Pas grand chose à glaner aujourd'hui dans un long métrage réduit à 5 minutes de fragments plus ou moins disjoints... Lon Chaney y est un profiteur, fumant le cigare et arborant en permanence un sourire de satisfaction perverse, une attitude qu'il utilisera souvent.
Mais voilà: comme tant d'autres, ce filma été victime du peu d'intérêt que la Universal manifestait pour le devenir de ses films, devenu des produits de saison qui n'avaient plus aucune attraction pour les exploitants et le public une fois leur exploitation finie... du moins le croyaient-ils!
Ida May Park a écrit le scénario, et Joseph de Grasse est le réalisateur, comme souvent pour les films interprétés par Chaney à cette époque. On retrouve d'ailleurs dans ces quelques images la préoccupation de montrer un visage urbain du mélodrame et du crime, qu'on trouvera aussi dans Broadway love de Ida May Park, passée réalisatrice.
François Villon, vagabond, poète et bandit à ses heures, a détroussé en compagnie de son copain Colin deux moines, car ils avaient eux-mêmes donné tout leur argent à une famille dans le besoin. Ils sont jetés dans une oubliette, mais Colin aide Villon à s'échapper. Puis le héros assiste à l'exécution de son copain, et se venge sur un noble qui se moquait du défunt.
Désormais doté d'une armure, Villon va ensuite délivrer une jeune femme des griffes de son tuteur violent, et fera une rencontre déterminante en la personne du Roi Louis XI, qui justement l'admire...
A l'origine, c'était une série de quatre films de deux ou trois bobines, concoctés par Universal pour le public populaire. Ce n'est pas à proprement parler un film d'une grande originalité, et le jeu de Murdock McQuarrie (Villon) vient en droite ligne des histrions des débuts du cinéma. L'acteur était pourtant souvent employés pour jouer les héros, dans des westerns et des films d'aventure.
Mais le principal intérêt du film aujourd'hui n'est ni McQuarrie, ni même le personnage ou la légende de François Villon: dans le rôle du tuteur libidineux, silhouette massive et inquiétante, qui mourra d'une main justicière après quatre minutes de présence sur l'écran, c'est Lon Chaney, dans ce qui est son plus ancien film de long ou moyen métrage à avoir été sauvegardé. Et d'ailleurs, après By the sun's rays, réalisé la même année par le même Gyblin, réalisateur très peu notable, c'est le deuxième plus ancien film conservé de l'acteur.
Un homme se réveille en retard et doit s'habiller... ce qui s'avère impossible tant es vêtements sont déterminés à l'en empêcher.
C'est donc un remake du Déshabillage impossible, mais à l'envers. D'ailleurs, il s'agit d'une variation, puisque cette fois il s'agit pour le protagoniste de s'habiller et non le contraire. Mais ça reste dans la même veine, et ce film n'apporte rien à la gloire du metteur en scène.
Par contre il nous éclaire sur son mode de fonctionnement, et cette nécessité de fournir, probablement à la demande, des films à trucs, vite faits mal faits, pour satisfaire la demande du public, et pallier à l'éventuelle usure des copies, que les forains qui les projetaient avaient, rappelons-le, achetées.
Si les films sont des tranches de vie, alors quelle drôle de vie nous est montrée ici? Un savant utilise un singe pour ses expériences, mais la bête s'échappe et met le laboratoire sens-dessus-dessous. Par ailleurs, il s'attaque à la bonne (qui, heureusement ou malheureusement pour elle, ne connaît pas la chanson de Brassens, forcément) et sa queue se détache pour mettre deux fois plus de bazar...
Narrativement, c'est assez plat, et très mécanique. C'est surtout complètement hystérique et caféïné! Mais le principal intérêt du film est une narration intégrée à deux niveaux, puisque le décor est un plan en coupe, de deux étages différents. Méliès expérimente... et si parfois ça donne d'étonnants résultats, ce n'est pas du tout le cas ici.
Le tonneau des Danaïdes est une anecdote de la mythologie Grecque, qui raconte le mariage des cinquante filles du roi Danaos, qui va se terminer dans un massacre, à l'issue duquel les "Danaïdes", comme on les appelait, furent condamnées aux Enfers, remplir sans cesse d'eau un tonneau percé... L'expression a acquis une résonnance dans nos civilisations, où elle désigne un "manier percé", soit un individu incapable de réfréner ses dépenses...
Mais rien de tout ça pour Méliès, qui se contente de l'expression pour illustrer ce qui se passe dans ce film: le magicien Méliès utilise des effets spéciaux classiques, arrêt de caméra notamment, pour nous montrer qu'il peut faire rentrer huit dames dans un petit tonneau... Dont acte.
Le seul véritable lien avec l'origine de l'expression est donc le costume antique (et la perruque de Méliès) porté par les protagonistes de ce tout petit film...
Un prologue nous montre en 1995 la vie d'une famille Américaine de l'Ohio, sauf que... Monsieur et Madame sont des "agents dormants" de la Russie, et leurs deux filles Natasha et Yelena sont en fait des fillettes qu'on leur a assignées pour qu'elles figurent leurs propre enfants! Débusqués par le S.H.I.E.L.D., les deux agents doivent fuir en urgence. Une fois à Cuba, les masques tombent, et les "parents" d'un côté, les "enfants" de l'autre, ils reprennent le cours de leur vie secrète...
On reprend le cours des choses, et nous assistons aux tribulations de Natasha Romanoff, dite Black Widow, qui tente de survivre à l'après-Avengers (oui, car dans cette saga à l'univers très étendu, il semble qu'il y ait eu un drame au sein des porteurs de lycra. Mais... on s'en fout.
D'ailleurs, on s'en fout, tout court. Déguisé en parabole vaguement féministe, avec ses personnages qui tentent de reconstituer un tissu familial, et des séquences d'action spectaculaires situées dans les endroits les plus improbables. Les relations entre l'héroïne et sa soeur sont mécaniques, ultra-corsetées par les clichés, et je pense que c'est le film qui vient enfin d'achever de me dégoûter à tout jamais de consommer du Marvel. Pas mal, finalement...
C'est un remake du Spiritisme abracadabrant, avec un titre cette fois nettement plus explicite.
Méliès y va plus loin dans le raffinement de la situation, se concentrant uniquement sur l'effet produit par le gag (un homme qui souhaite se déshabiller pour aller au lit mais à chaque fois qu'il enlève un vêtement, un autre apparaît à la place) sur l'homme, donc l'évolution de sa colère et de son exaspération.
En utilisant le truc, ou l'effet spécial, pour permettre à un acteur (lui-même) de se livrer à un jeu comique élaboré, Méliès fait évoluer la comédie cinématographique. Rien de moins...
Un homme et deux femmes s'apprêtent à partager un repas, mais ça va être impossible: les meubles disparaissent, apparaissent, changent de place et de taille, la soupière elle-même ne peut plus fonctionner normalement, et un spectre fait son inquiétante apparition...
C'est à l'origine un film à trucs dans lequel Méliès déplace son terrain de jeux, depuis la scène d'un music-hall comme il en a utilisé tant depuis qu'il reconstitue des numéros d'illusions, vers un salon bourgeois. A-t-il un compte à régler? En tout cas le monsieur qui s'apprête à dîner en prend plein la figure, puisque quand le film se termine, c'est un pantin désarticulé qui est agité dans tous les sens comme une baudruche qui se dégonfle...
Si l'intention est évidemment comique, ce film très perturbant participe largement du genre de l'épouvante...
Le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière... mais aussi de crémier, voilà ce qui caractérise ce film court. ...je m'explique: deux femmes apparaissent, et se transforment en lutteurs à demi-nus. Puis après quelques extravagances (d'où le titre) ils se transforment et se retransforment...
donc on a du spectacle sportif (la lutte, confiée à des spécialistes); des effets spéciaux, Méliès oblige, et donc de la magie; de l'humour (les deux belles dames qui tout à coup se transforment en lutteurs) et enfin un soupçon de grivoiserie, mais pas seulement à destination des spectateurs, les spectatrices étant amenées à voir deux hommes dans un exercice physique fort...
C'est une féérie, un passage obligé dans lequel Méliès teste probablement plus l'universalité de son art, que ses limites artistiques. Il est aussi fort probable qu'il s'y autorise de grands moyens (nombreux tableaux, nombreux figurants) parce qu'il sait qu'il le vendra à de nombreux clients!
Il alterne donc les tableaux d'images d'Epinal, les gens à table, la neige, la richesse et la misère, et ces curieux moments de pré-comédie musicale, avec des danseuses en file qui font une chorégraphie sommaire. Surtout, il s'y autorise un commentaire social qui renvoie aussi bien à ses idées "progressistes", qu'à Dickens...