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23 février 2023 4 23 /02 /février /2023 23:11

Twede (Marcel Perez) est marié, et ce n'est pas une partie de plaisir, madame étant manifestement un tyran domestique. Un jour qu'il est parti en mission pour elle (il doit ramener à manger), il sauve une jeune femme (Dorothy Earle) des griffes d'un agresseur, et se retrouve nez à nez avec une jeune artiste qu'il voit régulièrement sur des affiches théâtrales... Le coup de foudre est immédiat. Mais comment se libérer des griffes de son épouse?

Avec son ton proche des fantaisies extra-conjugales d'un Roscoe Arbuckle, le film est d'un style qui allait bientôt ne plus pouvoir passer: il est vrai que la comédie burlesque allait souvent se cantonner à des histoires plus "morales", même si le risque de l'adultère perdurerait souvent (voir à ce sujet les films de Charley Chase, par exemple). Mais si la description du mariage est plutôt grossière, le film se rachète par le loufoque avéré de ses gags...

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Published by François Massarelli - dans Marcel Perez Muet
23 février 2023 4 23 /02 /février /2023 23:02

Pour ce film, Marcel Perez flanqué de sa nouvelle leading lady Dorothy Earle, se retrouve confronté à un univers qui a été souvent exploré au cinéma muet, et souvent avec brio: celui du cinéma, justement... 

Chacun des deux protagonistes est expulsé de son appartement, et ils vont se rencontrer, et ce sera le coup de foudre. Mais Dorothy est repérée par un assistant-réalisateur d'un studio voisin, et elle est engagée sur le champ. Prerez, lui, est pris à l'essai comme accessoiriste, et ce sera la cause d'une série de catastrophes... Globalement, on peut dire que le studio vit ses dernières heures...

C'est dans la deuxième bobine que Perez déclenche "le feu du ciel", comme dirait Rascar Capac! mais un moment situé environ au milieu du film me ravit: quand on propose une place de choix au studio pour Dorothy, il se met à imiter Chaplin, puis enchaîne une série de cascades délirantes avec trucages géniaux, et selon la loi de Méliès, indécelable à l'oeil nu pendant la projection... En vrai virtuose, mais absolument pour rien, puisque ça lui vaudra d'être engagé comme accessoiriste!

Sinon, on sent à la fois tendresse et gourmandise à s'amuser avec le monde des tournages, où Perez se lâche comme un éléphant dans un magasin de porcelaine... 

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Published by François Massarelli - dans Muet Marcel Perez
22 février 2023 3 22 /02 /février /2023 19:10

Ce film contemporain de Captain Kidd's kids (de Harold Lloyd avec Bebe Daniels et toute une cargaison de jolies filles) est comme le précédent: fort mal en point. Mais aux ravages du temps s'ajoutent les ravages de l'alcool, car si Perez une fois de plus rêve au lieu de vivre sa vie, c'est parce qu'il a beaucoup trop bu. Normal, on est en pleine prohibition, ou du moins on s'y dirige en cette année 1919...

Il rêve donc qu'il se rend sur un bateau dont tous les passagers sont des passagères, et qui sera victime d'une attaque de pirates turcs. Avec moult déguisements, quiproquos, et bien sûr une longue séquence dans un harem (la deuxième bobine, la mieux préservée), c'est glorieusement idiot...

Reste que Marcel Perez se situe souvent dans une sorte d'univers qui nous rappelle un peu les grands comédiens qui illustraient le rêve Américain à leur façon, les Lloyd et Keaton, et même quelque part entre le volontarisme de l'un et le cynisme de l'autre, mais il n'avait pas les mêmes moyens, ni d'ailleurs la même rigueur.

 

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Published by François Massarelli - dans Marcel Perez Muet
22 février 2023 3 22 /02 /février /2023 18:48

Appartenant à la série Jester (1918 - 1919) des films de Marcel Perez, ce film nous en apprend beaucoup sur les ravages du temps: aucune copie complète n'a survécu, et la copie visionnée, présente sur l'anthologie The Marcel Perez collection volume 2 (Undercrank), a été assemblée à partir de fragments disjoints des deux bobines: certaines images trahissent de façon évidente un début de décomposition...

Et c'est dommage, d'abord parce qu'il est dommage qu'un film disparaisse ou presque, mais une fois de plus, dans le loufoque anarchisant de Marcel Perez, il y aurait eu à prendre. Une fois de plus, c'est un rêve d'un type qui n'arrive à pas grand chose, et une fois de plus le rêve, dans lequel il passe une journée loufoque et inoubliable en compagnie de sa petite amie, est pleine de promesses, et de gags qui nous en rappellent d'autres, situés dans la douceur d'une route balnéaire de Californie...

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Published by François Massarelli - dans Muet Marcel Perez
21 février 2023 2 21 /02 /février /2023 17:32

Patrick Bateman (Christian Bale) est un trader de Wall Street, dans les années 80: richissime, dans le vent, dont l'ambition est évidente, mais pas aussi forte que son désir d'être admis dans le restaurant le plus select de la ville; il a un appartement très chic, sait s'habiller en toutes circonstances, boit un peu, sniffe pas mal, et a une vie affective assez riche: il a une petite amie, qui se verrait bien mariée, et il la trompe allègrement avec la fiancée d'un de ses collègues; il sollicite parfois des prostituées, et occasionnellement, flirte en prédateur avec sa secrétaire. Et sinon, pour vraiment s'amuser, il tue: il tronçonne, mord, découpe, poignarde, transperce des gens: sans-abri, vieille dame, top model draguée en soirée, prostituée, voire amies, collègue... Et par moments, il se laisse même aller à manger ses victimes.

J'aurais presque envie de m'arrêter là, tellement cette énumération froide semble se suffire à elle-même, mais ce serait trop simple. D'abord, il me faudra impérativement ajouter que ce film est une comédie, certes noire. Ensuite, que comme tous les films consacrés à des psychopathes, ce film n'est évidemment pas à considérer comme une apologie. Comment le pourrait-il, d'ailleurs, quand on considère qu'un des souvenirs les plus vivaces qu'il vous laisse est l'image de Christian Bale, nu si ce n'est pour une paire de baskets, courant couvert de sang dans les couloirs aseptisés d'un gratte-ciel après une prostituée, une tronçonneuse rouge de sang à la main?

Et surtout, dans ce film où le dingue total et meurtrier qui nous conte son histoire n'aura pas de châtiment, on n'est pas si sûr, après tout, qu'il y ait bien des crimes. Il y a bien une enquête pour disparition, d'un personnage que nous avons vu Patrick tuer, mais l'enquête (menée par Willem Dafoe) semble surtout nous embrouiller, et confirmer que ce que nous avons vu, de façon répétée, n'a peut-être jamais eu lieu que dans l'esprit, ou dans un carnet de dessin retrouvé à la fin, et qui perturbe sérieusement la secrétaire de Patrick, Jean (Chloé Sevigny): c'est qu'a priori, elle l'aime sans doute...

Mais je pense que c'est un film important, qui aborde grâce au roman de Bret Easton Ellis (paru en 1991), la question de la grande mutation de l'homo americanus dans les années 80, une mutation qui débouche, j'en ai peur, sur l'humanité d'aujourd'hui. Le choix de Mary harron, d'ailleurs, a été de situer le film à la fin des années 80, par tous les moyens dont elle disposait: musique, vêtements, coiffures, comportements... C'est extrêmement réussi, y compris quand une scène nous montre Patrick et ses copains, tous réunis pour un verre autour dune table dans un club, à écouter la parole présidentielle (Ronald Reagan en l'occurrence). C'est que ce personnage, qui parfois se lance dans des soliloques absurdes, imités de ses lectures de magazines light, où il expose principalement ses mauvais goûts musicaux (considérant Sussudio de Genesis comme le sommet de a carrière du groupe, il fallait l'oser), est désespérément vide, comme le serait d'ailleurs le Dude en 1991, dans The big Lebowski: un pantin, conforme à sa caste, qui ne peut pas faire grand chose d'autre que de répéter les mêmes formules creuses lues ou entendues ailleurs... Bateman a un atout certain: grâce à son hobby du meurtre, rai ou imaginé, il existe enfin, et révèle toute son inhumanité. C'est ce qui fait le sel de ce film singulier, qui mérite amplement d'être revu... Avec un peu d'humour, bien entendu.

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Published by François Massarelli - dans Comédie
20 février 2023 1 20 /02 /février /2023 23:15

Antonio Bay, Californie, un petit village de pêcheurs: un étrange brouillard envahit la côte par intermittences, et pour commencer, les trois marins du bateau de pêcheurs pris au piège de la brume sont assassinés. Un certain nombre de personnes vont graviter autour de l'affaire, et découvrir que le village, créé il y a cent ans exactement, a été le théâtre d'une horrible tragédie: afin d'éviter de propager la lèpre, six personnes atteintes de cette maladie ont été délibérément coulées par les fondateurs de la ville, cent années plus tôt. 

Le film est l'un des premiers de Carpenter, qui allait ensuite s'illustrer dans tous les genres du suspense et de la terreur. C'est aussi un modèle: en terme de montage, de découpage, d'économie de moyens, de narration et d'interprétation, excusez du peu! Pour conter son film, Carpenter pose parfaitement son exposition et ses personnages, et distille avec savoir-faire les informations. Il nous prévient sans filtre ("Six will die"), puis il ménage ses effets de terreur, s'amuse de nous créer de fausses peurs avant de nous en asséner de vraies, et fait vaguement semblant, sous le conte horrifique, de s'inquiéter des tourments indicibles de l'âme Américaine...

...Mais surtout, il le fait avec Jamie Lee Curtis, mais aussi avec sa maman, la divine Janet Leigh, dans un rôle de bourgeoise du comité de fêtes qui va devoir affronter la nouvelle de la disparition de son mari. Ce n'est peut-être pas le plus effrayant film de tous les temps, mais sous couvert de nous faire peur, il nous fournit un ingrédient essentiel: le fun.

 

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Published by François Massarelli - dans Boo!! John Carpenter
20 février 2023 1 20 /02 /février /2023 23:08

Contemporain de Shoulder arms, de Chaplin, ce film de Perez, toujours tourné à New York, est une variation sur l'idée d'un monde qui tourne autour de la guerre. La première bobine a disparu, mais établissait que Perez était un détective qui avait surpris des conversations et des messages secrets impliquant une femme qui pouvait bien être une espionne!

La deuxième bobine nous montre ainsi le limier ne lâchant pas sa proie de vue, et si le film repose sur une situation qui semble presque prise au sérieux, Perez semble déclencher partout où il va des situations absurdes: par moments, il semble plus incontrôlable encore que Coke Enniday, le détective cocaïnomane interprété par Douglas Fairbanks dans The mystery of the leaping fish...

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Published by François Massarelli - dans Muet Marcel Perez Première guerre mondiale
20 février 2023 1 20 /02 /février /2023 23:00

Dans un parc, le héros (Marcel Perez) sauve une jeune femme de la noyade, et en tombe instantanément amoureux, au point de négliger la vieille mère qui servait de chaperon, et qui elle continue à se noyer. Elle en garde une rancune tenace au jeune homme, et leur annonce le jour du mariage qu'il est hors de question qu'ils partent en voyage de noces sans elle...

Et c'est là que se termine le film, de facture assez grotesque (le mariage est un festival de grimaces assez cauchemardesques), mais dont la scène du flirt sur fond de noyade me fait penser irrésistiblement à l'univers poétiquement méchant de Roscoe Arbuckle... Oui, s'il se termine tôt, c'est parce qu'il n'e subsiste qu'une bobine. Le monde est mal fait, on a aussi conservé des fragments de films de Perez dont on ne garde que la deuxième bobine!

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Published by François Massarelli - dans Marcel Perez Muet
20 février 2023 1 20 /02 /février /2023 22:45

Leur style de jeu diffère énormément, mais Perez, produit d'importation singulier, partageait avec Buster Keaton (et donc aussi avec le mentor de celui-ci, Roscoe Arbuckle), un goût pour le cinéma total, celui qui osait tout y compris le fait de souligner en permanence l'acte de falsification qu'est le cinéma, avec une prédilection pour la digression absurde, et un amour inconditionnel de la caméra. Et dans ce film c'est particulièrement aigu. D'ailleurs Keaton, consciemment ou non, y empruntera un gag...

Marcel Perez interprète un homme qui manifestement ne fait pas grand chose de ses journées, dans une pension de famille dont la tenancière en pince pour lui... Mais pas lui. Le problème, c'est qu'elle lui réclame une somme astronomique s'il veut rester, et il n'a pas les moyens de payer. Déterminé à se suicider, il se rate (avec une certaine insistance, puisqu'il s'apprêtait à se jeter à l'eau avec trois bouées), mais sauve un électricien qui souhaitait justement lui venir en aide, et qui est tombé à l'eau... Pour le remercier, ce dernier l'invite chez lui et lui présente son épouse.

Un oncle lui envoie un message: il souhaite lui donner pour réussir dans la vie une confortable rente, mais à condition qu'il soit marié...

Oui, c'est bien l'argument de Seven Chances, la pièce présentée en 1916 de Roi Cooper Belagrue qui sera ensuite adaptée par Keaton en 1925. Le déguisement est suffisamment convaincant pour qu'on évite de crier au plagiat! 

...Car au lieu de courir après une hypothétique fiancée, Perez va plutôt prétendre que la femme de son nouvel ami est la sienne, ce qui va occasionner des quiproquos salaces à l'arrivée du cher vieil oncle.

C'est loufoque, et à demi abouti. Le problème de Perez dans ses films Américains est toujours d'en faire trop... Mais il nous donne à voir un film extravagant, parfois (littéralement) survolté, et avec un gag lié à une dame Afro-Américaine vue de dos, que le héros s'apprête à courtiser avant de se raviser. Car à cette époque, la plupart des états considérait qu'un mariage entre deux personnes de couleur différentes était un délit... En 1925, également.

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Published by François Massarelli - dans Marcel Perez Muet
20 février 2023 1 20 /02 /février /2023 07:27

La fiancée (Nilde Baracchi) du héros est kidnappée par deux bandits, et les deux bobines du film sont entièrement consacrées aux actions héroïques de Marcel Perez pour récupérer la dame... 

Et évidemment, c'est loufoque, burlesque, et ça sent comme un mélange de grand n'importe quoi, d'improvisation, et de préparation calculée qui donne parfois l'impression d'avoir été tournée en pleine rue! Le manque de moyens des films Eagle de Marcel Perez est assez criant, et de fait, ils ont été réalisés loin de Hollywood (qui semblait s'imposer de plus en plus), à New York, et souvent en pleine rue, par un comédien qui devait regretter un peu les studios parisiens.

On notera dans cette comédie joyeusement foutraque (l'adjectif a probablement été inventé pour le film une utilisation originale d'insérer une séquence à l'envers, et du même coup une technique infaillible pour vider une cave inondée. Pour le reste, c'est une honnête pochade qui s'amuse à parodier le mélodrame avec tous ses atours: une damoiselle en détresse, des bandits patibulaires, et un héros, euh... flamboyant.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Marcel Perez