Phillys Dale (Alice Joyce) est reporter. Veuve depuis peu, elle est la mère d'une jeune femme, Bobby (Virginia Lee Corbin) un peu trop indépendante, à 17 ans. Larry (Malcolm McGregor) aimerait bien que ses affections pour Phillys soient honorées en retour, mais elle se refuse pour l'instant à donner suite à ses avances... Mais Bobby, par son comportement irresponsable, va sérieusement précipiter les choses.
C'est un film au titre trompeur; un peu à la façon de The front page, avec cette héroïne reporter et un titre qui nous annonce "les gros titres", on s'attend éventuellement à une comédie enlevée sur le monde de la presse... Mais c'est peine perdue: d'une part la presse est plus une commodité qu'atre chose, et on verra très peu Phillys à son travail. Et surtout, les "headlines" promis par le titre sont surtout les ragots qu'un soupçon de comportement scandaleux promettent à la jeune veuve qui en dépit de sa prudence va à cause de sa fille se retrouver dans le viseur d'un public américain impitoyable avec les histoires croustillantes qu'il aime tant.
D'autre part, ce n'est pas une comédie, loin de là, et le drame pris au premier degré dans ce film est plutôt du genre à faire bailler, ce qui est dommage. MIs en scène sans grande imagination, avec des personnages fades même incarnés par des acteurs plus que capables, le film peine à fédérer...
Louis XIII (Albert Dekker) est très content: il vient d'avoir un fils, qu'il prénomme Louis. Ce sera le quatorzième du nom. Sauf qu'en coulisses, pendant qu'il présente le futur roi à la foule, un deuxième cri d'enfant se fait entendre... Pour un père, deux jumeaux, c'est une source de réjouissance. Mais pour le Roi de France, qui n'avait pas encore de garçon, c'est un désastre. Colbert (Walter Kingsford) propose donc d'éloigner le prince Philippe et de l'éduquer en Gascogne, sous la responsabilité de D'Artagnan (Waren William), sans lui avouer qu'il est de sang royal...
Mais quand Louis XIV (Louis Hayward) accède au trône, il tombe sous l'influence néfaste de Nicolas Fouquet (Joseph Schildkraut), qui est l'un des rares à être au courant du secret... il va tout faire pour se débarrasser du frère (Louis Hayward), qu'il juge une importante menace sur la bonne marche d'un royaume dont il est le principal argentier...
C'est un étrange méli-mélo, inspiré bien sûr de la dernière partie (la plus connue, pour ne pas dire la seule) du Vicomte de Bragelonne de Dumas... On se concentre ici sur le Masque de Fer, qui aura en réalité dans le film deux identités... On oscille donc entre l'aventure bon enfant qu'on attend d'un film inspiré de Dumas, le côté sombre de cette dernière partie de la trilogie de Dumas, et un aspect très "quatorzième degré" du à James Whale qui s'est beaucoup amusé à demander à Schildkraut et Louis Hayward de s'en donner à coeur joie dans leurs rôles repsectifs de méchants...
Le souvenir de deux films distincts passe sur ce long métrage de James Whale (incidemment, il a été réalisé pour le compte d'Edward Small et distribué par UA): le court métrage (1938) de Jacques Tourneur The face behind the mask, dont il s'inspire parfois visuellement, et surtout The iron mask, d'Allan Dwan (1929), qui était une adaptation plus orthodoxe de la meme portion du roman. D'un côté, James Whale s'amuse, ressort son copain Dwight Frye de la naphtaline, et s'amuse comme d'habitude à truffer le film d'allusions subliminales à 'd'autres sexualités'... Surtout, pourtant, il semble se prêter au jeu d'un film d'aventures au premier degré, ce qui ne lui va pas si bien.
Warren William vieillissant peine à donner à voir un D'Artagnan crédible, jusqu'à la fin quand tout à coup son âge prend tout son sens. Une dernière chose: Richelieu, qu'on aperçoit très peu, est interprété par le vétéran Nigel de Brulier. Il reste très peu employé, mais on a le temps de voir qu'il a un contact avec Fouquet, qui deviendra bientôt le plus sale type du film. Une façon subliminale de contourner le probable interdit de montrer un écclésiastique un peu tordu, comme ça était clairement l'habitude auparavant dès qu'il était question de Richelieu! Mais surtout un superbe passage de témoin, parce qu'en matière de coups tordus, le Fouquet de Schildkraut ne craint personne...
Paul Körner (Conrad Veidt), violoniste virtuose, doit subir l'odieux et incessant chantage d'un ancien amant, qui le menace de le dénoncer à la police au nom de l'article 175 de la loi Allemande, qui criminalise l'homosexualité; quand Paul rencontre un élève et qu'ils tombent tous deux amoureux, le chantage de Franz Bollek (Reinhold Schünzel) s'intensifie... Il fait en plus face à une tempête familiale, ses parents ne comprenant que trop bien le problème de leur fils...
C'est à l'instigation du Docteur Magnus Hirschfeld, qui en a écrit le scénario avec lui, que Richard Oswald s'est lancé dans ce film. Hirschfeld était un pionnier de la sexologie, dont le cheval de bataille était l'étude et l'aide apportée aux gens dont la sexualité était différente. Une dimension documentaire du film (qui a quasiment disparu dans les très fragmentaires copies qui ont pu être sauvegardées) s'intéresse d'ailleurs de manière très frontale à une transgénéralité assez rarement évoquée dans des oeuvres de plus d'un siècle, et ce sans tabou ni parti-pris négatif.
D'ailleurs, le film revêt un caractère très militant, dans lequel Oswald injecte une solide dose de cinéma tel qu'il le pratiquait déjà: il s'intéresse au cauchemar vécu par le personnage de Veidt, le violoniste qui ne sait pas encore qu'il est à la croisée des chemins. Une scène remarquable est vue du point de vue du jeune élève, qui occupe alors tout l'avant-plan, pendant que derrière lui, donc cachés par lui, Körner et Bollek se battent... Conrad Veidt, en homme délicat, torturé et même désespéré, est totalement dans son élément, et son portrait très sensible est très inattendu pour un film de 1919.
Le film n'est sans doute pas exempt d'une ertaine tendance aux clichés (les gays de 1919 sont souvent présentés comme des gens de la bourgeoisie, surtout, aisés et cultivés. Le maître-chanteur cultive un double "crime", l'un, légalement parlant seulement, celui d'être gay, et l'autre, à tous points de vue, celui d'être un maître-chanteur particulièrement retors. Cette vision d'une criminalité très représentée ches les personnes à la sexualité 'différente' quittera peu le cinéma des trois décennies à venir... Enfin, les bars spécialisés sont les lieux d'étranges danses, plutôt que d'orgies...
En visite près d'une ferme, Daffy Duck observe les chamailleries de Foghorn Leghorn le coq Sudiste, et du chien de la maison. Au vu de la radicalité des moyens employés, il se dit que c'est le moment de placer sa marchandise: il vend du matériel pour blagues méchantes...
C'est pendre l'idée de Acme, dans les dessins animés consacrés au Coyote, à l'envers, et après tout pourquoi pas? Mais si le chien est à demi plaisant, le coq ne l'est pas: je ne comprendrai jamais, non seulement qu'on ait confié un budget à McKimson pour ces films consacrés à ce héros, un coq insupportable et qu'il n'a jamais rendu drôle, ne serait-ce qu'au point de nous arracher un vague sourire... Mais je ne comprendrai jamais non plus comment McKimson a pu s'imposer en tant que metteur en scène à la Warner, avec l'indigence de ses films, sans odeur, sans saveur, sans conviction, torchés vite faits et mal faits...
Un pompier (Lupino Lane) est viré de la brigade après avoir sérieusement manqué (involontairement) de respect au maire de la ville. Il décide de lancer sa propre caserne concurrente. Son seul soutien, une petite fille, lui vient en aide en simulant un incendie...
C'est un film de facture classique, mais parlant: la compagnie Educational était financièrement fragile, et on sent la technique du cinéma sonore encore bien peu au point, et ça a des incidences sur le rendu des gags et des acrobaties. Le principal problème, outre le fait qu'à une ou deux exceptions près, le son n'apporte rien, c'est que le passage de moments muets et très accélérés à des gags sonores et poussifs ne joue pas pour la cohérence de l'ensemble...
En examinant une compilation d'extraits de films, des fragments détenus par les Archives nationales Japonaises, on a accès à quelques images émouvantes, en vérité: à côté d'un court extrait de Salammbô de Pierre Marodon, un film qui a été conservé semble-t-il, on trouvera aussi des extraits de films qui eux ont disparu. Le plus long de ces passages (6 minutes et 30 secondes) est une séquence entière de ce film de 1925, produit par feue la Fox...
La séquence nous montre le bain d'une jeune femme (Madge Bellamy), qui joue dans un étang, comme si elle découvrait le plaisir de se baigner. Evidemment, elle montre une certaine sensualité, mais reste décente, et trois personnes l'observent durant la séquence: Zasu Pitts, de loin, avec un sourire énigmatique que seule Zasu Pitts était capable d'arborer, Arthur Housman, qui s'approche mais ses intentions sont peu orthodoxes, et Leslie Fenton, qui a fait des études nous renseigne le synopsis, et qui donne l'impression par son attitude et ses habits d'être un pasteur. C'est lui qui a la plus forte interaction avec la jeune femme, qu'il sauve de la noyade...
Une fois de plus (voir Satanas, de Murnau), ce film comme tous les extraits qui composent la bobine est un extrait d'une séquence qui a probablement été jugée osée par je ne sais quel comité de censure auto-proclamé, donc coupé puis préservé par un projectionniste anonyme. Le fait qu'on y découvre l'innocent bain d'une jeune femme qui exhibe ses cuisses sans penser à mal, observée par trois personnes, peut éventuellement nous faire penser que décidément, les censeurs étaient de vrais cochons, mais admettons que l'extrait est assez sensuel, et donne envie surtout d'en voir plus, de ce petit mélodrame dont le script n'est certainement pas le meilleur atout, mais dont cette séquence est un fort beau reste...
Une troupe d'explorateurs (Alan Hale, Vincent Price, George Sanders et Gorge Bancroft sous la direction de Douglas Fairbanks Jr) se retrouve dans la jungle Sud-Américaine à la recherche d'un trésor Inca, mais ils sont aussi flanqués d'une femme (Joan Bennett), la veuve de l'un d'entre eux, qui les distrait de leur mission. Surtout Douglas Fairbanks Jr. Et George Sanders... Bref tous.
Alors c'est un cas d'école, un film qui commence, puis se déroule, puis se finit, sans qu'on puisse croire un seul instant qu'il ait été achevé. On n'y croit jamais, mais alors jamais! ...Un navet probablement constamment conscient de l'être, interprété par des acteurs qui semblent ne pas pouvoir un seul instant prendre leur rôle au sérieux; c'est particulièrement vrai en ce qui concerne George Sanders, qui prend un malin plaisir à jouer comme un cochon, lui qui pourtant en était difficilement capable!
Le fait qu'il ait été tourné durant le début de la période de disgrâce de Whale (dont les films se plantaient au box-office avec une régularité inquiétante), ne doit pas nous induire en erreur: il a bénéficié de la part du studio d'un effort particulier, avec la construction dans le studio d'une jungle et d'un temple inca, recrutement de sud-Américains "typés" pour figurer les inévitables Amérindiens, dont certains vont porter des plumes pour les distinguer des autres: c'est simple, plume = méchant (voire cannibale nous dit-on), et pas plume = gentil (mais craintif, car ces porteurs sympathiques mais un peu simplets ont tendance à foutre le camp dès qu'une menace se fait sentir)... Non, je pense simplement que l'esprit de second degré qui animait Whale était efficace dans certains domaines, mais pas solubles dans tous les genres. Et ici, en dépit d'un casting formidable, le cinéaste se plante dans les grandes largeurs, et sa tendance à vouloir mettre en avant la camaraderie masculine, mise en danger dès qu'une sacré bon dieu de fumelle se pointe, se voit ici comme des gros sabots sur les pieds d'une ballerine.
Ah, et sinon, M. Dionnet: c'est James Whale, donc ça ne se prononce pas [wol]. Il ne s'appelait pas James Wall... Et il n'en avait plus pour très longtemps à travailler, ceci étant son avant-dernier film, qui fut (et c'est hélas totalement mérité) un désastre absolu au box-office.
Un fragment d'un film, sur lequel on peut quand même dire un certain nombre de choses: on y aperçoit Fritz Kortner, un acteur qu'on connaît bien (Schatten, de Arthur Robison, ou Die Büchse der Pandora, de Pabst), grimé en haut dignitaire Egyptien, dans les bras d'une dame dont les avances sont particulièrement évidentes... Ca dure 42 secondes, et c'est tout ce qui nous reste d'un film, le deuxième de son auteur, qui participait d'une tendance générale du cinéma en cette fin de décennie: imiter, au moins partiellement, la structure particulière d'Intolerance à travers le collage de plusieurs histoires entre elles... Le film partage avec Les pages arrachées du livre de Satan, de Dreyer, le motif diabolique, et l'histoire du cinéma nous apprend que le film aurait été produit/supervisé par le vétéran Robert Wiene.
Qu'y-a-t-il à dire de plus sur ces 42 secondes? Eh bien, tout d'abord, le fait qu'il s'agisse d'un fragment érotique est assez ironique, finalement, puisqu'à l'époque de son travail dans les studios Allemands, Murnau avait la réputation de n'être pas du tout fiable sur ce point... Pour autant qu'on puisse en juger, le film présente du frotti-frotta un rien générique, du reste, ce qui ne contredit pas totalement cette réputation! Sinon, qu'on puisse aujourd'hui examiner un fragment de l'oeuvre de Murnau comme si c'était un fragment du Graal, en dit long sur le statut du cinéaste.
Un grand regret, aussi, qu'on n'ait pas pu retrouver d'autres fragments (sans parler d'une éventuelle version intégrale), de ce film dans lequel Conrad Veidt incarnait Satan!
Enfin, le fragment a été récupéré dans un scénario à la Cinema Paradiso: une bobine de chutes conservées, généralement de passages censurés dans les paroisses Européennes tatillonnes, qui nous donne ici accès à la fois à un moment qui fut interdit, mais aussi à l'unique matière restante d'une oeuvre d'art perdue. Dit comme ça, c'est joli... Sans doute plus que le film, remarquez.
Avec un titre pareil, surtout un an après la sortie en France de L'assassinat du Duc de Guise, qui allait tant le marquer, on imagine Griffith se lançant dans une peinture des sombres dessins du Cardinal en question, dans le contexte d'un roman de Dumas. Bien sûr que ce ne peut être que Richelieu, et qu'à chaque fois qu'il sera fait allusion à ce personnage, on attend de l'intrigue, de la politique, de l'espionnage...
Mais on en sera pour ses frais: ce film est une comédie, quasi Shakespearienne, dans laquelle Richelieu et la cour complotent, oui, mais pour manipuler une dame de haute noblesse afin qu'elle accepte la main d'un homme d'armes... S'agit-il d'un Mousquetaire? Le costume ne l'indique pas, mais on peut émettre des doutes sur la véracité justement des habits portés dans ce film léger, tout comme on devrai se contenter de spéculations sur son intrigue: il n'y a pas d'intertitres...
Quelques éléments d'histoire, pour un film qui fut longtemps considéré comme perdu: il est parfois attribué à Griffith seul, parfois à Frank Powell, un assistant qui tournait les films qui n'intéressaient pas Griffith à la Biograph; de la même manière Sennett n'allait pas tarder à prendre en charge le département comédie. Sinon, c'est James Kirkwood qui interprète le Cardinal, et il fait ce qu'on attend de lui théâtralement, c'est à dire qu'il e tient au fond du champ en permanence, mais est de toutes les scènes. En l'absence de Père Joseph, l'éminence grise, eh bien... c'est lui!
Elmer n'a pas chassé, mais il ramène un lapin chez lui, et très rapidement, Bugs Bunny déjoue sa tentative de le transformer en civet... Mais il revient, parce qu'il estime que le bonhomme est une cible trop facile, donc à ne pas rater! Gratuitement donc, le lapin lui-même motive les deux derniers tiers du dessin animé!
Il y sera question d'une maladie fictive, la rabbitite, et comme l'univers se plie le plus souvent aux caprices de la star Bugs Bunny, on se doute qu'elle risque fort de devenir authentique avant la fin de ces 8 minutes...
Visuellement, le film est assez curieux: si le crédit est donné à Chuck Jones (ce dont le design d'Elmer fait foi, d'ailleurs), des bribes d'animation ne s'intègrent pas tout à fait à l'ensemble. Bugs Bunny y passe d'ailleurs de son design tel que Chuck Jones le représentait, à des vues plus gauches, qui donnent l'impression d'une animation pas toujours finie. Il se peut, c'est arrivé parfois, que le film ait changé de main pendant la production, et qu'il soit (c'est une hypothèse) passé par celles de l'animateur Bob McKimson. Celui-ci a débuté la réalisation à peu près à cette époque, et il avait une façon assez distinctive de dessiner Bugs, différent dans ses proportions.