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25 août 2020 2 25 /08 /août /2020 16:46

Deux voyageurs arrivent à Alger, et en quittant le bateau, leurs regards se croisent... Claudie Duvernet est venue pour hériter, et Pierre Hoffer pour soutirer de l'argent à son oncle. Repartiront-ils de la colonie, ou vont-ils se trouver un destin local? Mais les cousins de Claudie, qui n'ont pas hérité, eux, vont tout faire pour faire main basse sur la fortune de la jeune femme...

On n'imagine pas, quand on connaît un peu l'histoire, marquée à gauche, du personnage, un Jean Renoir faire la retape pour l'Algérie Française! Et pourtant... En 1929, le cinéaste est bien mal en point, la plupart de ses projets personnels ont débouché sur des échecs commerciaux, et il n'a pas, loin de là, fait ses preuves. Et il n'a plus de toiles du père Auguste pour financer le moindre projet! Il a donc accepté une commande, celle de réaliser un petit film sentimental et d'aventures tourné en Algérie pour y insérer aussi clairement que possible des séquences qui pouvaient lui permettre de vanter les mérites de l'endroit, l'industrialisation bénéfique et bien évidemment, les bienfaits de la colonisation!

Dire que ça l'a désintéressé serait bien en dessous de la vérité, mais l'apprenti cinéaste, par ailleurs cinéphile engagé, se fait plaisir en se consacrant, plutôt qu'à l'intrigue, aux personnages qu'il va aider à se révéler avec une certaine attention sur les détails: on n'est pas un fan de Stroheim pour rien. Et il se réveille lorsqu'il doit diriger ses acteurs en plein règlement de comptes dans le désert. Sinon, pour retrouver le Renoir "historique", il faudra attendre le parlant...

 

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Published by François Massarelli - dans 1929 Muet Jean Renoir **
25 août 2020 2 25 /08 /août /2020 12:08

Comme The luck of the foolish qui était la première réalisation de Harry Edwards pour Harry Langdon, le film possède bien deux parties, mais la deuxième ne fait pas toute la deuxième bobine; Langdon a réussi à imposer une structure plus souple, qui lui permet d'exploiter à fond toute la situation de base: au matin de son mariage (Avec Marceline Day), Langdon se réveille avec une gueule de bois et... marié à Madeline Hurlock.

C'est embêtant, surtout lorsque Marceline et sa maman (Charlotte Mineau) se déplacent, ou lorsque la jeune femme se plaint à son père (Andy Clyde)... qui est justement chef de la police. Harry va donc en prison, faire des travaux d'intérêt général. Les cinq dernières minutes le voient s'évader, et devenir chauffeur de fiacre. Il conduit notamment des Chinois, qui fument de l'opium, et le film se casse un peu la figure. Mais les quinze premières minutes, entièrement centrées sur Harry et sa réalisation de la situation extrêmement délicate dans laquelle il est, sont tordantes.

 

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Published by François Massarelli - dans Mack Sennett Muet Comédie Harry Langdon
25 août 2020 2 25 /08 /août /2020 12:03

Avec l'arrivée de Harry Edwards à la réalisation de ses films, l'équipe de Harry Langdon, chez Sennett, est de plus en plus soudée autour de l'acteur, et les films qui ont entamé une mutation après quelques erreurs de jeunesse, s'en ressentent. Marceline Day, la soeur d'Alice, devient la partenaire, et on la connait en particulier pour son rôle dans The cameraman. Autour d'eux, les acteurs de la compagnie Sennett: Madeline Hurlock, Andy Clyde, Charlotte Mineau. Les histoires, tout en maintenant un brin de loufoquerie et une structure typiquement Sennett (autant de parties que de bobines), sont plus soignées, et on y croit désormais, on a aussi le temps de s'intéresser aux personnages.

Harry et Marceline sont dans un train, ils rentrent chez eux, et c'est la nuit: l'essentiel de la première bobine va être consacré à une série de déboires dans le wagon-lit, Harry étant absolument empêché de se coucher sans réveiller les voisins, sans non plus que Marceline ne lui demande un service: une préfiguration conjugale de Berth Marks, de Laurel et Hardy...

Le réveil est intéressant, avec une scène hilarante dans les salles d'eau des hommes  durant laquelle Harry et un rasoir terrorisent un autre passager, sans que l'acteur ne s'aperçoive de l'effet qu'il rend. La première bobine s'achève sur une histoire d'évasion d'un malfrat dans le train, qui voit Harry Langdon basculer, de l'influence de Harold Lloyd à celle de Charley Chase. La deuxième bobine est plus typique de son style propre, avec un Harry, auquel on a volé son argent, qui se voit obligé de reprendre son ancien travail: il est un policier inepte, avec un uniforme trop grand. Il manque de conviction, et c'est très douloureux, pour ne pas dire embarrassant pour le spectateur: c'est d'ailleurs un trait de son oeuvre qui explique peut-être pourquoi tant de cinéphiles sont réticents à s'intéresser à lui: ce n'est pas confortable.

Néanmoins, avec son final spectaculaire, tourné dans la villa de Mack Sennett lui-même, on a ici du burlesque de grande qualité. Et la cerise sur le gâteau, c'est que le film est désormais complet grâce au travail d'archéologue de David "Indiana Jones " Kalat.

 

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Published by François Massarelli - dans Harry Langdon Muet Comédie
25 août 2020 2 25 /08 /août /2020 11:59

Que faire avec Harry Langdon? Après avoir essayé de le faire prendre le rythme insensé de leurs comédies, les metteurs en scène semblent avoir accordé un peu plus de latitude au comédien, qui commence à imposer son style lunaire et lent. C'est particulièrement notable dans ce film, le premier dans lequel on échappe presque totalement à la frénésie, à l'exception d'une séquence durant laquelle Harry est entraîné dehors par un bouledogue effrayé qu'il tient en laisse...

Le film (qui reste incomplet) commence par un intertitre («later,...» trompe-l'oeil étourdissant: Harry et une jeune femme se battent contre un bandit, qu'ils mettent hors d'état de nuire, puis s'embrassent. David Kalat assure que ce début est tel quel dans le script, on ne peut donc pas en mettre la rapidité sur le compte d'une hypothétique perte de séquence; de toute façon, le propos sera familial: Harry est un mari heureux et sans histoire, et Alice Day est son épouse comblée. Ils reçoivent de temps à autre la visite d'un ami (dont on apprendra plus tard qu'il est recherché pour divers crimes), et ont besoin d'une cuisinière: ils en essaient deux: une abominable sorcière qui fait peur à tout le monde, et une jolie dame (Madeline Hurlock) qui en a manifestement après Harry. La fin du film se concentre autour d'une nuit de peur, durant laquelle des étranges silhouettes envahissent la maison.

Le bien-être domestique, qui sera le thème de The chaser (1928), son plus méchant long métrage, est vu ici selon le style de Langdon, pas selon Sennett. D'autre part, le film a considérablement ralenti son rythme, et on sent la patte d'un autre metteur en scène: Harry Sweet a succédé à Del Ruth, et semble avoir laissé Langdon imposer sa marque. Du coup devant les horreurs qui se multiplient, Langdon ralentit, ralentit la cadence, et met un point d'honneur à innover, en particulier en terme de réactions. Du reste, le film est marqué par son innocence: lui qui jouait les obsédés sexuels pour Picking peaches, revient à la maison avec une vamp, à laquelle devant son épouse, il laisse masser ses pieds, sans aucunement penser à mal...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Harry Langdon Comédie
24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 20:04

Bien qu'une demi bobine (Le début du film) ait disparu, on voit bien la méthode Sennett en action: deux bobines, un film. Le lien entre les deux moitiés est ténu, parfois juste un prétexte, mais il existe. Langdon a réussi à intégrer son style, fait de lenteur et d'innocence, sur la première partie. Il y joue un jeune garçon, auquel son père (Andy Clyde) présente "sa nouvelle maman" (Madeline Hurlock). Les gags jouent tous sur la naïveté de Harry, dont la future belle-mère essaie de se faire un dessert.... dans la moitié disparue. Zut.

Le reste du film est marqué par des trucs typiquement sennettiens: plage, bathing beauties, dont la jolie Alice Day, et poursuite en voitures folles, tournée à 12 images par secondes pendant ques Keystone Cops perdent toute humanité en tournant dans tous les sens: la routine, quoi.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Harry Langdon Comédie
24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 15:51

Calcutta, dans une maison Britannique cossue: un homme a été tué, et une medium est invitée à diriger une séance de spiritisme qui pourrait permettre à la bonne société de mettre la main sur le ou la coupable. Bien sûr que le ou la coupable est justement parmi eux, et en prime durant la séance il y aura un deuxième meurtre, et l'étau se resserre sur une jeune femme que la médium essaie de protéger. Pendant ce temps, l'inspecteur Delzance (Bela Lugosi) mène l'enquête d'un sourcil inquisiteur...

Ce film, le premier parlant de Tod Browning, a une épouvantable réputation: mal foutu, mal joué, mal synchronisé... C'est non seulement vrai, mais si ce n'était que ça il se conformerait à la vaste majorité des films parlants d'avant 1930, tant la technique du cinéma parlant n'était pas au point! Mais c'est en fait bien pire: en dépit d'efforts notables pour bouger la caméra, ce qui n'était quasiment plus fait du tout à cette période, Browning s'est endormi sur son tournage, au point de laisser monter un plan d'ensemble spectaculaire... avec le micro quasiment au milieu du champ. Et le monteur a du le rejoindre dans sa sieste réparatrice, tant les transitions entre les plans donnent lieu à d'embarrassants moments de sur-place.

Quant au whodunit qui a lieu sous nos yeux, eh bien comme d'habitude, on s'en fout que ce soit ou non Leila Hyams qui a tué. Browning aussi a l'air de ne pas s'en inquiéter. Par contre il s'est amusé à nous montrer la medium dévoiler quelques-uns de ses trucs dans une séquence... Décidément, c'était son péché mignon! Bref: un film pour rien, donc.

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Published by François Massarelli - dans Tod Browning Pre-code
24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 10:25

Ce film est un pur concentré d'incohérence, dans lequel on passe du coq à l'âne, et avec un Harry Langdon prêt à s'abaisser à toutes les pires horreurs auxquelles il est confronté: il respire un putois, baisse son pantalon devant les dames, court en culottes à dentelles, etc...

Il y est un shérif-pompier-photographe qui a maille à partir avec son rival pour les affections d'une jeune femme. Les gags les plus gras et les plus répétitifs sont montrés, en succession et sans temps mort. Totalement idiot, absolument pas indispensable, à voir pour savoir jusqu'où on pouvait aller trop loin dans l'usine à gags de Mack Sennett....

Pour en finir avec cet étrange film j'ajoute que c'est le premier court métrage qui m'ait donné l'impression que The mystery of the leaping fish, de John Emerson avec Douglas Fairbanks, ses poissons gonflable, sa cocaïne, ses flics perdus qui tournent indéfiniment autour d'un rond-point, était finalement un petit film assez routinier...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Harry Langdon Muet
24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 10:09

C'est pour la compagnie Universal, déjà préoccupée par la nécessité de grandir et de jouer dans la cour des grands, que cette adaptation de Jules Verne a été concoctée. Tant qu'à faire, et tout en affichant un ancrage solide dans le plus célèbre des romans de son auteur, le scénario élabore à partir de nouvelles péripéties et aussi un peu à partir de l'île mystérieuse, un mélodrame délirant qui fleure bon le serial... Une rocambolesque histoire d'héritière disparue, un Nemo hanté par le passé qui cette fois-ci va nous être détaillé, etc... Les coups de théâtre abondent, les coïncidences les plus absurdes pleuvent, mais ce n'est pas ça qui fait le sel, ni la notoriété du film.

Car à bien y regarder, c'est quand même bien terne, surtout quand on compare aux drames de Lois Weber, ou à Intolerance, voire aux westerns de Hart. Le jeu des acteurs est du plus pur style 1912. Alors ce qui fait aujourd'hui l'intérêt du film, c'est sans doute le montage très soigné, et bien sûr sa cinématographie sous-marine, très impressionnante pour l'époque et plutôt bien intégrée. Pour le reste, c'est comme on dit, une pièce de musée...

 

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Published by François Massarelli - dans 1916 Muet **
23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 16:38

Oublions ce brave Frank Capra, qui a passé sa vie à prétendre avoir inventé Langdon, mentant comme un arracheur de dents pour sans doute venger l'humiliation qu'il a subi en 1927, date de son renvoi du montage de Long pants, leur deuxième long métrage ensemble, par un comédien qui s'était mis en tête de réaliser ses films tout seul. Les débuts de Langdon au cinéma datent de 1923, et ses débuts chez Sennett de 1924, soit avant l'arrivée du gagman et futur metteur en scène dans le studio. Mais une chose, en revanche, est sûre: Capra avait raison lorsqu'il dit que personne ne savait quoi faire avec Langdon...

Horace Greeley Jr est presque un mythe; ce film, le seul des deux (Encore qu'on ne sache pas si l'autre a bel et bien été tourné...) produits par Sol Lesser et cédés ensuite à Sennett avec le contrat du comédien, ne subsiste plus que sous la forme de deux minutes de pellicule, la fin de la deuxième bobine, qui voit Langdon embarqué dans une poursuite, avec le rôle de héros hypothétique. Il m'a vaguement fait penser à West of Hot-Dog, un Laurel de 1925 basé sur une parodie de western, et voir Langdon en héros, c'est fatalement aussi incongru que Stan Laurel... le film n'est sorti qu'en 1925, sans grande publicité. Et sinon, il y a sans doute beaucoup à apprendre sur le "cas" Langdon, dans le fait que Lesser ait tourné, puis refilé un film entier, à son concurrent...

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Published by François Massarelli - dans Harry Langdon Muet Comédie
23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 16:16

David Byrne est bien sûr le célèbre (?) musicien Américain, chanteur, guitariste, auteur et compositeur qui pour une bonne partie de sa carrière a été associé au groupe les Talking heads, avec lesquels il a fait le grand saut dans le funk et la world music. Mais dans les années 80, ils ont aussi commencé à explorer, après l'apport extérieur essentiel de la musique Africaine, les racines intérieures et traditionnelles de la musique populaire Américaine... le folk, la country notamment. 

Et ce film est à la fois une source et un prolongement pour le groupe: une source car c'est devenu pour Byrne cinéaste et Byrne compositeur une occasion de faire appel au groupe, et par là-même un nouvel album; et un prolongement parce que l'esprit particulier, le ton délibérément alien de ce film ont tout à voir avec ce qu'étaient les Talking heads depuis le début: des observateurs de l'ordinaire, mis en musique d'une façon souvent innovatrice...

Pour son unique long métrage, assisté de l'excellent chef-opérateur Ed Lachmann, Byrne incarne un visiteur extérieur d'une petite ville fictive du Texas, un état dont il nous retrace d'ailleurs l'histoire compliquée dans un montage hilarant. Il est habillé à la mode Texane, vue de loin, avec de très très larges Stetson, et il parcourt les routes plates et mornes du Texas qu'on voit défiler en transparence derrière sa belle voiture rouge décapotable. Et il s'intéresse aussi bien à des gens, qu'à des anecdotes, avec une constante: aucune conclusion, aucun jugement sur tous ces gens qui se préparent à fêter le 150e anniversaire de leur petite bourgade: l'informaticien à la pointe, le brave coeur solitaire qui cherche l'âme soeur, le couple de notables qui ne se parlent plus, la femme qui ment comme elle respire, le prédicateur paranoïaque, le prêtre vaudou, et la femme qui aura fait par pure paresse la plus longue sieste du monde, tous partagent d'être inspirés par ces titres de journaux parfois loufoques qu'on trouve parfois dans ces journaux à bas prix qu'on peut acheter partout... Et tous vont se retrouver autour d'un radio-crochet.

C'est très étonnant, dans la mesure où au delà des anecdotes concernant chacun des personnages identifiables, le film ne raconte finalement rien du tout! Mais il diffuse une étrange et très confortable douceur, une espèce de vision rassurante de l'humanité, car ici, Byrne ne cherche pas à accuser, montrer du doigt ou critiquer qui ou quoi que ce soit, juste s'amuser autour d'un folklore en se laissant vagabonder au gré des idiosyncrasies des uns et des autres. Pour revenir aux Talking heads, il souhaite regarder de plus près, sans les effaroucher, les "Little creatures" dont il parlait dans la chanson du même nom. Il s'est aussi entouré de toute une troupe, parmi lesquels on retrouvera des têtes connues: l'actrice Swoosie Kurtz, mais aussi Spalding Geay et surtout John Goodman, ou encore des musiciens, des vrais, établis (Paulinnho da Costa), des locaux (Esteban "Steve" Jordan y los Vampiros) et même d'illustres inconnus, invités à participer à l'étrange célébration...

Séduisant, mais condamné dès sa sortie: personne ne s'est déplacé pour aller voir le film...

 

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Published by François Massarelli - dans Musical Comédie Criterion