Ce cinquième film mettant le chien de berger Ralph au loup Sam (qui ressemble tellement à Wile E. Coyote que c'en est toujours assez perturbant) ressemble beaucoup aux autres: la même intrigue et la même structure, comme d'ailleurs la série consacrée au Coyote et au Roadrunner; les mêmes traditions d'ouverture et de conclusion, avec inévitablement le pointage des deux animaux... A noter qu'il y aura ensuite, après ce film, deux autres apparitions du duo.
La seule variation à proprement parler, dans cette série qui s'est prolongée de façon sporadique sur une dizaine d'années, tient dans l'esthétique globale: le trait de Chuck Jones s'est affadi, et la technique de son équipe s'est simplifiée. C'est le défaut palpable de tous les dessins animés des Looney Tunes de toute façon...
Le vieux Wilson (J.P. Lockney), un magnat de l'aviation, a des problèmes pour anticiper son héritage: pas de souci avec son fils Dick (Gareth Hughes), un grand boy-scout qui est son meilleur pilote, ni avec la fiancée de celui-ci, Alice (Josephine Hill), qui est blonde comme les blés...
Non, le problème, c'est Joseph (Joseph Tansey), le neveu: un excellent pilote, mais pas aussi bon que Dick... Et surtout pas aussi valeureux, car la fripouille a surtout utilisé ses talents de pilote pour faire du trafic de bibine! Décidé à récupérer ce qu'il estime son dû, il kidnappe son oncle, le confie à un ami charlatan douteux qui tient un sanatorium douteux, le douteux Dr Shade (Sheldon Lewis), pour faire on ne sait pas trop quoi, mais sans doute pas des câlins.
Il kidnappe aussi tant qu'à faire la belle Alice et tente de l'obliger à, je cite un intertitre, "se marier volontairement" avec lui... Bonne chance! ...Sinon, il y a aussi un chien.
C'est un film de la compagnie Cheserfield, qui témoigne d'un aspect de l'industrie cinématographique qu'on a eu tendance à ignorer pendant longtemps: derrière tant de chefs d'oeuvre, il y a des films de série B, estimables ou non, qui ont fait régulièrement bouillir la marmite... Des produits de série qui alimentaient les programmes et proposaient des frissons vite faits mal faits pour pas grand chose. Ici, un chien savant, qui sait surtout aboyer sur commande, des avions, un méchant à moustache avec regard torve, un sauvetage en plein air, une clinique douteuse avecdes opérations douteuses, et des héros avec le charisme d'une brosse à dents...
Attention, chef d'oeuvre! Alors que son style s'affirme et devient de plus en plus efficace (un mélange raffiné et parfait entre rondeur du trait et précision de l'expression, qui ne doit pas grand chose à Disney), Chuck Jones essaie tout ce qu'il veut essayer... Et ici, c'est un film sans une seule réplique!
...C'est aussi un solo absolu, puisque le personnage d'Elmer Fudd n'a aucun partenaire ici. L'hisoire est simple, Elmer veut se coucher, et s'il est difficile de se déshabiller en tenant un bougeoir avec une bougie allumée d'une main, c'est encore plus difficile de dormir quand la bougie refuse catégoriquement de s'éteindre...
Tout et ici est basé sur une logique palpable, et sur une situation bien définie, exploitée avec goût et invention... on pense à Chaplin seul "en scène" dans One A.M., si c n'est que le personnage ici est fatigué, mais pas en état avancé d'ébriété...
Dans une exploittion agricole de bonne taille, un chien particulièrement idiot est supposé surveiller les récoltes... mais deux géomydés (en Anglais, des "Gophers") ont décidé d'une part de tout manger, d'autre part que le chien ne se reposerait pas...
Le ilm a été commencé par Bob Clampett, mais ça ne se voit pas vraiment... A cette époque, les deux animateurs Arthur Davis et Bob McKimson avaient tous deux été élevés au rang de réalisateurs, suite au départ de Clampett. Ils se partageaient son unité, et si McKimson a réussi à faire son trou (parfois au détriment de la qualité), le style (narratit comme visuel) de Davis était plus proche de celui de son aîné...
Cette intrigue qui coule toute seule est construite sur deux piliers: d'une part la confrontation entre deux petites bestioles inventives et apparemment infaillibles, et un chien d'une profonde stupidité. D'autre part, l'absurde politesse flegmatique des deux rongeurs, avec en prime une accélération de leurs voix, accentue le côté absurde de ce film... Les deux rongeurs, sans devenir aussi célèbres que d'autres créatures de la Warner, que ce soit à poils ou à plumes, allaient sporadiquement revenir. Arthur Davis aussi, mais pas souvent...
C'est un film qui date des débuts de Tex Avery, quand il venait d'être bombardé "superviseur", soit réalisateur dans la série des plus prestigieux courts métrages de dessin animé du studio dirigé par Leon Schlesinger: sa tâche était claire, il se devait de proposer une réponse adéquate au formidable succs et à l'excellence technique diabolique des Silly Symphonies de Disney... Les Merrie melodies était désormais en couleurs, et Warner avait enfin accès au Technicolor 3 bandes, qu'ils aletrnaient avec du Cinecolor (un procédé étrange, avec seulement deux nuances). Ce film a bénéficié de cet apport...
Un jeune épouvantail prend des leçons de son papa, mais il est trop petit: quand il est confronté à un corbeau, non seulement il ne le fait pas fuir, mais l'oiseau finit par lui faire peur...
C'est une histoire contée de açon directe et sans digressions, par Avery qui se permet juste quelques excentricités (un arbre dans lequel on a installé un ascenseur) et par ailleurs effectue son boulot de façon fluide, sans jamais sortir du cadre! Comme quoi c'était possible. Il n'allait pas tarder à se sentir aussi libre de dérapr qu'il l'était déjà pour les Looney tunes en noir et blanc...
Un artiste (Kenneth Graybill) à la santé fragile vient se ressourcer dans le Sud au temps plus clément... Il est accueilli dans une maison où vit une famille très religieuse. Les deux jeunes filles sont toutes deux au couvent, la plus âgée (Mary Pickford) prend peur à l'annonce de l'arrivée d'un jeune homme... Mais elle et sa soeur (Marion Sunshine) tombent amoureuse de lui à son arrivée. Le jeune homme va-t-il devoir faire un choix?
C'est un drame parfois déguisé en comédie, tant le sujet est propice au marivaudage. Mais le film est entièrement axé sur le point de vue des jeunes femmes et de leur tourment intérieur. Vont-elles devoir se sacrifier l'une pour l'autre? Vont-elles aller au bout de leur vocation, ou se laisseront-elles aller à l'ivresse de l'amour?
C'est bien l'histoire d'un sacrifice... Il n'est pas très difficile de savoir qui devra laisser sa place quand on sait d'une part comment fonctionnait Griffith, et d'autre part quelle actrice de premier plan est ici présente! C'est un beau film qui utilise à merveille le point de vue, et une scénographie très élaborée, en s'interdisant tout extérieur. Tout ici se déroule entre quatre murs...
Une poule laisse son poussin sous la garde de Foghorn Leghorn, qui s'évertue à trouver des moyens de l'occuper. Mais la bestiole est un intellectuel, qui domine rapidement le coq dans le jeu...
Tout simple, à peine gâché par la logorrhée du héros, c'est un film dont la dynamique repose sur le proverbial contraste, cette fois entre un animal adulte et sentencieux qui par définition pense qu'il sait tout, et un jeune animal qui devrait tout avoir à apprendre mais sait tout et effectue brillamment tout ce qu'il entreprend. Et ça marche!
Un renard, attiré par un poulailler modèle, doit composer avec un chien extrèmement concentré sur son travail de garde, et se fait passer pour un chien errant souffrant de la faim... Le moins qu'on puisse dire, c'est que le chien n'est pas dupe...
McKimson aimait les confrontations entre un animal relativement malingre et des bestioles plus massives; mais cette fois, le gros chien très costaud est le garant de l'ordre établi... Entre le chien, au vocabulaire calme et posé (il fait même une démonstration musclée de sa décontraction), et le renard stressé, la dynamique est très efficace...
Et le renard fournit un commentaire en voix off qui fera irrésistiblement penser au film noir...
Qui se souvient des intrigues de James Bond? Elles n'ont pas grand intérêt, par définition, devenant surtout un préexte pour le cirque Broccoli! Non, ce qui distingue les films les uns des autres, ce sont les morceaux choisis, telle poursuite, telle scène d'action, telle réplique, telle décision: le remplacement de l'acteur principal et la mise en scène font de On her majesty's secret service le meilleur à bien des égards, la violence étonnante et un rien subversive de Casino Royale le fait se détacher sérieusement des autres, et l'abandon des gadgets donne un cachet à For your eyes only...
Ici, on peut penser à quatre choses qui distinguent ce film de autres de façon évidente: d'une part, l'arrivée de Roger Moore. Puis, le parfum "Blaxploitation", vulgaire voire un peu raciste sur les bords (ici, ce sont les blancs contre la mafia noire), même si l'organisation d'un milieu à Harlem, dominé par un gangster Afro-Américain, renouvelle sérieusement le canon. D'ailleurs, on a déjà vu avec le film précédent une tentative d'américaniser la saga de James Bond. Ici, au moins, c'est bien plus réussi!
Enfin, l'ingrédient principal: la chanson du générique, signée Paul McCartney & Wings. Un chef d'oeuvre... mais pas le film.
Pourtant, il a des qualités: il est pour commencer assez soigné, et commence de façon assez loufoque sans en faire trop, avec trois exécutions sommaires à la Chapeau Melon et bottes de cuir (The Avengers pour les initiés), dont un assassinat à New Orleans avec une... fanfare (!), une scène dans laquelle on jurerait qu'on va croiser Patrick McNee. Sinon, Roger Moore prend ses marques, avec un humour très marqué, et cette inimitable distance par rapport aux moindres émotions... Quant à son "tableau de chasse", il s'internationalise toujours un peu plus...
Alice (Howell) est bonne à tout faire dans un établissement pour jeunes filles comme il faut. On apprend qu'elle va hériter, elle prend une certaine importance! Mais il s'avère que l'héritage n'est qu'une jambe en bois... Elle est immédiatement licenciée, et trouve à se placer dans une autre institution...
Alice Howell est généralement comparée à Chaplin. Bon, j'imagine que c'est la facilité, mais ça me semble court et faux: non qu'elle soit mauvaise, loin de là! Mais elle me ferait plutôt penser à un Harry Langdon, dans son côté très lunaire, mais doté d'une agilité hors du commun! Le film est incomplet, et on passe assez rapidement sur la première bobine... Mais la deuxième présente des moments en solo qui sont non seulement convenablement farfelus, mais aussi impeccablement exécutés...
Quant à la jambe en bois... mais non, vous avez certainement deviné.