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17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 16:25

Aspirant à devenir religieuse, sous le nom d'Hadewijch, Céline est pourtant priée de "retourner dans le monde", par la mère supérieure de son couvent. Une décision qui la choque et qu'elle ne comprend pas car elle pense que ça la condamne à ne pas pouvoir aimer et être aimée de Dieu... Car Céline est plus que croyante: elle est amoureuse de Jésus, et c'est d'ailleurs cet extrémisme, considéré comme fortement narcissique, qui l'a fait expulser du couvent!

Revenue à ses parents, une riche et influente famille bourgeoise qui vit sur l'île de la Cité, la jeune femme cherche un moyen de retourner à Dieu, et rencontre Hyacine. Le jeune homme, un peu délinquant, un peu voleur, est clairement amoureux d'elle mais accepte son refus d'aimer un mortel. Il va lui présenter son propre frère, un théologien Musulman, qui se prend qui aussi d'amitié pour Céline, qui va chercher en lui des réponses à son désir d'élévation. Lors de leurs conversations, Nassir en vient à présenter à son amie la nécessité de la lutte armée pour rendre possible le royaume de Dieu sur terre...

Déboussolée, Céline? Clairement, celle qui estime en passant à quelques mètres du couvent où elle souhaitait passer le reste de sa vie, qu'elle y est née vraiment, se perd dans le monde qui l'entoure, mais elle n'est pas totalement fermée pour autant. Elle est, aussi, en révolte, et dit à Hyacine qui est venu manger chez elle, du mal de son père membre du gouvernement! Ce que lui reprochera le jeune homme. Hyacine est nettement moins déboussolé qu'elle, et semble accepter certaines barrières, aussi, que se refuse à reconnaître la jeune femme: quand elle l'attend à la sortie de la mosquée, il le lui reproche. Pour Céline, il y a de la curiosité à l'égard d'une religion qui semble vécue dans une certaine harmonie par ses fidèles. 

Nassir est un homme séduisant, théologien accompli (et lui-même docteur en philosophie, c'est lui qui a écrit la leçon que prodigue son personnage à des fidèles dans le film, et que vient écouter, en auditrice libre, Céline); leurs discussions vont tourner à une certaine forme de radicalisation, mais tout en douceur... Ce qui va précipiter la jeune femme vers un engagement totalement inattendu... Le contraste entre Hyacine, un jeune délinquant certes, mais avec une morale, qui ne cherche ni à recruter, ni à convertir, ni à changer Céline, juste à la comprendre, et Nassir qui est séduit par le feu sacré de la croyance qui s'exprime d'une façon passionnée et désordonnée chez la jeune femme, et va lui demander de sacrifier son humanité en l'aidant à tuer... Un développement complexe et douloureux, à l'âge post-11 septembre, qui offre un visage de l'aveuglement religieux qui est bien plus subtil que tout ce qu'on imaginerait aujourd'hui!

Mais ce qui est si passionnant dans le film reste la crise mystique de Céline-Hadewijch, une aspirante nonne qui cherche en Dieu, sans doute, une sorte d'amant. Le nom n'est pas choisi au hasard, celui d'une religieuse flamande avide de construire avec Dieu une relation totale et extatique. Dumont a dirigé Julie Sokolowski en la poussant en permanence vers une sorte de malaise, un doute qui est visible sur son visage, mais le personnage est aussi constamment dans une certaine forme de contradiction, qui éclate au grand jour dans une scène qui a voit prier, nue, puis se glisser dans un lit... Parfois aussi illuminée que Jeanne d'Arc, elle le dit à Nassir et Hyacine: elle veut être à celui qu'elle aime, et celui qu'elle aime, c'est Jésus. L'un ne la comprend pas; l'autre comprend cette quête d'absolu et comment l'exploiter... Un absolu qui semble impossible à vraiment obtenir, et pourtant...

Pourtant, comme André Demester dans Flandres qui revient de l'horreur de la guerre et de la trahison meurtrière d'un ami et souhaite reprendre sa vie à zéro, Céline revient de l'horreur , dans un final énigmatique. Elle est au couvent, et elle recommence à chercher l'absolu, en se laissant couvrir par la pluie froide. Puis elle va au bord d'un étang et se jette à l'eau, pour mourir. 

Et c'est là qu'entre enfin dans sa vie un personnage, celui d'un petit délinquant, David, qui a fait de la prison plusieurs fois. Quand il n'est pas en cellule, il vient travailler au couvent, et là, c'est l'été, il est torse nu: il a vu la jeune femme entrer dans l'eau, il la sauve et la prend dans ses bras.

 

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Published by François Massarelli - dans Bruno Dumont
17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 09:05

Un ours qui va hiberner fait appel à un chenil pour lui fournir un chien de garde. Le poste est avantageux, donc si Spike est désigné, il a un concurrent malhonnête, qui va tout faire pour lui piquer la place... Mais ce n'est pas de tout repos, car il ne faut pas faire le moindre bruit: l'ours est, disons, d'un sommeil colérique...

Et c'est donc la mécanique Averyenne qui se met en place: accumulation, répétitions, gags liés au corps et à une certaine concupiscence, explosions, e tutti quanti. Et le tout, bien évidemment, dans un déchaînement de violence et de sadisme...

C'est drôle et bien mené, c'est aussi, de fait, l'un des derniers très bons films du metteur en scène qui va prendre une année sabbatique et revenir dans un studio en plein tourment: les coûts auront été divisés jusqu'à rendre l'animation hideuse...

 

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Animation
17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 08:56

Spike, le chien, rentre chez lui (il habite dans une ferme) au petit matin. IL va s'endormir, mais le coq chante... Avec insistance.

Décor planté, personnages en place: pendant un peu moins de sept minutes, le chien va vivre un enfer, à cause d'un personnage sans substance autre que celle d'une machine à emm... le monde! C'est la situation de Cuckoo clock, en un peu plus austère.

A noter, le décor d'une ferme Américaine qui habituellement identifie plutôt les cartoons de la Warner, mais n'oublions pas que Tex Avery a beaucoup contribué lui-même à cette veine dans les productions de Schlesinger avant son renvoi pour mauvaise conduite...

A noter aussi, un gag ("Tim... ber!") qui vient en droite ligne (ce sont sans doute les mêmes cellos qui ont servi) de Wags to riches. Je suis à peu près sûr qu'il a resservi encore après.

 

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Animation
17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 08:43

Un animal mignon cherche l'amour, et écoute les conseils avisés d'un Cupidon qui lui fournit un manuel pour trouver l'âme soeur...

Et alors? On est presque en terrain connu, pas très loin de chez Walt Disney auquel le graphisme volontairement rond et gnan-gnan renvoie. Comme c'est un pur produit de l'équipe de Tex Avery, on sait qu'il n'y aura pas besoin d'aller très loin pour trouver de la transgression et du sordide.

C'est un putois; d'ailleurs le Cupidon ne peut rester en sa compagnie que doté d'un solide masque à gaz. Et quand le héros se déplace, il fait se faner les fleurs. les gags liés à l'odeur corporelle dépassent l'entendement. "Tinker" (notez l'apostrophe) est ici un diminutif de "stinker", un nom qui désignerait immédiatement un être... puant.

Mais il y a plus: un humour noir et féroce, qui contrebalance en permanence le côté mignon du graphisme: le putois se déguise en Frank Sinatra (qui était à l'époque un maigrelet tendance cadavérique) et toutes les blagues possibles y passent, comme les gags inspirés par le comportement délirant des fans. Mon préféré reste cette grand-mère qui se met à sauter en l'air pendant une quinzaine de secondes, façon Avery bien sûr, et en retombant creuse un trou profond qui devient sa tombe...

Bref: c'est formidable... Et en plus ça se finit très bien!

 

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Animation
17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 08:30

Parfois ces environ sept minutes que durent les films d'animation sont tellement remplies de péripéties qu'elles donnent le vertige, et parfois c'est le contraire: une bonne idée, UNE seulement peut nous amener au bonheur... C'est le cas ici, avec une poursuite chat-chien-canari, augmentée de l'apport d'une souris, seul personnage un tant soit peu articulé, d'ailleurs elle l'admet: elle a déjà vu le cartoon, donc elle peut en prédire la fin...

Sauf que de fin, il n'y en a pas. C'est la souris qui l'annonce: car l'essentiel de la lutte commence par la compétition entre le chat et le canari, à qui sera le plus gros, à l'aide d'un produit miracle qui transforme un oiseau chétif ("whoah, I've been sick!") en un garde-manger pour plusieurs semaines... Et le produit est très efficace donc les quatre animaux se subtilisent la bouteille à tour de rôle, et ça délire très sec...

Une fois de plus, la lutte entre mangeur et mangé vire au sordide, et Tex Avery n'avait pas son pareil pour oser aller loin dans une thématique pourtant partagée avec ses anciens collègues de chez Warner. On peut dire qu'il s'avait appeler un chat un chat... Ou un canari, ou une souris, ou un chien.

 

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Animation
14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 17:06

Reprenant cette manie salutaire de se baser sur les contes de fées classiques pour les dynamiter dans ses courts métrages, Tex Avery a sérieusement renouvelé sa propre formule dans les années 40, en y ajoutant deux ingrédients complémentaires: le loup, le plus souvent suave et sophistiqué, et des jolies filles...

C'est donc alors qu'il a vu le titre du film que le loup qui poursuit le Petit Chaperon Rouge dit à cette dernière de partir, et va se changer afin de découvrir ce que l'équipe de Tex Avery a bien pu faire pour actualiser Cendrillon à l'âge du swing! Il va donc rencontrer la jeune femme, devenue une "bombe" qui chante dans une boîte de nuit, mais dotée d'une marraine délurée, qui aimerait bien ajouter le loup à son tableau de chasse...

Bref, c'est la recette de Red Hot Riding Hood, mais ce n'est pas grave: on en redemande!

Notons que le film est bien de son époque, puisqu'à minuit, Cendrillon doit quitter le bal... pour se rendre à l'usine où elle travaille à l'effort de guerre.

 

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Animation
14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 17:00

Il n'y a grand chose à dire pour raconter l'intrigue de ce film: une souris nous explique la cruelle destinée d'un lion, auparavant le roi de la jungle, devenu une épave dans une institution psychiatrique suite à sa rencontre avec... une souris. Cette dernière n'a qu'une chose à dire: "Boo!".

Le film est pourtant une succession de variations toutes plus superbes les unes que les autres, d'abord dans la gestuelle constamment changeante du lion dans l'exercice de sa pleine puissance, puis dans les chassé-croisés avec un rongeur qui comme Droopy à la même époque, a un don d'ubiquité particulièrement prononcé; tout, ici, est question de rythme et de timing, confié comme il se doit à des experts...

 

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Animation
14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 16:54

Screwy s'évade de l'asile où il est enfermé, et Meathead le chien part à sa poursuite... 

On voit bien pourquoi Avery a fini par se débarrasser (dans une fameuse scène de Lonesome Lenny) de ce personnage d'écureuil fou furieux... Il se permettait trop de choses, et dynamitait sans doute toute possibilité de scénario... Donc, une fois de plus, c'est une suite de gags, sans queue ni tête, tous plus vertigineusement idiots les uns que les autres...

 

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Animation
14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 16:46

Remontant à l'arrivée des colons en Nouvelle-Angleterre, Avery détourne en la simplifiant considérablement une anecdote sur les premières manifestations de Thanksgiving... Il va simplifier en particulier en limitant les personnages à trois:

un colon, arrivé comme il se doit sur le Mayflower, et qui est une sorte de croisement entre Droopy (la voix, et une certaine lenteur sans émotion) et feu Egghead pour le physique, mais sérieusement modifié...

une dinde, qui parle avec la voix de Jimmy Durante et qui va tout faire pour se payer la tête du précédent, en se démultipliant à l'occasion...

et un ours.

Le film vaut pour son dosage impertinent d'absurde et de satire: les colons s'installent et se séparent en deux camps, les Démocrates et les Républicains... La vieille graphie Anglaise Ye au lieu de The est utilisée à tout bout de champ, et prononcée comme on peut le lire, et l'ours semble se promener sans autre but que de nous inciter à manger chez Joe. Mais de tous les gags, c'est sans doute le moins gratuit...

 

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Animation
14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 16:36

Encore un chef d'oeuvre qui figure parmi les premiers courts métrages de Tex Avery pour la MGM: c'est une fois de plus un film dont l'animation excellente est sous forte influence de Disney, c'est à dire ronde... Un personnage se distingue, celui d'un porcelet infernal, et qui sait à quel point il est infect!

C'est Noël, et le petit de M. et Mme Cochon (le père n'est autre que le plus malin des trois animaux, celui dont la maison a tenu face au danger du loup) va rester debout durant la nuit, pas vraiment pour rencontrer le père Noël, mais plutôt pour lui en faire baver...

C'est un festival indescriptible de méchancetés sans précédent, dont j'apprécie particulièrement un attentat pâtissier assez inédit: afin de décorer le loup (qui s'est déguisé en père Noël, bien entendu) d'une belle tarte à la crème, le cochon va tout bonnement en confectionner une en quelques secondes... Et lorsque le loup se lasse, le cher petit ne trouver rien d'autre à faire que de se retourner vers nous et nous torturer avec un tableau noir et une craie!

...Le monstre.

 

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Animation