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23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 11:41

C'est un court métrage, réalisé en 1983 par un fanatique de plongée et pionnier de la vidéo sous-marine. L'intrigue est assez obscure, concernant un homme qui parcourt es océans pour oublier le drame familial: son unique fille est mort-née. Lors d'une plongée il est témoin d'un phénomène étrange et assiste à la naissance d'une sirène, mais celle-ci, reconnaissant son père, l'épargne...

Oui, c'est à peu près ça, décliné en images d'un bleu obsédant, et honnêtement ça ressemble un peu (beaucoup) à un clip vidéo des années 80... Et c'est là, ironiquement, que la petite histoire rejoint la grande, puisque Portelly, natif de Swindon (son papa à lui y était médecin), a demandé à un autre Swindonien de composer et enregistrer la bande originale de son film: Andy Partridge. Celui-ci a saisi l'opportunité pour expérimenter avec voix, percussions et claviers. Sinon, eh bien... Plouf.

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Published by François Massarelli - dans Plouf
22 août 2020 6 22 /08 /août /2020 22:55

C'est le plus ancien film de Langdon qui ait été à peu près correctement conservé, et c'est aussi et surtout du pur Mack Sennett... Ce film est un témoin de la difficile arrivée de Langdon, le comédien lent, dans le monde de folie furieuse de l'usine à gags...

Pour tout dire, ça manque de cohérence, et Langdon essaie de placer son personnage de clown lunaire en obsédé sexuel: lui qui plus tard sera renommé pour le côté asexué de son alter ego, n'est pas à l'aise avec les gags au ras des fesses... Il est donc un vendeur de chaussures qui tend à profiter de son métier pour tripoter la marchandise! Mais il est marié et son épouse décide de lui rendre la monnaie de sa pièce en jouant les Bathing beauties...

Le film est un Sennett tous-terrains, et donc le prétexte permet d'aligner les jeunes beautés en maillot.

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Published by François Massarelli - dans Muet Harry Langdon Comédie
14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 10:45

Le deuxième (et pour l'instant, dernier) film de Tmo Hanks est ce qu'on appelle un feel-good movie, une comédie qui est sensée nous faire sentir mieux et que les esprits chagrins vont balayer du revers d'une main, parce que la vraie vie ce n'est pas ça. Bon.

Maintenant qu'on est entre nous, intéressons-nous à cette petite comédie qui ressemble tant à un film des années 80, sans pour autant être Reaganienne le moins du monde... Ce qu'on attendrait de toutes façons pas du tout de Tom Hanks, il est vrai: le rythme, le montage, et même la musique (sans parler des deux chansons d'ELO, estampillées vintage, qui ouvrent et terminent le bal), tout est comme un musée des films de l'époque, sauf bien entendu que le film se situe fermement en 2011, dans l'énonomie post-récession, et les gens ont... un portable.

Hanks est donc le Larry Crowe du titre, un ancien marin (il était cuistot) qui promène sa bonne humeur dans les allées du magasin de bricolage où il travaille depuis bien longtemps. Divorcé, mais optimiste, seul mais bon voisin, Crowne vivote gentiment jusqu'à ce qu'il se fasse licencier. Il va donc retourner à l'université, et là-bas, sa vie va changer: d'une part il se met à faire du scooter avec des jeunes étudiants, dont la jolie Talia. Ensuite il fait de l'économie de compétition, et il est doué. Enfin, il a rencontré Mercedes Tainot, professeur de littérature et de langage, qui est incarnée par Julia Roberts. Mariée, mais bon, pas pour longtemps...

C'est soigné, vibrant, souvent très élégamment bricolé. Certes, c'est sans doute gnan-gnan, mais parfois on a besoin que voulez-vous... Et puis Hanks est un réalisateur au plus près de ses personnages et ça en deviendrait presque une leçon de la ligne claire en comédie, celle qui n'accepte aucune équivoque en matière de narration ou de point de vue. Enfin, Hanks a participé à des grands films avec des grands réalisateurs, et il en a retiré des leçons: par exemple la scène durant laquelle il se fait virer est un démarquage très soigné d'une scène de Philadelphia, de Jonathan Demme. Et au vu du style de ce film généreux, fait avec enthousiasme, ce n'est pas du tout un hasard...

Et puis ELO, quoi.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Tom Hanks
13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 09:21

Commençons si vous le voulez bien par une digression: The great escape ou La grande évasion comme on l'appelle ici, est un filmouth à mes yeux. Le filmouth, c'est un type de film quasi exclusif aux années 60, lorsque le cinéma, donc les salles, leurs exploitants, les studios qui fournissaient les films, et les auteurs eux-mêmes, se sont alliés autour d'un objectif: faire concurrence à la télévision, et le faire avec du spectacle. Des films qui ont le point commun d'être longs, très longs même (ce qui ne devrait gêner personne à l'heure du binge-watching, mais curieusement aujourd'hui dès qu'on parle d'un film, si on dit "il est long", tout de suite les gens baillent, ou pire: ils se font une opinion à la seule mention de l'adjectif), mais qui ne sont pas des peplums, ces derniers étant un genre à part: des films spectaculaires certes, qui ne peuvent pas être courts! Pas moyen de traiter Ben-Hur en 90 minutes, semble-t-il, ou de traiter du cas de Moïse  en moins de deux heures... Les filmouths sont donc aussi bien des films de guerre (The longest day), comédies musicales (My fair lady), fresques légères (Those magnificent men in their flying machines), fresques moins légères (Doctor Zhivago), westerns (How the west was won) et même comédies (It's a mad, mad, mad world, The great race). Ils font un usage sans retenue du Technicolor, certains expérimentent (stéréo, notamment) et se présentent le plus souvent comme des spectacles prêts à l'emploi, avec ouverture, entr'acte et exit music, ce qu'on appelle la présentation "road show". Bref, il s'agit de rappeler qu'ils sont avant tout du spectacle...

Et c'est sans doute pour ça que The great escape, film d'évasion qui présente l'un des possibles envers du décor de The longest day, chronique patiente et aussi exhaustive que possible des tentatives d'évasion d'un groupe d'officiers Anglais et Américains prisonniers en Allemagne, est un fleuron du genre. Parce que tout y est méthodiquement dévoué à préparer et accomplir le spectacle: c'est le Puy du fou sans la fausse histoire et la propagande d'extrême-droite, si vous pouvez imaginer ça. 

Je suppose que dans la genèse du film, The magnificent seven a beaucoup joué: après tout le principal apport de ce western, le seul point qui puisse être considéré comme un atout sur le film de Kurosawa, c'est dans les choix de casting. Là où Les sept samouraïs se consacrait surtout à la geste globale en se concentrant un peu plus clairement sur quatre des sept personnages principaux, Sturges choisissait de consacrer finalement le même effort à ses sept spécialistes, au risque d'apparaître un peu mécanique (et au risque de pousser l'un d'entre eux à tout faire pour se faire remarquer). The great escape sera donc un film envahi de personnages, et chacun des huit à dix Anglo-saxons les plus importants sont définis, chacun d'entre eux possède son arc narratif. 

le camp est dirigé par un soldat, le colonel Von Luger, qui semble répugner à dire "Heil Hitler"... Les Allemands du film, c'est un point important, sont des Allemands, pas des nazis: on retrouve la même préoccupation que celle de The longest day, de décrire une histoire en évacuant au maximum les tensions particulières liées à la situation idéologique spécifique de la seconde guerre mondiale. La Gestapo et la SS sont donc bien présents dans le film, mais surtout comme des menaces, et notamment un destin qui pend au nez de l'officier Bartlett, qui prend sur lui de diriger les manoeuvres d'évasion dans le camp, et se voit signifier sans détour que la prochaine tentative d'évasion lui vaudra le peloton d'exécution. Mais pour l'essentiel, le film partage avec La grande illusion, et avec Stalag 17, l'impression de surface, qu'être prisonnier de guerre est d'abord une sorte de compétition sportive assortie d'une obligation de s'évader...

Et c'est là que le film bénéficie grandement de la présence à la barre de John Sturges... Le metteur en scène a réussi à éviter tous les écueils, en donnant à ce camp qu'on découvre avec l'arrivée de tous les prisonniers importants une lisibilité permanente. Et l'intrigue dose savamment les parcours des uns, permettant à chacun de se faire remarquer, sans pour autant voler la vedette à qui que ce soit, car... il y a Steve McQueen! C'est quand même lui qui a tout fait pour qu'on ne voie que lui dans The magnificent seven, et qui y est quasiment parvenu avec subtilité: un tour de force! En lui confiant le rôle de la forte tête qui passe le plus clair de son temps au trou, Sturges a résolu la quadrature du cercle...

Et tant qu'à faire, le metteur en scène a repris pour son nouveau film James Coburn et Charles Bronson, des acteurs chevronnés qui n'ont pas leur pareil pour composer des personnages à partir d'un rien. Une tendance qu'on retrouve dans le reste du casting, dominé par les acteurs Britanniques. James Donald, David McCallum et surtout Richard Attenborough sont ceux qu'on remarque le plus... Une fois que tous ces hommes se sont donné une mission, s'évader, que les rôles ont été distribués, chacun sa fonction, que le ton est donné, le film marche tout seul.

Jusqu'à l'évasion elle-même, modèle de précision et de suspense... Après avoir cantonné ses prisonniers et son public dans le camp, Sturges étend l'univers du film au gré des histoires de chaque évadé, détaillées devant nous, et c'est là que le film rejoint l'Histoire, et nous rappelle qu'il n'est pas la Grande vadrouille: car si s'évader est distrayant, ça oui, en face, on a la gâchette facile, et on verra que la plupart de ces évasions (qui sont généralement inspirées de parcours réels) sont vouées à l'échec. Mais que voulez-vous, un camp de prisonniers, disait Fresnay à Stroheim dans La Grande Illusion, c'est fait pour s'évader... James Donald, en officier supérieur Anglais, rétorque ici à on homologue Allemand que c'est même le devoir solennel de chaque officier de s'évader. Mais la dernière heure du film consacre justement le destin de ces hommes au-delà du folklore, et avec une incroyable économie de moyens, nous rappelle avec dignité que les enjeux de cette guerre contre la barbarie étaient sans doute bien plus importants que le geste sportif de s'évader. La petite histoire rejoint même à sa façon la grande, comme dans ce moment qui nous montre la rencontre d'un de ces évadés (James Coburn) avec la Résistance Française... Et c'est ce qui permet à ce filmouth qui aurait pu tourner à l'exercice boursouflé, qui accomplit l'exploit de drainer encore les foules quand il est montré à la télévision, d'atteindre une vraie réussite.

 

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Published by François Massarelli - dans John Sturges Filmouth Criterion
12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 19:53

Donald Free travaille pour la diplomatie Américaine, mais surtout pour des opérations secrètes et nocturnes. De là à le considérer comme un espion, il n'y a qu'un pas, que la justice Française franchit sans hésiter. Déporté, devenu persona non grata pour le gouvernement Américain, il doit désormais travailler dans le privé: une péripétie qui suit son arrivée à la maison l'inspire, il sera détective et commence donc à travailler pour une agence dirigée par le très inefficace et encore moins honnête Hogan (Arthur Hohl), dont l'affaire est financée par le louche Bandor (Gordon Westcott).

C'est un film aux rebondissements constants, et qui allie avec efficacité le légendaire montage de la Warner, un ton de comédie débridée (avec William Powell, donc grand luxe), et la mise en scène à son plus haut niveau de Michael Curtiz; certes, Powell n'est pas confronté à Kay Francis, mais Margaret Lindsay fait assez bien l'affaire. Et le personnage principal, un homme de l'ombre qui doit se remettre en question et retrouver une vocation tout en gardant la conscience claire, est l'un des premiers grands héros des errances de la filmographie de Curtiz. Certes, il n'est pas Rick, mais il ne faut pas trop en demander...

Et puis, Private Detective 62 fait aussi partie de la prestigieuse, parfois étonnante filmographie de William Powell, qui après ses rôles d'ignoble fripouille dans les années 20, a enfin trouvé sa vocation avec les interprétations de détectives toutes plus savoureuses les unes que les autres... La même année, Curtiz a réalisé avec l'acteur The Kennel Murder Case dans lequel il retrouvait le personnage de Philo Vance.

 

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Published by François Massarelli - dans Michael Curtiz Pre-code Comédie William Powell
11 août 2020 2 11 /08 /août /2020 19:38

Sorti en 1946, donc à la toute fin de la période Warner de Clampett, ce film est un remake de A coy decoy, dans lequel le metteur en scène montrait la vitrine d'une librairie dont les couvertures des ouvrages s'animaient en fonction de leur titre, sur le même principe que les films à vignettes de Tex Avery (A gander at mother goose); mais Clampett modernise la chose en utilisant en virtuose la musique, et en saupoudrant le film d'allusions à Artie Shaw, Frank Sinatra, Gene Krupa, Benny Goodman et Glenn Miller. En prime, un Daffy duck transfiguré, déguisé en Danny Kaye, joue les maîtres de cérémonie survoltés...

 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Bob Clampett Animation
11 août 2020 2 11 /08 /août /2020 19:20

Fuyard (il a tué son frère qui manigançait contre lui), le jeune Balian rejoint son père biologique (Liam Neeson) qui part pour Jérusalem: la ville sainte est à nouveau en proie à des troubles, et le Sultan Saladin menace de reprendre la forteresse... Mais son père meurt en route et Balian, devenu chevalier et nouveau seigneur d'Ibelin, va apprendre à sa façon les jeux du pouvoir et de la guerre, confronté à un ennemi décent, une cour embarrassée de la maladie de son roi lépreux, et apprenant avec la belle Sybilla comment se laisser envoûter par la culture locale... Pendant ce temps les templiers et autres fanatiques fomentent complot sur complot...

Voici un film à défendre! Sorti en 2005 et aussitôt accusé d'être une sorte de Gladiator médiéval situé à Jérusalem, Kingdom of Heaven n'a pas bonne presse: trop long, trop simpliste, un héros (Orlando Bloom) empêtré dans une intrigue qui semble ne pas vouloir de lui... Et c'est dommage, surtout si on considère l'envoûtante version longue (190 mn) dans laquelle il est bon de se perdre, de profiter d'une histoire largement réécrite et dramatisée, et ses personnages hauts en couleurs: le juste Tibérias (Jeremy Irons), coincé entre son sens de la justice, sa loyauté à une couronne chancelante et la raison d'état; le bon roi Beaudoin IV (Edward Norton, parfaitement génial), le roi lépreux qui tente de maintenir la paix et la tolérance en dépit des factions extrémistes qui souhaitent bouffer du sarrasin; enfin Sybilla (Eva Green), la romantique soeur du roi, et mère de son successeur au destin tragique, elle-même éphémère reine de Jérusalem.

Tous ces personnages ont passionné Ridley Scott, et ça se sent. Mais le pompon, c'est bien sur Saladin (Ghasson Massoud), le magnanime, le visionnaire, dont Scott fait le véritable père du statu quo actuel sur Jérusalem, la ville trois fois sainte dans laquelle toutes les religions présentes ont le droit de coexister. En 2005, à l'heure ou les dirigeants Américains se lancent dans la guerre sainte, rappeler l'existence de la tolérance, profondément inscrite dans l'Islam, ça faisait un film résolument à voir, non? 

Et on sent que c'est pour moitié ce qui a motivé Scott pour faire le film: prendre le contrepied des schémas héroïques habituels, montrer comment un homme prend les armes pour défendre une ville d'abord et avant tout parce qu'il n'y a pas moyen de faire autrement; et quand la trêve se dessine, permettant à l'humanité d'y trouver son compte, il n'y a plus de fanatisme qui tienne. Le film attaque à plusieurs reprises non la religion, mais le fanatisme, et comme une riposte à l'égard de tous les islamophobes bêlants, il réserve ses coups pour une chrétienté arc-boutée sur ses propriétés et ses intrigues... Et pour moitié, Scott a aussi manifestement profité de l'occasion pour signer l'un de ses films les plus ouvertement splendides, et ça se sent!

 

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Published by François Massarelli - dans Ridley Scott
10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 17:18

Nouvellement formé Yogi, le magicien Chandu (Edmund Lowe), unique homme de l'occident à avoir eu cet honneur, part en guerre contre l'ignoble Roxor (Bela Lugosi), qui a capturé son beau-frère (Henry B. Walthall). En effet, il entend bien que ce dernier lui fournisse le secret de son rayon de la mort...

La Fox n'était pas vraiment le lieu où le fantastique pouvait s'exprimer, mais il y a eu quelques tentatives, comme du reste à la MGM, la Paramount ou la Warner! Ce film au scénario hallucinant (j'ai volontairement fait court parce que si le ridicule ne tue pas, des fois il fout un peu la honte quand même) a l'air totalement assumé par sa distribution, et servi sur un plateau par un couple improbable de metteurs en scène: Marcel Varnel était un artisan du cinéma de série B, et Menzies pour sa part l'un des décorateurs-clé de la période, depuis les années 20, et ça se voit. Il recycle d'ailleurs des idées qui datent de sa participation à l'admirable Thief of Bagdad.

Pour le reste, dialogues idiots, secrets inavouables, présence visible de Charles Stevens, le célèbre faux petit-fils de Geronimo, demoiselles en détresse, aventures improbables, hypnose, destin pire que la mort, Bela Lugosi et marché aux esclaves, bref: un classique pré-code! Ce film aux parfums de cigares qui fait rire du pharaon rasta, est assez proche des Tarzan de la MGM...

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code
10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 17:10

Dorothy (Lucy Doraine) a tué un homme... Quand on l'arrête, la confession a du mal à venir, mais une fois lancée, elle déballe tout: comment un escroc lui a fait miroiter monts et merveilles pour faire main basse sur sa fortune, comment une fois qu'ils se sont mariés, il l'a abandonnée à son triste sort une fois la fortune épongée, comment il a manoeuvré pour de nouveau tenter de profiter d'elle...

Il y avait une formule des films de Curtiz avec son épouse Lucy Doraine, en Autriche. L'actrice incarnait généralement une femme qui avait vécu et cherchait le salut en dépit des circonstances, avec le sort qui s'acharnait sur elle; les péripéties autour de sa vie tournaient le plus souvent au mélodrame avec force accidents, incendies, crimes et autres tricheries de grand luxe...

Ce  qui reste intéressant dans ces productions, ce sont souvent les artifices de constructions, notamment les flash-backs, et une mise en scène plus axée sur l'instant, voire la splendeur du plan, que sur un effet à long terme... Dire de ce film qu'il est bouleversant serait une bien grosse exagération, donc: Curtiz se cherchait au temps du muet, et il allait falloir attendre encore un peu avant qu'il ne se révèle... Mais il nous montre un Curtiz à la manoeuvre, qui tente de transcender le matériau mélodramatique avec de belles idées, et qui semble pour l'instant s'accomplir dans les scènes de foule, son péché mignon.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1921 Michael Curtiz
10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 11:01

Sally (Constance Bennett) est la vedette occasionnelle d'un show à Broadway, et a patiemment construit son statut de star durant les années en gardant ses collègues à distance et en laissant s'approcher les hommes, surtout Morton (Henry Kolker). Irene (Joan Crawford), jeune femme au comportement exemplaire, fait partie des chorus girls et danse le charleston en solo pour l'un des grands moments de la revue. Elle vit chez son père et sa mère qui lui font entièrement confiance; son problème, c'est que deux hommes la dévorent du regard durant le spectacle: l'un l'aime, l'autre la convoite... Et elle ne va pas choisir le bon. Enfin, Mary (Sally O'Neill), jeune femme de la modeste communauté Irlandaise de New York, fiancée à un plombier (William Haines), vient d'arriver dans la revue et doit subir l'attitude hautaine de Sally. Sauf que Morton, l'amant de celle-ci, est frappé par la fraîcheur de Mary et décide de la conquérir...

Légèrement précurseur de la série des films sur la fin du jazz age, produits à la MGM (dont Our dancing daughters sera le vrai prototype), ce film très soigné réussit à transcender son statut de petit film de genre: bien sûr, il y a là beaucoup de clichés, et pas de la toute première fraîcheur, mais très vite Goulding s'attache à ses personnages et donc à ses actrices. Celle qui reste le centre de toute l'attention, et pas seulement de tous les personnages masculins, est si on en croit le scénario Sally O'Neill, et c'est vrai qu'elle y met beaucoup de coeur et d'énergie.

Mais Joan Crawford, qui était encore sous surveillance à la MGM, où on lui confiait beaucoup de tout petits rôles (voire, comme dans Lady of the night, un simple travail de doublure), crève l'écran du début à la fin, avec un rôle de jeune femme exemplaire tout à coup tentée par le glamour d'un playboy, et qui va finir par plonger dans la tragédie. Elle est, d'une certaine façon, celle qui va agir comme un révélateur des unes et des autres, dans le trio de personnages qui donnent son titre au film. Une belle scène vers la fin du film, nous montre les grils qui dansent le charleston, toutes en pleine crise de larmes: elles viennent d'apprendre la mort de l'une d'entre elles... Tout à coup, elles aperçoivent son fantôme au milieu de la scène...

La mise en scène est d'une grande élégance, avec en particulier un cadrage d'une belle originalité, mais le film a ses limites: il reste un produit de grne dans sa morale un brin étriquée, et il est bien moins intéressant que le superbe Upstage de Monta Bell, qui sortira l'année suivante et qui est empreint d'une belle ironie...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1925