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22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 17:53

Un clown prend une à une les pièces d'un mannequin, pour assembler un personnage sur la tête duquel il pose un chou, dans le but de tirer à l'arbalète à la façon de Guillaume Tell. Mis une fois assemblé, le mannequin se rebelle, et à chaque fois le clown lui enlève ici un bras, là sa tête... Lequel des deux gagnera?

C'est d'une part un effort intéressant pour renouveler un gag qui refera surface encore et encore, entre les dessins animés, et le Monty Python's flying circus. Et justement, on pense aussi à ces extrêmes pôles de l'humour, dans lesquels la violence est souvent présente de façon forte, y compris sublimée (qu'on pense à la fameuse rencontre entre le Roi Arthur et le Chevalier Noir dans Monthy Python's Holy Grail, où le démembrement presque anecdotique n'en est pas moins accompagné de giclées de sang).

Mais surtout, Méliès doit ici accomplir un tour de force narratif: maintenir une unité à un film dans lequel il arrête la caméra toutes les deux ou trois secondes, pour remplacer son personnage de statue par un mannequin aux membres détachables, puis le contraire...

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Published by François Massarelli - dans Muet Méliès
22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 17:47

Un magicien en costume (Georges Méliès, avec une perruque!) est installé sur la scène, et fait apparaître une colombe,  dans une boîte qui contient également une tenue d'enfant: justement, un garçon apparaît subitement, puis un deuxième, et ainsi de suite...

Il y a peu à dire sur ce film de plus que tout ce qui a été dit déjà: Méliès, après deux ans, maîtrise de plus en plus ses moyens, il se réfère une fois de plus au monde de la magie, et il se donne les moyens de montrer absolument ce qu'il veut. On peut aussi noter, toutefois, que ce film, le montrant rajeuni au moyen d'une perruque, se veut peut-être un clin d'oeil malicieux au jeune illusionniste qu'il fut.

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 17:41

Un magicien (Méliès) fait apparaître et disparaître en rapide succession des objets, se métamorphose (en Pierrot, en costume antique), et donne vie à un buste de femme qu'il a sculpté... Le tout en moins d'une minute.

Méliès n'a plus à se gêner, il est passé maître des effets spéciaux, et il peut maintenant se lâcher, en enchaînant les fééries à un rythme impressionnant. Certes, c'est un cinéaste qui se répète et fait ses gammes. Mais c'est un virtuose... Et certaines techniques ici raffinées seront cruciales pour d'autres films ultérieurs, comme certains thèmes se retrouveront ensuite, notamment (le rapport à une statue dévêtue) La tentation de St Antoine, qui va finir l'année 1898 pour ce qu'on a conservé des films de Méliès.

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 17:29

Littéralement ce que le titre du film indique: la caméra est située sur le toit d'un wagon, et nous avançons donc à vive allure avec elle... Un exercice de style qui vient en droite ligne des catalogues de films des Frères Lumière.

Une régression, peut-être, pour celui qui habituellement semble en ces joyeuses et vertes années de sa carrière, être en avance de quelques longueurs par son ambition et son invention? Certes, il a fait ce film à la fois pour remplir le catalogue de la Star-Films, et parce que le public le demandait (les forains qui montraient les films Méliès devaient avoir des retours de leur clientèle)... 

Mais n'oublions pas qu'en cette époque reculée, la moindre illusion de mouvement d'un film était encore une source d'émerveillement. Et Méliès n'avait-il pas dit pour justifier son engouement à Louis Lumière, sceptique de la portée du cinématographe, que celui-ci allait mettre le monde à portée de mains?

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Published by François Massarelli - dans Muet Méliès
22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 17:13

Trois scaphandriers explorent le site du naufrage du cuirassé Maine, qui a coulé dans le port de La Havane en février 1898: ils découvrent le corps d'un marin, l'extraient du bateau et le remontent à la surface...

Le film est une "vue d'actualités", façon Méliès, c'est-à-dire qu'il a entièrement été simulé dans le studio de Montreuil, comme le serait l'année suivante l'ensemble consacré à l'affaire Dreyfus, ou le célèbre couronnement du roi d'Angleterre Edouard VII. Méliès croyait à la capacité du cinéma de montrer le monde, mais préférait de toute évidence le recréer d'abord!

La carcasse du bateau a donc été installée au fond de la scène, en carton-pâte, et entre la caméra et le théâtre des opérations, un aquarium providentiel cimente l'illusion d'une prise de vues sous-marine. Le plus bluffant, sans doute, est la faculté de Méliès, à cette lointaine époque, de donner à voir un événement vieux de quelques semaines, à des spectateurs probablement médusés. Et s'il le fait en s'adonnant à une lugubre touche de grand-guignol (le mannequin figurant un cadavre), c'est parce que l'actualité le lui demande...

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 11:45

Une femme revient chez elle après le bal, et une domestique l'aide à se déshabiller et se baigner, le tout en une minute...

Un: il n'y a pas de nudité au sens traditionnel du terme dans ce film, qui nous montre effectivement une dame (Jehanne d'Alcy) qui se déshabille, mais elle gardera in fine un justaucorps probablement couleur chair sur elle. Un autre aspect qui reste étrange, c'est bien sûr le fait qu'au lieu de verser de l'eau sur sa maîtresse, la servante verse du sable... Peut-être est-ce afin de produire un effet graphique, rappelons que Méliès est le maître de l'illusion...

Deux: maître de l'illusion, tout est dit, finalement! Le film n'est pas salace pour les spectateurs de 2022, et n'offre donc pas de nudité aux yeux du spectateur de 1897. Mais celui-ci sait lire entre les lignes, et sait que derrière le justaucorps, on est ici proche de l'intime. D'ailleurs, qui est habituellement convoqué pour assister au déshabillage? ...en 1897, comme en 2022, ça reste quand même du domaine de l'intimité, généralement, même si le spectacle (théâtre, danse, cinéma) ne s'embarrasse plus de tabous. Donc si le film est commenté aujourd'hui comme on parlerait d'un porno, c'est que l'effet produit sur le spectateur, les garants des bonnes moeurs et fatalement la censure, en 1897, était peu ou prou le même... Mais le cinéma n'allait pas tarder à renvoyer ce timide effeuillage sous contrôle à l'arrière-garde de l'audace.

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 11:35

Le titre nous fait entrevoir monts et merveilles, mais on sera forcément un peu déçu: car cette auberge est bien austère, réduite à une chambre, dans laquelle un client se rend par la gauche. Son objectif? Dormir, bien sûr, et ça tombe bien il y a un lit. Dans ce décor très précaire, il n'y a d'ailleurs pas grand chose d'autre, si ce n'est de vagues meubles, et de grossières caricatures de portraits de mirlitaires au mur... le monsieur s'attelle donc à la tâche de se déshabiller, mais c'est peine perdue: dotée d'une vie propre, sa garde-robe est aidée dans la tâche de l'empêcher de dormir, par les meubles, et les ustensiles...

C'est sans doute un film en passant, dans lequel Méliès, seul acteur à l'écran, teste les possibilités de divers moyens de créer du fantastique en temps réel, au moyen d'artifices hérités de son passage au théâtre. Sans être révolutionnaire, c'est plaisant. On constate que Méliès s'attache beaucoup à empêcher ses personnages de dormir tranquilles...

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 11:26

Entre Calais et Douvres (d'où le titre...), un bateau fait la navette. Sur le pont, divers personnages tentent d'évoluer en dépit d'un roulis dus probablement à des conditions météorologiques peu clémentes...

Après quelques films consacrés à la guerre, Méliès revient à la comédie pure et dure, celle qui observe, grossit et exagère les traits, et se place en commentaire à la fois graphique (des habits grotesques et des déguisements très distincts, des attitudes) et satiriques (ces gens, ces braves gens, sont tous des reflets, même déformés, de la bonne société). Il jette donc les baes de la comédie cinématographique telle qu'elle sera ensuite reprise et raffinée, que ce soit par Jean Durand, Mack Sennett ou Chaplin... 

Mais il continue à tester les moyens cinématographiques qu'il s'est créé: ainsi, le mécanisme de tangage artificiel qu'il avait utilisé pour son Combat naval en Grèce revient-il mais cette fois il sert à simuler le voyage d'un ferry sur la Manche... Il teste aussi les opportunités fournies par le cinéma, d'installer une marque: contrairement aux films de guerre qu'il fallait conserver dans une certaine austérité, il s'autorise une marque déposée bien visible sur la photo (posée) ci-dessus.

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 10:46

Continuant son approche des sujets guerriers pour confectionner des films illustratifs d'une minute, Méliès se penche de nouveau sur le conflit Gréco-Turc de 1897, la "guerre des trente jours". Sur un navire de guerre, le commandant (Georges Méliès) donne des ordres à son équipage, ce qui st rendu difficile par le tangage...

Ce film ressemble beaucoup plus que les films de guerre précédents à du Méliès, et pour cause: il a choisi de représenter le navire à sa façon mélangeant les décors artificiels en carton, et la mécanique. Le tangage du bateau est obtenu par un système qui resservira d'ailleurs bien vite, puisque dans le studio du magicien, tout était conçu pour durer, que ce soit les costumes, les décors ou bien sûr les appareillages compliqués... 

Un autre facteur de familiarité dans ce petit film autrement anecdotique est bien évidemment le comportement du maître lui-même, qui s'est réservé l'inévitable rôle de l'officier, la couleur de l'uniforme et la posture le détachant immédiatement de ses subordonnés...

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Published by François Massarelli - dans Muet Méliès
22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 10:35

Durant le conflit Gréco-Turc de 1897, des soldats Grecs défendent leur ville, depuis des barricades. Mais l'ennemi fait une percée et bientôt les grecs sont battus.

C'est une vignette assez typique du traitement de la guerre comme une reproduction illustrative de l'histoire en marche, ce que Méliès tentait avec tout. Comme dans Le bombardement d'une maison il s'attache à représenter la défaite, les vaincus, l'héroïsme des condamnés. Son choix de se situer d'un coté de la barricade, derrière les soldats grecs, identifie non seulement une proximité dans laquelle se met l'auteur, et nous invite à le suivre consciemment ou non, mais aussi une volonté de ne s'attacher qu'à cet acte de résistance sans avoir besoin d'en élargir le contexte...

Méliès, ici, ne se donne qu'une minute: ce qui me fait dire qu'il ne devait pas avoir une grande affection pour ce type de films, qu'il faisait sans doute parce qu'il fallait fournir des mètres de pellicule, déjà à cette époque.

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet