ** Louise Brooks
26 février 2026 4 26 /02 /février /2026 11:39

Ce long métrage de 1926,produit par la Paramount et réalisé par Frank Tuttle, fait partie des films perdus, même si on peut en voir des bribes: je m'explique plus loin. La star en était Esther Ralston, et l'intrigue de comédie tournait autour d'un concours de beauté, auquel participaient d'autres actrices, parmi lesquelles Louise Brooks...

Pour commencer, il convient de rappeler que le film muet a été produit à une époque où le médium était hautement périssable, et pas spécialement préservé. Le film étant un objet d'art aux existences multiples (des dizaines de copies étaient tirées de plusieurs négatifs) mais dont la survie ne dépassait pas toujours les dix années, et les modes changeant vite, un studio en 1928 n'avait pas la moindre utilité dans un film de 1918, alors imaginez le traitement subi par les films muets une fois le parlant arrivé...

Il ne subsiste aucune copie de ce film, comme du reste de 70% environ de la production Américaine d'avant 1928. Par contre, si tant de films perdus, bons ou mauvais, ont été purement et simplement oubliés, il y a un certain nombre d'entre eux qui sont particulièrement cherchés aujourd'hui, eu égard à leur appartenance à une filmographie importante (Murnau, Ford, Stroheim), ou la présence d'une star de premier plan: celui-ci fait partie du lot.

Mais comme je le disais plus haut, il est possible de "voir" The American Venus aujourd'hui, à travers des bandes-annonce d'époque, qui ont miraculeusement survécu (en ayant le bon goût de ne pas être constituées uniquement de textes, ni des mêmes fragments de l'intrigue!): des images du film, disjointes, et choisies pour leur effet direct. Il se dégage de ces images (dont certaines en Technicolor) l'impression que cette comédie de Tuttle était l'un des films ultimes sur ce que l'on appelle le "jazz age"... Des fragments de copies sont également réapparues, dont une séquence en Technicolor. Et il existe aussi un court, très court fragment d'un essai de Louise Brooks en couleurs... Toutes ces pépites ont été agrégées par les historiens en un ensemble de 8 minutes qui n'essaie pas de nous reconstituer le film, mais donne très envie d'en voir plus!

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Film perdu Muet 1926 Louise Brooks Technicolor **
25 février 2026 3 25 /02 /février /2026 14:55

En 1870, le gouvernement Américain doit encore payer des factures de citoyens qui ont donné de leur temps, et parfois de leurs moyens, pour aider la cause de l'Union lors de la guerre civile... Une des plaignantes, Anna Ella Carroll (Fay helm), affirme être à l'origine d'un plan de bataille qui a permis au Général Grant de renverser la situation alors que le Sud gagnait bataille sur bataille... 

Etrange film, qui fait un solide usage de sa durée de 10 minutes pour installer une énigme: Mrs Carroll était-elle, comme elle l'affirmait, la prcincipale responsable du retournement de situation de 1863, qui devait mener à la fameuse victoire de Gettysburg? On ne le saura pas... Mais il n'est justement pas question ici de le savoir ou de l'établir, simplement de démontrer que parfois des actions héroïques, décisives, peuvent avoir été commises dans le secret le plus absolu... Ou que l'histoire est faite d'énigmes obscures, qui sont souvent plus intéressantes que leur résolution!

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Jacques Tourneur
25 février 2026 3 25 /02 /février /2026 14:46

Dans un premier temps, le film pose une série d'énigmes: pourquoi un camionneur, en parfaite santé apparemment, a-t-il perdu le contrôle de son véhicule après avoir été comm aveuglé? Pourquoi une secrétaire particulièrement comptétente a-t-elle commis tant de bévues en peu de temp, qu'elle a été licenciée? Et pourquoi, alors qu'il est lui-même en parfaite santé, un jeune garçon doit-il marcher avec des béquilles parce que ses jambes refusent de le porter?

Puis on suit le quotidien du Dr Eijkmann (Stephen McNally), un chercheur confronté à une épidémie de béribéri sur l'île de Java. Après quelques temps, il finit par découvrir que le riz blanc utilisé dans l'alimentation est ce qui a causé la maladie...

L'alphabet "magique" dont parle le titre est tout simplement l'appellation des vitamines, ces éléments précisément découverts par Eijkmann à Java, et qui manquaient aux protagonistes des trois exemples cités plus haut... Ou comment donner un angle d'attaque particulièrement alléchant pour un petit film documentaire sur les vitamines!

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Jacques Tourneur
23 février 2026 1 23 /02 /février /2026 18:33

Rythmé en permanence par la voix sans finesse ni subtilité de Pete Smih, ce court métrage (nominé aux Oscars en 1938) détaille l'histoire de la découverte progressive du radium et de ses propriétés étranges, capables aussi bien de causer la maladie que de la soigner...

Le film garde évidemment une approche documentaire, mais comme tous les courts métrages de Tourneur à la MGM, il nous montre en recréant, et en faisant un usage admirable des images. Le narrateur y et utilisé pour détourner l'attention, et on oublie que les scènes qu'on voit à l'écran sont en réalité des recréations... Et la beauté du noir et blanc s'insère partout dans le film pour le doter de cette proverbiale étrangeté qui faisait le sel des films du réalisateur!

Enfin, notons que ce dernier, l'un des plus progressistes de tous les classiques d'Hollywood, a beau introduire Marie Curie comme 'l'assistante' de son mari Pierre, il nous montre la jeune femme prenant sans ambiguité la direction des opérations...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Jacques Tourneur
21 février 2026 6 21 /02 /février /2026 17:47

Ce film de 1924 est le témoin d'une rude époque: la Columbia était une minuscule compagnie, qui n'avait pas encore trouvé le moyen d'exister face aux géants du cinéma Américain, les Paramount, Fox, First National (qui n'avait pas encore été absorbée par la toute jeune compagnie Warner) et la toute nouvelle Metro-Goldwyn-Mayer... Devenue Columbia, après que Harry Cohn ait utilisé l'étiquette CBC (Cohn-Brandt-Cohn), ce long métrage mélodramatique est donc l'une de leurs premières productions.

Du tout venant, dans sa globalité, malgré un certain soin. On est en plein mélo: dans la famille Gower, la fille Mildred (Alma Rubens) est la personne raisonnable: à cause des frasques de sa mère (Eugenie Besserer), elle est obligée de se marier avec le riche (et vieux) Lemuel Sidall (William Welsh), qui lui mène une vie infernale... Elle aurait préféré le beau docteur Donald Keith (Frank Mayo)...

En une heure, le film nous fournit toute la tension mélodramatique nécessaire: l'attente face à un mariage qui menace d'être étouffant, les jalousies délirantes de Sidall (dont la santé fragile est une constante épée de Damoclès), la rencontre inopinée entre les tourtereaux, à quelques heures du mariage fatidique, et une croisière improvisée riche en rebondissements...

Le meilleur moment? Un plan inattendu lors de la nuit de noces, alors que William Welsh s'avance vers elle, on nous montre un beau gros plan d'Alma Rubens, en un éclair... Cette dernière, contrairement à la compagnie Columbia, n'en était pas à son coup d'essai...

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Muet 1924
19 février 2026 4 19 /02 /février /2026 17:10

Tom a beaucoup célébré la nuit précédente, et rentre au petit matin, totalement fatigué. Mais Mammy-two-shoes lui fait comprendre qu'il n'a pas intérêt à s'endormir sur son travail: il a une souris à attraper. Jerry qui a compris sa chance, fait tout au contraire pour qu'il s'assoupisse...

C'est une intéressante inversion de ces dessins animés dans lesquels la tâche (impossible) du héros est de ne pas révéiller un autre protagoniste. Ici, Jerry fait tout pout endormir Tom, qui justement ne demande que ça! C'est drôle, et enlevé. 

Et l'invention permanente, de Tom comme des auteurs, est admirable. Des cure-dents utilisés pour garder les paupières ouvertes, au scotch pour les attacher à la nuque, tout y passe...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation