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16 février 2025 7 16 /02 /février /2025 22:08

Le père Amion (Claude Rains) est le prêtre Cathlique d'une paroisse bien mal partie: l'église prend l'eau, et on estimme les réparations à un tel prix que le prêtre se dit qu'on risque bien de mettre la clé sous la porte. Mais à la quête, un mystérieux donateur laisse des sommes plus fortes que le commun des paroissiens... Il se fait connaître, c'est un homme qui parie sur les chevaux, et qui révèle qu'il est reconnaissant envers l'église, car il a prié pour gagner, et à chaque fois qu'il mise, il gagne gros... La tentation va bientôt gagner le pèr Amion...

Il est assez rare qu'Hitchcock se réfère aussi explicitement à sa religion... Il l'a surtout fait en mettant en scène les dilemmes moraux et "professionnels" d'un prêtre confronté aux conséquences de la confession dans I confess. Pour son avant-dernière contribution à sa série télévisée, Alfred Hitchcock presents, il s'attaque donc, l'air de ne pas y toucher, à la notion de tentation. Le brave M. Sheridan, l'homme qui vient tenter le bon prêtre, n'a rien de diabolique, loin de là.

Mais d'une part sa sympathie, sa naïveté et sa simplicité vont d'une part finir par tenter vraiment le prêtre catholique... Et un détail retient notre attention, lorsqu'un bedeau entend l'homme parler d'un cheval, il le nomme Red devil, soit Diable rouge. Mais malin, Hitchcock ne nous livrera pas le fin mot de l'affaire, se contentant... de nous tenter.

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Published by François Massarelli - dans TV Alfred Hitchcock Alfred Hitchcock presents
16 février 2025 7 16 /02 /février /2025 21:54

Mrs Bixby est l'épouse d'un dentiste... Avant de se rendre chez sa tante qu'elle aime tant et à laquelle elle consacre deux jours par mois elle rend une petite visite à son mari, qui lui fait comprendre qu'il aimerait qu'elle reste avec lui. Mais la tante n'existe pas, c'est un amant, un riche colonel à l'ancienne... Pourtant il la quitte, en lui laissant pour tout souvenir un manteau de fourrure. Elle décide de le laisser chez un prêteur sur gages, et de monter un bobard pour que son mari puisse accepter la présence du vêtement: elle aurait trouvé le reçu, et n'aurait plus qu'à feindre la merveilleuse surprise en "trouvant" le manteau...

C'est une fois de plus, et ce sera la dernière, que le metteur en scène adapte Roald Dahl pour la série Alfred Hitchcock presents... Cette fois le ton est sardonique, rigolard... Et un rien misogyne, ce qui ne nous étonnera qu'à moitié. Je ne parle évidemment pas d'Hitchcock, ici, pais de Dahl... Par ailleturs, la série a souvent reposé sur une sorte de conflit conjugal pris pour argent comptant, et ce petit film mineur n'est pas en reste...

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Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock Alfred Hitchcock presents TV
16 février 2025 7 16 /02 /février /2025 21:48

Johnny Smith (Christopher Walken) est un professeur de lettres passionné qui vit à Castle Rock, dans le Maine. Il va se marier avec une de ses collègues, Sarah (Brooke Adams), et un soir d'hiver, après avoir raccompagné la jeune femme chez elle, il a un accident. Il reste dans le coma durant cinq années... Quand il revient à la vie, c'est pour apprendre que Sarah est désormais mariée, et a un enfant... Mais Johnny n'est pas tout à fait le même: il a acquis durant son coma un nouveau sens, qui lui permet de connaître des détails passés, contemporains ou futurs de la vie de ceux qui entrent directement en contact physique avec lui...

Dans un premier temps, il s'en sert occasionnellement, et risque à tout moment de devenir un monstre de foire; puis son "talent" est utilisé dans une affaire de tueur en série par un shérif de Castle Rock (Tom Skerritt)... Malgré sa réticence à utiliser son don, Johnny réalise qu'il peut même changer le cours des choses.

Pendant tout ce temps, un politicien populiste, Greg Stillson (Martin Sheen), a entamé une campagne d'élection au sénat qui semble un élan irrésistible vers la victoire...

Cronenberg a fait sien le prétexte de King, qui imaginait la vie d'un homme prisonnier à la fois de ce trou béant dans sa vie, et d'un don dont il ne voulait pas. Mais le cinéaste fait du mystérieux pouvoir de Johnny Smith une extension de son propre corps, quelque chose, d'ailleurs, lié à la fameuse "zone morte" de son cerveau. Comme il sied à un conte de King, cet aspect ne sera pas plus clair dans le film que dans le roman, et ce n'est pas grave... Non, ce qui compte c'est bien sûr la vie de Johnny Smith, à nouveau; après Jack Torrance et avant Paul Sheldon c'est un double de Stephen King lui-même: d'une part, il enseigne la littérature, et d'autre part, les premières scènes en font un double physique de l'écrivain. Son retrait du monde, son don aussi sont des métaphores de la vie complexe de King, l'homme qui parle de l'humanité malade à travers ses contes horrifiques, et qui offre toujours un troublant miroir de notre monde à travers ses histoires.

Et le film, tout en étant un conte fantastique, justement, épouse aussi tout l'univers de l'écrivain, devenant sinon sa meilleure incarnation cinématographique (le débat reste ouvert au vu de l'importante proportion d'oeuvres de premier plan), en tout cas le meilleur reflet de son monde: le Maine et sa froideur hivernale, entre rigueur et superstition, cette vie simple et rustique des braves gens soudainement perturbée par l'apparition de ce douteux personnage de politicien (un coup de maître de Stephen King, si vous voulez mon avis, parfaitement incarné par Martin Sheen), vie d'ailleurs située à Castle Rock, le trou perdu idéal créé par King pour un grand nombre de romans...

Cronenberg a parfaitement réussi son film, servi par un scénario jamais servile, et des acteurs formidables, à commencer par Christopher Walken, dont c'est l'un des rôles les plus marquants. Cette histoire d'un sacrifice inévitable tourne autour de la solitude, assez proche de celle d'un écrivain, à travers la métaphore de ce don étrange d'extrapoler la vie des autres par le contact physique; il y est question de la perte ou du passage du temps: ce qu'on a maintenant nous échappera un jour... Et King comme Cronenberg posent aussi une question aussi futile que fondamentale: si on peut changer le futur, doit on pouvoir le faire? Futile car c'est impossible, et fondamental car c'est la question de la responsabilité historique, un thème qui reviendra dans le roman 22/11/63

 

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Published by François Massarelli - dans David Cronenberg Stephen King
14 février 2025 5 14 /02 /février /2025 10:44

Dans un petit village Danois, disons, rural, une ptite communauté vit et survit... C'est que les officiels n'ont pas leur pareil pour débarquer à l'improviste et embarquer ls biens pour le paiement des impôts. Un riche fermier, Per Storegård (Sigurd Lamberg), a des vues sur Grethe (Agnes Petersen), la jolie fille de la meunière Ane (Jutta Lund). Mais celle-ci n'a d'yeux que pour le jeune compagnon meunier (Erik Hofman)... le fermier en devient très jaloux.

La pression fiscale devenant trop forte, le meunier exaspéré se demande si on ne ferait pas mieux de brûler le moulin! Et l'un des aides du meunier a trouvé chez le forgeron Ole (William Bewer) une machine que ce dernier a inventé, une sorte de briquet amélioré... Quand un incendie se déclare, inévitablement, les soupçons se portent immédiatement sur le meunier et ses amis...

Parlons de ses amis, d'ailleurs: dans un film qui est assez long (80 minutes) et qui a pu être conservé in extenso semble-t-il, ce qui serait une première pour un long métrage de cette taille, nous retrouvons les deux héros des comédies de Lau Lauritzen, Fyrtaarnet (Doublepatte, Carl Schenstrøm) et Bivognen (Patachon, Harald Madsen); au début, ils sont vaguement des vagabonds, et on a l'impression que leur rencontre avec l'équipe qui collecte les impôts les autorise à être dans le film. A la fin, ils partiront, comme ils étaient venus, avec leur raison sociale douteuse:ils ont une technique délirante pour piéger les rats, ce qu'ils ne feront d'ailleurs jamais dans le film, et se feront engager au moulin à la place.

"Patachon" a aussi, comme dans le film Daarskab, Dyd og Driverter de 1923, droit à sa petite histoire d'amour avec Stina Berg. Ce qui ne l'empêchera pas de se livrer à un petit interlude plaqué dans l'histoire, qui le montre draguer une bande de filles en maillot qui se baignent sur la plage! ...Lauritzen tenait à utiliser ce gag dans tous ses films quand c'était possible.

On est en pleine formule, donc: les deux héros, si on ose les appeler ainsi, voyagent à travers ce film sans trop se faire remarquer, et y ont un peu de place pour leurs excentricités. C'est loufoque, assez franchement foutraque aussi. Le fait est que Lauritzen, contrairement à ses deux vedettes qui étaient des génies de la comédie physique, n'a pas trop le don de montrer la comédie. Pour preuve, le fait que le film a plus de 200 intertitres... Quand le moulin brûle, en revanche, il laisse libre cours à ses images, et on y ent même de l'improvisation, quand les deux acteurs participent à la tentative désespérée des pompiers... 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1924 Lau Lauritzen Schenström & Madsen
14 février 2025 5 14 /02 /février /2025 10:12

Au petit village d'Angevine, en Normandie, le maire Léopold Panneton, cafetier, hôtelier, marchand de journaux, projectionniste (Jean-Pierre Marielle), est un Socialiste fervent, qui a décidé qu'on serait heureux sur sa commune... même si on n'a pas envie. Il accueille, dans son village, deux copains de longue date, un fonctionnaire-peintre-compositeur-poête (François Périer) et un militaire à l'ancienne (Fernand Gravey). Les trois veillent sur la fille de Léopold, la belle Marie (Marthe Keller), qui rêve de gagner un concours de beauté... A moins que ce ne soit une stratégie pour faire l'intéressante auprès de l'instituteur, Gabriel (Philippe Noiret): le pauvre, il n'a jamais osé s'avouer ses sentiments à lui-même, alors de là à faire sa déclaration. Marie se présente donc à un concours (minable) mais elle voit débarquer dan,s sa vie un milliardaire américain, Broderick McPower (Bert Convy), qui vient de subir un nouvel échec sentimental. Pragmatique, il a décidé d'épouser une reine de beauté pendant qu'il se trouvait en France. Sans vraiment lui demander son avis...

C'est un joyeux foutoir, qui fait suite dans la carrière de de Broca à son fameux Diable par la queue, dans lequel il laissait libre cours à une certaine verve libertaire... sous contrôle! Reprenant deux des acteurs, Marielle et Marthe Keller, il a construit avec le scénariste Daniel Boulanger une petite bulle de poésie qui réussit à éviter la franchouillardise (le film est assez proche de l'esprit du merveilleux Un idiot à Paris de serge Korber à cet égard) tout en nous montrant la vie d'un petit village, avec son postier, son cafetier, etc... Mais le film n'oublie pas de porter une charge (mais en rose bonbon) contre le n'importe quoi Américaniste, à travers la caricature lourdingue de son milliardaire, un omnipotentat d'un genre dont on faisait déjà des caricatures éculées dans les annéees 30...

Impossible donc de prendre au sérieux ce film, qui il est vrai n'en a pas la vocation. Une halte, en quelque sorte, avec son petit village Normand transporté aux Etats-Unis par un enfant gâté...

 

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Published by François Massarelli - dans Philippe de Broca
13 février 2025 4 13 /02 /février /2025 15:22

La geste d'Arthur, prise à la source: depuis les conquêtes (dans tous les sens du terme) de son père Uther Pendragon, jusqu'à la table ronde et la trahison de Lancelot, en passant bien sûr par Merlin l'enchanteur, les manigances de la demi-soeur du roi, Morgane, et l'inévitable fil rouge: celui d'une épée, la magique Excalibur...

D'où le titre.

C'est une adaptation du roman paru en 1485, écrit (et compilé, il s'est nourri à bien des sources françaises autant qu'anglaises) par Thomas Mallory, Le Morte d'Arthur: une sorte de cristallisation moyen-âgeuse de toutes les histoires, les contes, les fadaises et calembredaines, mais aussi sans doute certaines traces de vérité, qui fit d'un obscur roi Breton (au sens ancien, c'est à dire Briton donc Britannique) du Ve ou VIe siècle, la figure légendaire et courtoise d'une sorte d'unité nationale anglo-britannique. De cette légende, dont le flou artistique est ma foi bien pratique, on a en quelque sorte extrapolé une sorte de vision définitive du Moyen-âge, ce qui est d'autant plus paradoxal que la période en question a couvert tant de siècles...

Le but de Boorman en réalisant le film était sans doute de se permettre de rattraper le ratage d'un désir bien ancré en lui: adapter le Seigneur des anneaux, de Tolkien, un projet pour lequel il a du jeter l'éponge. 6 ans après la sortie de Monty Python and he Holy Grail, il est plaisant de voir que Boorman a fait avec les territoires Irlandais exactement ce que la troupe Britannique avait fit avec les chateaux d'Ecosse: tourner sans détour, investir les plaines, forêts et bâtisses en l'état, et garder constamment les pieds dans la glaise. Il en ressort un monument de premier degré (comme le Seigneur des anneaux, mais en moins lourdingue, donc, ce qui n'est pas difficile), un opéra assumé, dont l'absence de second degré se marie assez bien à une partition de Trevor Jones qui fait aussi appel, de façon spectaculaire, à Cal Orff (Carmina Burana), voire l'inévitable Richard Wagner. 

...Et du début à la fin, on doit le dire, on s'attend au détour d'un chemin dans ce film malgré tout si distrayant, à rencontrer les chevaliers qui disent Ni.

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Published by François Massarelli - dans Ni! John Boorman
13 février 2025 4 13 /02 /février /2025 13:36

Une courte histoire de la Californie, sous deux versants: d'abord, le versant "image d'Epinal", avec l'arrivée du père Junipero Serra, Franciscain qui débarque en Californie du Nord au XVIIIe siècle, et s'extasie de ce qu'il trouve. Il fonde symboliquement la ville de Monterey, et commence à s'atteler à sa tâche: construire mission après mission, pour évangéliser ceux qu'il considère sans doute comme de bons sauvages un peu idiots...

Un point de vue apparemment partagé par les gens qui ont fait le film, mais passons.

Le deuxième aspect du film nous rappelle que la corporation qui l'a produit est en fait en affaires avec les producteurs fruitiers de Californie, donc le film est une ode colorée à la gloire des douceurs produites en Californie.

Oui, colorée puisque le film est produit en Prizma, un système qui n'allait pas tarder à être obsolète, supplanté par le Technicolor: le Prizma est assez peu stable, mais ses couleurs pouvaient être vibrantes...

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Published by François Massarelli - dans Muet Couleur
12 février 2025 3 12 /02 /février /2025 21:31

C'est la période du carnaval, et à Nice, le Marquis Octave de Granier (Ivan Mosjoukine) a pris l'habitude de rentrer tard... Ou plutôt au petit matin. Mais un de ces matins, justement, il trouve un cadeau inattendu sur le pas de sa porte: un bébé... Croyant qu'il s'agit d'un de ses enfants illégitimes, il l'adopte sur le champ et s'évertue à l'élever, aidé heureusement par son domestique, le fidèle Maître Philippe (Bartkevitch) qui est bien plus doué que lui...

La réalité est tout autre: les Dumont sont un couple Niçois, un ingénieur (Paul Ollivier) tombé en disgrâce suite à un scandale qui impliquait son frère, et son épouse: Yvonne (Natalie Lissenko). Quand son mari abandonne le domicile familial pour tenter de refaire fortune, elle n'a pas eu d'autre choix que d'abandonner son fils Paul sur le perron du manoir de Granier.

Mais tout ce petit monde va se retrouver à Paris, et Yvonne va se faire engager comme nourrice. Mais un jour, elle apprend que le bateau sur lequel son mari travaillait a fait naufrage...

Le personnage principal du film L'angoissante aventure, la première production de la future compagnie Albatros, s'appelait déjà Octave de Granier... Mosjoukine, qui s'est une fois de plus écrit le film pour l'interpréter, a repris le nom, la noblesse, et l'irresponsabilité du jeune Marquis. Mais son "nouveau" de Granier est sans aucun doute plus fripon que le précédent, comme tendrait à le prouver la première bobine, qui oppose fermement le destin tragique de Dumont et la tendance à la fiesta crapuleuse démontrée par Octave. A ce titre, un scène sera quasi intégralement reprise dans Casanova...

Mais justement, c'est ce mélange détonnant entre drame et comédie, entre le renoncement mélodramatique de Natalie Lissenko, et l'extravagance sauvage d'Ivan Mosjoukine; celui-ci est, pour la première fois, son propre metteur en scène, et il s'y entend. Je pense qu'il faisait partie des acteurs qu'un autre ne pouvait pas vraiment diriger, comme Keaton, Stan Laurel... ou Chaplin, bien entendu. A propos de ce dernier, il est tentant d'évoquer The kid, bien sûr; mais il est hors de question d'imaginer un plagiat de la part de l'auteur: sorti en France en Novembre 1921, le film de Chaplin est contemporain de celui-ci. Et Mosjoukine choisra une autre fin que celle du film Américain, en se rappelant ses origines Russes...

Avec ce film, ainsi que l'époustouflant serial La maison du mystère (1922), Mosjoukine et l'Albatros établissent un univers cinématographique bien à eux. L'acteur ne tournera qu'un seul autre film en tant que metteur en scène, l'extraordinaire Brasier ardent, l'un des sommets du cinéma muet Français.

 

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Published by François Massarelli - dans Albatros Ivan Mosjoukine Muet 1921
12 février 2025 3 12 /02 /février /2025 12:03

Les courts métrages d'animation de la Warner étaient souvent sous l'influence des longs métrage du studio: par exemple, les Looney Tunes se servaient allègrement dans le vivier de chansons des films, surtout les comédies musicales, ainsi que dans les mélodies qui étaient publiées chez l'une de leurs filiales: ici, on a droit par exeple à Am I blue, ou encore Shuffle off to Buffalo, qui vient en droite ligne de 42nd street!

Mais une autre influence est clairement à l'oeuvre ici: dans cette histoire de couverts, d'assiettes et d'autres accessoires qui vivent littéralement sous nos yeux, on voit vraiment une potentielle Silly Symphony, du nom de cette série de dessins animés qui étaient l'apanage de Disney. Ce n'est certes pas un hasard si le producteur Leon Schlesinger avait décidé d'appeler les courts métrage WB "Merrie Melodies"... Mais ici, le pire c'est que le film est excellent, avec très peu de mièvrerie, contrairement à ses modèles...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation
12 février 2025 3 12 /02 /février /2025 11:49

Après avoir créé un personnage, Bosko, qui semble tourné vers la culture Afro-Américaine, les animateurs de la warner et du studio de Leon Schlesinger ont complété avec Buddy, un personnage plus blanc que le yaourt, et tellement blanc qu'il en devient transparent... Ici, il est un peu l'homme à tout faire d'un "Beer garden": une brasserie à ciel ouvert... histoire de compléter l'arrière-plan culturel, c'est donc un environnement tout ce qu'il y a de plus occidental!

Le film ne raconte pas vraiment d'histoire, il nous promène dans un environnement qui devient le héros. Il est vrai que ce pauvre Buddy n'a pas grand chose pour lui... Mais les gags présentés, tous liés à l'une ou l'autre des activités attendues en ces lieux, sont souvent loufoques, et reviendront souvent en particulier dans les joyeux films fourre-tout de Tex Avery. Ils seront meilleurs, certes...

Quant à Earl Duvall, éphémère réalisateur (on disait "superviseur" chez Schlesinger) des Merrie Melodies avant qu'ils ne soient en couleurs, il a fait une carrière très courte dans l'animation. Il était surtout dessinateur de comics, et s'est illustré si j'ose dire en publiant de planches de Mickey Mouse. Sa carrière d'animateur a surtout été effectuée dans l'ombre d'Ub Iwerks (vous savez, le vrai créateur de la petite souris de Disney)...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation